LE HUITIÈME SACRE POUR OGIER ET INGRASSIA EN MONDIAL WRC

 

 

Séquence émotion ce dimanche 21 novembre 2021, à l’arrivée du rallye de Monza, douzième et ultime épreuve du calendrier du Championnat du monde des rallyes WRC, entamé avec le Monte Carlo, du 21 au 24 janvier dernier.

En effet, victorieux pour la cinquième fois cette saison dans la manche Lombarde, après ses succès précédents, obtenus et décrochés respectivement au Monte Carlo, en Croatie, en Sardaigne et au Kenya, la paire que formait Sébastien Ogier et Julien Ingrassia se quitte sur cette 54éme victoire de Monza,  mais aussi et surtout, sur un huitième titre de Champion du monde !

 

 

Car Julien Ingrassia, il l’avait annoncé à la fin de l’été se retire et abandonne son rôle de navigateur aux cotés de son pilote préféré, avec qui, il aura connu et vécu une exceptionnelle histoire, une formidable aventure au plus haut niveau des rallyes mondiaux !

 

 

Une page se tourne et ce d’autant plus que Sébastien Ogier ne participera plus à la totalité des épreuves du mondial WRC, se contentant de disputer quelques épreuves seulement, toujours avec sa Yaris WRC de la firme Toyota, mais du coup, avec un nouveau coéquipier, l’Azuréen originaire de Grasse, Benjamin Veillas.

 

 

En conférence de presse, Ogier a tout naturellement revenu sur ce rallye de Monza, sur sa carriére de rallyman et enfin il a rendu hommage à Julien Ingrassia:

« L’émotion est clairement venue comme un feu d’artifice en franchissant la ligne finale, je dirais. Je suis super content d’avoir remporté ce titre. Je ne savais pas où j’en étais au niveau du rallye. D’une manière ou d’une autre, Kai (Lindström) était à la radio en train de dire… je ne sais pas. Pendant le message, j’étais en train de discuter un peu avec Julien et nous n’avons eu que l’information sur le championnat. »

 

 

Il enchaîne:

« Je savais que c’était suffisant avec la spéciale que nous avions fait pour remporter le championnat, mais je ne savais pas pour la victoire en rallye. J’aimerais savoir à quoi pense Julien…mais c’était un sentiment tellement étrange de savoir que c’était maintenant, ce moment où c’était vraiment la fin pour nous deux. Nous avons réalisé bien plus que ce que nous rêvions il y a 15 ans lorsque nous nous sommes rencontrés. Ce scénario est la meilleure façon possible de terminer ensemble. C’est encore un souvenir inoubliable avec Julien. C’est difficile de décrire tout ce que nous ressentons en ce moment. Il y a comme un vide. Toute la pression, l’attention, les questions et les attentes…Vous y parvenez et c’est incroyable et puis vous vous sentez un peu vide. Ce sont des journées uniques mais il faut aussi un peu plus de temps pour apprécier le succès. »

 

 

Et, il poursuit et précise:

« C’était un scénario parfait mais presque trop parfait je dirais. Je pense que nous avons eu un week-end très fort. Je me sentais en contrôle dans la voiture. Mais, surtout ici sur le circuit, il est facile de taper quelque chose légèrement. Et c’est ce qui nous est arrivé. Heureusement, nous avons juste tapé quelque chose. Un mètre de plus et cela aurait eu beaucoup plus de conséquences avec au moins une crevaison ou plus. C’est la chance qu’il faut avoir pour réussir dans le sport en général. Cela nous est arrivé à tous à un moment donné. Je parlais à Elfyn en Espagne. Il a eu une chaleur et ça a marché. À d’autres moments de votre carrière, vous sentez que vous n’avez rien fait de mal et que cela a de grandes conséquences. C’est comme ça. Nous avons réalisé une solide performance ce week-end. Cela n’a jamais été facile. La plus grosse erreur pour moi aurait été de tomber dans ce mode d’attaque complet et de me battre contre Elfyn. Je devais m’assurer qu’il ne gagnerait pas le rallye facilement. Mais aussi les Hyundai n’étaient pas si loin derrière. Ils étaient assez forts. Si vous commencez à ralentir, vous pouvez facilement revenir assez près de la zone de danger qui pourrait se situer autour de P4 ou P5, puis j’aurais été sous pression jusqu’à la Power Stage pour marquer des points pour confirmer le titre. À ce moment-là, nous nous sentions bien dans la voiture et nous avons gardé un rythme élevé tout le week-end. Elfyn a également fait une erreur ce matin. Cela nous a donné un peu de marge pour gagner le rallye et remporter cette épreuve avec la manière pour Julien. »

 

 

Avant de rendre hommage à son co-pilote:

« C’est simple. Tu vas me manquer – Julien Ingrassia se trouvait naturellement  présent pendant cette conférence de presse – J’en suis sûr. Nous avons construit notre duo pendant tant d’années et tant de choses fonctionnaient ensemble automatiquement. Bref, on n’avait nullement besoin de se parler pour se comprendre. Il n’y a jamais eu de raison de toute ma carrière d’essayer de changer Julien. Il a toujours eu le même objectif et le même engagement. C’était simple et je n’ai jamais eu à le pousser à faire quoi que ce soit. Nous avions la même mission depuis le début. Il y a 15 ans, dans la voiture, j’aimais la façon dont il me donnait les notes. C’est la priorité numéro un. C’est pourquoi nous pratiquons ce sport pour être rapide dans les spéciales. Tout ce qui l’entoure, c’est l’organisation disons, mais tout ça, c’est plus la spécialité de Julien. Parfois, il est un peu dans sa bulle et peut-être qu’il est parfois un peu spirituel. Il est complètement concentré mais vous ne pouvez pas le blâmer pour ça. C’est ainsi qu’il fait son travail. Une seule fois dans ma carrière, vous avez entendu l’histoire récemment dans votre podcast, une équipe a tenté de nous séparer. Quand je suis entré dans le sport, il y avait cette philosophie qu’il est parfois préférable d’avoir un copilote expérimenté à ses côtés. Heureusement, j’étais un peu têtu et assez fort à ce stade de ma carrière pour dire non et je voulais continuer avec Julien, je ne le voyais pas comme ça et je voulais que nous restions ensemble. C’était au moment de ma carrière où j’ai dû prouver que j’avais la capacité d’être au plus haut niveau et de mettre en danger ma position et mon avenir. La plupart des pilotes lorsqu’ils entrent dans ce monde disent oui à tout parce qu’ils ont peur pour leur position. J’étais déjà assez fort à ce moment-là pour dire que Julien y arrivera et aujourd’hui je peux dire que c’était la bonne décision. »

 

François LEROUX

Photos : WRC – TEAM

 

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