IL Y A 40 ANS… CE 1er AOÛT, PATRICK DEPAILLER NOUS QUITTAIT ! QUARANTE ANS DÉJÀ !

 

 

CIRCUIT-HOCKENHEIM- La courbe fatale à PATRICK DEPAILLER, le 1er août 1980, la même abandonnée depuis !

  Il y a quarante ans, ce samedi 1er août 2020, un grand Pilote Français, nous quittait…

 

Le 1er août 1980, en effet et peu avant midi, le Clermontois Patrick Depailler, se tuait lors d’une séance d’essais privés, organisée par son Équipe Alfa Romeo sur le Circuit d’Hockenheim, quelques jours avant le Grand Prix d’Allemagne.

Lequel allait être remporté neuf jours plus tard, le 10 août par un curieux hasard par son copain, avec qui il avait fait une sacrée équipe l’année précédente, au volant des deux Ligier, Jacques Laffite.  

Un Jacquot qui en signe de deuil avait sur le podium refusé le Magnum de Moët. Tout comme les deux pilotes Williams qui l’accompagnaient. L’Argentin Carlos Reutemann, second. Et l’Australien Alan Jones.

L’équipier de Patrick Depailler, l’italien Bruno Giacomelli avait fini cinquième au volant de son Alfa Romeo.

 

UN PEU D’HISTOIRE…

PATRICK-DEPAILLER

 

Originaire  de Clermont-Ferrand, Patrick Depailler, se lance d’abord comme beaucoup de Champions Automobiles de l’époque (Jean Behra –  John Surtees – Mike Hailwood –  Jean Pierre Beltoise)  en sport motocycliste.

Il  débute sur quatre roues en 1964 en Formule 2 sur ses terres sur le très réputé Circuit de Charade, situé au cœur des Monts d’Auvergne, sur les hauteurs de sa bonne ville de Clermont-Ferrand.

Grâce à l’aide du Pétrolier ELF. et de son Responsable du Service Compétition, François Guiter, Patrick va avoir la chance de débuter en Formule 1, lors du GP. de France qui se déroule sur ‘’Son‘’ Circuit… Charade.

Ses débuts en F1, ont lieu le dimanche 2 juillet 1972 au sein de la prestigieuse écurie de Ken Tyrrell et en tant que troisième pilote.

Aux côtés du double Champion du Monde (1969-1971), l’Écossais Jacky Stewart et de son compatriote, François Cevert. Lequel vient de remporter quelques mois plus tôt le 3 octobre 1971, le très réputé – à l’époque – Grand Prix des États Unis, couru sur le Circuit de Watkins Glen.

En fin de Saison, il pilotera à nouveau le 8 octobre, une troisième Tyrrell justement au GP. des USA. au Glen. Où ses deux équipiers réussiront un magnifique doublé.

 

F1 1976 – La célébre TYRRELL P34 à six roues avec à son volant, Patrick DEPAILLER.

 

Il est définitivement titularisé comme Pilote de F1 à part entière à partir de 1974. Mais hélas avec la lourde tâche de succéder au regretté François Cevert qui s’est, emporté par sa folle passion, tué incroyablement au Glen le 6 octobre 1973, où il avait remporté son premier et unique  GP., deux ans auparavant !

Curieux destin parfois… que de trouver la mort sur cette piste où s’était couvert de gloire en remportant sa première victoire en GP F1, à Watkins Glen…

Oui… curieux destin !

Hélas, Patrick lui se retrouve en 1974, au sein d’une équipe ELF-Tyrrell qui curieusement après avoir outrageusement dominé les Grands Prix depuis 1969 et le premier titre mondial conquis avec Stewart, amorce soudainement, un lent déclin d’une part et également parce que le Clermontois, est aussi trop souvent victime d’un manque de réussite et même parfois de chance, car Patrick va galérer…

D’abord aux côtés du Sud-Africain Jody Schekter (1974 à 1976) puis du Suédois Ronnie Peterson (1977) et enfin avec son pote et compatriote, Didier Pironi (1978)

Cinq années de patience  jusqu’au 7 mai 1978, où enfin, il explose et triomphe au volant de sa Tyrrell dans le plus prestigieux des GP., celui de… MONACO !

 

Victoire de Patrick DEPAILLER, au volant de sa LIGIER au GP. d’ESPAGNE, le 29 avril 1979, sur le circuit Madrilène de JARAMA.

 

Où le Clermontois obtient enfin la consécration suprême et remporte sa première victoire en Formule 1, en devançant Niki Lauda, le Champion du Monde et Jody Scheckter qui l’encadrent sur le podium Monégasque, aux côtés de la Princesse Grâce et du Prince Rainier.

Transféré au sein de l’écurie Française Ligier, l’année suivante, il y retrouve son copain Jacques Laffite.

Et, les deux compères attaquent la Saison 1979 en fanfare !

Et débutent en trombe, remportant les trois premiers Grands Prix. Laffite triomphant au Brésil et en Argentine. Patrick en Espagne à Jarama dans la banlieue Madrilène.

Victoires assorties de trois pôles position, de trois premières lignes et de deux records du tour en course !

Mais hélas malheureusement, un accident de deltaplane – sa passion avec la plongée sous-marine – lui brise les jambes peu avant le Grand Prix de France inscrit au Calendrier le 1er juillet, sur le Circuit Bourguignon de Dijon-Prenois.

Où Jean Pierre Jabouille brille à son tour, offrant à l’écurie rivale, l’Équipe Renault-ELF- Turbo, sa toute première victoire en Formule 1, alors que sa Ligier de l’infortuné Depailler, est confié au revenant, Jacky Ickx.

Ce stupide accident survenu sur les pentes du Puy de Dôme, l’éloigne de la compétition automobile jusqu’à la fin de l’année.

 

PATRICK-DEPAILLER-et-SON-ALFA-ROMEO-EN-1980

 

Remercié par Guy Ligier qui lui préfère alors un Didier Pironi, en pleine ascension, Patrick trouve finalement, lui, refuge chez les Italiens d’Alfa Romeo. Team avec lequel, il effectue donc son retour en GP. en 1980. Saison où il est associé au transalpin, Bruno Giacomelli.

Lors des huit premiers GP., il ne parvient jamais à rentrer dans les points.

C’est alors qu’il revenait d’un séjour de détente aux Açores, consacré à l’une de ses passions, la plongée, et ce en compagnie du Patron du Service Compétition du Pétrolier ELF, François Guiter, qu’hélas en ce vendredi 1er août, sur le Circuit d’Hockenheim, lors d’une séance d’essais privés, organisée en préparation du futur Grand Prix d’Allemagne, prévue une semaine plus tard, qu’au volant de son Alfa Romeo, très probablement victime d’une rupture de l’une de ses jupes-mobiles – destinées à procurer l’effet de sol – comme on disait à l’époque, Patrick était victime d’un accident mortel.

 

 

Peu avant midi, son Alfa Romeo quittait la piste à très haute vitesse – 280 km/h – et filait pour s’encastrer dans les rails, tout au bout du circuit dans ce que l’on nommait à l’époque, ‘l’Ost Kurve’. Une courbe rapide qui a disparue aujourd’hui, le tracé du Circuit du Bade-Würtemberg… Hockenheim, ayant été considérablement raccourci depuis.

Quelques jours plus tard, on le répète, le dimanche 10 Août, victorieux sur cette piste maudite, son ancien coéquipier Jacques Laffite remportait ce Grand Prix au volant de sa Ligier.

En signe de deuil, il refusait le Jéroboam de Moët… Tout comme ses dauphins, l’Argentin Carlos Reutemann et l’Australien Alan Jones, les deux pilotes Williams.

Curieusement son équipe Alfa Romeo n’avait pas – en signe de deuil – déclaré forfait. Et au contraire avait, selon ses dirigeants ‘pour honorer sa mémoire’, choisi de participer finalement à ce sinistre GP. d’Allemagne.

Bruno Giacomelli en finissant cinquième, avait d‘ailleurs ‘scoré’ les tous premiers points de la Saison pour l’équipe Alfa !

 

LA BELLE ÉPOQUE DES PILOTES FRANÇAIS

La bande des pilotes FRANÇAIS en F1 en 1979, avec DEPAILLER au centre, JABOUILLE- TAMBAY- PIRONI-LAFFITE- JARIER et ARNOUX

 

Au cours de sa carrière, Patrick aura disputé 95 GP. Il compte deux succès (Monaco 1978 – Espagne 1979) une pole (Suède 1974) et dix-neuf podiums : dix secondes places et sept troisièmes.

Parallèlement à la monoplace, le Clermontois s’illustrera bien sûr aussi dans les compétitions d’Endurance, les pilotes à l’époque participant à tous les Championnats simultanément, s’alignant aussi bien  en F1 qu’en F2 parfois et en Endurance, discipline où il remportera de belles victoires, d’abord avec Alpine Renault, puis ensuite avec Matra.

Sans oublier la superbe victoire lors du Tour Auto 1970 en duo avec Jean Pierre Beltoise, Patrick offre une sensationnelle victoire  au Proto Matra du Mans !

 

Trente années se sont écoulées depuis ce drame. Une longue, très longue  tranche de vie !

Et comme chaque année, nous pensons très fort à lui !
Et aussi à son fils Loïc, rencontré fréquemment sur les Circuits.

Patrick Depailler était un formidable garçon et un très grand pilote.

Nous ne l’avons pas oublié… Pat est bien toujours présent dans notre mémoire..

Il repose dans le petit Cimetière Auvergnat de Crevant-Laveine dans le Puy-de-Dôme.

RIP.

 

Gilles GAIGNAULT

Photos : ELF – Bernard ASSET – Bernard BAKALIAN – TEAMS – SEITA

 

De jeunes Pilotes promis à un bel avenir entourent le Fondateur de MATRA,
Marcel Chassagny

On reconnait de gauche à droite :

Patrick Depailler-Bernard Fiorentino-Jean Pierre Jaussaud-Gérard Larrousse-Jean Pierre Beltoise-Jean Pierre Jabouille-François Cevert-Henri Pescarolo

 

F1-1979-Le photographe Manou ZURINI, entre Jean-PIERRE-JARIER et Patrick DEPAILLER.

 

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