PEDRO RODRIGUEZ NOUS QUITTAIT IL Y A … 50 ANS, LE 11 JUILLET 1971 AU NORISRING

 

 

 

PEDRO RODRIGUEZ LE HÉROS DE TOUT UN PEUPLE… INOUBLIÉ UN DEMI SIÈCLE PLUS TARD!

 

 

En ce dimanche 11 juillet 2021, cela fait tout juste cinquante ans, oui 50 ans, que disparaissait tragiquement le très populaire pilote Mexicain, Pedro RODRIGUEZ, à l’âge de 31 ans.

Héros de tout un peuple, ce pilote polyvalent et un des plus doués de sa génération, laissera un grand vide non seulement au pays du sombrero mais également dans l’ensemble de la communauté du sport automobile international, où il était en voie de se forger un palmarès bien étoffé.

Dans son pays d’origine, aujourd’hui encore le nom de RODRIGUEZ évoque à lui seul, une dynastie célèbre de pilotes, formée au début des années ’60, avec son frère cadet de deux ans, Ricardo et disparu lui aussi tragiquement en course, au volant d’une Lotus de l’écurie de Rob Walker, lors des essais à Mexico du GP du Mexique, le 1er novembre 1962.

Considérés comme les plus grands représentants du sport automobile sud-américain à l’époque post-Fangio, l’Automobile Club Mexicain a d’ailleurs renommé en leur hommage l’ancien autodrome national Magdalena Mixhuca situé à Mexico City en’’ Circuito Hermanos (qui signifie ‘’frères’’ en espagnol) Rodriguez’’.

Tout comme son frère cadet Rodrigo, Pedro était considéré comme un pilote en avance sur son temps, comme l’est un certain Max VERSTAPPEN de nos jours.

Dès son plus jeune âge, sa devise était : ‘’tenter l’impossible pour réussir le possible’’

Après avoir débuté par le vélo dès 8 ans, Pedro il enchaîna par la moto sur une ADLER 125cc à 12 ans et à 14 ans, il pilotait déjà une PORSCHE 356, avant de s’essayer à 15 ans sur une JAGUAR XK120, avec des fortunes diverses mais à chaque fois en mettant en évidence son talent inné.

« Comme quoi aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années » citation célèbre qui valait également pour son plus jeune frère à la trajectoire quasi identique.

Après des études effectuées dans une école militaire américaine pour apprendre à maîtriser l’anglais, il s’initia également aux affaires au point de reprendre très jeune dès la vingtaine, une concession MERCEDES à Mexico City, sans pour autant cependant ranger sa passion du sport automobile.

 

 

Alors qu’il semblait se destiner plutôt à l’endurance, série où il récoltait régulièrement des lauriers, Pedro RODRIGUEZ ne restait pas indifférent à se dégoter des volants en F1, une opération qui entre 1963 et 1968, ne se présenta cependant que ponctuellement sur des LOTUS ou FERRARI, remportant pourtant le Grand Prix d’Afrique du Sud en 1967, sur une COOPER-MASERATI.

 

LA F1 ET L’ENDURANCE COMME FERS DE LANCE.

 

Fort de son premier succès en catégorie reine en 1967, le Mexicain accumule les prestations en F1, F2, TASMAN Séries, CAN-AM et Voitures de sport en endurance, à partir de 1968, comme c’était la tradition pour beaucoup de pilotes de haut niveau à cette époque de passer d’une discipline à l’autre, chaque week-end.

Si en F1, il allait disputer une saison complète à partir de 1968 chez BRM, son terrain de prédilection, se situera toutefois justement en endurance, sur des voitures de sport qu’il pilotera pour des usines renommées comme FERRARI-MIRAGE FORD-LOLA-MATRA ou encore PORSCHE.

En 1970, il remportera cette fois au volant d’une BRM (photo), une deuxième victoire en Grand Prix à Spa-Francorchamps  et qui restera son dernier grand triomphe, avant la tragédie qui allait l’emporter, tandis qu’en endurance son palmarès affiche 13 victoires internationales!

 

UNE ÉPREUVE EN INTER SÉRIE LUI SERA FATALE.

 

Alors qu’en 1971, il participa à huit épreuves du Championnat International des Marques – l’actuel Championnat du Monde – au volant d’une PORSCHE 917 officielle, qui lui permit de remporter successivement, les 1000 KM de MONZA, de SPA et de ZELTWEG, tandis qu’à la prestigieuse TARGA FLORIO en SICILE, sur une PORSCHE officielle 908, il parviendra à accrocher la seconde place finale et que le démon des sports protos, semblait avoir pris le dessus, il accepta l’invitation de son ami Suisse Herbert MULLER, pour disputer les 200 Miles du NORISRING, un circuit urbain dans les faubourgs de NUREMBERG en Allemagne au volant d’une FERRARI 512 M… flambant neuve !

Cette épreuve était la quatrième comptant pour le très réputé Championnat Allemand De l’INTERSERIE, disputé traditionnellement en deux manches distinctes.

Comme il y a des événements où le temps s’arrête et dont tout le monde se souvient, ce 11 juillet 1971, était pour ma génération, indéniablement un tel jour…

C’est en effet lors du premier run que la catastrophe suivit son cours lors du 12ème tour, lorsque pour une cause toujours demeurée indéterminée, la FERRARI 512M rouge de Pedro RODRIGUEZ, s’écrasa contre le pilier d’un pont jouxtant la piste urbaine du Norisring, après avoir frotté les glissières et de s’enflammer aussitôt !

Le malheureux pilote Mexicain, resté prisonnier de sa voiture en flammes, fut immédiatement désincarcéré mais malgré toutes les tentatives de l’équipe médicale sur place, son décès ne put qu’être constaté après son transfert dans un hôpital de Nuremberg et cela neuf ans après celui de son frère, Ricardo disparu lui à l’âge de 20 ans,.

Après l’horrible crash fatal, dont avait déjà été victime son frère cadet neuf ans plus tôt, le 1er novembre 1962, un nouveau coup dur venait frapper la famille RODRIGUEZ-DE LA VEGA, véritable victime de la loi des séries !

 

 

 

Quant au déroulement de l’accident, l’enquête du parquet qui s’en suivit n’a jamais pu déterminer avec certitude ce qui s’est réellement passé, si ce n’est que le pilote Mexicain, s’apprêtait à doubler la Porsche 910 du pilote Autrichien Kurt HILD, sous les drapeaux bleus et qu’à cet instant la FERRARI lancée à plus de 200 Km/h, a subitement quitté sa trajectoire pour aller s’encastrer dans les glissières et ce avant de toucher le pilier d’un pont insuffisamment protégé et d’ensuite véritablement exploser dans une gerbe de flammes.

Selon les dires de témoins, à l’approche d’un virage en S, un pneu avant de la FERRARI, aurait possiblement déjanté, provoquant instantanément sa violente sortie de piste.

Leo KINNUNEN, le pilote Finlandais et ancien équipier de RODRIGUEZ en endurance qui était dans son sillage, déclara alors à l’époque, avoir perdu lui aussi brièvement le contrôle de sa PORSCHE 917 Spyder, au freinage de cette même courbe, en évitant la sortie de route de justesse.

La sécurité de ce tracé fut dans la foulée remis fortement en question surtout que trois ans auparavant deux autres pilotes y avaient déjà payé un lourd tribut.

 

PLEURÉ PAR TOUT UN PEUPLE

 

Le décès tragique de Pedro RODRIGUEZ provoqua une véritable vague de consternation au Mexique et particulièrement dans son Mexico City natal, où il était adulé et apprécié par toute une nation à ses pieds et qui voyait en lui un futur Champion du Monde de F1, en puissance depuis son passage au sein du Team officiel BRM.

En son souvenir, outre le circuit de Mexico City qui en son honneur et celui de son frère Ricardo est désormais appelé ‘’ Circuito Hermanos Rodriguez’’comme déjà évoqué, la première épingle du circuit Américain de Daytona, porte son nom, tandis que au Norisring, une plaque commémorative a été placée à l’endroit même de son accident.

Pour honorer le cinquantième anniversaire de sa disparition, la ville de Nuremberg a par ailleurs décidé d’appeler dorénavant le viaduc qui lui fut fatal ‘’PONT PEDRO RODRIGUEZ ‘’ au cours d’une manifestation qui aura lieu en présence d’une délégation Mexicaine, du club automobile SCUDERIA dont les frères RODRIGUEZ faisaient partie en tant que membres fondateurs.

Au Mexique, des pilotes comme SOLANA, REBAQUE, GUTIERREZ ou désormais Sergio PEREZ, ont toujours porté bien haut les couleurs du pays des Aztèques même si depuis la dernière victoire en Grand Prix de Pedro RODIGUEZ et la première de ‘’Checo’’Sergio PEREZ… cinquante ans se sont écoulés.

50 ans également, répétons-le, que Pedro nous a quittés !

Cinquante ans déjà…

Soit un demi-siècle, au terme duquel son souvenir est toujours bien vivace chez tous ceux qui l’ont connu et apprécié.

Parti pour aller toucher les étoiles, il les aura rejoint malheureusement beaucoup trop tôt…

RIP Pedro. On ne t’oublie pas!

 

Manfred GIET

Photos: Publiracing Agency  

 

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