MOTOGP 2021 : YAMAHA GAGNE TROIS FOIS EN TROIS GP, LA RENAISSANCE ?

FABIO… AU CAS OU…  YAMAHA FAIT AUSSI DES MOTEURS DE BATEAUX!

 

 

Il est vrai que depuis plusieurs saisons, les déboires de la marque en MotoGP, alors qu’elle a un très gros palmarès, 39 titres constructeurs derrière les  70 de Honda, sont devenus une sorte d’infamie.

Le déclin de Rossi, la difficulté de la relève en MotoGP ont fait que tous les défauts du monde ont été reprochés à la marque depuis des années.

Mauvais moteur, mauvais cadre, mauvaise électronique tout y est passé dans les interviews des pilotes au fil des défaites.

Et puis, plus récemment, on voit des débuts de Renaissance jetées à l’eau de l’oubli, l’an dernier Fabio Quartararo gagne les deux premiers GP de l’année à Jerez, puis sombre dans le classement au fil d’échecs répétés pour terminer huitième au général.

 

2020: QUARTARARO LOUPE SON ANNÉ ET CHUTE A VALENCE

Or, on sait dans tous les commerces, les médias, les entreprises que le plus difficile est de sortir d’une mauvaise passe quand le public croit  vite à un défaut technique.

(Quand on voit ce qui se passe en ce moment avec un des vaccins contre le virus, arrivé en fanfare et qui reste aujourd’hui à l’état d’invendus dans les centres de vaccination parce que l’on a constaté quelques dizaines de réactions graves alors que tout vaccin est un danger, mais comme on vit sous un régime de peur orchestré depuis nos instances politiques, impossible d’avoir une réaction rationnelle sur tout ce qui se dit).

Les deux derniers titres de la marque sont dus à Jorge Lorenzo en 2012 et 2015 et en plus celui de 2015 lui a été donné sur le tapis vert par les marshalls !

Cela dit, quand Mir a été titré en 2020, la marque Suzuki n’avait rien décroché en MotoGP et il faut remonter au titre en 500 de Kenny Roberts Jr en 2000, puis celui de Schwantz en 1993 !

 

DUCATI UN SEUL TITRE AVEC STONER EN 2007

 

Il faut aussi évoquer Ducati, champion du monde une seule fois en MotoGP avec Stoner en 2007 et c’est tout depuis la création des GP en 1949 !

Donc, il y a beaucoup plus grave que Yamaha qui décroche une timbale en 2015, il y a moins de dix ans, certes ce titre était litigieux mais ce n’était ni la faute du pilote ni celle de la marque, seulement une fois de plus une erreur de marshalls…

On termine la pose du décor avec un relevé sur une décennie (onze ans) de 2010 à 2020 : sept titres pour Honda (Stoner et Marquez) trois pour Yamaha, un pour Suzuki.

Mais s’il y a de quoi se poser des questions sur cette époque, ce qui nous intéresse est maintenant ce qui se passe depuis le début de cette année 2021.

TROIS SUR TROIS

QUARTARARO TUEUR D’ESPOIR CHEZ DUCATI

 

Trois victoires sur trois GP, une pour Vinales, deux pour Quartararo le leader du mondial est Quartararo, on peut donc raisonnablement penser que la malédiction est (très…) en retrait.

 

 

Même s’il reste en théorie 17 GP pour terminer l’année.

Alors vraie renaissance ou arbre qui cache la forêt ?

Renaissance c’est sûr.

PETRONAS : ROSSI L’ANNÉE DE TROP

 

On va d’entrée régler le cas Rossi, qui a réussi à  glaner quatre points en trois GP, j’écris depuis le Qatar qu’il fait l’année de trop.

Il sait encore se battre, dimanche dernier les chutes de Rins et Zarco lui ont permis de toucher le Top 10 mais clairement, même si les Yamaha étaient équipées en dur à l’arrière, on était en medium à l’avant et Valentino a beaucoup de mal avec les pneus souples ou medium.

Et puis il est tombé, avant il s’est bien marré en baston avec son frère Marini mais résultat peau de balle, Rossi a perdu l’avant, fini.

Razali, le patron de Petronas, devient (il est extrême oriental, il faut arriver à le déchiffrer, à le décoder) de plus en plus précis sur sa mauvaise appréciation des résultats de Rossi, rappelant de plus en plus fort que le rôle d’un team satellite est de découvrir et développer de jeunes talents…

Un mot encore pour Rossi, dans ce team, certes il a une moto d’usine, mais il est seul, Morbidelli ne peut lui être d’aucun secours sur les datas. Et il n’a plus le statut de vedette qu’il avait chez Yamaha, exigeant et contenant tout ce qu’il voulait sur le champ.

PETRONAS : MORBIDELLI FRUSTRÉ

 

On reste dans le même team et on entend Morbidelli, à l’occasion des deux premiers GP du Qatar, tirer à vue sur Yamaha sur le thème « Je n’existe pas, ils ne font rien pour moi »…

 

MORBIDELLI FRUSTRÉ

A Portimao, où il termine quatrième il dit qu’il s’est beaucoup amusé mais que sa moto bouffe plus les pneus que les factory.

J’ai évidemment longtemps parlé avec les hauts responsables de Yamaha et sur ce point, la réponse est identique… « C’est comme ça, il le savait, il n’a pas de moto d’usine et là où les factory ont gagné un à deux dixièmes en un an, lui rien ».

Donc il reste excellent pilote, trois victoires en 2020 ce n’est pas rien, il est à deux dixièmes de Mir à Portimao et donc le podium n’était pas loin, ce qui prouve qu’il est bon pilote et que sa moto n’est pas une brêle, mais on reste sur l’accord de début d’année, il n’aura pas de matériel d’usine, il n’entre donc que de loin dans notre analyse de Yamaha 2021.

On en arrive donc au team factory.

RECENTRAGE SUR LE TEAM FACTORY 2021

 

J’ai appris des trucs très intéressants chez Yamaha (c’est marrant, ces infos là sont faciles à avoir et expliquent pas mal de choses mais je ne les vois nulle part, il est vrai que je ne passe pas ma vie à zapper frénétiquement sur tous les sites d’Europe à l’aide d’un traducteur (de m…) Google) mais bon, on est journaliste ou on ne l’est pas , pas plus compliqué que ça…).

Donc il y a eu cette année un énorme recentrage sur le team factory, que Fabio Quartararo reconnaît volontiers, il demande un truc il l’a dans l’heure ou à la course suivante si c’est une fabrication spéciale…

Qui plus est, le grand patron japonais du MotoGP chez Yamaha, Hiroshi Ito, un ingénieur maison, fait rouler cette année SA moto pour la première fois.

 

2021: LA MOTO D’HIROSHI ITO

Et il a eu un boulot qui va bien au-delà de son métier d’ingénieur il a passé des heures avec les tradis de la compète chez les bleus pour s’imprégner de la culture de la course, l’ambiance, les contacts avec les pilotes et les mécanos, le pourquoi des mecs se dévouent corps et âme à longueur d’année pour cette façon de vivre, bref il a appris la passion.

Alors, avec ces concepts en général oubliés des ingénieurs, il a bossé cet hiver comme un dingue et la moto qui a gagné trois fois sur trois est la sienne, what’else ?

On me dit aussi chez Yamaha, encore un autre interlocuteur, que cette année, deux boîtes ont bossé et sont devant, Yamaha et Ducati.

 

QUAND LA DUCATI S’ABAISSE

La boîte italienne continue de fasciner avec ses trouvailles techniques, on a vu Jorge Martin partir de très loin sur la grille au Qatar pour se retrouver devant au premier virage grâce à un tas de systèmes de launch control, de holeshot device, d’abaissement de la moto en course quand c’est intéressant, techniquement cette moto dispose de merveilles…

Honda et KTM sont un peu derrière et Aprilia est à sa place, bonne d’ailleurs, un second très bon pilote serait une bonne idée (suivez mon regard…).

Donc cette Yamaha 2021 est sans nouveauté moteur, on sait qu’ils sont gelés, mais il fallait trouver quelque chose pour augmenter la vitesse de pointe, dramatique en ligne droite…

 

UNE PARTIE DE L’AÉRO 2021

L’aéro a été travaillée comme sur un avion Rafale, l’électronique donne une motricité importante dans la mesure où, c’est le cas pour toutes les marques d’ailleurs, sauf Suzuki, l’adaptation aux pneus Michelin a été difficile, là encore l’électronique marche super bien.

Et ça marche…

TEAM FACTORY : QUARTARARO L’OURAGAN

 

DÉPART A PORTIMAO FABIO EST EUH… LOIN!

Donc on a pu voir un Fabio qui rate ses départs (le start est un vrai art, au-delà du talent, dont les bons exemples sont Lorenzo et Marquez) remonte sans se mettre une pression colossale, il sait aussi qu’un des points forts de sa moto est qu’elle marche superbement une fois le réservoir à moitié vide, encore mieux quand on arrive dans la zone du réservoir quasi vide.

A Portimao ça a été très net, à mi course, Fabio a commencé à ramasser tout le monde, de façon presque sereine, il sent bien sa moto partout et surtout l’avant, c’est le secret de la réussite de Marquez par exemple.

Quand Rins tombe derrière lui il ne s’en étonne pas, il est seul et augmente encore son avance pour pulvériser le GP, il est clair que son travail avec un psy cet hiver lui a fait un bien fou mais on ne met pas quatre secondes au reste du monde au guidon d’une brêle ce qui prouve les qualités de la moto 2021.

On rappelle aussi qu’en 2020, Yamaha avait été très mal à Portimao, et que cette année, la marque gagne le GP, pas de doute, le travail insensé fait cet hiver a payé.

LE COMMERCE A-T-IL PÂTI DES ANNÉES NOIRES ?

 

J’ai enfin voulu savoir si la malédiction en MotoGP avait pu faire baisser les ventes en concessions.

Car on a beau me dire que la compète n’est pas faite pour vendre des motos mais pour former des ingénieurs qui créeront les motos dans les années à venir et d’autre part à renforcer les liens entre la marque et sa communauté (ce qui ressemble quand même beaucoup à du commercial mais enfin…) je persiste à penser que dépenser des milliards en compète c’est quand même aussi pour remplir les concessions.

La réponse donc, non.

Yamaha n’a aucun problème commercial, même après une année noire, mais des soucis de production, la boîte n’arrive pas à suivre ni à produire assez face à l’augmentation de la demande.

En plus me dit on, ça m’a fait sourire mais c’est tellement vrai, comme depuis plus d’un an on n’a plus le droit de faire quoi que ce soit, on fait des économies et pour ceux qui rêvent de motos, l’achat devient une vraie éventualité, qui permet en plus d’oublier un peu cette période de merde…

FACTORY : VINALES L’INCONSTANT

 

Reste donc Vinales.

Neuf victoires au compteur (dont une avec Suzuki) en MotoGP, il est entré chez Yamaha en 2017, c’est vraiment très peu même s’il a terminé deux fois troisième au général parce que s’il ne gagne pas beaucoup, il est souvent bien placé ;

Le cas type étant un départ moyen puis une sorte de génie qui arrive façon flamboyante et l’amène au podium, ou pas loin.

Il reste que c’est quand même le pilote le plus irrégulier qui soit, sur ce début de saison il gagne le Qatar 1, devant Zarco et Bagnaia (Ducati) puis il est cinq à deux secondes de Quartararo au Qatar 2, enfin à Portimao, il termine à une misérable onzième place, il est troisième au général un point devant Zarco qui lui s’est fait un Did Not Finish à cause d’une boîte de vitesse qui l’a collé en première alors qu’il passait la quatre (et oui, le seamless est génial mais quand ça commence à merder, rien à faire).

Bilan, en plus Vinales est incapable d’expliquer pourquoi il rate ou pourquoi il ne rate pas.

Il est clair aussi que l’arrivée façon ouragan de Quartararo dans son team l’a déstabilisé, mais côté moto, au contraire de Morbidelli, il est en team factory et a les mêmes possibilités que son coéquipier.

De toute façon, c’est clair qu’il va vite, pas tout le temps mais c’est un bon, mais côté développement de la moto, nada.

En tous cas bravo à la marque bleue, on sait que Marquez va redevenir un hurricane et il faudra l’ajouter bientôt, pas encore à Jerez dit le pilote, à une bande de fous absolus et pleins de talent qui se battent devant sur souvent de tous petits écarts, mais la tendance actuelle est nette : Yamaha is back !

Même s’il est assez clair qu’à chaque fois il y a de la Ducati dans le secteur, les bleus sont pour l’instant les rois et depuis le temps qu’ils attendaient ce genre de satisfaction technique, bravo à la marque qui nous a si gentiment expliqué ce qui se passe.

Jean Louis BERNARDELLI

Photos MotoGP, YAMAHA  

 

 

 

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