IL Y A 40 ANS, CE 31 MAI 2021… MICHEL ROUGERIE NOUS QUITTAIT AU GP DE YOUGOSLAVIE


MICHEL ROUGERIE- 1978- AU GUIDON DE LA SUZUKI 500cc.

 

31 mai 1981.

C’était il y a … quarante ans. Dans une autre vie !

 

Après Olivier Chevallier, Patrick Pons et Christian Léon, trois de nos Champions disparus un an auparavant et au cours de la terrible saison 1980, Michel Rougerie à son tour, nous quittait !!!

C’est une saloperie de Grand Prix à Rijeka, dans ce qui s’appelle à l’époque encore la Yougoslavie. Une saloperie de second tour, où Michel Rougerie est en cinquième position.

Une saloperie de petite chute après la ligne droite des stands, Michel se relève. Il va mourir debout. Il est en effet, hélas percuté par son ami et coéquipier au sein de l’écurie Pernod, le savoyard Roger Sibille, qui ne peut, lancé à plus de 200Km/H, absolument rien faire pour l’éviter.

C’est quand même une saloperie de mort, même debout. Et un drame pour l’équipe Pernod.

Et comme me le rappelle Gilles Gaignault, un an auparavant le dimanche 10 août 1980, c’est lui Michel qui percutait, alors qu’il venait de tomber dans la courbe de Beketts à Silverstone au cours du British GP, son pote Patrick Pons… Le récent vainqueur des prestigieuses 200 miles de Daytona en mars et Champion du monde en titre en 750cc, sacré en 1979, relevé dans le coma, et qui décédait deux jours plus tard, à l’hôpital de Northampton!

.. Michel, c’est deux souvenirs qui n’ont rien à voir.

D’abord un film, il y en a peu à l’époque, sur les GP moto, ils sont donc tous devenus films cultes. Mais « Le cheval de fer », c’est plus que ça. C’est à la moto ce que Woodstock est au rock. Une génération à lui tout seul.

Michel y raconte une chute à Imatra, en Finlande. Un circuit « naturel », horriblement dangereux ou en GP on traverse la voie ferrée, dont Phil Read aurait dit qu’il s’agissait en fait d’un terrain de motocross.

C’est tout dire.

Rougerie y raconte une chute près d’un rond point fleuri.

« Je n’ai pas abîmé les fleurs » disait-t-il en riant.

Il avait raconté à bien des gens, à ses amis, il en avait des milliards, que le jour où il mourrait, il ne voulait pas avoir un « billet de cinq balles » sur lui.

Gilles Gaignault se souvient du titre du bouquin que lui avait consacré notre ami et confrère, malheureusement décédé l’hiver dernier, Philippe Debarle  : La vie d’abord 

C’est pour cela sans doute, sachant parfaitement qu’à l’époque, dans ce métier, il était facile de mourir jeune, qu’il claquait son fric avec bonheur. Et roulait dans de belles bagnoles!

Mon deuxième souvenir de Michel, c’est un essai de motos de cross KTM, en montagne, avec des journalistes. Pas du tout sa spécialité. En plus ce jour là, il tombait une tempête de neige, dont on sait que c’est une horreur à moto.

Il a soufflé comme un phoque, la veille, nous avions un peu trinqué, il était rouge vif, il crevait de chaud sous une « combine » de pluie  mais il a tenu son rôle, être digne de notre fierté de rouler avec lui.

Après, Michel, c’est avant tout les copains.

Quand il est mort, le mot d’ordre est passé dans la région parisienne, il fallait beaucoup de monde pour l’accompagner au cimetière de Rosny sous bois, situé en Région Parisienne.

C’est ce jour-là que j’ai su qu’il avait des milliers, des millions, des milliards de potes.

Une autre histoire de potes, un autre film ?

L’Agression, de Gérard Pirès, où une bande de motards terrorise un automobiliste qui a voulu les impressionner. Il faut donc des figurants ultra doués, car s’il ya de la cascade dans le film, il ya surtout un nombre incroyable de figures de style à moto. Et c’est toute la bande des pilotes français de GP qui s’y met, avec un bonheur et des images de folie.

Il ya là René Guili, Victor Soussan (leur pote Australien qui vit à Magny les hameaux dans les Yvelines), Jean Paul Boinet, Gérard Choukroun, Thierry Tchernine, Jean Claude Chemarin, Gilles Husson, Jean François Baldé, Alain Terras et bien sûr, Michel Rougerie.

On imagine juste aujourd’hui que des pilotes officiels, aient le droit d’aller faire ce genre de connerie somptueuse ?  Pas sûr…

Bien sûr que non, évidemment. Cette époque n’existe plus que dans la mémoire de vieux nostalgiques de mon genre.

Quarante ans qu’il est parti et c’était hier.

 

ROUGERIE-URDICH – Les vainqueurs du prestigieux Bol d’Or en 1969 à MONTLHERY -Photo Michel PICARD

PREMIER SUCCÈS AU BOL D’OR EN 1969

 

Il était né un 21 avril 1950 à Montreuil sous Bois, dans l’est Parisien. En 1969, alors inconnu, il gagne le Bol d’Or, sur une Honda CR 750 Japauto, avec Daniel Urdich. La course a lieu à Montlhéry. Ils ont 19 ans.

C’est aussi le renouveau de la moto en France.

Et l’apparition des machines Japonaises. Rougerie est un héros et un pionnier.

Il court de 1972 à 1981, année de sa mort.

Ses motos ?

Aermacchi, Harley Davidson (deux victoires en 1975, aux GP de Finlande et en Tchécoslovaquie, il est Vice-champion du monde), Suzuki, Bimota, Yamaha (une victoire au GP d’Espagne en 1977).

18 podiums en Grand Prix au total, c’est un beau palmarès, mais pas une légende, dont il n’a d’ailleurs pas besoin .

Rougerie était un héros à lui tout seul. Un mec, comme disait Coluche.

‘Le mec est mort le dimanche 31 mai 1981 à Rijeka.

Cela fait quarante piges. Une sacrée tranche de vie.

Mais ses potes, dont Gilles Gaignault qui nous rappelait depuis plusieurs jours de pas rater ce cruel anniversaire de la date de sa disparition, ne l’ont pas oublié…

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Michel PICARD – François BEAU – Jean Pierre BOULME

 

Gilles GAIGNAULT nous rappelle encore qu’il est enterré dans le cimetière de ROSNY sous Bois, dans l’est de PARIS!

 

1979 – GP France moto 350cc – Circuit Bugatti Le Mans – Dimanche 2 Septembre – Michel Rougerie – 350 Bimota Yamaha P6 © Photo Michel Picard

1976 – Rouen les Essarts – 28 Mars – Michel Rougerie -Yamaha 750 N°1 P1 © Photo Michel Picard

1976 – Rouen 28 Mars – Michel Rougerie – Yamaha 750 N°1- P1 et Takazumi Katayama P2 © Photo Michel Picard

1977  -Magny-Cours – Trophée du Million – 27 Mars -Michel Rougerie – Yamaha 750 N°354 P5 © Photo Michel Picard

1977 – Moto-Journal 200 – Circuit Paul Ricard – 17 Avril – Michel Rougerie – Yamaha 750 N°18 © Photo Michel Picard

1977 – Bol d’Or – Circuit Bugatti Le Mans – Samedi 17 Septembre – Michel Rougerie et Olivier Chevallier Kawasaki Sidemm N°10 Abandon piston © Photo Michel Picard

1971 – Michel Rougerie aux 10 Heures de Monthléry

1976 – Moto Journal 200 – Circuit Paul-Ricard – 11 Avril- Michel Rougerie et Giacomo Agostini © Photo Michel Picard

1980 –  GP France 500 -Circuit Paul Ricard – 25 Mai – Michel Rougerie – Suzuki 500- P7 et 1er Français © Photo Michel Picard

Patrick PONS et Michel ROUGERIE en 1980

 

 

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