GIOVANNA AMATI : LA DERNIÈRE FEMME À AVOIR TENTÉ DE SE FORGER UNE PLACE EN F1… EN 1992 !

 

 

Depuis le début de son histoire, la F1 est une affaire d’hommes
et hormis quelques rares et timides tentatives de la gente féminine,
elle se conjugue au masculin, alors que dans beaucoup d’autres disciplines sportives, des femmes ont brillé et se sont imposées.

 

 

Si en hippisme, les cavalières de chevaux à crottin sont quasiment les égales de l’homme dans la catégorie ‘’Chevaux Vapeur’’ ce n’est malheureusement pas le cas.

C’est pourquoi dans la Catégorie Reine et depuis 1992, on attend toujours une femme-pilote prête à affronter ses collègues masculins.

Jusqu’à présent, toutes les approches se sont avérées négatives et le résultat est que cela fait désormais 44 ans qu’une femme n’a plus piloté en Grand Prix.

Un bref tour d’horizon démontre cependant qu’au cours de l’histoire du sport automobile, certaines brillantes ‘gazelles’ sont parvenues à bien tirer leurs épingles du jeu.

 

F1-SIMONA DE SILVESTRO à FIORANO avec la SAUBER-C31, le 27 avril 2016.

 

UNE MULTITUDE D’EXEMPLES NOTOIRES

 

Michèle MOUTON, la Française remporta en 1975 la catégorie 2 Litres aux 24 Heures du Mans, avec ses co-équipières, Christine DACREMONT et Marianne HOEPFNER, sur une MOYNET LM 75, mais c’est surtout en Rallye qu’elle brilla, remportant quatre épreuves du Championnat du Monde et elle ratera le titre en 1982 en terminant vice-Championne du Monde, derrière Walter RÖHRL. Elle remportera aussi le Tour Auto et la célèbre Course de Côte de PIKES PEAK à deux reprises.

Jutta KLEINSCHMIDT, l’Allemande qui a débuté par la Moto avant de s’illustrer en Rallye et de remporter le PARIS-DAKAR en 2001.

Gilberte THIRION, la Belge,fut la toute 1ère à se faire un nom, remportant le tout premier Tour de Corse en 1956, au volant d’une DAUPHINE.

Pat MOSS-CARLSSON, la Britannique et sœur de Stirling MOSS, remporta cinq fois le Championnat d’Europe des Rallyes.

Marie-Claude BEAUMONT, une Française participa à six reprises aux 24 Heures du Mans et s’attribua le titre de Championne d’Europe des Rallyes en 1972.

Lyn ST-JAMES, l’Américaine participa deux fois aux 24 Heures du Mans et sept fois à l’Indy 500, les deux plus célèbres épreuves automobiles au monde, terminant 11ème en 1992 des 500 Miles, étant élue ‘’Rookie of the Year’’ à Indianapolis.

Simona DE SILVESTRO, la Suissesse participa régulièrement à cette épreuve, terminant 13ème du Championnat Indycar en 2013, a piloté ensuite en Formule-e

Susie WOLFF-STODDART, la Britannique semblait bien partie pour piloter un jour en F1 après avoir été en 2014 et 2015, pilote d’essai chez WILLIAMS mais après avoir épousé Toto WOLFF le Patron de MERCEDES-AMG F1, elle mettra un terme à sa carrière.

 

INDYCAR-2008-Victoire pour DANICA PATRICK à MOTEGI au JAPON

 

Danica PATRICK, une autre Américaine est la première femme à avoir remporté une manche Indycar en 2008 à Motegi au Japon. La jeune femme a aussi roulé en NASCAR et en ENDURANCE.

Yvette FONTAINE, la Belge a roulé en Tourisme, Courses de Côtes et en Rallye et a été double Championne de Belgique Tourisme sur sa célèbre FORD ESCORT en 1969 et 1970.

Ellen LOHR, une Allemande est la seule femme à avoir jamais gagné une manche DTM. en 1992 à Hockenheim sur une MERCEDES-AMG 190.

Cathy MULLER, l’Alsacienne et sœur d’Yvan, le quadruple Champion du Monde des Voitures de Tourisme du WTCC.,  a été Championne d’Europe de Karting en 1978, avant de remporter le Volant Elf en 1981 et de terminer 8ème au très relevé Championnat de France de Formule Renault en 1981. En 1983 elle tenta sa chance au Championnat d’Europe F3 puis à celui de la F3000 parmi une pléiades de futures stars de la F1.

Christine BECKERS, la journaliste Belge, a débuté par le Rallye avant d’embrayer vers le Tourisme où elle a été sacrée Championne de Belgique des Conductrices à 5 reprises. Elle a également participé quatre fois aux 24 Heures du MANS avec une victoire de classe en 1974 et onze fois aux 24 Heures de Spa.

 

PIKES PEAK 2018  VANINA ICKX au volant de sa VERTIGIO GILLET le 24 juin.

 

Vanina ICKX, la fille cadette de Jacky ICKX, a été active comme pilote entre 2000 et 2018 où elle a participé à quantités d’épreuves de la Formule Ford 2000, au Challenge Ferrari, en sport-protos, DTM et aussi une fois au Pikes-Peak. Aux 24 Heures du Mans auxquelles elle a participé sept fois, elle a terminé en 7ème position en 2011 et elle monta à trois reprises sur le podium en LMP1. En 2008 elle a piloté en LMS pour le Team Rollcentre Racing et la même année elle remporta les 12 Heures de Spa Tourisme BTCS  après deux années en DTM sur une Audi A4.

À cette liste on pourrait certainement encore en rajouter d’autres amazones qui se sont illustrées dans un sport où les femmes-pilotes sont toujours en infériorité numérique, raison pour laquelle un nouveau Championnat uniquement réservé aux femmes a été créé récemment sous forme d’une série pour monoplaces dénommée W-SERIES et où elles pourront faire leurs premières armes entre filles. La 1ère sacrée étant la Britannique Jamie CHADWICK fin 2019.

ANNE BOISNARD sur le muret sur un circuit de F1 avec Gérard LARROUSSE le Directeur de l Équipe RENAULT-ELF-TURBO Photo Bernard ASSET

POSTES OCCUPÉS PAR DES FEMMES EN F1

 

Au fil du temps et des années, des femmes se sont néanmoins imposées en F1, ou son antichambre le GP2 redevenu F2, en occupant parfois des postes en première ligne.

Parmi les premières, on relèvera les Françaises Anne BOISNARD, décédée en 2015 qui était une redoutable chronométreuse pour les Teams Mc Laren et Renault dans les années 70’- 80’ et son homologue ce chez Matra et Ligier, Michou DUBOSC.

Ou encore, Valérie JORQUERA brillante chimiste auprès du Pétrolier ELF et à qui incombait la gestion technique des lubrifiants et carburant lors des Grands PRIX de F1 pendant trois décennies, auprès des écuries alimentées par ELF (RENAULT-LOTUS-LIGIER-TYRRELL-WILLIAMS).

 

F1 Valérie JORQUERA, la chimiste d’ELF en GRAND PRIX avec Michel BONNET, le Patron de ELF de l’époque© Manfred GIET.

 

Il y a eu aussi l’Allemande Carmen ZEIGLER qui lors des débuts de SAUBER en F1 exerçait la fonction de Team Manager, ainsi que l’Américaine Janet MELIA technicienne auprès du Manufacturier GOODYEAR sur les GP., sans oublier la Française Sophie SICOT, la très efficace responsable Presse et assistante de Gilles GAIGNAULT dans ses années FISA-FIA.

Ou plus récemment encore, l’italienne Monica CUADRADO, ingénieur chez PIRELLI,  l’Espagnole Silvia BELLOT, Commissaire FIA. pour la F1 et F2.

A cette liste, s’ajoutent évidemment les deux dirigeantes d’écuries, l’Indo-Autrichienne Monisha KALTENBORN qui de 2010 à 2017, a été ‘’Team Principal’’ chez SAUBER ainsi que Claire WILLIAMS, la file de Sir Frank qui en 2013 a pris la suite  de son père, et récupéré les rênes d’une écurie de longue tradition et en pleine tourmente au point d’être mise en vente actuellement…

 

F1 1992 – Giovanna AMATI au volant de la Brabham BT 60B 1992 tente sa qualification à KYALAMI © Manfred GIET

GIOVANNA AMATI :
UNE TENTATIVE EN 1992  QUI NE DURA QUE LE TEMPS  DE
TROIS GRANDS PRIX.

 

La Romaine Giovanna AMATI, a donc été la dernière à avoir été inscrite sur les tablettes de la F1 en 1992 lorsqu’elle tenta à trois reprises de se qualifier pour les GP. d’Afrique du Sud, du Mexique et du Brésil au volant d’une BRABHAM-JUDD BT 60B, hélas pour la jolie Italienne, monoplace méconnaissable et devenue bien moribonde, avant d’être remplacée à partir du GP. d’Espagne par un certain Damon HILL, avant que ne sonne le glas pour cette écurie emblématique après le GP. d’Allemagne 1992.

Avant de se lancer dans le sport automobile, la belle Giovana, était bien née au sein d’une famille bourgeoise Romaine aisée, dont le père était propriétaire de cinquante salles de cinéma et la mère, une très séduisante actrice.

Giovanna fut victime d’un kidnapping organisé par le gang du truand Français, Jean-Daniel NIETO et se retrouva séquestrée durant… 75 jours dans une cage et abusée sexuellement et mentalement par ses ravisseurs, avant d’être libérée contre le versement d’une rançon de 800 Millions de Lires de l’époque (90.000 €).

Pour se reconstruire après une telle aventure, elle décida de se lancer dans un sport à risque avec un penchant pour les sports mécanisés et passa d’une Honda 500 de route à la Coupe Abarth italienne où elle récolta quelques victoires.

 

Giovanna-AMATI en-F1 en 1992 avec la médiocre et modeste Brabham-BT-60B ©-Manfred-GIET.

 

Conseillée par son ami Romain au destin tragique, le regretté Elio de ANGELIS, elle passa ensuite à la F3 italienne en 1985 et en 1987, elle se dirigea vers l’anti-chambre de la F1, à l’époque le Championnat International de F3000 jusqu’en 1991, dont une année au Japon dans le Championnat Nippon de la discipline.

Son meilleur résultat durant ces cinq années, se résumera à une belle 7ème place lors de la manche F3000 du Mans en 1991, avec en prime une séance de roulage sur une BENETTON-FORD F1 offerte par Flavio BRIATORE, grand séducteur à l’époque et dont elle fut très proche.

Puis vint enfin le grand moment tant attendu, espéré et souhaité, la consécration en 1992, lorsqu’elle fut engagée par MIDDLEBRIDGE GROUP, propriétaire du Team BRABHAM F1, comme deuxième pilote, aux côtés du Belge, Éric VAN DE POELE.

Du coup, Giovanna AMATI réalisait son rêve d’arriver et de piloter un jour en F1, après ses compatriotes Maria Teresa de FILIPPIS et Lella LOMBARDI, actuellement toujours la seule femme à avoir terminé dans les points avec une sixième place lors d’un funeste Grand Prix d’Espagne, écourté en 1975, ce qui du coup, ne lui rapporta qu’un demi-point. Seule femme, Lella décédée le 3 mars 1992, à n’avoir jamais ‘scoré’ en GP !

 

Marie-Claude Beaumont a brillé en rallyes mais aussi sur piste comme ici en 1975 en Endurance sur Alpine-A-441, associée à l’Italienne Lella Lombardi – Photo : Archiv’ELF

 

Et juste avant AMATI, deux autres amazones avaient déjà tentées de se qualifier sur une grille de départ  en F1, avec d’une part la skieuse Olympique anglaise Divina GALICA en 1980 et la Sud-Africaine Désiré WILSON en 1976 et 1978  sans cependant atteindre leurs objectifs.

Quant à Giovanna AMATI, son accession à la catégorie reine se révéla désastreuse avec d’une part une BRABHAM BT 60B totalement à la dérive engagée par le Groupe japonais MIDDLEBRIDGE GROUP Ltd surendetté et qui disparaîtra définitivement des radars après le 10ème GP. de la Saison et d’autre part l’impossibilité de n’avoir pu n’effectuer le moindre test avant de s’embarquer dans cette aventure foireuse.

Après trois tentatives lors des GP d’Afrique du Sud, du Mexique et du Brésil où à chaque fois avec des temps situés loin de la Pole, elle n’arriva jamais à se qualifier et dès lors son sort en était rapidement jeté dans le milieu masculin de la F1, ou au cours de ses trois tentatives de qualification elle n’a cessé d’être la risette du paddock et ou les cancans allèrent bon train qualifiant même sa présence en F1 que de simple ‘opération marketing’ grâce à des appuis importants parmi lesquels figurait le Premier Ministre Italien ANDREOTTI.

L’italienne en effet était soutenue par MARLBORO et LAGOSTINA, le fabricant transalpin bien connu de casseroles et ustensiles de cuisine, ce qui a fait ironiser certains à l’époque, qui allèrent jusqu’à satiriser ses faibles prestations, en déclarant qu’en raison de ses nombreuses toupies sur la piste, ses sponsors étaient toujours bien visibles sous tous les angles !

 

F1-2018-MEXICO-TATIANA-CALDERÓN Équipe SAUBER-FERRARI aux essais du vendredi

PARMI UNE RELÈVE CLAIRSEMÉE
QUI SERA LA PROCHAINE REINE DU MACADAM ?

 

28 ans après cette dernière salve de l’italienne AMATI qui sera un jour prête à reprendre le flambeau et tenter de se qualifier pour un futur GP de F1 ?

En regardant ce que l’on peut qualifier de liste d’attente, il faut bien avouer qu’actuellement il n’y a pas embouteillage de ce côté même la Scuderia FERRARI envisage d’inclure bientôt une pilote féminine dans son programme ‘’DRIVER ACADEMY’’.

Certes les Teams WILLIAMS et ALFA ROMEO possèdent en leurs rangs des espoirs féminins comme pilotes de développement, à savoir la Colombienne Tatiana CALDERÓN chez ALFA ROMEO ainsi que la Britannique Jamie CHADWICK chez WILLIAMS, auxquelles on ajoutera encore l’Allemande Sophia FLÖRSCH qui cette année participera au Championnat FIA de F3 pour le Team Espagnol CAMPOS RACING.

 

SOPHIA-FLOERSCH- Photo F3

 

Mais ce n’est pas demain la veille avant que l’une d’entre elles ou qui sait peut-être un jour une nouvelle étoile précoce ne parvienne à se défaire du sentiment qui veut que la F1, reste une histoire d’hommes et  échanger les effluves de cosmétiques contre celles d’essence à haut indice d’octane et prendre enfin la relève des pionnières qui l’auront précédée et dont les deux seules qui ont jusqu’à présent participé à un GP sont entre-temps décédées.

La dernière à avoir été proche d’un volant en F1 est Susie WOLFF qui en 2014, participa à deux séances d’essais libres lors des GP. d’Angleterre et d’Allemagne avant de raccrocher le casque pour raison familiales.

Alors ?

Mesdames, Mesdemoiselles, la F1 vous attend !

 

 Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency Bernard ASSET-Antoine CAMBLOR

 

F1-2015-MONTMELÓ- Team WILLIAMS-MERCEDES- SUSIE WOLFF-Photo : Antoine CAMBLOR.

 

 

Glorieux Anciens Monoplaces

About Author

gilles