ANDREA DE CESARIS ALIAS ‘’DE CRASHERIS’’ : LE DÉTENTEUR DE RECORDS QUE PERSONNE NE SOUHAITE BATTRE !

 

 

 

 

 

Disparu tragiquement au cours d’un accident de moto le 5 octobre 2014, l’Italien Andrea DE CESARIS a eu le mérite de faire partie de la Guilde des 764 Pilotes de F1 sans malheureusement s’illustrer bien trop souvent que par la négative.

Ce Romain, à l’image de grand nerveux aux yeux blancs révulsés lorsqu’il était sous pression, détient en effet à ce jour, un triste record que personne ne lui envie et pour cause : pas la moindre victoire après 208 GP durant une carrière longue de 15 années !

Une carrière pourtant qui s’annonçait fructueuse après avoir débuté en Karting et couronnée  d’un titre de Champion du Monde Junior 1977.

 

 

 

Son paternel en sa qualité de négociant majeur en tabacs dans la Péninsule était parvenu à dégoter des budgets importants au sein du groupe Philip MORRIS pour lui permettre d’accéder ensuite aux étapes suivante en s’attaquant dès 1978 au très prisé Championnat anglais de F3, le VANDERVELL BRITISH F3 CHAMPIONSHIP, où sévissaient et s’illustraient déjà des calibres comme THACKWELL-ACHESON-MANSELL-JOHANSSON-GUERRERO ainsi qu’un certain Eddie JORDAN !

Au cours de sa seconde saison dans ce Championnat, il batailla ferme jusqu’à la dernière épreuve avec le Brésilien Chico SERRA, pour décrocher le titre qui lui échappa pour 13 points alors qu’il avait remporté 6 victoires contre 5 à son adversaire.

Malheureusement DE CESARIS au cours de cette saison se tailla une réputation de pilote intransigeant et sans limites après un accrochage sérieux avec Nigel MANSELL, à la suite duquel, la peu charismatique Presse Britannique, l’affubla du surnom de ‘’CRASHERIS’’ qui lui est resté collé aux basques tout au long de sa carrière.

Avec l’appui du célèbre Cigarettier avec le cow-boy comme symbole, il trouva refuge en F2 en 1980, dans le Team PROJECT FOUR de Ron DENNIS sur une MARCH 802-BMW et terminera 5ème du Championnat avec 6 classements dans les points, 1 victoire et 1 Pole, ce qui lui donna soudainement la cote en Italie.

Certes Andrea DE CESARIS avait du talent et était très rapide mais mentalement, il n’arrivait pas toujours à canaliser ses émotions, ce qui en certaines circonstances lui jouait de bien vilains tours !

 

F1-DE-CESARIS-Andrea-Alfa-Romeo-©-Manfred-GIET-

 

Cela ne l’empêcha cependant pas d’être pris en F1 chez ALFA ROMEO, équipe où à 21 ans, il effectuera deux ‘piges’ après l’accident mortel du Français Patrick Depailler le 1er août à Hockenheim, avant d’être embauché pour la saison 1981 par Ron DENNIS chez Mc LAREN sur une M29F et ensuite une MP4-1 aux côtés de John WATSON, en se faisant surtout remarquer par le nombre incroyable de châssis pliés sur la saison, soit tout de même la bagatelle de 18 au total, pour un maigre petit point marqué au Championnat et qui lui valut outre une mise à pied en fin de saison, la résurgence du peu glorieux quolibet de ‘’Crasheris’’.

Ce bilan famélique ne l’empêcha cependant pas de retourner chez ALFA ROMEO pour deux saisons en 1982 et 1983, ses meilleures saisons avec la pole et la position de leader durant 14 tours au GP de Long Beach, à Los Angeles et une 3ème à Monaco malgré une panne sèche dans le dernier tour en 1982.

Un an plus tard sur l’ALFA ROMEO 183 Turbo V8, il manqua de peu la victoire et à deux reprises aux GP d’Allemagne à Hockenheim, où il termina deuxième de même, qu’à Kyalami en Afrique du Sud, où il échoua à dix secondes du vainqueur, son compatriote et ami, Ricardo Patrese, tandis qu’au GP de Belgique à Spa, il avait mené un tiers du GP, étant l’auteur du tour le plus rapide avant d’être trahi ensuite par la mécanique.

 DES CRASHES À LA PELLE…

F1 1985 ZELTWEG AUTRICHE – Le crash d’ANDREA DE CESARIS avec sa LIGIER RENAULT

 

Après son épisode ALFA ROMEO, il passe ensuite chez LIGIER en 1985,  où après un quatrième rang à Monaco , il se paie…  4 tonneaux à Zeltweg au GP d’Autriche au cœur du mois d’août, heureusement sans mal mais… avec un certificat de licenciement dès son retour au paddock !

Grâce au soutien financier du patron de Philip MORRIS Aleardo BUZZI, il parvint à se recaser chez MINARDI en 1986, qui sera sa pire saison au volant d’une voiture qui n’avait manifestement pas sa place au sein du peloton et sur laquelle il ne passera qu’une fois sous le drapeau à damiers, alors que cette saison-là, il ne s’offrit pourtant qu’un seul abandon sur accident.

Pour la saison 1987, il rejoindra le Team BRABHAM toujours sous contrôle de Bernie ECCLESTONE mais qui manifestement n’avait plus envie de continuer aventure, en tant que patron d’écurie ce qui se ressenti rapidement sur les résultats dont DE CESARIS fut à nouveau le dindon de la farce avec 15 abandons et un podium à Spa malgré une panne sèche avant l’arrivée.

Un an plus tard, une autre écurie du fond de grille, l’Allemande RIAL RACING, dirigée par Günther SCHMIDT qui avait déjà connu une mésaventure précédemment avec son Team ATS.

Pour le toujours valeureux DE CESARIS, le défi RIAL se termina par un 4ème place à Detroit et une suite de casses et accrochages durant le restant de la saison.

 

F1 DE CESARIS -Scuderia Italia Dallara 1989-Andrea-© Manfred GIET-

 

Mais il en fallait plus pour entamer son moral puisque après deux saisons passées à la SCUDERIA ITALIA du métallurgiste italien, Beppe LUCCHINI, avec comme seul fait marquant  une 3ème place au GP du Canada en 1989, il reprit son bâton de pèlerin pour atterrir chez Eddie JORDAN, contre lequel il avait été adversaire à l’époque de la F3, pour piloter la fabuleuse 191, monoplace au volant de laquelle, le pilote Romain put enfin s’exprimer avec une certaine régularité et quatre classements dans les points, 5 abandons et 1 non-préqualification.

Ensuite, le ‘pigeon voyageur’ de la F1 répondit  à l’appel de Ken TYRRELL à la recherche impérative de budgets et s’engagea pour les saisons 1992 et 1993.

Si la saison ’92 fut passable avec trois résultats dans les points et autres places d’honneur, 1993 fut par contre l’horreur avec une liste de onze abandons en seize GP sur une TYRRELL passablement médiocre au point de terminer dernière au classement mondial des constructeurs.

 

F1 Andrea De CESARIS-Tyrell 1993-© Manfred GIET-

 

Et alors qu’il avait déjà jeté l’éponge pour 1994, Eddie JORDAN, fit appel à ses services pour deux ‘piges’ en remplacement d’Eddie IRVINE  avant de poursuivre en cours de saison toujours comme ‘pigiste’ mais cette fois  chez SAUBER pour remplacer Karl WENDLINGER gravement blessé à Monaco.

Présent aux GP du Canada et de France, où il termine 6ème il effectuera ensuite dans la lignée neuf GP pour le compte de cette équipe SAUBER mais dès qu’il eut vent que WENDLINGER allait reprendre son baquet en fin de saison, dégoûté DE CESARIS s’isola complètement au point que Peter SAUBER qui reçut la confirmation que WENDLINGER ne serait pas prêt physiquement pour disputer les deux derniers GP de la saison, ne parvint jamais à le joindre pour lui proposer de terminer la saison pour le Team Suisse.

Andrea DE CESARIS avait tout simplement décidé d’en rester là après quinze saisons en catégorie reine, au cours desquelles il a établi une série de records à ce jour, qu’aucun pilote ne lui envie, soit parce que la technique, l’a souvent laissé en plan, soit à cause de son impatience ou impétuosité, qui ne lui ont de fait, jamais permis de faire partie de la cour des grands.

QUELQUES CHIFFRES

 

Sur les 208 GP qu’il a disputé en changeant douze fois d’écuries, un premier record, il a récolté 59 points, 1 Pole et 1 meilleur tour en course.

149 fois, Andrea devra ranger sa monture prématurément sur abandons soit 71,63%.

45 fois, il ne ralliera pas l’arrivée victime d’accidents.

En 1987 chez BRABHAM, il affichera 16 abandons en autant de GP.

Entre le GP d’Australie 1986 et le GP du Canada 1988, il abandonnera 22 fois consécutivement !

186 fois, il participera à un GP sans marquer de points.

GP de San Marino : sur 13 participations il ne ralliera l’arrivée que 2 fois et son meilleur résultat,une 6ème place sera obtenue malgré une panne sèche !

GP du Brésil :sur 13 participations il abandonna 13 fois dont une disqualification pour avoir changé de voiture juste avant le départ en 1983.

6 fois il tombera en panne sèche.

6 fois il ne pourra prendre un départ pour 5 non qualifications et une fois  pour avoir omis d’être passé au pesage lors des qualifications.

2 fois il sera disqualifié après pesage pour une voiture contrôlée sous le poids réglementaire.

Voilà en grandes lignes les statistiques d’un pilote probablement sous-évalué, attachant et charmant qui n’a eu cesse de vivre que pour la vitesse qui lui aura été fatale non sur un circuit mais sur une route nationale près de Rome au guidon de sa puissante SUZUKI 600, le dimanche 5 octobre 2014, le même jour que le GP du Japon à Suzuka, où Jules BIANCHI, était victime d’un terrible accident qui lui a été fatal après avoir lutté durant neuf mois pour survivre.

Andréa, il a débuté sa carrière en sport automobile par des accrochages en série et un dernier crash de la vie privée cette fois, lui a été fatal, lui qui en course ne s’est jamais pourtant gravement blessé !

C’était son destin…

 

Manfred GIET

Photos : PUBLIRACING

 

NOTRE ARTICLE SUR L’ACCIDENT MORTEL
À MOTO D’ANDREA DE CESARIS

L’ANCIEN PILOTE DE FORMULE 1, l’ITALIEN ANDREA DE CESARIS SE TUE A MOTO

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