GP 2021 AU MUGELLO : VALENTINO ROSSI RACONTE, ET MARC MARQUEZ S’INTERROGE…

ROSSI RACONTE SON CIRCUIT PRÉFÉRÉ

 

 

Bon, si vous connaissez déjà le Mugello, endroit culte comme la ville de Florence toute proche, vous êtes devenus forcément un des Tifosi frustrés d’être interdits de se rassembler dans un endroit aussi célèbre que le Mont Fuji, le Mont Blanc ou l’Everest.

Le plan ci-dessus vous rappellera que chaque virage est ici comme au Bugatti d’ailleurs mais en plus colossal, beaucoup plus, un lieu consacré par son histoire.

 

MUGELLO LE CIRCUIT EN RELIEF

 

Pour les autres, on démarrera par une initiation, que vous regardiez ou non la TV c’est une sorte d’entrée dans une sorte de carte secrète d’un endroit que l’on pourrait surnommer l’Eldorado, que les hommes massacreurs des conquêtes post colombiennes en Amérique du Sud n’ont jamais trouvé, nous si parce que nous l’avons fait. C’est aussi simple que ça la magie…

Rossi nous raconte ci-dessous comment on vit très fort sur un tour de ce circuit, on a ajouté le tracé avec le nom des courbes et un dessin qui reproduit le relief car on est loin d’être sur le plat.

On ajoute une vidéo (filmée sur une moto hypersportive, pas une MotoGP, on voit mieux et moins vite ce qui se passe, vous pouvez donc suivre le tour en visuel) et avec les commentaires de Valentino Rossi…

Bref on se fait un beau cadeau.

 

VISITE DU SANCTUAIRE

 

 

 

Vous avez vu le profil en relief du circuit, au bas de l’image ce sont les deux courbes Arrabiata, où vous pouvez vous amuser à retrouver San Donato, Luco, Poggio Secco, Materassi, Borgo San Lorenzo, Casanova, Savelli, le Arrabbiata, Scarperia, Palagio, Correntaio, le Biondetti , Bucine.

Un fan de Grand Prix, qu’il s’agisse de F1 ou de MotoGP d’ailleurs, devrait savoir un peu ça par cœur, comme le marin connaît par son nom chaque pièce de son bateau, comme le montagnard se souvient sans hésiter du profil de la voie qu’il va grimper, qu’il s’agisse d’une première ou pas, comme un slalomeur qui se répète mentalement le tracé de l’épreuve avec de grands gestes de la main… c’est marrant parce que justement j’ai vu sur toutes les grilles de départ au monde des pilotes faire les mêmes gestes, vu d’un engin de compétition, un circuit n’est un plus une reconnaissance mais un réflexe.

On y va pour la visite guidée de Rossi…

Avec d’abord la vidéo

 

 

Il est évident que ce doit être marrant d’arrêter la vidéo avant de lire la chronique de Rossi courbe par courbe…

Une sorte de Simu made in Autonewsinfo…

« D’abord ce fameux San Donato, (photo d’ouverture de ce reportage) après une ligne droite de 1,141 km (à partir du deuxième tour, au départ on n’en fait que la moitié) c’est le freinage le plus dur du circuit, les journalistes attendent d’ailleurs que le record de Zarco au Qatar (362 km/h) soit battu, on passe de 330 à 93 km/h en 6 secondes sur 317 mètres (données Brembo, la température des disques monte à 770 degrés !). On vise la corde, on renvoie les gaz derrière c ‘est un moment magique du circuit.

Ah oui, important les vibreurs ici, on peut les prendre sans se retrouver à dix mètres au dessus de la moto.

Ensuite on est en à l’aveugle dans le pif paf Luco/ Poggio Seco/ la ligne droite est très courte et on risque toujours d’arriver un peu long. Ce qui nous amène à la courbe (curva en italien) Materassi, qui est un autre pif paf. Il faut freiner très fort, on a même intérêt à sacrifier le premier virage pour sortir du deuxième plus vite.

Le pif paf de la courbe Casanova/ Savelli est le plus compliqué du circuit. Le changement de direction est en pente et brutal à te couper le souffle et pourtant tu dois piloter comme un chirurgien, la moindre erreur d’estimation te fait sortir large en plus le deuxième virage est en faux dévers…

Ensuite, c’est encore un très gros moment, les deux courbes « Arrabiata » se passent sans toucher aux freins (NDLR, la double courbe préférée des tifosi) et c’est comme ça jusqu’à Scarperia. C’est tout au moteur, c’est compliqué parce que la deuxième s’attaque à l’aveugle sans voir les vibreurs à la sortie de la courbe. Ici, pas compliqué, il y a ceux qui connaissent le circuit et les autres… C’est tellement précis et violent à la fois que tu as partout l’impression que la piste est trop étroite !

La Scarperia est encore un pif paf brutal, le freinage est court et sec, il y a un changement de trajo entre les deux virages, une vraie vacherie, je me suis déjà fait avoir. On freine le plus possible avant le premier virage pour envoyer du lourd en sortie du deuxième.

Puis vient la courbe « Correntaio », on arrive vite et il faut freiner fort parce qu’en plus on est légère descente… J’adore cet endroit, on y prend des angles invraisemblables, on va vite mais pas trop parce qu’arrivent les Biondetti, un pif paf où tu as l’impression que ta moto pèse 300 kg de plus !

La courbe Bucine est la dernière avant la ligne droite, on est encore en descente, il faut freiner fort, la moto a tendance à prendre la tangente. Il y a plusieurs trajos mais attention de ne pas se faire avoir au dernier tour, surtout si tu es en bagarre, si tu te rates, tu arrives trop lentement dans le bout droit et tu te fais avoir. »

 

MARQUEZ PENSE QU’IL N’A PAS LE JUS.

 

On l’a compris en lisant le récit de Valentino Rossi, c’est un circuit énorme et violent, Marc Marquez a été assez clair durant les jours derniers, si le circuit est sec (mais il risque de pleuvoir dimanche) il sait que physiquement il ne pourra pas tenir la totalité du GP à la vitesse nécessaire pour finir devant.

« Au Bugatti, j’ai montré notre potentiel sur piste mouillée – Il a été devant mais s’est mis au tas deux fois quand même –  au Mugello on va devoir bosser dès le vendredi matin pour trouver le bon rythme. Je connais mes limites physiques et je sais que finir devant sur le sec sera très difficile. En plus on va rouler deux GP de suite, dès la semaine suivante nous serons à Barcelone, c’est la première fois que je fais ça cette année et ça va être crevant mais bon, on va gérer »

 

Marc MARQUEZ est déjà arrivé au Mugello mais il s’interroge!

 

On a compris, Marc Marquez ne pense pas tenir le coup en Italie et encore moins à Barcelone la semaine suivante.

Ce qui m’amène à une triste constatation, les médecins de Marc Marquez avaient bien dit qu’il ne serait pas en forme avant le Mugello mais il semble que les délais de récupération s’allongent comme les jours au printemps…

J’ai un mauvais feeling depuis son retour, je ne supporte pas de faire l’oiseau de mauvais augure, mais je me dis parfois que le Marquez d’avant… c’est fini!

Maintenant il faut attendre, mais combien de temps, le Marc Marquez nouveau…

Bon, je vois tout en noir, la période que nous avons vécue et ce n’est pas fini, m’a flanqué un blues colossal, j’espère vraiment que je me fourre le doigt dans l’œil jusqu’au euh… jusqu’aux orteils voilà, j’ai failli utiliser un mot un peu… urologique…

En tous cas on l’aura compris, le Mugello est un monstre, digne de sa légende de circuit mythique en Italie et ailleurs.

On verra ça à partir de demain.

J’en ai le frisson d’avance, ça change du blues… Je vous souhaite la même chose, le frisson, pas le blues…

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :  MotoGP et DR

 

 

 

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