TONY BROOKS, NOUVEAU DOYEN, RESTE LE DERNIER VAINQUEUR D’UNE BRILLANTE CORDÉE DE PILOTES BRITANNIQUES EN F1.

 

 

 

Dorénavant le nouveau doyen des vainqueurs en GP de F1, s’appelle
Tony BROOKS !

 

Tony BROOKS, désormais le doyen des vainqueurs en GP, à 88 ans © Manfred GIET.

 

Les chiffres sont en effet implacables : plus de la moitié des différents vainqueurs de GP depuis les débuts du Championnats du Monde de F1 en 1950, ne font plus partie de ce monde !

Sur les 108 différents vainqueurs dans les annales de la F1, il en reste encore ce jour dimanche 26 avril 2020, 52 encore en vie.

Après la récente disparition de Stirling MOSS le 12 avril dernier à l’âge de 90 ans, la liste des pilotes de F1 de première génération, se réduit comme peau de chagrin.

Actuellement, ils sont encore quatre, dont le doyen Britannique Ken McALPINE qui fêtera son centenaire le 21 septembre prochain, lequel a disputé 7 GP sur une CONNAUGHT entre 1952 et 1955 et participé aux 24 Heures du Mans 1955, toujours au volant d’une CONNAUGHT.

Derrière lui, arrive un autre Britannique, Leslie MARR, ingénieur de formation qui aura 98 ans le 14 août prochain et qui avec deux GP d’Angleterre à son actif en 1954 à Aintree et 1955 à Silverstone, ainsi que des épreuves de voitures sports, s’est reconverti dans le domaine artistique par la suite, en tant que peintre et photographe.

En troisième place, on retrouve l’Allemand Hans HERMANN, 92 ans, qui entre 1953 et 1961, a disputé 17 GP, avant de devenir un fin limier dans la catégorie ‘’Voiture Sport’’ où il récoltera 27 victoire et dont on retiendra encore la finale… ‘Hitchcockienne’ aux 24 Heures du Mans 1969, lorsqu’il échoua à 120 mètres du vainqueur Jacky ICKX. Il participera en tout 14 fois aux 2 Tours d’Horloge Manceau et terminera 1 fois vainqueur, 1 fois deuxième et 1 fois troisième, sur PORSCHE sa marque de prédilection.

Et enfin arrive en quatrième rang, un autre anglais, Tony BROOKS qui certes à 88 ans est le plus jeune de la bande mais qui coiffe les trois autres non seulement au nombre de GP de F1 disputés, mais surtout à la différence de ses aînés, il a ceint les lauriers du vainqueur à six reprises, lui !

BROOKS A SURVÉCU AUX ANNÉES FOLLES.

Tony-BROOKS-Sa Connaught-F1 du-GP de Syracuse ©Manfred GIET

 

Fils d’un père dentiste, à la fin de son cycle scolaire, Tony a d’abord embrayé dans la même direction et ce afin de reprendre un jour le cabinet dentaire de son père Charles.

Mais cet objectif prit fin dès l’instant, où Tony découvrit les épreuves de compétitions automobiles dites de ‘’Club’’ qui faisaient fureur à cette époque en Angleterre, le berceau du sport automobile.

Et comme l’appétit vient en mangeant, BROOKS parvint rapidement à se faire un nom dans cette filière, sur une HEALEY ou au volant d’une FRAZER NASH, au milieu des années ’50, avant de poursuivre sur une CONNAUGHT de Formule 2.

 

BROOKS et SALVADORI ? décédé en 2012, les deux faisaient souvent la paire à l’époque © Manfred GIET.

 

Son attachement aux sports moteurs s’est marqué dès le début pour les épreuves d’Endurance qui sont devenues son cheval de bataille pendant une décennie, durant laquelle, outre des voitures des deux marques citées plus haut,  Tony BROOKS a aussi piloté des DYNA PANHARD, ASTON MARTIN, LOTUS, COOPER T39, MERCEDES 300 SL, FERRARI 250 TR ou des MASERATI 450 S et associé à des pointures, comme Roy SALVADORI, John RISLEY-PRITCHARD, Peter COLLINS, Rob WALKER, Jean BEHRA, Stirling MOSS, Harry SCHELL, Joachim BONNIER, Maurice TRINTIGNANT ou Reg PARNELL, pilotes avec lesquels, il a remporté bien des victoires ou places d’honneur.

Lui, le gentleman anglais stylé, discret avec un air plutôt aristocrate et qui avait horreur des grandes manifestations populaires, avouera un jour qu’il avait toujours eu comme référence, le regretté Stirling MOSS, avec lequel il a vécu une anecdote qui fait sourire actuellement mais qui au début de la F1, pouvait être monnaie courante.

 

TONY-BROOKS-Sa VANWALL ©-Manfred GIET

 

En effet, lors du GP d’Angleterre et d’Europe en 1957 qui se disputait à Aintree dans l’enceinte intérieure du célèbre hippodrome, Sterling MOSS et Tony BROOKS faisaient partie de l’équipe officielle VANWALL sur des VW et VW4, à bord desquelles, MOSS décrocha la pole tandis que BROOKS se retrouvait 3ème à 0,2 seconde de MOSS.

Durant le GP, Sterling MOSS semblait naviguer vers une victoire confortable avant que le moteur de sa VANWALL VW1, ne montre des signes évident de fatigue, incitant les ingénieurs de l’écurie VANWALL à le faire rentrer pour vérification et après quoi, on ordonna à BROOKS de rentrer le tour suivant, pour qu’il cède sa voiture à MOSS, mieux placé au Championnat, ce qui était autorisé par le règlement à l’époque…

Un système qui était non sans rappeler les courses relais en athlétisme !

MOSS  entama aussitôt une remontée spectaculaire qui en finale lui permit de franchir le drapeau à damiers en vainqueur mais en y associant ’’ l’agent locataire’’ en l’occurrence Tony BROOKS, qui déclara avec fierté avoir été avec MOSS, les premiers vainqueurs anglais du GP national et sur une voiture de marque anglaise !

C’était en plus à une époque où le sport automobile en général mais la F1 en particulier, payait un lourd tribut par manque évident de sécurité, tant active que passive et dont il est un des derniers rescapés.

6 VICTOIRES EN GP ET UN TITRE QUI LUI ÉCHAPPA DE PEU

 

TONY-BROOKS- Sa Cooper T51-© Manfred GIET.

 

Entre 1956 et 1961, Tony BROOKS disputa 38 GP, dont 16 pour le Team VANWALL, 9 pour l’écurie BRM, 7 pour la Scuderia FERRARI et 6 pour COOPER RACING, avec un bilan de 6 victoires, 3 Pole, 3 records du Tour et 75 points inscrits au Championnat du Monde et il faisait partie de la lignée des Graham HILL, Sterling MOSS, John SURTEES, Roy SALVADORI son grand ami, Jim CLARK, Trevor TAYLOR ou Innes IRELAND, cette frange de pilotes Britanniques qui animaient régulièrement les Grands-Prix à cette époque.

L’éventail de ses victoires en GP ? s’établit comme suit : 4 victoires pour le Team Anglais VANWALL et 2 victoires pour le Team au Cheval Cabré.

Ce qui dans la hiérarchie des vainqueurs en GP, le place au 17ème rang des meilleurs pilotes de tous les temps, avec une côte de 17% de victoires par rapport à son nombre de participations.

Il a fait partie des meilleurs pilotes de son époque mais tout comme son compatriote MOSS, il n’a jamais pu remporter le titre suprême qui lui échappa cependant de justesse en 1959, face à l’Australien Jack BRABHAM qui marqua 4 points de plus que lui, dont 3 points pour avoir réalisé le meilleur tour en course et donnant droit à un point supplémentaire, comme c’est le cas à nouveau maintenant.

Son seul gros accident avec séquelles, Tony, il le vécut aux 24 Heures du MANS en 1957, au volant d’une ASTON MARTIN DBR 2, où, associé à son compatriote Noël CUNNINGHAM-REID, il fut relevé avec une blessure à la cuisse qui nécessita de nombreux points de suture.

 

Aston Martin-DB-R-2-©Manfred-GIET

 

Fin 1961, estimant que le sport automobile devenait trop dangereux BROOKS décida de raccrocher casque et gants, non pas pour se consacrer à sa profession de dentiste, pour laquelle il avait été diplômé durant son époque en  F1, mais plutôt pour se consacrer au business, en reprenant une concession FORD qui lorsqu’il l’a cédée en 1993, occupait plus de 100 salariés.

Et en privé, Tony BROOK, il n’a jamais beaucoup évoqué à ses enfants, sa jeunesse tumultueuse au volant de voitures de compétition, une époque qui avec le recul, il qualifie d’irresponsable de sa part et dont il n’a jamais exposé les multiples Coupes remportées, d’où probablement, le fait qu’aucun de ses enfants, n’a jamais été attiré à vouloir suivre la voie paternelle.

Cependant, si un de ses enfants l’avait envisagé, il ne l’aurait pas retenu, il aurait seulement attiré son attention sur les dangers inhérents à ce sport, auquel il a tant donné.

Si son nom de famille évoque le terme ‘’ruisseaux’’ en Français, il n’a pas fait mentir l’adage que ce sont … les petits ruisseaux qui font les grandes rivières !

 

 Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

FERRARI D246 ©Manfred GIET

 

Glorieux Anciens

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