LA CGT. BLOQUE LA RÉOUVERTURE DE L’USINE RENAULT DE SANDOUVILLE ET PROVOQUE LA COLÈRE DE LA CFDT. ET FO. !

 

 

 

Coronavirus :
la Justice ordonne la fermeture provisoire de Renault à Sandouville
en Seine-Maritime.

 

Le Syndicat CGT. de l’usine située près du Havre a obtenu le report de la réouverture de l’usine Renault située à Sandouville et du redémarrage du site, estimant que la sécurité des salariés n’était pas assurée.

Ce site d’assemblage de Sandouville, et naturellement comme tous les autres du constructeur automobile au Losange en France, était à l’arrêt depuis la mi-mars.

Et c’est le Tribunal du Havre qui en a décidé ainsi ce jeudi 7 mai et en référé, obligeant la firme Renault à suspendre la reprise de la production à Sandouville et ce :

‘En raison de mesures de protections insuffisantes face au Coronavirus Covid-19’.

Après les sites mécaniques de la marque et qui se trouvent à Cléon, à Choisy-le-Roi et au Mans, l’activité a repris depuis le 28 avril, dans cette usine située près du Havre, et qui compte 1.848 collaborateurs.

Si les ouvriers avaient repris partiellement leur activité, les salariés exerçant des métiers administratifs étaient pour leur part toujours confinés en Télétravail à leur domicile.

Mais le Syndicat CGT de l’usine, qui souhaitait, lui, attendre le déconfinement total, a obtenu ce jeudi 7 mai, le report du démarrage du site estimant que la sécurité des salariés n’était pas assurée.

De ce fait la production est donc à nouveau suspendue ‘le temps de la mise en place effective de mesures comme organiser et dispenser pour chacun des salariés avant qu’ils ne reprennent le travail une formation pratique et appropriée’.

Le Tribunal a aussi obligé Renault à mettre ‘en œuvre des actions de prévention ainsi que des méthodes de travail et de production garantissant un meilleur niveau de protection de la santé et de la sécurité des travailleurs’.

Contraignant le constructeur automobile à ‘modifier tous les plans de prévention ainsi que les protocoles de sécurité’.

Indiquant que ‘chacune des obligations ordonnées sera assortie d’une astreinte de 3.000 € par infraction constatée et par jour de retard à compter de la date de signification’.

Pour sa part, la direction de Renault, juge que l’activité avait repris dans de bonnes conditions grâce à un dialogue social instauré depuis plusieurs semaines, et elle rappelle que la reprise progressive de ses usines en France s’effectue dans le cadre social défini par le contrat de solidarité et d’avenir signé avec les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC et FO le 2 avril 2020.

Le groupe précisant que la décision du tribunal porte principalement sur des modalités de présentation de l’ensemble des mesures de prévention aux institutions représentatives du personnel et ne remet pas en cause le référentiel sanitaire défini par Renault.

Contactée Mariette Rih, la Déléguée syndicale centrale de FO, estime :

 « La reprise de l’activité a été faite avec des dispositions sanitaires, des salariés formés au suivi de ces consignes ».

Ajoutant :

« Il va falloir expliquer aux salariés, aux intérimaires que lundi, ils ne viendront pas travailler, évoquant les conséquences sociales et économiques, les dommages collatéraux de cette décision ».

Et elle ajoute :

« C’est hallucinant qu’on en arrive là ».

Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger sur France inter a jugé ce samedi 9 mai la «CGT irresponsable» pour avoir obtenu en justice la fermeture de l’usine Renault-Sandouville alors qu’un « dialogue social assez exemplaire » avait eu lieu « pour une reprise en toute sécurité ».

Indiquant encore :

« La posture de la CGT est irresponsable et infondée. Cette fermeture obligée par le recours de la CGT est très grave. »

En France, le groupe Renault avait décidé de redémarrer d’abord les sites d’assemblage de Flins dans le département des Yvelines et Sandouville car ils fabriquent des modèles dont les carnets de commandes sont pleins.

À Sandouville, Renault a produit 132.231 véhicules en 2019, essentiellement des véhicules utilitaires Renault Trafic.

Précisons que les autres sites industriels Européens, ont déjà repris leurs activités au Portugal, en Espagne, en Russie, et en Roumanie, où se trouvent les usines de la marque Dacia.

 

François LEROUX

Photo : Gilles VITRY

 

Constructeurs Économie Renault

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