JACQUES CHEINISSE ANCIEN PATRON COMPÉTITION DE LA FIRME : ‘ALPINE ENFIN CONSACRÉE’…

 

 

 

 

 Jacques Cheinisse qui fut Directeur du Produit de Renault et aprés avoir occupé le fauteuil de Directeur Sportif d’Alpine, autrefois au siècle passé, au tout début de la marque Dieppoise, nous a adressé quelques lignes sur la relance et le renouveau de la marque Alpine 

 

ALPINE-SAGA 2013-DIEPPE- Les pilotes ANDRUET-THERIER-NICOLAS avec le Directeur Sportif-Jacques de la grande époque ALPINE, Jacques CHEINISSE- Photo-Jean-Jacques-MANCEL

 

Malgré sa petite taille, tant industrielle que commerciale, et sa rentabilité aléatoire, la valeur de la marque ALPINE est maintenant officiellement reconnue par le nouveau DG de Renault, Luca de Meo, au point d’en faire l’une des quatre marques sur lesquelles portera la réorganisation de notre grand constructeur.

A cette solennelle occasion, je ne peux m’empêcher d’avoir une affectueuse pensée pour mon premier patron, Jean Rédélé, le fondateur de la marque en 1955 et d’y associer Carlos Tavares qui, en 2012, alors DG Adjoint de Renault, a sorti cette « Pépite », comme il désignait Alpine, de la poussière où les successifs dirigeants de Renault l’avaient abandonnée, sur l’autel de la rentabilité !

La notoriété et l’image de cette start-up des années 60/70 ont été construites essentiellement sur le sport automobile dans une ambiance de partenariat détestable en guéguerre continue avec certains « petits chefs » de Billancourt, aux premiers rangs desquels les responsables de la communication … car  ils redoutaient que, par ses exploits, Alpine ne fasse de l’ombre à Renault…

D’où cette ridicule alternative, selon les vicissitudes de l’actualité sportive : c’était, selon les communiqués officiels de la grande maison, Renault-Alpine, voire Renault, tout court, qui gagnait…et Alpine qui perdait !

En Juin 1973, Renault prit le contrôle d’Alpine et ce problème fut en principe réglé puisque la nouvelle société, et donc, la marque, se dénommaient dorénavant « Alpine-Renault ».

Mais ça n’a pas tenu longtemps car si, à la fin de la saison 1973, c’est bien Alpine-Renault qui a été intronisée Championne du Mondes des rallyes, c’est une ensuite une Renault-Alpine qui a gagné les 24 Heures du Mans 1978 !

Cette consécration est donc une belle consolation pour les Anciens d’Alpine, mais c’est surtout un bon soulagement pour la nouvelle équipe Alpine.

Fin Mai, le plan d’économies de 2 milliards annoncé par Renault envisageait la fermeture du site de Dieppe, ce qui, à brève échéance condamnait de facto la marque Alpine, sujet que j’ai développé à l’époque dans un article sous le titre « Renault trahit Alpine » daté du 25/05/2020.

Mais il faut rester vigilant, la prise en compte de la marque à sa juste valeur ne garantit pas qu’un produit spécifique Alpine viendra relayer la A110 lors de sa fin de vie car on peut être tenté d’exploiter la marque sous forme de badging de modèles Renault en faisant l’impasse de la régénérer par des produits spécifiques innovants et marquants.

C’est ce qui est arrivé à la marque Gordini qu’on a galvaudée sur des produits qui n’étaient pas en adéquation, comme la Twingo-Gordini.

Même processus pour Abarth qui a disparu en tant que marque, voire même,à terme, Lotus qui passe dangereusement de mains en mains.

Mais Luca de Meo qui a créé la marque Cupra pour Seat sait combien il en coûte de hisser une nouvelle marque au bon niveau d’image et de notoriété.

La menace est d’autant plus sérieuse que Renault déclare relancer la F1 sous la marque Alpine, que cette activité est très budgetivore, que la nouvelle Business-Unit Alpine sera dirigée par Cyril Abiteboul, patron actuel de la F1, lequel dans ses futurs arbitrages budgétaires aura tendance à favoriser la F1, plutôt qu’un nouveau produit Alpine…

La problématique pourrait être, si elle n’est pas déjà tranchée, quelle meilleure voie pour consolider la marque Alpine et la santé du groupe Renault ?

Un nouveau produit qui va rayonner pendant 6 ou 7 ans ou un Championnat du Monde F1.

Pour fixer les idées, le coût d’un nouveau produit de type Alpine à Dieppe, est de l’ordre du coût de deux saisons de F1, selon les données que j’ai mémorisées depuis mon fauteuil de Directeur du Produit de Renault… il y a déjà 25 ans et de Directeur Sportif d’Alpine, il n’y a que 50 ans !

Un bon produit, la nouvelle équipe Alpine a montré qu’elle savait faire mais reste à apprendre à le vendre, et, au bon prix…

En F1, être Champions du Monde en deux saisons semble complètement hors de portée d’une équipe qui tente depuis quatre saisons de se hisser à une trop modeste 4° place !

 

Jacques CHEINISSE

Photos : François HAASE – Jean-Jacques MANCEL

ALPINE-Les 60 ANS à DIEPPE- Jacques-Cheinisse au micro. Bernard Darniche-Jean-Pierre Nicolas​-Un pilote Bulgare-Michel Vial- Jean de Alexandris-Bob Neyret- Ladjudant-Jean Vinatier

 

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