IL Y A… 50 ANS, JOCHEN RINDT SE TUAIT À MONZA ! CINQUANTE ANS… !

 

 

JOCHEN RINDT, 50 ANS DÉJÀ.

 

En ce samedi 5 septembre 2020, cela fait tout juste 50 ans que nous quittait le Champion Autrichien, Jochen RINDT, de manière accidentelle à Monza dans le cadre du Grand Prix d’Italie.

Un demi-siècle déjà que la F1 couronnait pour la toute première fois de son histoire, un Champion du Monde sacré à titre posthume, à une époque où pour un pilote de course, il était plus facile de mourir sur la piste que dans son lit !

 

 

Jochen RINDT né à Mayence en Allemagne le 18 avril 1942, d’un père Allemand et d’une mère Autrichienne, fut élevé par ses grands-parents maternels et ce après avoir perdu ses deux parents en 1943 à Hambourg au bord de l’Allemagne, lors d’un bombardement allié.

C’est donc à GRAZ, en sud Autriche, GRAZ la capitale de la Styrie qu’il a grandi en adoptant la nationalité Autrichienne comme ses grands-parents qui exploitaient dans la ville médiévale, un commerce d’exportation.

Sa scolarité terminée, le jeune RINDT travaillera d’abord dans le commerce de ses grands-parents, avant d’être rapidement atteint du virus des compétitions automobile et ce en compagnie d’un certain … Helmut MARKO, aujourd’hui Conseiller en Chef et Responsable de la filière RED BULL au sein de l’écurie éponyme.

UN PEU D’HISTOIRE

 

C’est ainsi qu’il effectuera ses premières compétitions en circuit dès 1961, au volant d’une SIMCA 1000, avant de se retrouver un an plus tard au volant d’une Alfa Romeo Giulietta et toujours avec le même talent.

Mais des 1963, c’est la monoplace qui eut ses préférences, Jochen disputant le Championnat national de Formule Junior qui devint rapidement son tremplin vers la F1, la discipline reine, où il débuta rapidement sans une grande expérience du pilotage dès 1964 et ce au volant d’une BRABHAM-BRM, lors de son GP national où malgré un abandon en raison de freins défaillants, il fit forte impression au point que son nom se retrouve vite dans les calepins de quelques patrons d’écuries, dont John COOPER qui l’engagea illico pour la saison 1965.

Malgré des COOPER T73 CLIMAX peu performantes et aux côtés du Néo-Zélandais Bruce Mc LAREN pour sa première saison complète en F1, RINDT réussira néanmoins à s’illustrer aux Grands Prix d’Allemagne (4ème), des USA (6ème) et d’Italie (8ème).

Mais son résultat marquant au cours de cette même saison 65, restera sa victoire inattendue aux trés célébres 24 Heuresdu MANS, où sur une FERRARI 250 LM et associé à l’Américain Masten GREGORY, il montera sur la plus haute marche du podium!

 

APRÈS DES DÉBUTS PROMETTEURS EN F1, RINDT DEVINT LE ROI DE LA F2.

F2 1970 – Jochen Rindt Lotus F2

 

Pour la saison 1966 de F1 chez COOPER, Jochen RINDT bénéficia du moteur V12 MASERATI qui améliora sensiblement la performance de la COOPER T81, au point qu’après des résultats encourageants aux GP de Belgique (2ème), de France (4ème) d’Angleterre (5ème), d’Allemagne (3ème), d’Italie (4ème) et des USA au Glen,(2ème) il termina 3ème au Championnat du monde, derrière l’Australien Jack BRABHAM et le Britannique John SURTEES.

En parallèle comme beaucoup de ses collègues pilotes à l’époque il tenta également sa chance en F2 avec d’énormes succès, puisque durant la saison 1966, RINDT remporta pas moins de 9 victoires au volant d’une BRABHAM BT23-COSWORTH du Team Roy WINKELMANN, s’affirmant du coup comme le patron de l’antichambre de la F1.

En 1967, il épousera le Top modèle Finlandais, Nina LINCOLN, dont le père Curt n’était pas un inconnu en ayant remporté le titre Finlandais de F3 en 1959!

Malheureusement la saison suivante toujours chez COOPER, il ne put confirmer les résultats encourageants de la saison précédente avec cette fois seulement deux 4èmes rangs aux Grands Prix de Belgique et d’Italie à chaque fois sur des circuits ultra-rapides

Cependant, Jochen repris espoir après avoir quitté un Team COOPER en totale déconfiture, rejoignant l’écurie BRABHAM-REPCO, où sur des BT24 et BT26, il terminera 3ème des GP d’Afrique du Sud et d’Allemagne et même s’il termina au classement final du Championnat du Monde devant son ‘’Boss’’ Jack BRABHAM en fin d’année, cette saison ne lui laissera pas de bons souvenirs, alors que cette écurie avait pourtant remporté les titres ‘’Pilotes’’et ‘’Constructeurs’’ les deux années précédentes!

Sa seule grande satisfaction de l’année 1968, restera la naissance de sa fille Natascha.

 

SUCCÈS ET TRAGÉDIE CHEZ LOTUS


F1- Jochen RINDT, file vers la victoire au GP de FRANCE à Charade, le 5 juillet 1970, suivi de la MATRA d’Henri PESCAROLO

 

Après avoir quitté le Team de Jack BRABHAM au bout d’une saison seulement et en bons termes malgré tout, en 1969 Jochen RINDT répondit favorablement à l’offre de Colin CHAPMAN pour piloter la LOTUS 49B, qu’il découvrit lors des épreuves hors Championnat de la Série TASMAN Australienne et Néo-Zélandaise, où d’emblée il fit bonne impression, laissant transparaître l’impression de pouvoir prendre l’ascendant sur son coéquipier, Graham HILL.

Après une 2ème place au Grand Prix d’Italie, une 3ème au GP du Canada, il remportera sa première victoire lors du Grand Prix des USA à Watkins Glen, performance qui lui permettra de terminer 4ème  au classement pilotes et devant HILL, ce qui lui vaudra la place de pilote N°1 la saison suivante.

Pour cette saison 1970, l’ingénieux Colin CHAPMAN avait mis la LOTUS 72 en chantier, une construction révolutionnaire aux caractéristiques uniformes afin d’être le plus aérodynamique possible.

Un défi de taille puisque le début de saison ne fut pas conforme aux espoirs puisque Jochen RINDT au GP d’Afrique du Sud sur l’ancienne 49C puis en Espagne sur la nouvelle 72, subit autant d’abandons.

Pour le Grand Prix de Monaco l’Autrichien décida de se rabattre sur la vieillotte LOTUS 49C, choix qui s’avéra judicieux avec bingo la victoire à l’appui.

Après avoir tenté le même coup au GP suivant à Spa-Francorchamps mais sans succès puisque forcé à l’abandon RINDT se rabattit sur la LOTUS 72 qui avait subi une évolution notoire entre-temps avec comme conséquence que l’Autrichien signa 4 victoires consécutives aux GP de France, d’Angleterre, d’Allemagne et d’Autriche qui du coup le propulseront en tête du Championnat du Monde.

L’efficacité soudaine de la LOTUS 72C  qui avait posé beaucoup de problèmes jusque-là, devenait d’un coup un défi de taille pour Colin CHAPMAN, en quête des titres ‘’pilotes’’ et ‘’constructeurs’’ jusqu’à ce GP d’Italie de mauvais augure dans le temple de la vitesse de Monza.

En effet, la LOTUS 72 s’inspirant de lignes très modernes procurant un aérodynamisme époustouflant connaissait régulièrement des problèmes de stabilité en fonction des tracés dont celui de Monza où pour être efficace en vitesse de pointe l’importance, il fallait jongler avec les ailerons pour diminuer l’appui.

 

RINDT- L’épave de sa Lotus 72-© Team Lotus

 

Durant tout le week-end de Monza, ingénieurs et pilotes tentèrent de trouver le bon compromis que pensait avoir trouvé RINDT, en décidant de se passer d’ailerons lors de la séance d’essais matinaux du 5 septembre 1970, alors que son équipier Jon MILES, se plaignait d’instabilité de la LOTUS 72C sans ailerons.

C’est durant son 3ème tour que survint le drame pour Jochen RINDT au freinage de la ‘’Curva Parabolica’’ où les monoplaces les plus rapides arrivaient lancés à 330 Km/h … que la LOTUS soudainement fut déséquilibrée au point d’aller taper violemment  les rails de sécurité à gauche, avant de s’immobiliser dans l’échappatoire.

Pour le malheureux RINDT tous les secours furent vains car la violence du choc lui avait été fatale.

Après on apprendra en plus que RINDT, n’avait pas bouclé la partie supérieure de son harnais de sécurité correctement afin d’améliorer sa position dans le cockpit.

Selon l’enquête qui s’en suivit RINDT aurait perdu le contrôle de sa monoplace suite à une défaillance des freins qui sur la LOTUS 72C étaient montés ‘’inboard’’ de manière non seulement de réduire les masses non suspendues mais également la surchauffe d’éléments porteurs ou des jantes et pneus.

Colin CHAPMAN sera d’ailleurs inculpé par la Justice italienne d’homicide involontaire.     

 

COURONNÉ A TITRE POSTHUME

 

Jochen RINDT qui au moment de sa disparition tragique était leader au Championnat du Monde avec 45 points devant REGAZZONI (21 points) et ICKX (19 points) pouvait donc encore être dépassé au cours des quatre derniers GP restants pour autant que ses deux rivaux les plus sérieux, marquent respectivement 25 et 27 points.

Pour cela il aurait fallu que Jacky ICKX remporte les trois derniers GP de la saison, au Canada, USA et Mexique.

Finalement c’est son équipier chez LOTUS, le Brésilien Emerson FITTIPALDI qui en remportant le 1er GP de sa carrière aux USA qui lui permit d’être couronné et … à titre posthume, cas unique jusqu’à présent au cours de l’histoire de la F1!

 

LOTUS_72 d’Emerson Fittipaldi qui avec une victoire aux USA couronna Rindt à titre posthume-

 

Afin de commémorer la mémoire de son célèbre citoyen, la Ville de Graz lui dédiera une Place dans le quartier où il a vécu ainsi qu’une statue, ou encore une station de Tramways qui portera dorénavant son nom.

Gilles GAIGNAULT, nous précisant que cinquante ans aprés ce drame, sa veuve Nina vit en Suisse et fréquente régulièrement Helen et Sir Jacky Stewart, l’ancien pilote Écossais qui fut autrefois couronné triple Champion du monde de Formule 1, en 1969, 1971 et 1973.

 


François CEVERT-Hommage à MONTLHERY-  Jacqueline CEVERT-BELTOISE, Nina RINDT et Helen STEWART, le 6 octobre 2013- Photo : Gilles VITRY.

Hommage à François CEVERT, le 6 octobre 2013 – NINA RINDT- Sir JACKIE-STEWART et Helen STEWART- Photo : Autonewsinfo

 

Nous rappelant également que Nina qui s’était déplacé à Montlhéry le 6 octobre 2013, pour assister avec les STEWART et la famille TYRRELL, à l’hommage rendu pour le quarantième anniversaire de la disparition de François CEVERT, mort lui le 6 octobre 1973 au GLEN.

 

RIP JOCHEN

 

Manfred GIET

Photos : PubliRacing Agency

 

Monument à la mémoire de Jochen RINDT à Graz© Ville de Graz

 

 

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