LE TOP 10 DES F1 LES PLUS PERFORMANTES

 

 

 

 

La F1 a toujours été un monde à part impénétrable et mystérieux.

 

Depuis sa création en 1950 si l’on exclut les écuries américaines qui participèrent exclusivement aux 500 Miles d’Indianapolis comptant pour le Championnat du Monde et que l’on y ajoute les quelques 35 écuries privées, 138 écuries ont au moins disputé ne fusse qu’un seul GP parmi lesquelles seules les meilleures ont survécu, avec en tête naturellement la Scuderia FERRARI  qui n’a raté aucune saison suivie des écuries Mc LAREN et WILLIAMS, mais toutes deux entre-temps après changement de propriétaire.

MERCEDES et ALFA ROMEO, par contre ont réintégré  le Championnat après un long retrait, alors que des constructeurs aussi prestigieux que BRABHAM et LOTUS, manquent désespérément à l’appel depuis leurs retraits définitifs respectivement en 1992 et 1994.

Si parmi les glorieux survivants à l’exception d’ALFA ROMEO , qui n’a dominé la scène que durant les deux premières saisons du Championnat du Monde, les quatre autres constructeurs par contre se sont partagés la part du gâteau en se forgeant un somptueux palmarès..

Quelques 13 écuries se sont illustrées sporadiquement avec de 1 à 5 succès dans leur besaces tandis que le total des Teams restés les mains vides, se chiffre à une centaine.

D’où la question fondamentale qui taraude les esprits et que les puristes se posent :

Quelles sont les 10 monoplaces de F1 les plus performantes au cours des sept dernières décennies ?

Et s’il y a bien mille réponses sinon aucune parce que chacun à sa propre vision et ses propres critères souvent préfacés de jugements émotionnels qui ne traduisent pas nécessairement la réalité chiffrée.

Des chiffres qu’il faut cependant nuancer compte tenu des époques différentes qu’a connu la F1 en raisons des différentes règlementations techniques ou des distances à parcourir.

Si l’on exclut les 500 Miles d’Indianapolis qui étaient repris durant 11 saisons au calendrier de la F1 et qui ont vu l’américain FLOGARTY remporter l’épreuve de 800 Km en 3 h53’28’’ le plus long GP sur circuit routier reste celui de France à Reims en 1951, où Luigi FAGIOLI a mis  2’25’7’’ pour parcourir la distance totale de 601,832 Kms.

A l’époque, au cours de la première décennie du nouveau Championnat du Monde de F1, les GP ressemblaient à des épreuves de vitesse et d’endurance à la fois avant d’être limités à 2 Heures de course et d’une longueur dépassant légèrement les 300 KM.

Dès lors les historiens s’en tiennent au ratio performance-efficacité pour déterminer le tableau des premiers de classe selon le constructeur et le type de voiture.

 

4 CONSTRUCTEURS DONT DEUX USINES SE PARTAGENT LES LAURIERS.

MERCEDES AMG W06 de 2015-© Manfred GIET-

 

Si l’on comptabilise victoires et nombre de GP disputés au cours d’une même saison, le pourcentage obtenu permet d’évaluer l’efficacité d’une F1 pour en faire une référence.

Une liste exhaustive serait trop longue à établir aussi nous nous limiterons à énumérer dix icônes ayant marqué différentes époques au cours des sept décennies d’existence de la catégorie reine du sport automobile.

 


FERRARI-F-500-de-1952-©-Manfred-GIET

1) FERRARI F500 EN 1952

 

La Ferrari F500 de 1952 aux mains de Piero TARUFI et Alberto ASCARI était en réalité dérivée de la F-2 de la Scuderia équipée d’un nouveau moteur 4 cylindres en remplacement du V12 utilisé précédemment.

D’emblée cette voiture s’avéra compétitive dès sa mise en route au point de permettre à TARUFI(1 victoire) et ASCARI(6 victoires) de faire table rase au Championnat à l’exception des 500 MILES D’INDY qui à l’époque comptaient pour le Championnat du Monde F-1 maisvu leur complexité n’attirèrent quasiment jamais des Teams européens.

Hormis la manche D’INDY le taux de réussite de la F500 atteignit les 100%.

A l’époque il arrivait fréquemment que les constructeurs engagés utilisent la même voiture sur plus d’une saison ce qui permit d’ailleurs à ASCARI de renouveler son titre de 152 un an plus tard sur la même voiture.

 

ALFA-ROMEO-158-F-1-©-Museo-Alfa-Romeo

2) ALFA ROMEO T158 EN 1950

 

Autre voiture qui après FERRARI a fait carton plein lors de la saison d’ouverture de l’ère moderne de la F1,Vl’ALFA ROMEO T158 une extrapolation du même modèle que le Team basé à Turin engageait régulièrement avant 1950 avant d’être équipée d’un moteur puissant de 1,5 litres de cylindrées équipé de deux compresseurs qui développait 350 cv pour propulser la monoplace de 700 Kg.

D’emblée cette voiture s’avéra sans rivale et s’adjugera six victoires sur six GP en 1950, avec une parfaite équité pour les deux pilotes ‘’maison’’ qu’étaient Giuseppe FARINA et Juan-Manuel FANGIO qui remportèrent chacun 3 GP et le titre pour FARINA qui précèdera FANGIO de 3 points.

Le taux de réussite de cette ALFA ROMEO T158 sera également de 100% si l’on excepte le GP d’Indy auquel ne participèrent pas les teams européens et qui servait juste à justifier le label ‘’ Championnat du  Monde’’ à la Commission Sportive Internationale(CSI) qui régissait la F-1 à cette époque.

Par ailleurs en remportant  le GP de Monaco après avoir réalisé la Pole et le meilleur tour en course FANGIO sera l’auteur du premier Hattrick en F-1.

 

Mc LAREN MP-4 1988-© Manfred GIET-

3) MC LAREN MP4/4 en 1988

 

Les chiffres le démontrent à suffisance :la MP4/4,septième création de la série MP 4 mise en chantier par John BARNARD en 1982, s’avéra comme une réalisation mythique issue de la plume de Steve NICHOLS & Neil OATLEY aurait remporté les 16 manches que comportait la saison 1988 si Ayrton SENNA n’avait croisé la route de Jean-Louis SCHLESSER à deux tours de l’arrivée 10 Km tant elle domina son sujet au cours de la saison 1988 aidée par le motoriste japonais HONDA dont les unités de puissance dépassaient largement ceux de la concurrence tant au niveau puissance que fiabilité. La Mc LAREN MP4/4 atteindra un taux de réussite de 93,75 %

En plus le Team Mc LAREN-HONDA avec Ayrton SENNA et Alain PROST  possédait en ses rangs le duo le plus performant de l’époque et qui contribuèrent largement au succès de la MP 4/4 qui n’enregistra que 14 défaillances tant en tests,essais libres+chronométrés qu’en Grands-Prix contre 74 pour sa devancière, la MP4/3.

La MP4/4 profita également largement des idées innovantes du sorcier aérodynamique australien Gordon MURRAY largement impliqué dans le projet en étant à la base de la construction d’une voiture extrêmement basse pour réduire la traînée aérodynamique à l’image de la BRABHAM BT55 dont il avait été le concepteur.

 

FERRARI F2002 de 2002-© Manfred GIET-

4 ) FERRARI F2002 en 2002

 

Son engagement se fit attendre jusqu’au 3ième  GP de la saison 2002 car ses concepteurs à la SCUDERIA Ross BRAWN et Rory BYRNE prirent le temps de la fiabiliser au maximum avant de lui faire subir son baptême du feu au GP du Brésil aux mains du Champion du Monde en titre Michaël SCHUMACHER qui honora aussitôt ce privilège par une victoire et à laquelle il en fera suivre 10 autres après celle  en ouverture de saison sur l’ancienne F2001.

Son équipier BARRICHELLO quant à lui remportera également 3 victoires prouvant l’écrasante voire agaçante supériorité de cette FERRARI F2002  par rapport à la concurrence et qui permettra à SCHUMACHER de fêter son 5ème et 3ème titre d’affilée pour les ‘’Rouges’’.

Au total de la saison FERRARI en tant que constructeur marquera 221 points ce qui lui conférait un taux de réussite de 87,50 % en n’incluant pas la dernière victoire d’une F2001 lors du premier GP.

 

MERCEDES AMG W05 de 2014-© Manfred GIET-

5-6-7) MERCEDES AMG FW 05 en 2014, FW 06 en 2015 et FW 07 en 2016.

 

Lorsque la réglementation F1 imposa dès 2014, l’ère TURBO HYBRIDE, le Team  MERCEDES localisé à Brackley (GB) fut dès l’entame de la nouvelle ère parmi les meilleurs élèves, sinon le meilleur, au point de d’obtenir des statistiques absolument vertigineuses avec à la clé des résultats impressionnants confirmés en 2015 et 2016 par une domination rarement vue jusqu’à présent dans l’histoire de la F-1

A l’image du symbole de la marque allemande, l’étoile à trois branches, le trio de designers composé de Aldo COSTA-Paddy LOWE et Geoff WILLIS réussit à chaque fois de sacrés coups en dessinant des FW 015,FW 06 et FW 07 dominatrices au point de ne laisser que des miettes à la concurrence.

Grâce au travail sans relâche et en symbiose aux niveaux des départements ‘’ aérodynamique’’ et ’’moteurs’’ les Flèches d’Argent se révérèrent  rapidement d’une efficacité affligeante.

La plus lourde tâche à l’époque consistait à solutionner le problème de refroidissement de l’unité de puissance turbo-hybride qui dégageait énormément de chaleur  qu’il fallut canaliser à bon escient via le dispositif de récupération d’énergie au détriment certes d’une perte d’efficacité aérodynamique mais sans trop perturber et rendre l’ensemble indissociable.

Si les W 05 et W 06 aux mains de Lewis HAMILTON et Nico ROSBERG atteignirent déjà des résultats éloquents avec respectivement 16 victoires sur 19 GP,18 Poles et 16 meilleurs tours ce qui leur val une efficacité de 84,21 %,les W 07 toujours aux mains de ce duo en rajouta une couche en s’octroyant 19 victoires en 21 GP,20 Poles et 19 meilleurs tours atteignant un taux d’efficacité de 90,48 %.

Une suprématie sans pareille et au cours de laquelle les Flèches d’Argent s’octroyèrent en prime et comme cerise sur le gâteau durant ces 3 premières saisons ‘’turbo-hybrides’’56 podiums,32 doublés et 3 titres ‘’Pilotes’’ & ‘’Constructeurs’’,un tableau de chasse dont le duo à la manœuvre les autrichiens Toto WOLFF et  le regretté  Niki LAUDA ne fut pas un peu fier.

 

FERRARI F2004 240-de 2004-© Manfred GIETFRANCORCHAMPS-Tests

8) FERRARI F2004 en 2004

 

Historiquement la FERRARI F2004 répertoriée sous le code 655 était le 52ème modèle conçu dans les ateliers de Maranello par la SCUDERIA depuis la création du Championnat du Monde F-1 en 1950.

Dessinée par le trio de designers Aldo COSTA-Ross BRAWN et Rory BYRNE véritables orfèvres en la matière,la F2004 a véritablement estampillé ses rivaux un peu à l’image de 2002.

Son aérodynamisme travaillé jusque dans les moindres détails de manière à économiser les pneus au maximum et un bloc propulseur,siglé Tipo 053 puissant et fiable  ont fait du Cheval Cabré un véritable étalon durant la saison 2004.

Une saison où la Scuderia s’est érigée en forteresse imprenable avec un total de 15 victoires sur 18 GP dont 13 pour le seul Michaël SCHUMACHER parmi lesquelles 7 consécutives et 2 pour le ‘’porteur d’eau’’Rubens BARRICHELLO.

L’efficacité de cette F2004 atteindra les 83,33 %

Avec Jean TODT à la barre la F2004 a permis à Michaël SCHUMACHER de remporter son 7ème et dernier titre de Champion du Monde et restera dans les annales comme la FERRARI la plus victorieuse de l’histoire de la Scuderia a une époque où la plus ancienne écurie du plateau a véritablement marqué ses rivaux au fer rouge en remportant 6 titres constructeurs d’affilée.

 

MERCEDES W196 de 1955-© Manfred GIET-jpg

9) MERCEDES W196 en 1955

 

En 1954 ce fut le retour de MERCEDES en F-1 avec deux modèles différents,la W196 utilisée sur les circuits classiques et la W196 R Streamliner, un modèle complètement enveloppant,que la Firme de Stuttgart sous la direction du légendaire Alfred NEUBAUER utilisait sur des circuits à haute vitesse comme  Reims,Silverstone ou Monza.

C’est ce modèle W 196 qui sera à la base du surnom emblématique ‘’Flèche d’Argent’’et qui par la suite sera un jalon important dans la conquête des titres de Champion du Monde en 1954 & 1955 pourl Juan-Manuel FANGIO.

La W 196 fut en effet une voiture pas comme les autres de part sa conception très moderne pour l’époque.

Avec un châssis tubulaire et une carrosserie très aérodynamique composée d’aluminium et de magnésium façonnée à la main sur des gabarits en bois avant de passer ensuite à la presse à métaux, le moteur MERCEDES de 3 litres,8 cylindres et d’une puissance de 290 cv permettait à ce bolide de dépasser les 300 km/h.

FANGIO qui avait acquis son deuxième titre de Champion du Monde en 1994 déjà chez MERCEDES récidiva un an plus tard en remportant 4 des 6 GP hormis celui des USA à Indy tandis que Stirling MOSS complétait le tableau par une victoires également ce qui au décompte final offrait 5 victoires sur 6 à la marque allemande, ce qui représentait une efficacité de 83,33 %.

Malheureusement cette belle aventure MERCEDES prit fin à l’issue de la saison 1955 lorsque la marque à l’étoile décida de se retirer suite à l’accident mortel survenu aux 24 Heures du Mans et qui avait fait 84 morts et 120 blessés.

 


WILLIAMS-FW18-de-1996-©Manfred-GIET

 10) WILLIAMS FW 18 en 1996

 

Troisième plus ancienne écurie de F-1,le Team WILLIAMS est passé par monts et par vaux avant de connaître le succès au cours des décennies 1980-1990.

Après 3 titres constructeurs en 1980-1981-1986 avec HONDA comme motoriste le Team cher à Frank WILLIAMS continua sur sa lancée en 1992-1993-1994 avec cette fois des moteurs RENAULT sous le capot.

Après avoir connu la page la plus sombre de son histoire avec l’accident d’Ayrton SENNA à Imola, le Team WILLIAMS subit le contrecoup en 1995 lorsque l’équipe BENETTON pris le relais au grand dam de Frank WILLIAMS bien décidé à reprendre le flambeau la saison suivante.

En créant la FW 18 équipée du moteur RENAULT RS8/8B le duo NEWEY-HEAD parvint manifestement à frapper un grand coup puisque tout au long de la saison Damon HILL et Jacques VILLENEUVrofitèrent de la voiture la plus performante et fiable du plateau.

Des 2028 tours possibles que comportaient la saison 1996 la paire HILL-VILLENEUVE en a accompli 1.778 démontrant du coup la supériorité de leurs montures en réalisant des statistiques qui parlent d’elles-mêmes.

En effet hormis les GP de Monaco et d’Italie lors des 16 GP de la saison les pilotes WILLIAMS sont montés à 14 reprises sur le podium avec un avantage de 8 victoires en faveur de HILL contre 4 pour VILLENEUVE auxquelles viendront encore s’ajouter 6 doublés,12 Poles et 11 meilleurs tours.

Si HILL fut sacré Champion du Monde devant VILLENEUVE, l’écurie WILLIAMS remporta le trophée des constructeurs.

Cette FW 18 s’inscrira comme la plus performante dans l’histoire du Team WILLIAMS longue de 31 ans et qui vient malheureusement de prendre fin lors du dernier GP d’Italie à Monza car mêmensi l’écurie reprise entretemps par le Fond d’Investissement américain DORILTON CAPITAL qui continuera dans un premier temps à concourir sous le nom de WILLIAMS en toute logique on peut cependant se demander pour combien de temps !

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

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