GABRIELE TARQUINI ANNONCE SA RETRAITE DE PILOTE DE COURSE!

 


WTCC-ZOLDER 2010-Victoire de Tarquini-©-Manfred-GIET.

 

Le pilote Italien Gabriele Tarquini, aujourd’hui âgé de 59 ans – il est né le 2 mars 1962, a annoncé en ce début de week-end et à la veille de la course du FIA WTCR à Adria qu’il trait sa révérence et relisait son casque et sa combinaison de pilote…

C’est assurément une page qui se tourne car Gabriele faisait partie de la grande famille du sport automobile depuis des lustres, des décennies !

Gabriele a côtoyé plusieurs générations de pilotes, partageant sa carrière entre monoplaces et berlines et constamment au plus haut niveau mais toutes les plus belles histoires, les aventures … ont un jour hélas une fin!

 

 

C’est donc un Gabriele nostalgique qui s’est exprimé ce vendredi 5 novembre 2021, lors d’une conférence de presse, tenue à Adria:

« Je suis triste, je pensais que ma carrière ne se terminerait jamais, tu ne penses jamais que le moment de s’arrêter doit venir plus tôt ou plus tard »

Et il enchaînait et précisait :

« Mais dans la vie, tout a un début et une fin et j’ai assez d’expérience pour le comprendre »

 

 

Après des débuts évidemment en karting et fracassants avec un sensationnel grand chelem, car il devient en cette année 1984 successivement … Champion d’Italie, d’Europe et du monde, il se lance tout naturellement en sport automobile en 1985, effectuant son apprentissage dans le Championnat Italien de F3, tout en découvrant les 24 Heures du Mans au sein de l’équipe Brun, épaulant son compatriote Massimo Sihgala et son compère l’Argentin Oscar Larrauri, au volant d’une Porsche 956.

 

F3000 CHEZ COLONI – Photo : Manfred GIET

 

Avant de passer à la Formule 3000, discipline où il roule trois saisons sans briller (Six en 1985-10 en 1986 et huit au général en 1987)

1987 ? Année où il découvre l’univers des Grands Prix, débutant à Imola au GP de San Marin au volant d’une Osella, avec à la clé un abandon…

 

Gabriele TARQUINI 1er GP F1 avec OSELLA en 1987 – Photo : Manfred GIET

 

En 1988, Gabriele est enrôlé par la petite écurie Italienne d’Enzo Coloni. Année ou il y pléthore d’équipes, synonyme de sessions de pré-qualifications chaque vendredi au petit matin, à chaque GP !

Tarquini parvient à en sortir et à disputer huit des seize manches avec comme meilleur résultat, une huitième place à l’arrivée du Grand Prix du Canada à Montréal.

Un an plus tard, il est recruté par son compatriote pilote Lamberto Léoni qui crée lui aussi son Team en F1, First Racing venu de la F3000. Mais disposant de peu de moyens, l’équipe va vite disparaître.

 

TARQUINI au volan de l’AGS  Photo : Manfred GIET

 

Sans volant, il va hériter de celui du pilote Français Philippe Streiff, victime lors d’une séance d’essais privés d’un dramatique accident le 15 mars 1989 sur le circuit de Jacarepagua à Rio, qui le laissera paralysé-tétraplégique.

Du coup, la petite structure Française d’Henri Julien AGS – venue elle aussi de la F3, F2 et F3000 – fait appel à Gabriele dès le 1er GP, justement au Brésil à Rio.

Malgré le peu de roulage, il se qualifie régulièrement et termine huit au GP de San Marin avant de scorer son 1er point, son seul et unique en F1, avec sa sixième place au GP du Mexique.

En 1990 et 1991, toujours avec AGS, il poursuit les galères avec des non pré-qualifications qui s’enchaînent. Aux USA, à Phoenix en 89, il réussit l’exploit et se classera huitième.

 

Dernier GP de F1 avec le Team de KEN TYRRELL, le 1er octobre 95 – Photo: Manfred GIET

 

Sa carrière de pilote de GP, se poursuivra ensuite chez Fondmetal, ex Osella, puis avec Tyrrell, équipe avec laquelle il disputera le 1er octobre 1995, son 78éme et ultime GP, lors du Grand Prix d’Europe au Nürburgring, où il remplace le Japonais Ukyo Katayama, se classant quatorzième.

Après l’aventure en Formule 1, Tarquini s’est ensuite consacré totalement à toutes sortes de compétitions, et notamment les Championnat du monde des voiture de tourisme du WTCC, dont il a disputé la bagatelle de 271 courses, ponctuées de vingt-deux victoires et un titre de Champion du monde, décroché en 2009 avec SEAT, avant de finir sa carrière en WTCR, avec 30 épreuves courues et deux succès, mais un titre mondial, obtenu avec Hyundai, Gabriele  devenant une légende de la discipline en trente ans.

 

CHAMPION DU MONDE WTCC AVEC L’EQUIPE SEAT – Photo :TEAM

 

Un jour que je le questionnais à Marrakech, lors d’une manche du WTCC, Gabriele m’avait répondu avec son légendaire sourire:

« Je ne me suis jamais senti handicapé par mon âge. Tant que tu gardes la passion de la compétition et des luttes en courses, c’est plus la tête qui compte ! »

 

Gabriele TARQUINI – Photo ; Manfred GIET

 

Alors pourquoi soudainement stopper ?

« Le WTCR est devenu sacrément compétitif ces dernières années. Je n’ai pas perdu mon rythme de course, mais en qualifications je souffre depuis cinq ou six ans. A Budapest J’ai décidé de dire c’est assez, et il était important pour moi de le communiquer à la famille. C’était le bon moment. J’ai disputé plus de 800 courses, dont 700 en Touring, c’est incroyable. J’ai quelques records d’ancienneté, mais peut-être quelqu’un les battra. Ces chiffres m’ont impressionné même, car lorsque vous êtes impliqué, vous ne réfléchissez pas à ce genre de choses. »

Il conclut :

«  Je vais avoir du mal à raccrocher mon casque car la course reste une drogue et je ne peux pas passer de tout à rien. Je vais en parler avec Hyundai pour voir si je ne pourrais pas faire quelques tests pour eux. »

Qu’ajouter?

Que le sport automobile va devoir se passer d’un réel GENTLEMAN !

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Manfred GIET – WTCC –WTCR – TEAMS

 

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