MOTOGP 2022 : LE RETRAIT DE PETRONAS, UNE HISTOIRE DE NANA (ET DE POUVOIR)!

RAZLAI ET SES DEUX PILOTES 2022 DOVI ET DARRYN BINDER

 

Non ce n’est pas, en tous cas pas à priori une histoire de sexe.

Mais on a appris comment Razali, ex patron de Sepang puis patron du team Petronas a perdu ce sponsor à vrai dire très prestigieux, un pétrolier malaisien, sur une histoire de bisbille avec une femme disposant manifestement de grosses responsabilités dans le management de la com de la boîte.

L’histoire est hélas classique, et pas réservée au personnel féminin de haut rang, un beau job se fait sur deux qualités : La possibilité de le garder ce job et le talent, talent qui est parfois seulement la cinquième roue du carrosse.

Dans la voile de haute compétition, on appelle ces gens qui savent garder de bonnes relations avec tout le staff des sponsors des rats de ponton. Il y aurait donc des rats de paddock et manifestement Razali n’en faisait pas partie.

Ce qui me rend le personnage sympathique, je ne le connais pas, mais il n’empêche qu’il a dû se dépatouiller.

Ainsi est créé pour 2022 le team RNF, les trois initiales de ses enfants et son sponsor sera italien, en l’occurrence la société WITHu.

EN AUTRICHE LA CATA, PETRONAS ANNONCE QU’IL SE RETIRE DU MOTOGP : L’ARRIÈRE-PLAN

 

DE TRÈS BEAUX SUCCÈS EN 2020 TOUT ALLAIT BIEN

 

Pourtant en 2020 avec Morbidelli et Quartararo, le team Petronas a obtenu plein de pole et de victoires, il n’a pas démérité loin de là et il a fourni à Yamaha Factory un pilote français qui est devenu champion du monde cette année, le premier titre de la marque depuis Lorenzo en 2015.

En 2021 Rossi passe en team satellite avec Petronas, il roule avec Morbidelli qui se blesse sévèrement le genou.

Le tableau des résultats tombe en plongée, Razali cherche de nouveaux pilotes pour 2022, puisque Rossi part en retraite et Morbidelli monte chez Yamaha factory (plus tôt que prévu d’ailleurs, Vinales se barrant en milieu de saison).

Razgatlioglu la vedette de Yamaha en WSBK refuse l’offre, Bezzecchi passe finalement dans le team VR46 en 2022, les deux pilotes de Moto2 Fernandez et Gardner resteront chez les Autrichiens.

Alors il est vrai que c’est une époque de vaches maigres mais cela arrive dans tous les teams, justement Yamaha par exemple n’a rien vu pendant six ans…

Et si l’on évoque Ducati, le génie de ses ingénieurs n’a encore pas trouvé le ou les pilotes capables de les faite accéder au titre, sauf une fois avec Stoner, c’est déjà de la très vieille histoire.

Et pourtant le big bang arrive, Petronas annonce son retrait.

 

 

Razali : « Oui, une vraie surprise. Nous avions déjà discuté d’une prolongation de contrat fin 2020. Notre premier accord était de trois ans et se termine après cette saison 2021. Nous avons négocié un nouveau contrat. J’ai reçu une offre en juin dernier. Bien sûr, ils voulaient nous donner moins d’argent. J’ai répondu que je ne pouvais pas le faire avec moins d’argent. Avec le recul, j’aurais dû accepter cette offre à partir de juin… J’avais un RV avec eux juste avant la Styrie pour savoir si oui ou non on nous offrait le budget demandé et là coup de tonnerre, ils m’annoncent qu’ils arrêtent… Officiellement la situation économique et le virus sont les raisons de ce retrait ».

 

LE MOTOGP COÜTE BEAUCOUP MOINS CHER QUE LA F1

 

Décision peu crédible, Petronas continue le sponsoring avec Mercedes en F1, qui doit lui coûter infiniment plus cher que le MotoGP (cinq pour cent dit Razali) on ajoute qu’en plus cette année Verstappen est en train de pulvériser le championnat F1 et Hamilton, qui roule Petronas,  a encore une chance de titre mais faible.

DATIN ANITA AZRINA ABDUL AZIZ, UNE FEMME DE POUVOIR QUI N’AIME PAS LA MOTO OU PAS RAZALI OU PAS LES DEUX

 

PETRONAS, SOCIÉTÉ CONSIDÉRABLE AUX DÉTOURS HORS DU COMMUN

 

Cette femme a intégré le sport automobile en même temps que Razali est devenu le PDG du circuit de Sepang en 2008… Tout ça ne date pas d’hier !

Ils ne se rencontraient que pour le GP de Malaisie de F1… Mais chaque fois que Razali proposait quelque chose, c’était non, bref les relations entre ces gens de pouvoir étaient détestables mais intermittentes.

 

LES FEMMES DE POUVOIR SONT AUSSI CRUELLES QUE LES HOMMES DE POUVOIR

 

En 2018, deux femmes remplacent la mégère non apprivoisée. (Pardon lecteur, j’ai peu de respect pour les gens qui se croient très puissants avec de l’argent qui n’est pas le leur, j’ai quitté la F1 pour ça, enfin c’est la raison principale.)

Il y a eu bien sûr de grosses péripéties et ce dans les trois cylindrées puisque Petronas n’était pas seulement en MotoGP et les deux nouvelles femmes du marketing ont fait un job considérable.

Elles ont accepté le MotoGP avec Yamaha et la livraison de carburant pour les autres cylindrées, ce qui doit d’ailleurs représenter un paquet d’oseille…

Bref tout baignait dans l’huile, mais il y a eu un nouveau changement de direction chez Petronas, les deux femmes citées ci-dessus sont parties et l’adversaire totale de Razali est revenue.

La conclusion de Razali « Alors, boum… »

Il faut croire que la femme en question a de grosses relations, dans les affaires la compétence n’est pas la panacée universelle, sur de gros postes comme celui-là, la politique et les amis sont de très gros atouts pour trouver les gros jobs.

On ne saura jamais pourquoi Razali et cette femme se détestent, quelque part ce n’est pas mon problème d’ailleurs, ce qui m’intéresse en revanche est le résultat sur le terrain…

Et incontestablement Razali a dû faire face, il a trouvé des sous, il a trouvé des Yamaha satellites, il a trouvé des pilotes mais cet aspect là du puzzle semble un peu bancal.

Dovizioso roule certes sur une moto vieille de mille ans mais ses résultats sont pour l’instant aussi discrets que l’ours qui hiverne.

Quant au deuxième pilote, Darryn Binder, qui vient direct du Moto3, il va mettre du temps à s’adapter.

Razali n’a pas fini de s’arracher les cheveux à moins que son choix de pilote se révèle superbe dans les deux saisons à venir…

Jean Louis Bernardelli

Photos : MXGP et DR

 

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