GRAHAM HILL : UNE FIN TRAGIQUE DANS LE BROUILLARD LONDONIEN, IL Y A TOUT JUSTE… 45 ANS !

 

 


F1-Graham-HILL-©-Manfred-GIET.

 

Cela fait tout juste 45 ans en ce dimanche 29 novembre 2020, qu’une des plus grandes figures de la F1, le double Champion du Monde Britannique, Graham HILL, disparaissait tragiquement à bord de son propre avion qui s’est écrasé près du parcours de Golf d’Arkley à 23 Km au Nord-Ouest de Londres, surpris lors de son atterrissage par un soudain épais brouillard typiquement anglais !

 

F1 Tony BRISE-le grand espoir britannique en 1975–© Manfrred GIET-

 

Graham HILL revenait d’une journée d’essais effectuée sur le circuit Français du Paul Ricard au Castellet, accompagné du jeune espoir Britannique, Tony BRISE qui venait de tester la EMBASSY HILL GH2 de F1, ainsi que de son designer Andy SMALLMAN, son Team Manager, Ray BRUMBLE et des deux mécaniciens, Tony ALCOCK et Terry RICHARDS.

Alors que cette journée aurait dû se terminer en beauté par un repas en commun, HILL aux commandes de son PIPER AZTEC 6 places, qu’il s’était offert, grâce à la prime de victoire aux 500 Miles d’Indianapolis, en 1966,  s’apprêtait à atterrir sur le petit aérodrome de ELSTREE au nord de Londres et tout proche de sa résidence, lorsqu’il fut surpris par d’épaisses nappes de brouillard rendant la visibilité quasiment nulle.

Et lors de l’approche de ce qu’il pensait probablement être la piste d’atterrissage, l’avion accrocha la cime des chênes qui bordaient le parcours de Golf d’Arkley, petit village situé non loin de sa destination finale.

Le Piper devenu incontrôlable s’écrasa sur le parcours de golf, tuant sur le coup ses six occupants…

Rapidement cette terrible nouvelle dramatique fit le tour de la planète, car Graham HILL était une figure emblématique du sport automobile mondial, pas seulement du monde de la F1 et de ses GP, depuis le début des années ’60 et l’incarnation parfaite du pilote arrivé au sommet de la catégorie reine du sport auto grâce à sa volonté et son talent.

 

MATRA-24-HEURES-DU-MANS-juin-1972-GRAHAM-HILL –  Photo : Thierry COULIBALY

 

Triplement sacré de ce qu’on nomme ‘ la triple couronne’ après ses deux titres de Champion du Monde F1, obtenus en 1962 et 1968, il est en effet le seul à ce jour, à avoir également remporté et les 500 Miles d’Indianapolis en 1966, ainsi que les 24 Heures du Mans en 1972 avec Henri PESCAROLO au volant d’une MATRA, un triplé que beaucoup ont été tentés d’approcher sans y parvenir dont le dernier en date est un certain… Fernando ALONSO !

 

 UNE FAMILLE SÉVÈREMENT TOUCHÉE

F1 Tony BRISE -Embassy HILL 1975

 

Pour l’épouse de Graham, Bette et ses trois enfants Damon, Brigitte et Samantha, ce fut un véritable drame lorsque l’on apprit par la suite que même si l’appareil à l’issue de l’enquête, avait été jugé en parfait état de vol  mais malheureusement insuffisamment assuré.

En effet, Graham Hill un pilote aux nerfs d’acier et perfectionniste lésinait sur tout ce qu’il pouvait depuis qu’il avait monté sa propre écurie avec le cigarettier Embassy, dénommée EMBASSY RACING WITH GRAHAM HILL en 1973, ce qui avait sérieusement entamé ses réserves.

Utilisant d’abord d’anciennes SHADOW DN 1 en 1973, l’année suivante il commanda à LOLA un châssis qui ne fut jamais dans le coup, ce qui l’incita de construire lui-même sa propre voiture, l’EMBASSY HILL GH1, avec l’aide d’Andy SMALLMAN, un ancien ingénieur-designer de chez LOLA, et après avoir décidé de raccrocher lui-même le volant.

Une aventure financièrement risquée telle qu’elle s’avéra après, même si HILL misait beaucoup sur les talents du jeune espoir anglais Tony BRISE.

 

F1. Alan JONES-Embassy Racing with Graham Hill-5ème au GP d’Allemagne au Nürburgring en 1975 sur la GH1-© Manfred GIET

 

En début de saison 1975, HILL et STOMMELEN disputèrent les trois premiers Grands Prix de la saison sur des LOLA T370, la nouvelle HILL GH1, ne fut prête qu’à partir du GP d’Espagne et sur laquelle se relayèrent Graham HILL (1GP), François MIGAULT (2GP), Rolf STOMMELEN (3GP), Alan JONES (4 GP) et l’espoir Britannique Tony BRISE (9 GP).

Le meilleur résultat de la saison fut obtenu au Grand Prix d’Allemagne, avec Alan JONES qui termina 5ème  sur le terrifiant Nürburgring, où il était parti de la 21ème place sur la grille.

C’est au retour d’une journée d’essais au Circuit Paul RICARD, avec la nouvelle HILL GH2, prévue pour la saison 1976, que tout s’écroula d’une pièce plongeant Bette HILL et ses trois enfants dans la misère au point que maman Hill soulevait parfois les bords de tapis avec l’espoir de retrouver 1 Pound à droite ou à gauche !

Comme quoi le danger ne guette pas seulement que sur les circuits de course comme expliqué dans la biographie qui lui a été consacrée sous le titre ‘’Risque Calculé’’.

Des 176 Grands Prix que Graham HILL a disputé, il en a remporté 14 et deux titres de Champion du Monde ce qui à l’époque compte tenu du matériel et des risques était tout à fait respectable.

 

DE PÈRE EN FILS : UNE PREMIÈRE…

Lorsque survint le drame, Damon second de la fratrie HILL avait tout juste 15 ans mais même en tant que jeune adolescence, il fit tout pour subvenir financièrement à la famille, en l’absence du paternel décédé inopinément à 46 ans, il devenait du coup le père nourricier de la famille.

En effet au début de sa carrière commencée tardivement, toutes ses primes de course perçues dans les différentes formules  jusqu’à ses débuts en F1, servaient à maintenir le budget familial en équilibre.

 

 

Geste largement récompensé par la suite grâce à une brillante carrière qui l’a mené jusqu’au plus haut stade de la F1 pour devenir tout comme son père en 1962 et 1968, à son tour Champion du Monde en 1996, exploit qui était à l’époque, une grande première dans les annales !

Et si auparavant, lors du dernier Grand Prix de la saison 1994, à Adélaïde dans la lointaine Australie, Michaël Schumacher – on l’oublie qu’il ne s’est pas toujours comporté de façon gentleman – Schumi donc, n’avait  pas manqué de sportivité, en le harponnant de façon franchement peu cavalière, Damon tout comme son père Graham, aurait déjà pu ceindre une  première couronne mondiale !

Au total en 115 Grands Prix disputés, Damon Hill, par ailleurs passionné de musique et excellent guitariste  ayant fait partie de différents groupes, a remporté vingt-deux victoires soit huit de plus que son illustre père et auxquelles à l’inverse de son père, il a pu assister adolescent en ‘’live’’ à quelques-unes.

Et si les anges gardiens existent, Graham fut le seul de la famille à ne pas avoir été protégé jusqu’au bout, jusqu’à cette foutue date du 29 novembre 1975 alors qu’en 1969, lors du GP des USA à Watkins Glen, après un crash monstrueux sur la très fragile LOTUS 49B, il s’en était sorti miraculeusement avec les jambes fracturées et malgré les douleurs, il avait encore gardé suffisamment d’humour, pour faire transmettre le message suivant à son épouse Bette restée en Angleterre :

« Nous ne pourrons malheureusement plus aller danser au cours des prochaines semaines. Sorry ! »

Alors que durant ses dix-sept années d’activité dans un sport à haut risque et qui jusqu’alors avait coûté la vie à 41 pilotes, lui avait survécu en grande partie indemne et frôlant parfois le miracle, il aura fallu qu’un phénomène météorologique ait finalement raison de lui.

 

RIP Graham

 

Manfred GIET-

Photos : Publiracing Agency

MUSEE-LOTUS-LUBERON-2015-Autographe-de-GRAHAM-HILL. Photo: Gilles GAIGNAULT

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