RACING TECHNOLOGY : L’EXPÉRIENCE ET LA PASSION DE SYLVAIN NOËL AU SERVICE DES PILOTES.

 

 

Comme les autres secteurs du monde économique,
celui du sport automobile entend bien reprendre une partie de ses activités.

Dans cette perspective, nous nous intéressons aujourd’hui
au Team Racing-Technology, avec une rencontre avec Sylvain Noël, le Boss, dont le parcours, depuis des lustres, baigne dans la passion du Sport Automobile.

 

 

Attiré très jeune par la Compétition.

 

Né en 1969, très fan de compétition, très tôt, Sylvain dévore les revues automobiles et tâte avec bonheur du Karting avec des participations au Volant ACO en 1985-1986-1987.

Bac de Gestion en poche, Sylvain se rend bien compte que faute de parents aisés pouvant lui mettre le pied à l’étrier et à cause de la difficulté de trouver des sponsors, il lui faut travailler à côté pour vivre sa passion.

Après des débuts en Formule Ford organisée par le Lycée Sud du Mans, notre jeune pilote découvre en 1988, avec bonheur les cCircuits de Nogaro, Pau, Charade et Rouen et termine à la seconde place du Championnat B.

Poursuivant son job de moniteur de pilotage, Sylvain Noël passe allègrement de la Formule Renault, au Trophée Andros, tout en disputant en 1988 et 1989, la finale du Volant Marlboro. Cette envie de courir ne le lâche pas, puisqu’on note ses participations aux Volants ORECA sur 905 spider et FURIA, initiatrice de la Formule France avec sa barquette à moteur de moto.

Engagé en Formule France, la notoriété aidant, les sponsors appréciant l’approche que Sylvain a de la compétition, celui-ci peut aborder la course avec un peu plus de moyens, ce qui rendait les choses plus intéressantes.

À partir de 2002, avec RMS et Bernard Jubin, son nom est alors lié à la Porsche Matmut Carrera Cup, où durant dix ans, il roule avec envie et passion, évoluant entre la seconde et la huitième place.

Une participation aux 24 heures du Mans en 2001 avec Noël Del Bello sur Porsche sans résultat positif, quelques jolies courses en Le Mans Series et des participations à des Rrallyes, traduisent bien le parfait éclectisme de Sylvain Noël.

À côté de ces courses dévorantes, notre gestionnaire avait monté en 1995 un Karting indoor dans la région de Nantes, avant de lancer une école GT de pilotage en 2007 et en 2011, de créer Racing-Technology, structure sur laquelle nous souhaitons faire un focus.

 

PRÉSENTATION TEAM.

 

Depuis 2018, les activités de Racing Technology et Motorsport Performance sont regroupées dans un bâtiment commun situé 375, route de Vannes à St. Herblain, en Loire Atlantique.

Sur 1.300 m2, on trouve un vaste atelier de compétition, un showroom, des bureaux pour les diverses activités. N’oublions pas de mentionner la récente acquisition d’un Simulateur de Pilotage Pro, exploité en collaboration avec Thomas Cordelier, ex-pilote et coach au sein de la structure Nantaise.

La Sàrl. Racing Technology, créée en 2011 comporte 4 salariés et 2 stagiaires. Le staff technique de haut niveau est placé sous la houlette de Yannick Soulan, depuis 2014. Pour les courses il est fait appel à du personnel free-lance.

 

PORSCHE CARRERA CUP 2014 – Le Team RACING TECHNOLOGY – Photo : AutoNewsInfo

 

En matière de références, le team affiche un palmarès impressionnant avec notamment :

– Vice Champion Porsche Carrera Cup 2011, 2013, 2015

– Champion Team Porsche Carrera Cup en 2015

– 3 ème de l’Alpine Elf Europa Cup 2018

– 5ème en 2019 et champion Junior avec Enzo Guibbert

– Vainqueur du Club Porsche Motorsport en 2012, 2013, 2015, 2017 et 2019

 

Allons plus loin avec Sylvain Noël.

 

Sylvain, quand et pourquoi avoir monté un Team de Course ?

« C’était en 2011 pour le Championnat Porsche Carrera Cup. En effet pour moi la Carrera Cup France est la discipline par excellence pour sortir un pilote et montrer tout son niveau de performance. C’est effectivement la première filière voiture fermée à la fois exigeante et passionnante. »

Comment le lien s’est établi entre l’écurie de course et les stages de pilotage ?

« Dans l’ordre, c’est d’abord Motorsport Academy, axée sur le loisir pour la découverte du pilotage pour Monsieur et Madame tout le monde, c’est vraiment une découverte sur quelques tours. J’ai toujours été axé sur le grand public, cela tient à mon expérience acquise avec le Karting indoor ouvert en 1995. Je préfère avoir beaucoup de clients qui donnent peu d’argent, que très peu qui donnent beaucoup. Nos clients de Motorsport Academy ne sont pas des sportifs mais des personnes qui viennent vivre une expérience de loisir. Après, en fait la création de Racing Technology était un peu l’aboutissement de ma carrière de pilote avec l’envie de passer de l’autre côté et en même temps, l’intérêt c’était de former des gens à la course. C’était également le lien avec Motorsport Academy parce que parmi mes clients j’avais des personnes qui ayant bouclé quelques tours en Porsche ou en Ferrari, certains voulaient aller plus loin, voire faire des courses, un jour. Racing Technology en ce sens c’est un peu aussi l’aboutissement de Motorsport Academy, puisque nous proposons des stages Performance avec 3 à 4 jours de roulage pour former les stagiaires au pilotage optimisé, en liaison avec mécaniciens et ingénieur. Cette étape doit leur permettre d’accéder à la course automobile avec un maximum de bagage. » 

Il poursuit et précise :

« À Racing Technology, on développe la Course AAutomobile avec la Porsche Carrera Cup, discipline de prédilection mais on est présent aussi sur des disciplines moins onéreuses comme le Club Porsche ou le Trophée Tourisme Endurance (TTE), où se retrouvent beaucoup de pilotes d’un très bon niveau. À nous de proposer à nos clients des épreuves où ils peuvent rouler en se faisant plaisir. »

Il semble que vous ayez un attachement particulier à Porsche avec des annonceurs fidèles, racontez- nous cette histoire.

« Quand j’étais plus jeune et que je roulais en Formule Ford, puis Formule Renault il y avait déjà la Porsche Carrera Cup avec les 944 turbo. Je regardais cela avec envie, trouvant les courses superbes. Porsche et la course c’est la mienne. J’ai établi assez tôt une relation avec le Concessionnaire Porsche de Nantes, qui est devenu un ami et m’a beaucoup aidé. Jean-Pierre Santin ne doit pas être oublié dans tout cela. Vous savez sans doute que c’est aussi un ami de votre photographe Gilles Vitry. Pour être complet, je dois préciser que Denis Papin, d’abord associé de Jean-Pierre Santin puis repreneur de ses Concessions Porsche de Nantes et Rennes, est venu tout naturellement chez Racing Technology pour courir en Porsche Carrera Cup et Club Porsche Motorsport. »

Il enchaîne :

« Bref, effectivement j’ai pu disputer une première course de Porsche Cup en 2000, un peu par hasard avec Dany Snobeck, ça a tout de suite marché. Sans avoir fait d’essais, j’ai terminé quatrième de cette course. Ensuite, j’avais pu être embauché au sein du team de Dany sous les couleurs Motorola. Tout cela a changé pas mal de choses dans ma petite carrière de pilote, j’avais déjà 30 ans. Le train était déjà passé mais l’histoire demeure jolie. Après, avec le Concessionnaire Porsche de Nantes, nous avons pu monter des partenariats avec les clients de chez Porsche. Nous avons au fil du temps soudé une communauté de partenaires passionnés autour de la marque Porsche, marque, qui depuis toujours m’a interpellé. »

Avec le COVID 19 comment voyez-vous la reprise des courses ? Quel programme initial aviez-vous et quel programme dégradé pensez-vous pouvoir appliquer?

« Nous sommes tous dans l’attente de la sortie des nouveaux calendriers, sans cela nous ne pouvons rien re-proposer à nos clients, à nos pilotes et refaire les contrats en conséquence. J’ai vu un matin un projet de calendrier de la Porsche Carrera Cup, mais il est encore très provisoire. Aujourd’hui je ne dispose que des dates de l’Alpine Cup, ce qui va me permettre de finaliser nos engagements réciproques. »

Quels sont vos liens avec Alpine, vous travaillez avec Philippe Sinault le Patron de Signatech-Alpine ?

« Oui, tout à fait. Je travaille directement avec lui. Philippe est de plus un ami de longue date puisque nous sommes rencontrés en 1989 au volant Marlboro au Castellet, ça a tout de suite marché entre nous. Nous avons toujours gardé un lien et pour tout vous dire, nous étions associés dans la création du Karting Indoor. Philippe est un garçon passionné qui défend encore des valeurs essentielles, que je partage avec lui. »

À titre personnel du point de vue satisfaction de votre passion n’êtes-vous pas un peu frustré de ne pas courir ?

« Non je ne suis pas frustré, par contre je prends toujours plaisir à rouler et le cas échéant à faire une course. Pour tout vous vous dire, à l’occasion de mes 50 ans, je me suis organisé une Saison d’Alpine Cup, où j’ai terminé troisième du Championnat mais premier Senior, en me battant avec des petits jeunes. C’était cool mais cela constituera sans doute ma dernière saison car je n’ai pas la vraie volonté de faire de la course automobile, mais bien plus celle de manager une équipe de compétition. »

Il explique :

« Dès le départ en 2011, j’avais vraiment l’envie de passer de l’autre côté. Quand je prends des pilotes pour gagner des courses et qu’ils commettent des bourdes tellement incroyables, à tel point que je me dis, même moi j’aurais pu faire mieux, cela me fait un peu chi… Heureusement c’est très rare, en fait on prend le temps de bien faire. Le meilleur exemple c’est avec Enzo Guibbert en Carrera Cup, où après un début un peu difficile, nous avons obtenu de très belles satisfactions, en finissant en trombe et en remportant le Championnat Junior. Cela, je vous l’assure, fait vraiment plaisir. À chaque période on se donne des challenges. Aujourd’hui avec la maturité acquise en course, je prends plus de plaisir à manager mes entreprises qu’à être derrière un volant, parce que le temps a passé, même si derrière un volant je m’amuse encore, mais c’est l’évolution de la vie. »

Comment transmettez-vous tous vos acquis issus de la compétition envers vos pilotes, vos mécaniciens ?

« En fait, assez naturellement en mettant en place des process de délégation de décision pour leur rendre une autonomie dans leur propre action. C’est très important pour qu’il y ait du plaisir dans ce genre de métier. Il convient que chaque personne ait un cadre défini pour agir jusqu’à un certain niveau de responsabilité, de manière que je sois déchargé de beaucoup de tâches et que je ne sois sollicité que dans la prise de décisions exceptionnelles. Cela s’orchestre avec des réunions hebdomadaires. Je prends du plaisir en délégant pas mal de choses à des personnels, qui a priori ont des compétences et Racing Technology, tout comme Motorsport Academy fonctionnent selon ce principe de la confiance, de la délégation et du partage. »

Est-ce que l’après Covid 19 ne va pas poser un problème économique et financier qui soit de nature à perturber durablement le sport automobile ?

« Je pense que c’est une évidence. Pour échanger avec certains acteurs, j’ai l’impression que tous ne se rendent pas compte de cela. Le Covid va d’abord laisser une marque importante sur les exercices comptables 2020, c’est une évidence. Ensuite, il y aura un après Covid, qui pourrait être fatal pour certaines disciplines. Je constate que certains acteurs directs de la compétition ne voient pas les choses en face ou n’ont pas vraiment les pieds sur terre, quand ils parlent encore de calendriers ambitieux, de changement de voiture l’année prochaine … »

Et il ajoute :

« En France, on constate comment les choses ont évolué. On a bien vu les choses s’orienter vers le GT. Cela n’était pas pour le plaisir exclusif de rouler en GT mais on divisait les coûts par deux, idem quasiment pour les temps de roulage, autant de mesures permettant au mieux de se voiler la face. En fait ça coûte encore toujours trop cher. Il y a toujours trop de carbone, trop de pneus avec en plus, des engagements hors de prix. Il nous faudrait revoir pas mal de choses. Nous parlions de la Formule France que j’ai bien connue, on pourrait imaginer une discipline pour ‘primo accédant’, vraiment pas chère, où l’on donne la possibilité à de jeunes pilotes de pouvoir découvrir la course automobile et de se faire remarquer sans engloutir des sommes considérables. On pourrait ou devrait peut-être aussi penser à amener de l’électrique dans la compétition. Cela aurait du sens et pourrait également amener de nouveaux partenaires. »

 

En conclusion après ce premier contact avec Sylvain Noël, nos amis lecteurs auront sans doute envie d’aller un peu plus loin dans les coulisses de la course et de découvrir de l’intérieur toute cette organisation, qui fait toujours un peu figure d’épouvantail dans les pelotons Porsche en France.

Les pilotes et les mécaniciens de Racing Technology, sont fiers d’être drivés par ce passionné, qui parle d’expérience et met tout en place pour chacun puisse -comme lui-, vivre sa passion à fond.

 

Alain MONNOT

Photos : Racingsportscars.com, Alexis GOURE, Gilles VITRY, Thierry COULIBALY- Antoine CAMBLOR-Stéphane LECREUX, Nico PALUDETTO, LVM

 

SYLVAIN-NOËL-FIA-GT-Zolder-2001-avec-Laurent-Cazenave.

SYLVAIN-NOËL-FIA-GT.-Brno-en-2001-avec-Laurant-Cazenave.

SYLVAIN-NOËL-aux-1000-KMS du Nürburgring-en-2004.

RACING-TECHNOLOGY-Sylvain-en-pleine-réflexion.

PORSCHE-CUP-2014-Le-MANS Lonni MARTINS-RACING-TECHNOLOGY

PORSCHE CARRERA CUP 2014 LE MANS- Christophe HAMON-RACING-TECHNOLOGY-Photo Thierry COULIBALY

PORSCHE-CUP-2014-Le-MANS-Vincent BELTOISE-RACING-TECHNOLOGY.

PORSCHE-CUP-FRANCE-2016-LE-MANS-Denis-PAPIN-Racing-Technology-Photo-Thierry-COULIBALY.

PORSCHE-CARRERA-CUP-2015-PAUL-RICARD-JIM-PLA- Équipe Racing Technology – Photo-Antoine-CAMBLOR

GT4-2017-GP-de-PAU-Porsche-n°11-du-Team-Racing-Technology-de-Sylvain-Noël-et-Jimmy-Antunes-Photo-Nico-PALUDETTO

RACING-TECHNOLOGY-FFSA-GT4-Pau.-2017

GT-4-2017-NOGARO- La PORSCHE du Team-Racing-Technology de PLA et SANCINNENA-Photo: Nicolas PALUDETTO

RACING-TECHNOLOGY-FFSA-GT-Barcelone-2018-.

PORSCHE CARRERA CUP FRANCE & BENELUX-SPA 2019-PORSCHE 911 GT3 CUP -Team-RACING TECHNOLOGY- Photo:  Antoine CAMBLOR

SYLVAIN-NOËL-Alpine-Europa-Cup-2018-

SYLVAIN-NOËL-Alpine-Europa-Cup-2018-

 

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