HYPERCAR OU LMDh… BONNE OU MAUVAISE AFFAIRE ?

 

 

 

HYPERCAR aux 24 Heures du MANS et en Mondial d’Endurance WEC. à partir de 2021 !

 

‘’Vas savoir Charles…

Lors des dernières 24 Heures du Mans, l’ACO. (Automobile Club de l’Ouest) nous présentait en grandes pompes, une toute nouvelle catégorie de voitures, les Hypercar, et ce avec pour objectif, le remplacement de la catégorie des LMP1, dont les coûts et la complexité rebutaient, un à un, les constructeurs potentiels.

En effet, deux des grands ténors de la catégorie Audi d’abord, puis Porsche ensuite, un an plus tard, décidaient de déserter le monde de l’Endurance et donc de se retirer du Championnat du Monde WEC. et naturellement de son épreuve-phare, les 24 heures du Mans, abandonnant et laissant ainsi leur adversaire , le Japonais Toyota, seul face à son destin…

Ce règlement, AutoNewsInfo en avait longuement parlé à l’époque.

 

24 Heures du Mans 2019 – Pierre Fillon à droite et Richard Mille à gauche ont présenté la 8ème Saison WEC. et le futur règlement Hypercar – Photo Patrick Martinoli

 

 

En substance, il s’agit de mettre en piste dans les courses d’Endurance, soit de véritables prototypes conçus pour la piste, soit des voitures construites et vendues pour la route, et adaptées à la compétition !

Une hybridation est maintenue, car bien dans l’air du temps, ou une composante ‘verte’ est devenue indispensable, mais non obligatoire et simplifiée par rapport aux possibilités offertes actuellement aux LMP1.

En effet, il ne reste plus qu’un seul système de recharge autorisé. Cette hybridation, doit respecter celle du modèle de série dont la voiture est dérivée, ou se positionner sur le train avant pour les prototypes.

La compétitivité des voitures, bien différentes dans l’absolu entre un prototype et une voiture dérivée de la série, doit se faire par une BoP. ou Balance of Performances qui se traduit en bon français par ‘équilibre des performances’.

Cette catégorie doit ainsi permettre de mettre sur la piste des voitures très différentes, mais mettant en valeur les caractéristiques stylistiques des différentes marques.

 

HYPERCAR-La future TOYOTA…

 

Cela a tout de suite attiré Toyota, qui souhaite poursuivre son implication et son engagement et ce afin de continuer à être la référence actuelle en courses d’Endurance, et aussi également la firme Britannique Aston Martin, laquelle souhaitait et voulait trouver un débouché pour sa formidable Walkyrie, avant finalement de se rétracter et de renoncer, suite au rachat de la marque par l’homme d’affaires Canadien, Lawrence  Stroll, plus attiré par la Formule 1, depuis que son fils, Lance, y roule. Et depuis ensuite sa prise de participation dans l’actionnariat de la marque Aston Martin !

L’Américain Glickenhaus, un artisan spécialisé, dans un premier temps, et surtout Peugeot plus récemment ont également annoncé leurs intérêts et leurs futures participations.

Peugeot avait surtout été séduit par une diminution drastique des budgets puisqu’un plafond maximum avait été défini par l’ACO. et par la FIA,. à 20 millions d’€ pour une équipe d’usine de deux voitures (le budget pour deux LMP1 hybrides frisait les… 200 millions).

Et si ces valeurs si basses ont été fixées (alors que l’on pensait plutôt à 30/40 millions), c’était essentiellement pour satisfaire leurs homologues, les Américains promoteurs de l’Endurance outre-Atlantique, avec le Championnat de l’IMSA., qui voulait lui aussi, réduire les budgets des compétitions aux USA.

 

 

Mais voilà qu’à Daytona en ce début d’année 2020, les Américains ont décidé de mettre en œuvre leur propre règlement avec des véhicules appelés LMDh.

Fort heureusement, et incroyablement très rapidement… l’ACO. et l’IMSA., sont parvenus à s’entendre et se sont mis d’accord, pour accepter que les deux catégories aient des performances similaires et ce afin de permettre à ce type de voitures de courir au Mans et avec une égalité de chance de succès équivalente à celle des futures Hypercar.

Et du coup, toute la population de l’Endurance mondiale, avec un grand E, Américaine ou Européenne de se féliciter de manière unanime !

Mais pourquoi avoir accepté cela ?

Tout simplement par inquiétude que les grilles du Mondial d’Endurance WEC., ne se remplissent pas, ne se remplissent plus….

On espérait effectivement beaucoup plus de marques avec l’Hypercar et la peur de voir la classique Sarthoise, se résumer à nouveau à des duels soumis à la crainte permanente du retrait d’un des deux protagonistes.

Aussi maintenant, les équipes Américaines seront les bienvenues dans la Sarthe, aux États-Unis, Le Mans étant une compétition qui fait encore et toujours rêver…

Mais le règlement LMDh est sacrément et sérieusement simplifié par rapport à celui des Hypercar car le châssis, dérivé des prototype LMP2 actuels, doit obligatoirement être fabriqué par un des quatre sous-traitants, choisis par l’IMSA, et qui ne sont autres que les fabricants autorisés à fabriquer ces LMP2 2020 : Dallara, Ligier, Multimatic et Oreca.

Plus besoin donc de concevoir un châssis, mais aucune possibilité de développements particuliers, comme en Hypercar.

En revanche, à l’image de la catégorie FIA./ACO., la carrosserie doit présenter des caractéristiques importantes du style des marques sous lesquelles ces châssis courront.

Le moteur sera fourni par la même marque et sera obligatoirement hybride avec un Kers (récupération de l’énergie cinétique au freinage et restitution par moteur électrique) sur les roues arrière.

Et, il sera fourni sous forme de pièces standard à tous les motoristes.

On le voit, avec cette standardisation des éléments châssis et hybridation, les budgets nécessaires devraient encore être en baisse par rapport à ceux de l’Hypercar.

Dès lors, comme me le souffle Gilles Gaignault, on peut très franchement sincèrement se poser la question…

Quel intérêt à continuer en Hypercar, en outre limitée au seul Mondial WEC., alors que le LMDh. sera moins coûteux et permettra de courir – et de gagner- et en WEC. et aux USA. dans les épreuves du très populaire Championnat de l’MSA. ?

Une seule et même voiture pouvant du coup, ainsi viser une triple couronne Daytona, Sebring, Le Mans…

Les trois courses les plus réputées et célèbres, à travers le Globe, pour ce qui concerne l’univers des compétitions d’Endurance !

 

WEC-2022-HYPERCAR-PEUGEOT-REBELLION.

 

Sans aucun doute de ce fait, certains grands constructeurs souhaiteront assurément mettre en avant, leurs qualités propres et ce en évitant l’utilisation de modules communs (châssis et hybridation).

On pense là d’abord à Toyota mais aussi bien sûr à Peugeot.

Mais du coup, les pistes Américaines leur seront interdites… Dommage !

Sujet qui mérite franchement et avant de s’engager une sérieuse réflexion, tout de même !

Glickenhaus qui veut également mettre en avant son produit routier, ne saurait et pourrait pas se satisfaire d’un châssis commun.

Mais en tant qu’Américain, Jim Glickenhaus se laissera peut-être fléchir et retourner…

 

24-HEURES-DU-MANS-HYPERCAR- La GLICKENHAUS

 

En revanche, d’autres constructeurs pourraient bien rejoindre les rangs de la catégorie LMDh. Là, on pense à Ford, Ferrari et le dernier… Porsche qui tout récemment au début du printemps, a manifesté un intérêt pour cette nouvelle catégorie du LMDh. et pour ne citer qu’eux qui ont émis l’hypothèse qu’ils pourraient se joindre aux Cadillac, Mazda, Nissan et Accura, marques qui occupent actuellement les grilles du plateau IMSA..

Eux sont séduits par les éléments communs et voient dans l’IMSA., un véritable marché commercial.

On l’a vu, dans l’absolu tout le monde est gagnant avec ces deux réglementations.

Mais que penseront un jour les comptables de Peugeot ou de Toyota, si leurs Hypercar se font battre par des voitures avec des éléments standardisés coûtant beaucoup moins chères et tout aussi représentatives d’une marque aux yeux du grand public ?

N’inciteront ils pas leurs ingénieurs à basculer dans la catégorie LMDh. ? celle qui à l’heure actuelle semble rallier le plus de suffrages et de concurrents !

Alors ne risque-t-on pas de voir avec ces Hypercar, vu l’arrivée acceptée par l’ACO. des LMDh. d’une catégorie ‘copie carbone’ des LPP1 et ce avec une poignée seulement de concurrents ! La majorité se retrouvant, elle, en LMDh..

Mais bien entendu tout cela c’était… avant le Covid19.

Qu’en sera-t-il des programmes de sport automobile dans un futur incertain, et ce sur fond de très grave crise économique prévisible, due à la paralysie du monde industriel durant plusieurs mois ?

‘Va savoir Charles’ comme aime à dire souvent notre Rédac’Chef…Gilles Gaignault !

 

Patrick MARTINOLI

Photos : Patrick MARTINOLI– CONSTRUCTEURS

 

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