LUCA BADOER, L’HOMME DE L’OMBRE FÊTE SES 50 ANS

En ce 25 janvier, Luca BADOER souffle 50 bougies.

 


F1-Luca BADOER, ALBORETO et ARNOUX © Manfred-GIET

 

Né le 25 janvier 1971, il fait partie de la caste italienne des pilotes doués mais sans avoir jamais percé au plus haut niveau.

Natif de Montebelluna en Vénétie, le petit blondinet transalpin, au physique d’un leader de ‘Boysband’ en fait manifestement partie, au vu de son palmarès, alors que son début de carrière laissait pourtant présager un bel avenir.

Pour BADOER, son début de parcours fut on ne peut plus classique, Karting  à partir de 1986 avec 3 titres nationaux à la clé, avant d’opter pour la monoplace, débutant avec la F3, où il fut couronné champion national en 1990 et 1991 et ce avant de se diriger ensuite vers la F3000 en 1992, dernière étape avant l’ascension vers la catégorie suprême, celle des Grands Prix, laquelle a toujours été son objectif N°1 !

 

F 3000 1992- Luca-BADOER ©-Manfred-GIET

 

Et comme entrée en matière dans la catégorie considérée comme antichambre de la F1, le jeune Vénétien, ne fit pas dans le détail, en étant directement dès ses débuts, auréolé du titre avec 5 victoires, au volant de l’une des REYNARD-COSWORTH, du Team CRYPTON ENGINEERING, ce qui allait lui valoir un ticket d’entrée pour monter et débuter en F1, discipline où il débutera en 1993 chez LOLA-FERRARI.

Malheureusement pour lui, l’écurie SCUDERIA ITALIA dirigée par le ‘’sidérurgiste’’ Beppe LUCCHINI, où il rejoindra Michele ALBORETO, le constructeur LOLA, revenant alors en F1 à l’époque, ne pourra lui fournir que du matériel totalement obsolète et inefficace.

 

F2 – Luca BADOER -Lola T93 1993 – Photo : PUBLIRACING Agency 

 

S’il domina son pourtant solide et très expérimenté équipier, ALBORETTO avec onze participations contre 9 pour son adversaire, son meilleur résultat se résuma à un septième rang final à Imola.

En vue de la saison 1994, Flavio BRIATORE lui offrit une session d’essais pour l’écurie BENETTON qui tourna mal puisque cet essai se termina d’emblée par un gros crash qui hélas naturellement mit un terme prématuré à une éventuelle collaboration avec le fabriquant de pull de Trévise !

 

F1 – Luca BADOER- GP Imola 1995- MINARDI-M195©-Manfred-GIET

 

Sans volant, Luca BADOER se retrouva du coup chez MINARDI comme pilote d’essai pour la saison 1994, avant de se glisser de nouveau dans une combinaison de pilote officiel en 1995 sur cette MINARDI M195, aux côtés du Portugais Pedro LAMY, une monoplace qui s’avéra être un mauvais ‘canasson’ puisqu’après sept abandons et un départ avorté suite à des problèmes électriques, ses meilleurs résultats se résumèrent à deux 8èmes places.

 


Luca-BADOER-Forti FG-03-96- GP de San-Marino 1996 © Manfred-GIET-

 

La saison suivante chez FORTI, il ne tira toujours pas un meilleur numéro puisqu’après dix GP et quatre non-qualifications, l’écurie crée par Guido FORTI, dut malheureusement se résoudre à mettre la clef sous le paillasson…

Par la suite, quittant l’univers des Grands Prix, Luca fit une brève apparition sur des voitures de tourisme ainsi qu’en FIA GT, au volant d’une LOTUS ELISE du Team GBF mais à nouveau sans résultats probants.

 

Luca BADOER- FIA GT 1997- Lotus Elise ©-Manfred-GIET

 

Après une pause de deux ans en F1, BADOER retrouve les GP et retourne chez MINARDI sous les couleurs de FONDMETAL MINARDI, écurie où il ne trouvera cependant pas plus son bonheur sur une M01 COSWORTH jamais dans le coup.

En effet sur les 15 Grands Prix disputés, il ne ralliera l’arrivée que neuf fois dont trois fois  en dixième position et toujours… loin derrière le vainqueur.

Cependant et malgré des résultats insatisfaisants, Luca BADOER avait d’autres qualités indéniables notamment celles d’être un très bon metteur au point qui lui alors valurent de tomber dans l’œil du cyclone de FERRARI, la Scuderia étant à la recherche d’un pilote d’essai fiable et qui l’engagea dès 1997 comme pilote metteur au point ‘’maison’’, une situation quasi inespérée après tant de revers et de déceptions auparavant.

 

Luca BADOER – Pilote de tests et d’essai FERRARI durant 12 ans ©-PUB.LIRACING AGENCY 

 

Du coup, Badoer était devenu un travailleur dans l’ombre au sein de l’équipe de Maranello mais toujours fort impliqué dans la mise au point des différents modèles que se partageaient au fil des saisons, Michele ALBORETO, René Arnoux, Michaël SCHUMACHER, Eddie IRVINE, Mika SALO, Rubens BARRICHELLO, Felipe MASSA ou Kimi RÄIKKÖNEN.

Grâce à sa dévotion sans faille pour l’écurie au Cheval Cabré, il était non seulement fort apprécié des pilotes et des ingénieurs en devenant en quelque sorte le trait d’union entre Maranello, Fiorano, la piste d’essai privée de la Scuderia et Cheshire en Angleterre, là, où le pétrolier SHELL développait les carburants et lubrifiants pour FERRARI.

Au cours de ses douze années de présence à Maranello, comme pilote essayeur il a parcouru plus de… 130.000 Km, en tests privés, jusqu’à l’interdiction de ceux-ci, fin 2008.

En 2009, suite à l’indisponibilité de MASSA, la Scuderia fit appel à ses services pour le remplacer le temps de deux Grands Prix qui s’avérèrent cependant comme un ‘cadeau empoisonné’ car suite à sa trop longue inactivité au volant d’une F1, aux GP d’Espagne à Valence et de Belgique, à Spa il ne parut plus dans le coup et devra laisser sa place au Grand Prix d’Italie à Monza, à son compatriote FISICHELLA, ce qui laissera une grande amertume chez celui qui a vécu de l’intérieur tous les titres FERRARI entre 2000 et 2008, dans l’ombre des pilotes titulaires et qui ont pu largement profiter de son boulot de développeur des bolides rouges.

Tout comme les Caffi, Barbazza, Montermini, Apicella, Gabbiani, Giacomelli, Ghinzani, Naspetti ou De Cesaris, pour Luca BADOER, le seul talent n’aura pas suffi à se faire une place au soleil en F-1 entre autre aussi parce que la chance ne l’a jamais servi au bon moment.

 

Happy Birthday Luca

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency   

 

 

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