ET SI AVEC CETTE ÉPIDÉMIE DU CORONAVIRUS… LE SPORT AUTO EN PROFITAIT POUR SE RÉINVENTER ?

 

 

 

 

Les répercussions de la pandémie du Covid-19 sont telles que rien n’est épargné : la santé, bien sûr, mais également le fonctionnement de la République, l’économie en général, l’organisation quotidienne de notre société, les comportements humains, tout, absolument tout, est chamboulé.

Et naturellement, le sport ne fait pas exception à la règle, et notamment les ‘Sports Mécaniques’ en général, et le ‘Sport Auto’ en particulier, lequel risque de bientôt entrer en réanimation et, sans traitement de choc, semble être condamné.

Il est donc urgent de prévoir l’après afin de repartir sur des bases plus saines, plus simples, plus claires.

 

 

Depuis 15 à 20 ans, le ‘Sport Auto’ s’est fourvoyé dans une multitude de disciplines différentes, avec un nombre d’organisateurs sans cesse plus importants qui créent chacun leurs Championnats, leurs règlements, leurs catégories, souvent incompatibles avec celles du voisin.

Et que dire des disciplines reines (F1, WRC, WEC, FE) et autres Championnats du Monde régis par la FIA., aux mains de promoteurs, dont le but principal est de rester maîtres chez eux, complexifiant à outrance les réglementations techniques et sportives, et ainsi cultiver l’entre-soi.

Mis à part en F1, et encore, en WRC. et aux 24 Heures du Mans, le public est désormais complètement absent et d’ailleurs sa présence, n’est pas du tout la priorité du microcosme, et loin s’en faut…

De trop nombreux meetings présentent des tribunes vides, des paddocks désertés par les passionnés mais remplis de ‘VIP’ , ces derniers invités dans des hospitalités au luxe digne des plus grands palaces, bref des courses à huis-clos, mais bien avant les consignes des autorités politiques.

Le(a) passionné (e) n’y trouve pas, n’y trouve plus son compte… d’ailleurs, dans ce monde étrange des promoteurs de compétitions automobiles, on l’appelle FAN, comme si la distribution de cartes postales à l’effigie de ses pilotes préférés suffisait à le(a) combler de bonheur.

Non, les passionnés, les vrais, ne sont pas des FANS, mais ce sont des connaisseurs qui apprécient le style de pilotage, la pureté d’une trajectoire, s’enivrent du bruit d’un moteur hurlant, se shootent à l’odeur de la gomme brûlée et de la «Ferodo» surchauffée.

Ils aiment à se retrouver afin de partager leur passion, passer un week-end au bord d’un circuit, arpenter le paddock pour voir le travail des mécaniciens et apercevoir un pilote se préparer, enfiler cagoule, gants casque, boire une bière à la buvette pour «refaire» la course qui vient de se terminer…

Bref, vivre la course sous tous ses aspects, sportifs, techniques, humains.

 

 

Le Sport Auto d’aujourd’hui ferme son paddock au vulgum pecus, le tolère dans des zones de plus en plus confinées (terme à la mode) à la condition qu’il paie un billet ‘Entrée Générale’ une petite fortune pour apercevoir des ‘bolides’ au travers de grillages de plus en plus hauts.

Pour le passionné, il ne reste plus que la TV., mais regarder un Grand Prix, via l’étrange lucarne, c’est comme admirer les candidats de ‘Top Chef’ exceller dans leur art culinaire, c’est sans saveur et sans odeur.

Il est vraiment grand temps que le Sport Auto renoue avec ses passionnés et ses pratiquants.

Les sponsors fuient, même dans la discipline reine, la F1, qui vit dorénavant de nos jours exclusivement grâce aux revenus des chaînes TV., les budgets devenant de plus en plus prohibitifs.

Plus personne ne communique sur les valeurs du Sport Auto, valeurs qui étaient auparavant synonymes de dépassement de soi, exploits, aventures, endurance, risques… de vraies valeurs humaines.

Ce sont de nos jours,  les gentlemen-drivers qui font marcher les Championnats nationaux, les séries ELMS, Ultimate, GT et consorts…

Sans eux, le château de carte s’effondre !

Et, la pandémie que nous vivons aujourd’hui, va hélas mais c’est une évidence, porter un très sale coup au sport auto.

De très nombreuses écuries, teams et structures vivant exclusivement de la compétition, vont avoir beaucoup de mal à survivre à ce confinement imposé par la «virulence du virus».

Les budgets ne sont pas tous finalisés… Et, quand bien même…

 

 

Les apporteurs d’espèces sonnantes et trébuchantes sont loin encore d’avoir effectués leurs premiers versements, et lors de la reprise de la saison – mais quand ? – s’il y a reprise, les calendriers réduits au plus strict nécessaire, ne permettront pas de totalement renflouer les caisses, aujourd’hui désespérément vides.

Oui, le Sport Auto va souffrir de cette crise mondiale.

Déjà qu’il était attaqué frontalement par des bien-pensants se donnant des airs d’écologistes de la première heure, ce deuxième coup de massue risque bien malheureusement de lui être fatal…

Alors, si nous réinventions un sport auto plus humain, moins dispendieux, plus en phase avec son époque, avec les attentes de ses pratiquants et de ses (très) nombreux passionnés.

Profitons de cet inattendu arrêt brutal pour opérer une vraie remise en question et aborder toutes les hypothèses.

 

 

Le Sport Auto que nous connaissons est-il toujours compatible avec la société dans laquelle nous vivons où tout risque doit être exclu, toute imagination proscrite, toute initiative individuelle tuée dans l’œuf ?

Revenir à un sport auto plus simple, moins extraordinairement technologique, moins orienté performance.

Est-il nécessaire de voir rouler une F1 à 300 km/h pour faire du spectacle ou une bagarre en peloton de dix Formule Renault  séparées par cinq secondes et roulant à 150 km/h peut-elle, faire l’affaire ?

Les équipes de Grands Prix… ont-t-elles besoin de disposer de 500 et jusqu’à 800 membres pour les plus importantes, et ce pour faire tourner et rouler seulement… deux monoplaces ?

FRANCHEMENT !

En Rallye, la toute nouvelle berlinette Alpine A110 dont le coût à, l’achat, n’est que de 100.000 €, en travers offre-elle moins de spectacle qu’une Toyota Yaris ou Hyundai WRC., à 1 million d’€ ?

Certes hyper rapide la WRC. mais collée au bitume ? La course à la performance de nos jours, n’apporte pas grand-chose au spectacle, et même au plaisir de pilotage, la quintessence pour un pilote n’est- elle pas de tirer le meilleur parti de l’engin qu’il a entre les mains, quelles que soient ses performances ?

Au lieu de faire des règlements pour plaire aux constructeurs – seulement à certains d’entre-eux d’ailleurs – pourquoi ne pas plutôt faire en sorte qu’un règlement soit intelligent, équitable, suffisamment restrictif mais pas castrateur pour laisser de nouveau de la place à des Rondeau, des Martini, des Courage, des WR, ces «bricoleurs» de génie qui ont pu se mesurer à armes (presque) égales aux plus grands constructeurs.

Les fameuses Balance of Performance (BOP) que l’on voit de plus en plus et notamment en Mondial d’Endurance WEC., sont une absurdité sans nom mais sont en réalité la résultante de règlements idiots.

Imagine-t-on une BOP au foot-ball ?

Le FC. Toulouse, actuellement dernier de la Ligue 1, se verrait attribuer deux buts d’avance au début d’un match contre le PSG., leader du Championnat ?

M’Bappé, meilleur joueur Français, devrait-il jouer sur une jambe parce que trop fort, trop rapide, trop doué surtout ?

Il est urgent de simplifier le Sport Auto, son organisation, ses structures, ses règlements. Se poser les bonnes questions est chose ardue. Mais y arriver, c’est déjà avoir certaines réponses.

Mon institutrice de 7ème (CM2 pour les plus jeunes) nous disait toujours :

« Lisez bien l’énoncé du problème. Lisez-le même plusieurs fois si nécessaire. La réponse à la question est dans l’énoncé ».

Madame Lalanne avait raison !

En conclusion, un mot encore pour évoquer les bonnes paroles, propos tellement vrais d’un homme sage, Hugues de Chaunac, le Fondateur d’ORECA. lequel cette semaine confiait :

« Il y aura un avant et un après coronavirus ! »

Et d’expliquer :

« Dans ce contexte douloureux créé par le coronavirus, il convient d’être réaliste car suivront derrière des crises économiques et financières. Notre discipline va être durement impactée, comme jamais, avec des métiers qui ne vont plus exister. Le Sport Auto va prendre une grosse claque et perdre au passage des équipes, des structures, des spectateurs… Notre belle entité va exploser. C’est un cauchemar qui concerne le sport mondial puisque l’Asie et les États-Unis sont touchés. Plus qu’un tableau noir, c’est une vision réaliste des choses que j’essaie d’avoir. »

Et il précisait encore :

« Les engagements des constructeurs vont être revus. Il faut s’y attendre dans la mesure où ils vont être étranglés. Sans parler des sponsors, partenaires et gentlemen-drivers qui vont être impactés. Aujourd’hui, on n’ose pas aborder le sujet avec un constructeur tant le sujet peut paraître déplacé dans le contexte actuel. Jamais je n’aurais pu imaginer pareille situation depuis que j’évolue dans le milieu des sports mécaniques. »

Qu’ajouter ?

Tout est dit et bien dit… Et par un expert !

 

Gilles VIRMOUX

Photos : THIERRY COULIBALY-Gilles VITRY-Dany et Daniel DELIEN-Manfred GIET-ROLEX

 

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