MOTOGP : DUCATI PENSE DEJA A 2023, BAGNAIA BON ÉLÈVE, MILLER MAUVAIS ÉLÈVE

 

Jack Miller (photos ci-dessus) a donc déçu alors que Ducati le voyait comme un Champion du monde!

Ducati a toujours été le roi du casting raté, on se souviendra entre autres du recrutement façon ‘pont d’or’ de Jorge Lorenzo pour finalement le voir se faire battre par Andréa Dovizioso et…  le virant ensuite dès qu’il commençait à gagner!

L’autre maladie de Ducati en matière de casting est la prise de décisions beaucoup trop rapide ! On doit s’y prendre un peu pour des devins, on sait aussi que la moto est certes brillante, peut-être la plus brillante de toutes mais il faut un temps d’adaptation que l’on donne rarement aux pilotes.

Enfin la troisième maladie de Ducati en recrutement est le jeunisme. Des souvenirs frustrés peut-être de la période Dovizioso qui n’arrivait pas à battre l’imbattable Marc Marquez… Et ces trois maladies ont de beaux restes. Ducati se soigne difficilement.

La Gazzetta dello Sport, notre confrère italien aux pages roses consacre un long papier à Ducati avec un entretien de Paolo Ciabatti, le directeur sportif de la marque. On commence à dresser des plans sur la comète après le double désastre du récent Grand Prix d’Emilie Romagne et la perte du titre mondial décroché par le Français de Yamaha, Fabio Quartararo…

Avec deux de ses pilotes les lus en vues, Jack Miller et Fransesco Bagnaia à terre, laissant Quartararo partir et filer vers le titre…

 

L’OBSESSION DU TITRE

CIABATTI ET GIGI DALL’IGNA

 

Depuis 2007, seule année où Ducati a été titré en MotoGP avec l’Australien Casey Stoner, le titre devient au fil des ans une véritable obsession, il est vrai que c’était il y a … 14 ans quand même!

Bon, on essaie de se consoler avec le titre constructeur, où Ducati a douze points d’avance sur Yamaha et le titre team, où Yamaha mène les rouges de douze points

Le titre constructeur est semble t’il, important en terme de marketing…

 

LA CHUTE DE BAGNAIA A MISANO, QUARTARARO EST CHAMPION DU MONDE DANS CINQ TOURS

 

Pour en rester au titre pilote, Fabio Quartararo avait une telle avance sur la fin de la saison, qu’il eût fallu un désastre, une blessure par exemple ou deux chutes, pour que Ducati ait une chance de rouler pour le titre jusqu’à Valence.

Mais à Misano, lors du deuxième GP organisé cette année, tout est allé mal, Jack Miller, supposé protéger Fransesco Bagnaia, en s’intercalant entre Bagnaia et Fabio, s’est mis au tas et Bagnaia aussi à cinq tours de l’arrivée, la faute d’une part au choix du pneu dur avan,t impossible à mettre en température sur une piste devenant plus fraîche au fil des tours, la faute aussi à un Bagnaia prêt à tout pour gagner et allant finalement à l’erreur.

Un peu poussé par Marc Marquez quand même qui le suivait comme son ombre et le harcelait !Bref le titre 2021 est encore foutu, le plus étonnant est qu’en début d’année, Ducati fondait plus d’espoirs sur Jack Miller que sur Fransesco Bagnaia.

 

CIABATTI PART TROP TÔT COMME D’HAB’

 

Ciabatti explique à nos confrères de la Gazzetta..

« Il ne sert à rien de se cacher, nous nous attendions à ce que Miller se batte pour le titre. Alors que pour Pecco, nous aurions été heureux de le voir constamment dans le top 5 . Au lieu de cela, les choses se sont passées différemment ».

Quand j’évoquais en début de papier la nullité en casting et en matière divinatoire de Ducati…   Miller c’est deux victoires à Jerez et au Mans, plus un podium en début de saison. Ensuite c’est le plongeon avec une seule quatrième place en Angleterre.

 

PECCO BAGNAIA JOUE LE MODESTE

 

Quant à Bagnaia  – on rappelle que le garçon est un pur produit de l’école VR46 de Rossi –  qui a sorti sept podiums et deux victoires (et oui deux victoires seulement, le meilleur scoreur derrière Quartararo est Marc Marquez qui en totalise trois) il manie avec dextérité une qualité (vraie ou fausse d’ailleurs) quasiment inconnue dans ce milieu, la modestie :

« Ce n’était pas l’année pour gagner la Coupe du monde, mais pour apprendre. Je suis deuxième, il faut être content du travail accompli.».

On revient à l’histoire Lorenzo, on demande des résultats trop vite aux pilotes d’usine de la marque…Mais cette fois-ci, Ducati a peut-être partiellement compris que Bagnaia sera son cheval de tête l’an prochain.

 

DU MONDE AU PORTILLON…MAIS PAS ZARCO!

BASTIANINI A FAIT TRÉS FORT AVEC SES PODIUMS DE FIN DE SAISON

 

Jack Miller a signé aussi pour 2022, c’est donc le casting 2023 qui est en cause. La précocité toujours, ce cancer du Ducati. Miller aura compris qu’il est sur la sellette… Car la décision sera prise bien avant la fin de 2022!

Mais Ducati ne devrait pas avoir de problèmes avec huit motos en course en 2022, Ciabatti le précise d’ailleurs:

« Nous verrons quels pilotes Moto2 VR46 pourraient nous intéressermais maintenant, nous avons beaucoup de jeunes sous contrat avec Martin, Bastianini, Di Giannantonio et Bezzecchi. La plupart d’entre eux ont 24 ans, ou moins. Nous avons huit pilotes MotoGP sur le terrain pour 2022. Pour le moment, nous avons suffisamment de candidats prometteurs ! ».

 

ZARCO PAIE CHER SON MILIEU DE SAISON RATÉ

 

On notera l’absence de Johan Zarco dans cette liste, mais ce dernier bout d’interview est donné par Ciabatti à Speedweek, un site qui appartient à Red Bull et a une vraie détestation pour le pilote français, ils peuvent être assez de mauvaise foi, ils l’ont déjà fait, pour avoir oublié Johann…

Il se peut aussi que Johann soit passé dans le camp des vieux pour Ducati, il a 31 ans, dans ce cas, la seule possibilité de revenir dans le camp des éligibles serait une fin de saison 2021 sublime, il est certes confirmé chez Pramac en 2022 mais je l’ai dit, chez Ducati on fait partir les trains avant l’heure, ce qui n’a jamais été une bonne solution pour arriver le premier, de Jean de La Fontaine en passant par la SNCF et Austerlitz (la bataille, pas la gare) on le sait bien.

Mais c’est comme ça, Johann a son destin entre les mains…

 

MARTIN EST MOINS BIEN PLACE AU MONDIAL QUE ZARCO MAIS IL A GAGNÉ

 

Il est vrai aussi qu’en ce moment on ne doit pas aimer les Français chez les rouges, cela dit Johann est pour l’instant le deuxième pilote le mieux placé au mondial derrière Bagnaia, certes peu devant Miller et loin devant Martin mais ces deux derniers pilotes ont deux avantages à priori, l’âge et le fait d’avoir gagné, une fois pour Martin  en particulier, le coéquipier de Zarco chez Pramac.

Bon, Di Giannantonio et Bastianini seront chez Gresini en 2022, ils seront ravis de monter en grade en 2023, on note que Bezzecchi est retenu par Ciabatti, il sera donc très certainement dans le team VR46 dont pour l’instant on tait les noms des pilotes.

 

BEZZECCHI EST EN QUELQUE SORTE OFFICIALISÉ EN 2022

 

Bastianini a un double avantage en fin de saison, il fait deux podiums avec une ‘meule’ d’occase, c’est le genre de truc que l’on aime bien chez Ducati.

Donc si le titre est joué, il n’y a qu’un seul roi, cette année il est Français, chez Ducati, Miller sait qu’il ne doit pas se louper et Johan Zarco sait qu’il doit terminer 2021 en beauté.

Bref, la fin de Championnat sera hyper importante, j’ai déjà cité la remontée de Marc Marquez et je ne rêve que d’une chose, voir Johan Zarco reprendre les 23 points qui le séparent de Mir. C’est énorme en deux GP mais ce défi là, en vaut la peine…

Jean Louis BERNARDELLI 

Photos MotoGP et DR

 

 

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