JOËL ROBERT, HÉROS DU MOTOCROSS BELGE, DANS UN ÉTAT CRITIQUE…

 

 

J’adore cette photo d’ouverture due à mes amis américains de Dirt Bike Magazine.

C’est une époque où en motocross mondial, la Belgique prenait tout (Gaston Rahier-Joël Robert-Roger de Coster entre autres)  et où on ne parlait pas de MXGP ni de MX mais de 500cc, de deux et demie et de 125cc.

Pour dire, le mondial de cross a commencé en 1957 et Joël Robert décroche son premier titre en 1964, en 250cc, sur une célèbre CZ,  la marque Tchécoslovaque qui appartenait à la firme Jawa.

 

 

Puis c’est simple, de 1968 à 1972, il décroche le titre en 250cc cinq fois d’affilée, à deux reprises encore chez CZ, les autres avec Suzuki.

En 1972, une autre star Belge, Roger De Coster, commence à gagner en 500cc, cinq titres obtenus entre 1971 et 1976, avec Suzuki, ce qui rapprochera incroyablement les  deux pilotes, je vous garantis qu’à cette époque, les soirées de cross en Flandres … c’était pas racontable !

 

GEORGES JOBÉ

 

Puis sont arrivés très vite Georges Jobé (cinq titres), Malherbe (trois titres) Eric Geboers (quatre titres) avant l’infernale série de Stefan Everts, aujourd’hui encore plus grand vainqueur avec la bagatelle de …10 titres !

J’ai connu Joel, mais plus à moto, dès mon arrivée dans le motocross où m’avait traîné mon ami Pat Boulland qui, avec Joël, étaient les vraies stars du terrain.

J’ai aussi connu tous les autres après et ils n’avaient qu’une phrase, qu’ils soient du sud ou de Flandre, « Robert, c’est papa »

Voilà, Joel Robert, c’est le père du motocross Belge qui a dominé longtemps le monde…

Il est né en 1943 (77 ans) et ce grand animateur de soirées tardives a commencé à avoir de sérieux ennuis de santé.

Qui ont commencé par une infection au coronavirus, son état se dégradant il a été transféré à l’hôpital de Gilly, où il fait un arrêt cardiaque, selon le jargon médical, ses fonctions vitales sont atteintes. Et le corps médical l’annonce dans un état critique…

Nous sommes tous très inquiets, il est évident qu’en cas d’issue fatale, la Belgique sportive entière en fera une fête nationale mais nous n’en sommes pas là, pour l’instant il fait ce qu’il sait faire, il se bat.

 

 

LE FORMIDABLE ENDURO DE CHINELLE

 

 

Au fait, il l’a créé en 1975, un truc complètement fou, l’enduro de Chinelle (une petite rivière dans le bassin de la Meuse, pas très loin de Namur) les pilotes quittent leurs stands à minuit et l’arrivée se fait au bout de douze heures !

Il peut y avoir trois pilotes par moto et on limite le nombre d’équipages à cent.

Il faut être Belge pour arriver à tenir tout ce temps!

C’est marrant parce que c’est en 1975 que Thierry Sabine créée l’enduro du Touquet (trois heures seulement mais c’est dans le sable…).

 

LA GLC FILLE TARDIVE DE JOËL ROBERT

 

On pense aussi à la Gilles Lalay Classic (GLC) qui voulait être, comme Chinelle, l’enduro le plus dur au monde et qui se terminait vers minuit pour les plus rapides à la montée du Corbeau mort, où des milliers de spectateurs poussaient les motos.

Ambiance de folie dans la forêt et la nuit.

Gilles a créé cette épreuve en 1992 (jusqu’à 2001) on partait à 6h30 du matin l’épreuve de sélection de 200 km se terminait à midi et les 100 meilleurs étaient autorisés à continuer sur un nouveau circuit (épouvantable) de 200 km.

Précision qui n’en est pas une, là on ne changeait pas de pilote, le même se cognait tout.

En somme, Joel Robert est un peu à l’origine du concept de la course la plus difficile, je me garderai bien de donner mon ordre personnel, pourtant j’ai couru les trois.

Et reste le truc le plus inacceptable dans cette maladie, Joël est un mec charmant, toujours prêt à t’expliquer un passage compliqué ou à te raconter ses courses en CZ avec d’immenses séances de rire.

Bats toi mec, j’aimerais bien, nous sommes des millions, te voir encore sur les circuits…

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : DR

 

 

Moto Tout terrain

About Author

jeanlouis