VENTOUX TRIAL CLASSIC 2021 : L’ÉNORME SUCCÈS DU « EIGHTIES REVIVAL » !

LE PARC FERMÉ EST GIGANTESQUE

 

400 pilotes au départ plus soixante qui ont été refusés pour cause de surnombre, le Trial Classic du Ventoux est le plus gros événement sportif français après le Touquet !

Bien sûr, l’atmosphère des zones de championnat à l’époque du côté de Sommières ou des Rousses (plusieurs milliers de spectateurs par zone). Mais justement les organisateurs qui ont réussi, avec la commune de Malaucène et ses voisines ont réussi à tracer 45 km d’interzone, à l’ancienne, dans une région très résidentielle et patrimoniale a comme contrepartie que si l’accès aux zones de franchissement est libre, on essaie au maximum d’éviter des parkings sauvages de milliers d’autos qui à mon époque étaient le lieu d’évolution des journalistes de trial…

Pas de pub, le bouche à oreilles suffisent à remplir le parc fermé, cette année 35% de pilotes étrangers sont venus. Preuve que la pub est inutile.

UN PAYSAGE UNIQUE AU MONDE

LE VILLAGE DE MALAUCÈNE EST UN DÉLICE

On est donc au pied du Ventoux, dans un paysage exceptionnel, préservé par la nature et par les humains, où les trialistes des années 80 et un peu plus sont maintenant rejoints par de jeunes pilotes qui s’ennuient un peu dans ce qui s’appelle le trial moderne qui ne fait vraiment pas recette…

A cette époque de l’année, les nuits sont froides mais le trial ne se pratique pas de nuit, il y a quand même beaucoup de monde dans les zones car les suiveurs sont nombreux, ils prennent l’interzone et sont inscrits à l’organisation qui leur confie un dossard vert.

Interzone qui d’ailleurs, là encore c’est une tradition, n’est pas du chemin ou de la route que l’on prend à haute vitesse mais un terrain très peu praticable où certains de mes copains qui roulaient en mondial à la grande époque ont failli se faire piéger…

Comment gérer 400 partants sans que ce soit un bazar gigantesque ?

DU ROUGE, DU BLEU, DU VERT, DU JAUNE…

LE TRIAL CLUB CATALAN EST FAMILIAL ET FÉMININ

Simple, on les répartit en trois groupes, qui ne roulent pas ensemble car lâchés sur des horaires différents, c’est le système des Six Jours d’Ecosse en fait, la compétition la plus célèbre du monde du trial.

Les zones de franchissement elles-mêmes proposent quatre tracés, balisés par des panneaux de couleurs différentes et correspondant à la difficulté souhaitée par les pilotes, qui roulent ici par teams de trois, les rouges sont le niveau le plus fort, les bleus juste derrière…

On vient ici de partout, de Catalogne française bien sûr (le trial Club de Perpignan a fait rouler des pilotes féminines bravo les filles…) mais aussi de l’autre côté des Pyrénées, d’Angleterre, d’Italie etc… Rappel au passage, avant que le trial devienne italien avec SWM et Fantic, les trois usines qui dominaient le monde, Montesa, Bultaco et Ossa étaient à Barcelone.

 

JEAN LUC NICTOU ET SON MONSTRE

 

Les motos sont elles-mêmes réparties en deux groupes selon leur âge, avec différentes équivalences au niveau des points marqués, certains pilotes tenant absolument à retrouver la façon de piloter ces anglaises qui ont été les pionnières du trial avant les Espagnoles :  AJS, BSA, Ariel, Triumph, Matchless mais aussi quelques Motobécane, toutes à moteurs quatre temps et pesant lourd mais voir Jean Luc Nictou, qui est un colosse, virevolter sur sa Triumph est un vrai plaisir que beaucoup n’ont jamais vu, à commencer par moi d’ailleurs.

J’ai d’ailleurs passé une partie de la matinée au parc fermé, où les motards mettaient en route avant de franchir le start, j’avoue que ces odeurs de deux temps, car elles sont bien sûr ultra majoritaires ont été une sorte de drogue, de délicieux élixir de jeunesse.

 

LES COPAINS D’ABORD… (BRASSENS)

LE DREAM TEAM DE CHARLES COUTARD? SON FILS ARTHUR ET SON POTE ERIC LEJEUNE

Mes copains de l’époque étaient là à commencer par Charles Coutard, onze fois champion de France et vainqueur de trois épreuves en mondial.

 

FRED MICHAUD

Fred Michaud, lui aussi champion de France et titré par équipe au Trial des Nations;

 

GILLES BURGAT CHAMPION DU MONE EN 1981

Gilles Burgat, notre premier champion du monde (1981!);

 

JAIME SUBIRA, CRÉATEUR DE CE BIJOU QU’EST LE FANTIC

Jaime Subira l’homme qui a créé et développé le Fantic tellement supérieur aux autres qu’il tenait la majorité du plateau (même moi j’étais bon sur cette moto !) et qui d’ailleurs en restaure chez lui en Espagne, Eric Lejeune, vainqueur l’an dernier, de la famille belge qui a donné au trial un champion de Belgique et un champion du monde, plus les jeunes du trail français qui courent aujourd’hui en mondial et venus retrouver l’ambiance des grandes années…

 

CHARLES COUTARD, LE PILOTAGE TOUJOURS LE PLUS ÉLÉGANT AU MONDE

Les motos acceptées, c’est simple : Deux amortisseurs, pas de refroidissement liquide et freins à tambour, réparties en deux sous-groupes, pré-65 et post-65.

Tiens donc ?

On se souviendra qu’à l’époque, Sammy Miller était la star absolu du trial anglais lui-même star absolue du trial mondial sur les motos quatre temps évoquées ci-dessus et cette année-là, il passe à Barcelone créer la Bultaco, une moto révolutionnaire, moteur deux temps, donc hyper légère qui sera championne du monde un paquet de fois , comme ses petites camarades barcelonaises qui seront construites près de l’usine de la famille Bulto.

RIRE EST LE PROPRE DE L’HOMME (RABELAIS)

PANABIÈRE ET SA RARE ET TRÈS BELLE KAWASAKI DE TRIAL

Il y a dix-huit zones que l’on fait une fois par jour mais par des itinéraires différents pour éviter les bouchons, à la fin de chaque boucle on repasse par le parc fermé où l’on trouve à bouffer et plusieurs mécanos venus avec les pièces qui vont bien… Le lendemain idem, on refait les dix huit zones mais par des parcours différents.

Ambiance totale au parc, on n’a pas besoin de refaire le monde on l’a déjà fait on parle quand même du passé, un peu, de l’actualité beaucoup, il y a des choses émouvantes, le fils de Charles Coutard, Arthur, a fait un team avec son père et Eric Lejeune (Eric roule sur une moto unique au monde qui lui vient de son père, une bicylindre au bruit de turbine bien plus lourde que les autres motos mais qu’il manie comme un bijoutier…)

 

ARTHUR COUTARD ET LA GREEVES DE SON GRAND PÈRE

La photo ci-dessus n’est pas anodine: Arthur Coutard roule sur la Greeves de son grand père Claude, le pape du trail en France.

Il n’y a qu’un seul mot pour résumer cette épreuve, le bonheur. Elle n’est pas la seule, que ce soit à moto ou en auto, mais d’une certaine façon et son incroyable succès le prouve c’est un moment d’une émotion énorme car bien sûr ces garçons et filles sont ravis de se retrouver mais quand un pilote met un pied à terre, ce qui coûte un point à lui et à son équipe, on entend jusqu’au sommet du Ventoux les « Merde ! » et autres « Quel con je suis ! ».

 

LES JEUNES TALENTS DU TRIAL RANÇAIS AIMENT BIEN VENIR ROULER A L’ANCIENNE (ICI ALEXANDRE FERRER)

Certains, que je ne citerai pas bien sûr, qui ne s’entraînent guère (alors que par exemple Burgat fait encore de temps en temps les Six Jours d’Ecosse) arrivent en haut des zones en expliquant qu’ils ont vieilli, qu’ils sont devenus nuls et là les grosses rigolades fusent, comme partout d’ailleurs, du dîner du vendredi à la remise des prix du dimanche soir…

Rire en ayant envie de pleurer parce que l’on vient de perdre quarante années en quelques secondes en arrivant à Malaucène, voilà une recette qui marche !

Vous en connaissez beaucoup des endroits où durant deux jours, quatre cents pilotes et leur accompagnants plus l’organisation, bref un millier de gens, vivent dans le bonheur ?

Les classements sur https://www.ventoux-trial-classic.com/vtc-2021-les-classements/

Jean Louis BERNARDELLI

Photos DR

Merci et bravo à Thierry Auber et à toute sa bande de nous offrir le bonheur!

 

 

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