ELIO DE ANGELIS, LE PILOTE ANGÉLIQUE ITALIEN NOUS QUITTAIT IL Y A 35 ANS.

 

 

Triste anniversaire en ce samedi 15 mai 2021, où il y a tout juste 35 ans, le sport automobile et la catégorie reine la Formule 1 en particulier perdaient un de ses plus brillants représentants. 

 

 

Elio de ANGELIS, le pilote angélique et grand espoir Italien, succombait en effet des suites de l’accident dont il avait été victime la veille sur le Circuit Français du Paul RICARD, situé  dans le Var, lors d’une séance d’essais privés au volant de sa BRABHAM BT55, survenu au niveau des ‘’Esses de la Verrerie’’ où sa monoplace expérimentale, était soudainement partie en tonneaux et à très haute vitesse, pour retomber au-delà des glissières, après avoir perdu son aileron arrière…

Premier à arriver sur le lieu d’accident, le pilote Australien Alan Jones déclara qu’un nuage noir s’échappait de l’épave de la BRABHAM retournée et qu’à un moment donné la voiture s’est embrasée avant que l’infortuné de ANGELIS, ne puisse être dégagé inconscient de son cockpit, après avoir inhalé durant tout ce temps des vapeurs d’essence et des gaz, hautement toxiques qui eurent raison de lui, le lendemain, et malgré tous les soins qui lui furent prodigués à l’Hôpital de la Timone à Marseille.

Entre le GP de Monaco, qui aura été son dernier, et le GP de Belgique, la F1 perdait un immense talent promis à un bel avenir!

 

UN PEU D’HISTOIRE …

 

L’italien Elio de ANGELIS, né à Rome le 26 mars 1958, était l’aîné d’une fratrie composée de sa sœur Fabiana et deux autres frères, Andrea et Roberto, au sein d’une famille aristocrate Romaine, avec une assise matérielle et financière solide.

Son père Giulio, homme d’affaire influent et patron d’une importante entreprise de travaux publics dans la ville éternelle, pratiquait le motonautisme de haut niveau durant ses loisirs mais rien ne laissait cependant présager que son fils aîné Elio, se lancerait un jour dans le sport automobile.

Doué pour la musique et le piano en particulier au grand bonheur de son entourage, il n’éprouvait durant son enfance aucun attrait particulier pour la compétition.

Ce n’est qu’au cours de son adolescence et après un essai concluant en Karting et à l’initiative de son père, que la machine se mit inexorablement en route.

Atteint par le virus rapidement, Elio, il se résolut à ne pas traîner en chemin tout comme un certain Eddie CHEEVER, un jeune Américain, né en Arizona mais élevé à Rome et d’à peine de deux mois son aîné et avec lequel, il adorait croiser le fer sur les pistes qu’ils fréquentaient en commun.

Comme pour prouver qu’il n’avait guère envie de flâner au bas de l’échelle du sport automobile, il remporta son premier grand succès, en enlevant le Championnat d’Europe de karting en 1976, alors qu’il avait à peine 18 ans, avant d’enchaîner avec un titre italien en monoplace F3, la saison suivante et après avoir aussi remporté le prestigieux Grand Prix de F3 de Monaco, la même année !

Pour l’étape suivante, il se retrouve en F2, l’anti-chambre de la F1, en 1978, dans l’équipe transalpine EVEREST, dont le degré de préparation ne dépassait cependant pas les 7 collines de Rome et des résultats décevants à la clé…

 

Elio de ANGELIS- Victoire au GP d’Autriche 1982 sur-Lotus- 91-©-Manfred-GIET

OBJECTIF F1

 

En raison de son aisance sociale, on lui colla vite l’étiquette de ‘’fils à papa’’ prêt à payer son volant, ce qui fut le cas, lorsqu’il franchit le pas en F1 en 1979, pour se retrouver chez SHADOW, une petite écurie US, dirigée par DON NICHOLS, alors en proie à de sérieux problèmes de budget permanent, une opportunité qu’Elio saisit, sans pour autant être la proie pour l’ombre, car même sur une monture loin d’être un bon cheval moyen de tiercé, il parviendra à se classer deux fois 7ème et même 4ème au Grand Prix des USA, disputé à l’époque, au nord de New York, entre Elmira et Itaca, à Watkins Glen.

Des performances qui lui permirent d’attirer le regard d’écuries notables comme WILLIAMS et LOTUS, où l’on semblait convaincu de son immense potentiel.

Et finalement c’est … le rusé Colin CHAPMAN et son Team, l’excellente écurie LOTUS qui remporteront la mise pour l’embaucher dès 1980.

Il y restera en tout six saisons, y disputera 90 Grands Prix, remportera deux victoires et en 1984, terminera 3ème au Championnat du Monde.

En 1984 et 1985, Elio de ANGELIS eut le bonheur d’avoir un certain Ayrton SENNA comme équipier à côté duquel, il put se jauger et devenir de grands amis, tout en étant rivaux sur la piste.

De cette époque, où tous deux étaient engagés dans un challenge permanent aux volants de leurs LOTUS au design JPS typique noir et or, date son surnom de ‘’Prince Noir’’ en raison de son style de pilotage raffiné et empreint du même doigté que lorsqu’il jouait du piano.

Mais au fur et à mesure, il se rendit à l’évidence que Peter WARR et Gérard DUCAROUGE, qui après le décès de Colin CHAPMAN en 1982, avaient repris les rênes du Team LOTUS, attachaient plus d’importance au pilote Brésilien et qui au décompte final du Championnat du Monde des Conducteurs 1985, le précédait de seulement… cinq unités, avec une 4ème place finale pour SENNA tandis que de ANGELIS terminait sur ses talons … 5ème !

 

ELIO-DE-ANGELIS décide de quitter l’écurie LOTUS

 

Cinquième, se sentant lésé, le bellâtre romain qui n’hésitait pas de qualifier son équipier SENNA de … ‘’Petit Machiavel’’ décida du coup de changer d’air, en optant pour le Team BRABHAM, propriété du ‘grand manitou’ de la F1, alias Bernie ECCLESTONE, où l’ingénieur Sud-Africain, Gordon MURRAY, y était allé de tout son génie pour créer une monoplace BT55, plate comme une planche à tartiner mais à l’efficacité discutable au cours des premiers Grands Prix de la saison 1986!

Raison pour laquelle le Team BRABHAM, avait décidé de participer à une journée d’essai F1, programmée au Castellet, afin de peaufiner le comportement général de cette monoplace novatrice, axé sur un dégagement maximum de l’aileron arrière et ce afin d’obtenir un appui maximum, tout en veillant à abaisser le centre de gravité, en positionnant le moteur BMW M12 à 72°.

Un concept aérodynamique en théorie génial mais qui en pratique s’avéra poussé à l’extrême et dont les limites furent probablement dépassées lors de cet essai sur le circuit Varois, où de ANGELIS perdit son aileron arrière à très haute vitesse, pour devenir passager d’une voiture folle et aux suites malheureusement fatales…

 

Elio de ANGELIS- 11 Mai1986-AuGP de Monaco-quatre jours avant le drame avec la Brabham-BT-55-©-Manfred-GIET

 

Ironie du sort, après ce drame qui l’avait fort marqué, Gordon MURRAY quitta l’écurie BRABHAM pour rejoindre Ron DENNIS et le Team Mc LAREN, où il développera la fabuleuse MP 4/4, dont les bases techniques étaient majoritairement dérivées de celles de la BRABHAM BT55, mais avec cette fois, la réussite présente.

… Elio avait 28 ans et faisait partie de cette guilde de jeunes pilotes en pleine éclosion et dont le talent et l’ambition ne pouvaient mener qu’aux plus hautes marches de la catégorie reine, un bonheur qui suite à son malheur, il ne connaîtra hélas jamais.

Et comme le souligne notre rédacteur en Chef Gilles GAIGNAULT, à l’époque Grand Reporter à l’agence ACP-REUTERS et au courant d’un mouvement de grève des pilotes, avant le week-end du Grand Prix d’Afrique du Sud 1982, à Kyalami prévu le 23 janvier, une info qu’il avait publié à ce moment-là et en ‘Scoop’  en ‘première mondiale’ et alors que les pilotes ‘’grévistes’’ s’étaient isolés dans une salle de réception aménagée en dortoir dans un hôtel de Johannesburg le SUNNYSIDE PARK, où ils allaient passer la nuit tous ensemble en attendant que la situation se décante, Gilles donc présent sur place, avait découvert qu’Elio de ANGELIS, avait réussi à se faire amener un piano et donner un véritable récital à ses collègues pilotes pour les divertir des heures durant, en attendant que la réunion entre leurs chefs d’équipes et le pouvoir sportif de la FIA, aboutisse et que le mouvement se termine.

Une performance qui laissa bouche bée tous ses confrères pilotes auxquels il venait de donner la preuve que l’amour de l’art et du pilotage de haut niveau, peuvent parfaitement cohabiter, Elio leur jouant essentiellement et à la perfection …tout Mozart !

Hélas sa carrière chez BRABHAM, ne fut que de trop courte durée pour le prodige Romain disparu beaucoup trop tôt et à peine deux semaines après les rallymen, Henri Toivonen et Sergio CRESTO, au Rallye de Corse, en ce cruel mois de mai 1986.

Depuis ce drame du 15 mai 1986, de trop nombreuses années, se sont écoulées mais on ne l’oublie pas…

 

Manfred GIET

Photos: Publiracing Agency

F1- GP d’AUTRICHE 1982- Arrivée au sprint entre la LOTUS d’ELIO de ANGELIS et la WILLIAMS de KEKE ROSBERG.

 

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