VITTORIO BRAMBILLA DÉCÉDAIT ‘AU VOLANT’…DE SA TONDEUSE IL Y A 20 ANS !

 

 

 

 

Il y a 20 ans, le 26 mai 2001, nous quittait inopinément Vittorio BRAMBILLA, celui que l’on surnommait le ‘’Gorille de Monza’’.

Né à Monza, Vittorio BRAMBILLA, où son père était propriétaire d’un atelier de réparation et à quelques encablures du célèbre ‘’Autodromo Nazionale’’niché dans le Parc Royal, de la cité Lombarde au nord de Milan, Vittorio BRAMBILLA a évidemment grandi dans une atmosphère où les sports moteurs étaient souvent à l’ordre du jour.

Mais avant de débuter dans le sport automobile et dès 1957, à 20 ans, il avait commencé par enfourcher des motos de 175 à 500 cm³ qu’il pilotait lors de compétitions comptant pour le Championnat italien de la discipline, où il sera d’ailleurs couronné Champion en 1958.

Nanti d’un diplôme de mécanicien auto, il mit rapidement le pied à l’étrier du sport automobile en préparant son propre KART, à bord duquel il fit ses premières armes sur quatre roues avant de devenir le mécano de son frère aîné Ernesto dit Tino, trés actif en F3.

C’est d’ailleurs sur une monoplace usagée de celui-ci qu’il fit lui-même ses premières armes en Formule 3, par la suite et ce avant d’embrayer en F2 , puis en F1 et aussi naturellement en endurance au volant de la catégorie, dite à l’époque des voitures de sport.

 

Vitorio BRAMBILLA avec Giorgio PIANTA aux 1000 Km du Nürburgring 1975 sur une LOLA 3380-© Manfred GIET

 

Rapidement Vittorio dont le style de conduite était plutôt agressif et impétueux fut surnommé ‘’le Gorille de Monza’’ en raison de son physique d’haltérophile.

Ses sorties de pistes atteignirent certaines années des chiffres inquiétants et au passage, on signalera qu’en 1971, lors d’une manche F2 sur le Nürburgring en Allemagne, il fut victime d’une sortie de piste sur sa MARCH 712M-COSWORTH, dont il s’en tira miraculeusement indemne, contrairement à une spectatrice mortellement touchée.

Bon coup de volant, combatif et rapide, Brambilla était le type même de pilote brut de décoffrage et qu’il fallait canaliser à ses débuts.

 

Vittorio BRAMBILLA a ZELTWEG

UNE VICTOIRE EN F1 QUI ENTRA DANS LES ANNALES EN AUTRICHE…

 

Malgré toutes les voitures qu’il ‘dépeçait’ et brisait régulièrement, Vittorio parvenait malgré tout, toujours à dénicher des volants, tant en monoplace qu’en voitures de sport, des disciplines certes différentes mais dans lesquelles, il a toujours su mettre en avant son éclectisme à une époque, où le métier de pilote, ne se limitaient pas qu’à une seule spécialité !

Sa première victoire de rang, il la remportera sur un proto ABARTH-OSELLA PA 1, à ENNA en Sicile en 1973 et ce un an avant qu’il ne débute en F1 au volant d’une MARCH 741 et de s’offrir son 1er point au Championnat,en terminant 6ème du Grand Prix d’Autriche à Zeltweg. Un GP qui allait lui porter chance  l’année suivante lorsque après avoir terminé 6ème au GP d’Angleterre, puis 2ème aux 1000 KM de ZELTWEG sur une ALFA ROMEO T33/TT officielle alignée par le WKRT (Willi Kauhsen Racing Team), il fit mieux sur le même circuit deux mois plus tard lors du GP d’Autriche disputé sous une pluie battante et qu’il étonna la planète F1 en remportant une victoire inattendue sur une MARCH 751 !

Lui-même en fut tellement surpris de cet exploit qu’en signe d’allégresse, il leva les deux mains hors du cockpit après le drapeau à damiers pour se retrouver en aquaplanage et terminer dans les glissières avant de rentrer finalement dans le parc fermé avec une MARCH sérieusement chiffonnée!

Cette anecdote l’accompagna évidemment constamment jusqu’à la fin de sa carrière…

 

Vittorio BRAMBILLA sur la SURTEES TS 19 en 1977-© Manfred GIET

 

Une carrière qui aurait pu être d’un autre niveau, s’il avait pu compter sur du matériel plus performant que celui dont il a du se satisfaire, tant chez MARCH, SURTEES, qu’ALFA ROMEO au cours de ses sept années de présence en F1,  avec 74 Grands Prix disputés, 1 victoire, 1Pole et 1 meilleur tour en course à son actif.

En plus, lors du Grand Prix d’Italie 1978 dans son  jardin de Monza, il fut une des victimes de l’énorme crash survenu juste après le départ provoqué par Ricardo PATRESE et qui allait coûter la vie, au pilote Suédois Ronnie PETERSON.

BRAMBILLA fut en effet ce jour-là le dimanche 10 septembre, grièvement touché à la tête, par une roue  baladeuse, se retrouvant à l’hôpital dans un état critique durant quatre jours, avant de sortir du coma et de s’en tirer après une convalescence de quelques mois.

 

Vittorio BRAMBILLA au volant de la sinistre Alfa Romeo en 1980 et qui coûté la vie à Patrick DEPAILLER-© Manfred GIET

 

Cela ne l’empêcha pas de retrouver la F1, en 1979 et 1980 chez ALFA ROMEO, qui au travers de sa branche sportive AUTODELTA, écurie pour laquelle en 1977, Vittorio avec 4 victoires avait largement contribué à remporter le titre de Champion du Monde WSC (World Sports Cars Championship) sur une ALFA ROMEO 33SC 12 mais sans se retrouver en F1, sans pour autant être dans son élément sur des monoplaces type 177 et 179, manquant de potentiel et équipés de moteurs V12 peu performants.

C’est d’ailleurs, comme me le souffle Gilles GAIGNAULT, au volant de cette ALFA, peu sure, que le pilote FRANÇAIS, Patrick DEPAILLER s’est tué le 1er aout 1980, lors d’une séance d’essais privés, organisée sur le circuit ALLEMAND d’HOCKENHEIM…

 

 

Après le Grand Prix d’Italie 1980, disputé à Imola, Vittorio BRAMBILLA tirera définitivement un trait sur le sport automobile pour se consacrer ensuite entièrement à la gestion de sa concession automobile qu’il détenait à Monza.

En tant que grand amateur de moto durant quelques années, il fit aussi et par pure passion, partie de l’escorte motocycliste durant le Giro D’Italia cycliste.

Après être passé par le chas de l’aiguille à maintes reprises, comme pilote actif, son parcours de vie prendra malheureusement fin à l’âge de 63 ans et de façon tout à fait insolite et inattendue, terrassé par un arrêt cardiaque… en tondant la pelouse dans sa propriété privée de Lesmo, autre haut lieu célèbre du circuit Lombard de Monza, qui ne lui a jamais porté chance…

Du coup, le sport automobile italien et international perdait un personnage qui aura marqué le sport automobile à sa façon et dont le nom évoquera toujours le pilote à l’attaque qu’il a été en toutes circonstances au cours de sa carrière.

 

 Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

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