MOTOGP 2021 : L’ANNÉE DUCATI ?

STONER LE PREMIER ET LE DERNIER CHAMPION DU MONDE DUCATI EN MOTOGP

 

Imaginez, votre dernier coup de cœur, artistique, sportif, amical ou plus si affinités remonte à 2007 !

Il y a quatorze ans !

C’est un coup à avoir le blues mais chez Ducati, depuis l’arrivée de la bande de Gigi dall’Igna, qui est devenu team manager après le désastre Rossi (dû en effet à une énorme erreur technique et humaine, Rossi m’a dit au GP de France 2011 qu’il avait fait 200 mètres sur la moto est s’était dit qu’il avait fait la connerie de sa vie !) le team Ducati ne lâche rien.

 

PECCO BAGNAIA LEADER DU MONDIAL

Il gagne des GP, termine vice-champion du monde à trois reprises derrière Marquez, chaque année ou presque il y a du mieux, cette année ils ont en plus viré tous leurs vieux pilotes et se retrouvent, certes après seulement un quart de la saison, avec un doublé sur le circuit qui est le plus mauvais pour eux (Jerez);

Ils sont en tête (de très peu) au mondial, leurs trois pilotes (Bagnaia un, Zarco cinq, Miller six, Jorge Martin est à l’hosto) sont dans les six premiers au général.

Alors en Italie, les éditorialistes posent tous la même question avec le grand frisson « Est-ce l’année Ducati ? »

 

LA SAISON DUCATI « FORZA… OU FORSE ?»

VITTORIA!

 

« Forza » tout le monde connaît, c’est un mot hurlé par les tifosi pour que leurs héros gagnent « Forse » signifie… peut-être !

 Alors, certes il y a eu un doublé à Jerez mais c’est parce que Quartararo avait course gagnée quand il a été victime de douleurs abominables.

 

QUARTARARO EST L’ÉPOUVANTAIL DE DUCATI

 

Je sais qu’avec des « Si » on repeindrait le ciel en rose, pour les flamands c’est déjà fait (ouaf !) mais le fait est là, techniquement Ducati était battu.

Cela dit je le répète, avoir du bol permet d’avoir un destin, donc si cela continue, en effet les rouges sont bien partis.

 

MILLER, DEUX VICTOIRES EN MOTOGP EN SEPT ANS!

Quand même, la victoire appelle la victoire, l’an dernier, Bagnaia le reconnaît lui-même, il n’était pas dans le coup chez Pramac, c’est marrant d’ailleurs parce qu’il raconte que quand il a été nommé en factory en Italie tout le monde a hurlé à l’erreur en affirmant qu’il fallait mettre Zarco.

Ajoutant qu’un sportif de haut niveau italien doit savoir rire de ça…

 

ZARCO UN DES ROIS DE DUCATI

 

A l’inverse, Zarco a fait un début de championnat superbe puis une chute à Portimao a un peu cassé le destin mais là encore, ce p… de sort il faut l’accepter…

Donc on devrait « logiquement » voir Quartararo largement en tête au général et Zarco bien mieux placé, sans cette s… de chute il serait quelque part dans le trio de tête…

Bon, les chiffres ça cause quand on ne les lit pas de façon idéologique.

 

MORBIDELLI PREMIER « NON FACTORY » HUITIÈME AU GÉNÉRAL

Yamaha a trois pilotes dans le top ten, deux dans le trio de tête, le premier du classement général sans moto d’usine (Morbidelli) est huit à six points de Miller.

Donc côté « Forza », il y a Gigi dall Igna qui dit qu’il n’a jamais été aussi heureux qu’au soir de Jerez, il y a la joie hurlante de tout le team, que l’on voit en photo ci-dessous.

 

DALL’IGNA ET MILLER FONDENT EN LARMES

 

Dans la foulée il y a même des responsables du stand qui affirment que la marque rouge pourrait équiper quatre teams en 2022, le factory, le satellite Pramac et bien sûr VR46 et Gresini…

Autrement dit on est sur une autre planète et elle est rouge (comme Mars, l’astre qui porte le nom du dieu de la guerre romain).

Mais c’est sûr on est « In the mood » (merci Glenn Miller, ce titre swingue comme un beau diable et Ducati est dans cette ambiance là).

 

BAGNAIA SÛR DE RIEN

 

A l’inverse, ou pour trouver un autre type d’info, il y a à la « Gazzetta dello Sport », notre confrère italien aux célèbres pages roses, un mec qui organise un talk avec des pilotes (MotoG-Podcast) où il a longuement reçu Francesco Bagnaia, alias Pecco, actuellement en tête au général avec deux points d’avance sur Quartararo.

Bagnaia a été très clair, il craint Quartararo comme la foudre, lui sait ce qu’il en est parce que le pilote français a une vitesse en courbe phénoménale et se fout complètement des lignes droites où en effet les Ducati peuvent prendre 360 km/h (c’est le record de toute l’histoire du 500/MotoGP et c’est Zarco qui le détient).

Donc au niveau du pilotage si on organise une partie de cartes rouge-bleue, il est très difficile aujourd’hui de voir ou de savoir qui a la main…

 

L’ÉMOTION ÉNORME DE MILLER

Enfin, on en a fait des tonnes sur la victoire de Miller à Jerez, lui aussi en a fait des tonnes, en larmes pendant une heure, sous le coup d’une émotion colossale.

Et c’était logique, sortir la tête de l’enfer est forcément un immense moment.

Il faut se souvenir que de toute sa déjà longue carrière en MotoGP (commencée en 2015) c’est seulement la deuxième victoire de Miller !

On se souviendra aussi qu’il était monté, une idée de Honda, direct du Moto3 au MotoGP alors qu’il n’avait pas eu le titre en petite cylindrée, battu de deux points par Alex Marquez !

Donc cette victoire de Miller est au moins autant une émotion qu’une victoire sportive.

Il est certain que s’il continue à ce rythme il va faire mal mais ce peut aussi être un « one shot ».

Enfin, je termine avec une leçon de morale, ce que je déteste le plus au monde avec les mots « Catégorie reine » ou « Nonuple champion du monde » des termes tellement laids pour de si belles histoires…

La question qui tue… Qui mérite le titre ?

Et là encore, difficile de conseiller le destin, Yamaha sort de longues années de traversée du désert, Ducati attend depuis plus longtemps encore, depuis 2007.

En fait la lutte de début de saison a été tellement serrée qu’il serait  vraiment  indigne de prédire sérieusement quoi que ce soit, ce qui est sûr c’est qu’il faudra ET le talent ET le bol.

 

QUARTARARO VA PASSER MILLER A JEREZ

 

Le destin a de quoi se régaler, les fans et les tifosi aussi, chaque GP va devenir une conquête, la preuve tous les pilotes qui roulent devant assurent la main sur le cœur qu’ils s’en foutent du titre, ce serait négatif d’y penser maintenant.

Il n’empêche, quand la « Gazzetta » a demandé  à Bagnaia son pronostic pour le GP de France il a répondu « Troisième Mir, deuxième Morbidelli et je serai vainqueur»

Voilà, il aurait voulu convaincre le destin, il ne s’y serait pas pris autrement!

Mais à part Napoléon et César, qui ont cru à leur destin et l’ont vécu (ce qui s’est d’ailleurs mal fini dans les deux cas…) il y a des tas d’autres talents qui auraient voulu y croire et qui se sont retrouvés perdus au milieu de la forêt des songes.

Le destin peut être un piège…

Moralité ?

Allez les bleus ! Forza la Rossa !

Jean Louis BERNARDELLI

Photos MotoGP

 

Moto MotoGP Sport

About Author

jeanlouis