IL Y A 40 ANS, DEUX GRANDS ESPOIRS DU SPORT AUTOMOBILE DISPARAISSAIENT TRAGIQUEMENT.

 

 

 

En 1980, la F2 connaissait deux drames à 3 mois d’intervalle
qui coûtèrent la vie à deux grands espoirs, et amis de
surcroît.

 

Hans-Georg BÜRGER–TIGA-F-2-1980-©-Manfred-GIET.

 

L’Autrichien Markus HÖTTINGER âgé de 24 ans est l’élève du Dr Helmut MARKO actuellement en charge de la filière RED BULL et l’allemand Hans-Georg BÜRGER, de quatre ans son aîné et qui trouvèrent la mort dans des circonstances fort proches.

 Tous deux étaient considérés comme de très grands espoirs de la Monoplace et tout proche de frapper à la porte de la F1. Malheureusement le sort en décida autrement alors que dans leurs pays respectifs ils étaient prêts à prendre la relève.

 Sur la piste comme dans le privé ils étaient par ailleurs toujours très proches le fait d’avoir suivi la même trajectoire.

 En effet l’un et l’autre ont souvent croisé le fer dans les catégories promotionnelles comme les Coupes RENAULT R5, où ils n’hésitèrent jamais à faire voler les copeaux au sein de pelotons où ils partirent souvent à l’abordage comme c’était la coutume à l’époque en offrant un spectacle permanent qui rendait ces séries tellement populaires.

Après s‘être musclés dans ces séries promotionnelles, le duo germanophone se retrouve chez BMW selon l’expression ‘les deux font la paire’.

 

BÜRGER-en-action-en-série-PROCAR-BMW-M1-©-Manfred-GIET-

 

Entre 1978 et 1980, ils participeront au fameux Championnat Tourisme allemand, le DRM, sur des BMW 320 groupes 5 et en parallèle à la fameuse série PROCAR sur des M1 en prélude des GP de F1, de quoi se mettre dans le bain pour des tâches futures encore plus ardues car pour l’un comme pour l’autre l’objectif prioritaire restait la monoplace.

 Toujours avec le soutien de BMW, HÖTTINGER participera à une seule manche du Championnat d’Europe F3 en 1978 à Zeltweg, vu son programme chargé avec BMW pendant que BÜRGER disputera le Championnat d’Europe F3 en 1979 en s’illustrant rapidement par des prestations encourageantes dont un podium à côté de calibres comme Alain PROST et Thierry BOUTSEN.

 Pendant que l’Autrichien disputa sept manches du Championnat d’Europe de F2 1979, sur une MARCH-BMW, l’Allemand se focalisait sur le DRM et le Championnat PROCAR, en mettant à l’épreuve le futur moteur BMW de F1 sous le regard attentif de Paul ROSCHE.

 1980 devait servir de rampe de lancement pour les deux pilotes d’usine du Team Bavarois qui se retrouvaient en F2 pour y disputer un championnat au cours duquel pas moins de 63 pilotes tentèrent tout au long de la saison de se placer en ordre utile sur les grilles de départ composées de 24 voitures.

 Tandis que Markus HÖTTINGER se voyait engagé par le Team Allemand MAURER-BMW, Hans-Georg BÜRGER débutait sur une TIGA F280-BMW de l’équipe fondée par les deux anciens pilotes de F1, Howden GANLEY et Tim SCHENKEN.

 

TRAGÉDIE À HOCKENHEIM

 

Markus HÖTTINGER©-Manfred-GIET.

 

Alors que HÖTTINGER, pour qui la F2, n’était plus un terrain inconnu après avoir disputé quelques manches en 1979, découvrait la MAURER MM80, la première manche disputé à THRUXTON (GB) s’était limitée à juste un tour après une casse-moteur.

 Pour la manche suivante au Trophée JIM CLARK à Hockenheim, le 13 avril 1980, il espérait prendre sa revanche en présence du patron de Team Berlinois, Willy MAURER.

 Après des qualifications moyennes, l’Autrichien se classe 14ème sur la grille juste derrière son ami BÜRGER, classé 12ème.

 Il entame le 4ème tour, lorsqu’à la sortie du virage nord le premier virage après la ligne droite de départ, au début de la longue ligne droite à travers la pinède de Hockenheim, la TOLEMAN TG280-HART du Britannique Derek WARWICK, part en toupie, touche les glissières où au contact, une roue arrière s’envole et va percuter de face le casque du malheureux HÖTTINGER, qui n’a pas eu le temps de réagir et s’arrête inconscient 200 mètres plus dans les glissières…

Le service médical arrive dans les plus prompts délais et tandis que médecins et infirmiers tentent de réanimer le malheureux Höttinger, la course

continue inlassablement pendant 23 tours jusqu’à ce que le Directeur de Course enfin, se voit obligé de brandir le drapeau rouge pour permettre à l’hélicoptère d’atterrir, à même la piste pour emmener le pilote Autrichien au CHU de Heidelberg, où l’on ne pourra constater que son décès victime du ‘’coup de lapin’’.

À l’arrivée, où le transalpin Teo FABI, fut déclaré vainqueur, tous les pilotes à l’annonce de la gravité des faits, furent scandalisés par l’attitude irresponsable de la Direction de Course qui laissa l’épreuve se dérouler comme si de rien n’était.

À l’annonce de son décès quelques heures plus tard, on apprendra que Markus HÖTTINGER aurait débuté en F1 quatre mois plus tard lors de son GP national à Zeltweg pour prendre la relève de la star nationale, Niki LAUDA !

 

3 MOIS PLUS TARD LE MÊME DRAME SE RÉPÈTE

 

Hans-Georg-BÜRGER©-Manfred-GIET.

 

Après le drame d’Hockenheim, l’autre protégé de BMW et grand ami de HÖTTINGER, l’Allemand Hans-Georg BÜRGER, choqué par ce qui venait d’arriver à son copain a dû être consolé par Dieter STAPPERT, le Directeur Sportif de BMW, à l’époque qui lui proposa d’effectuer une petite pause afin de récupérer psychologiquement mais du tac au tac BÜRGER lui signifia que pour oublier au plus vite et éviter de disjoncter, il préférait disputer la manche suivante au Nürburgring, sur son terrain proche de son domicile.

Après des ‘qualifs’ prometteuses, où il partait en première ligne, aux côtés du Français Richard DALLEST, sa belle aventure sur le toboggan de l’Eifel, prenait fin à mi-course sur ennuis techniques.

 Lors des cinq manches suivantes, il ne fut guère plus heureux puisqu’à chaque fois, sa TIGA n’alla pas jusqu’au bout, suite à une séries d’ennuis mécaniques.

 Et pour la neuvième manche disputée dans les dunes de Zandvoort, le 20 juillet 1980, le team avait effectué une mise au point  en profondeur afin de combler les défauts de jeunesse du châssis.

 Mais déjà lors des essais, un bris de suspension, l’avait retardé au point de n’obtenir qu’une modeste 12ème place sur la grille de départ juste derrière son compatriote, Manfred WINKELHOCK.

 Et lors du ‘warm-up’ le dimanche matin par temps venteux et gris et alors qu’un léger crachin avait fait son apparition, le drapeau rouge fut brandi obligeant tout le monde à rentrer aux boxes.

Tout le monde… sauf BÜRGER et sa TIGA qui manquaient à l’appel jusqu’à ce que l’on apprenne qu’il était sorti de la piste dans le virage rapide de Scheivlak dans la partie arrière du Circuit de Zandvoort.

 Et lorsque l’on ramena sa voiture sur un plateau, celle-ci, ne montrait que des légers signes de dégâts.

 Par contre Hans-Georg BÜRGER paraissait sérieusement touché vu l’état de son casque éclaté par un piquet en bois qui soutenait les grillages de protection qui étaient la norme à l’époque en matière de sécurité pour ralentir les voitures en cas de sorties de piste.

 Emmené au CHU. d’Amsterdam, il décédera malheureusement le lendemain, victime d’un traumatisme crânien et après les décès accidentels des Anglais Ian RABY en 1967 et Chris LAMBERT en 1968, il sera la troisième victime du Circuit de Zandvoort lors des 4 épreuves de F2 qui y eurent lieu avant d’être bannie par la suite du calendrier.

 Au regard de ces deux drames pratiquement similaires qui rappellent aussi celui de Henry SURTEES, le fils du regretté John SURTEES en 2009 à Brands Hatch, pour ce qui concerne, ces deux grands espoirs et amis, le hasard ne peut paraître dans ce cas… que comme un signe du destin !

Heureusement que de nos jours, le système HALO aide largement à conjurer le mauvais sort.

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

Glorieux Anciens Nécrologie

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