L’HISTOIRE DU… ‘SORCIER’ DE LA MÉCANIQUE AMÉDÉE GORDINI !

 


LE MANS CLASSIC 2016- Le Transporteur de l’écurie GORDINI des années 50- Photo: Thierry COULIBALY

 

Amédée Gordini est né en 1899 à Bazzano en Italie, au même moment où commençait l’extraordinaire histoire de l’automobile.

À 11 ans, déjà passionné par la mécanique, il quitte les bancs de l’école pour une place d’apprenti dans un garage de la région de Bologne.

Très rapidement, son esprit inventif fut remarqué, ce qui lui permit de commencer sa carrière de mécanicien et de rencontrer de grands noms de l’automobile de l’époque, comme Edoardo Weber et les frères Maserati.

Après la première guerre mondiale, Gordini travaille sur des mécaniques d’exception comme Isotta-Fraschini, Bugatti et Hispano-Suiza.

Peu après sa venue en France en 1925, il est naturalisé et crée sa propre entreprise à Suresnes, c’est le début de la grande aventure Gordini.

1934 est marquée par le début d’une collaboration avec Henri-Théodore Pigozzi, Président de la société Simca qui construisait des Fiat sous licences en France.

La toute première Simca Gordini sortie de l’atelier en 1937, était une biplace construite sur la base d’un châssis de Simca Cinq qui, avec ses 570 cm3, eut un beau palmarès avec le Record du Monde des 48 heures sur l’autodrome de Montlhéry, à 103 km/h de moyenne et en 1938, aux 24 Heures du Mans, avec une victoire de catégorie, et où à l’issue de cette épreuve de prestige mondiale, Amédée Gordini, a été surnommé « Le Sorcier ».

 

MUSEE AUTO DU MANS 2012- LA SIMCA-GORDINI de 1939- Photo : Thierry COULIBALY

 

Dès 1939, le nom de Gordini était reconnu par les grands du monde de la compétition automobile. Il imposa rapidement sa présence comme constructeur dans de nombreuses épreuves.

En 1940, Gordini s’installe en face du Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Après la guerre, aidé par son sponsor Simca, il engage une nouvelle monoplace entièrement de sa conception qui, avec son petit moteur de 1100 cm3 d’origine Simca, atteignait 170 km/h.

Cette merveille de mécanique lui permit de remporter le Grand Prix de Nîmes, le Bol d’Or et le circuit de Reims.

 

AMÉDÉE GORDINI : UN GRAND DESTIN ET… GLORIEUX ! 

 

 

En 1948, il découvre le talent d’un jeune Argentin… dénommé Juan-Manuel Fangio, jeune pilote prometteur à qui il donne sa première chance et qui deviendra quelques années plus tard, cinq fois Champion du Monde de F1.

Ce dernier remporte le Grand Prix de Marseille en 1949 au volant d’une monoplace Gordini.

Dès l’année suivante, sans sponsor, Gordini continua avec son bureau d’études et ses 45 employés, à construire des monoplaces de Formule 1, des Formule 2 et des Sport-Prototype qu’il engagea en compétition face aux grandes écuries avec, entre autres, les victoires de Jean Behra à Reims et à Pau et ce devant les Ferrari de la Scuderia de Modéne.

Mais malgré son acharnement, Amédée Gordini n’a plus les moyens financiers pour être toujours compétitif…

 

LA DAUPHINE GORDINI DANS LA TOURMENTE DE NEIGE ET GLACE –

 

Et, finalement en 1957, et après s’être engagée dans plus de 600 épreuves, Amédée Gordini renonce à la compétition et stoppe sa production d’automobiles de course dont seulement 33 châssis, de différents types, furent réalisés.

Il rejoint alors la RNUR (Régie Nationale Usines Renault) sur le développement et la création de moteurs de compétition. Une collaboration qui durera 17 ans et qui commence dès 1957, avec la Dauphine Gordini.

 

RETROMOBILE 2014- LE STAND RENAULT avec les INOUBLIABLES R8-GORDINI-  Photo Gilles VITRY

 

L’année 1964 fut marquée par le début de la carrière de la merveilleuse inoubliable et légendaire R8 Gordini !

Puis les années 1970 connurent les succès des Alpine Gordini, pour finir en 1974 par la Renault 12 Gordini qui fut la dernière à être ensorcelée.

Amédée Gordini eut encore l’immense satisfaction de connaître, le 11 juin 1978, la superbe victoire et … devant Porsche, aux 24 Heures du Mans, d’une Alpine V6 pilotée par la paire que formait les regrettés Jean-Pierre Jaussaud et Didier Pironi et dont le moteur était badgé Gordini !!!

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : Antoine PASCAL -Gilles VITRY – Michel PICARD

 

Rétromobile 2020- Gordini de 1938-Modèle-unique-© Photo : Michel PICARD

 

Remerciements à : Musée National de l’Automobile Collection Schlumpf et Christian Huet.

Amédée Gordini est enterré et repose au cimetière de Montmatre dans le XVIIIéme arrondissement de Paris.

 

 

About Author

gilles