’24 HEURES DU MANS’ EN SEPTEMBRE… EN 1968 DÉJÀ !

 

 

 

24 HEURES DU MANS -Entrée générale du Circuit – Photo : Thierry COULIBALY

1968 – 2020, même combat !

 

A priori, aucun point commun entre les événements de Mai 68 et la pandémie liée au Coronavirus Covid-19 que nous vivons aujourd’hui en ce printemps 2020 !

A priori… car il en est un pourtant, pour nous les passionnés de sport automobile, qui devrait nous interpeller :

Les 24 Heures de Mans n’auront pas lieu comme le veut la tradition en juin, mais en septembre !

En 1968, ce qu’il est convenu d’appeler «les événements de Mai» avaient perturbé le fonctionnement de l’économie et mis à contributions les forces de l’ordre sur l’ensemble du territoire.

Avec en prime un risque de pénurie de carburant, l’ ACO. (Automobile Club de l’Ouest), organisateur de la plus belle et plus grande course du monde (en toute objectivité, mais quand même après le Grand Prix de Pau, foi de Palois !) avait à l’époque, été contraint de ‘décaler’ la date de ces 24 heures, de juin à septembre.

En 2020, ce sacré co…rd de coronavirus et son acolyte le covid-19, mettent le monde à l’arrêt, confinant incroyablement à ce jour, plus de 2,5 milliards de personnes à domicile, faisant dégringoler l’économie mondiale…

Et assénant un gros coup sur tous les plus grands événements, dont tous les sportifs et notamment les ‘monuments’ (Jeux Olympiques-Roland Garros-Euro Foot-Paris Roubaix-Giro Italie-) et bien sûr naturellement le sport automobile mondial !

Plus de Grands Prix de F1, plus de monoplaces Indycar, dont les 500 miles d’Indianapolis, plus de Rallyes WRC, plus de courses du Mondial d’Endurance WEC, plus de Mondial de Moto GP, plus de Formula e, plus de Championnats Nationaux…

Bref, Plus rien. Plus aucunes compétitions sur tous les continents !

C’est évidemment un détail dans l’histoire de cette pandémie, mais, nous les passionnés, les acteurs, les observateurs, cela nous fait ch…, euh, pardon, cela nous chagrine !

Le sport auto s’en remettra… Mais comme me le soufflait l’ami Gilles Gaignault, cet arrêt aussi brutal qu’inattendu laissera, c’est une évidence des traces…

Et déjà, si les différents Championnats du Monde et nationaux échafaudent des calendriers très denses à partir de juin-juillet, pour essayer de faire en trois ou quatre mois ce que l’on fait généralement en sept à huit, pas sûr que tous les protagonistes soient encore tous là et répondent présents à la reprise !

Car, eu égard à la situation dramatique de l’économie, pas certain du tout, que leurs sponsors, soient tous d’attaque et prêts à poursuivre et continuer leurs soutiens et engagements…

Ils auront bien évidemment d’autres choses bien plus importantes à gérer ! À commencer par assurer la survie de leurs entreprises respectives et ce, tous domaines confondus !

 

…UN SACRÉ CHALLENGE.

24-HEURES-DU-MANS-1968-La-FORD-GT-40-du-JOHN-WYER-victorieuse-avec-RODRIGUEZ-BIANCHI.

 

Il est des épreuves plus difficiles à organiser que d’autres, celles notamment empruntant des routes normalement ouvertes à la circulation comme le sont les très prestigieuses 24 heures du Mans, le Grand Prix de Monaco et celui de Pau.

Si Monaco et Pau, sont dans l’obligation d’annuler leurs éditions 2020 – en raison de difficultés administratives et de la possibilité de trouver un créneau dans les nouveaux calendriers sportifs – Le Mans a réussi à se trouver une autre date en septembre, les 19 et 20 septembre.

Si les 24 heures dureront toujours 24 heures, elles ne seront pour autant pas réparties de la même façon…

À la mi-juin, au Mans, le soleil se lève vers 5 h 45 et se couche vers 22 h 00 alors qu’en septembre on est plutôt à un lever du jour aux environs de 7 h 30-7  h 45 et une tombée de la journée  vers 20 h 00, soit quelques 4 heures de nuit en plus…

Sur les plans sportif, fatigue et risques, ce n’est plus du tout la même course. Pilotes et voitures devront être préparés pour cela.

Pour rappel, les 24 heures du Mans 1968 disputées les 28 et 29 septembre, avaient vu triompher, la Ford GT 40 N°9, du John Wyer Automotive Engineering, pilotée par le duo formé du Mexicain Pedro Rodriguez et du Belge Lucien Bianchi.

Car en ce temps-là, on roulait par paire et non comme de nos jours en trio. Possibilité offerte depuis 1972, mais sans obligation, selon notre excellent Confrère Jean-Marc Teissèdre, les équipages pouvant encore rouler à deux. Mais vu le coût d’une saison et donc du Mans, au fil des ans, les équipes alignent trois pilotes.

À la deuxième place, on notait la Porsche 907, N°66, des Suisses, Rico Steinemann et Dieter Spoerry, puis sur la troisième marche du podium, une autre Porsche, la 908 ‘officielle’ la N°33 de l’équipage 100% Allemand, composé de Jochen Neerpash et Rolf Stommelen.

À noter que l’une des Alpine A210, la N°52 de Jean-Luc Thérier et Bernard Tramont,  remportait elle, la victoire en prototypes moins de 1300 cm3, et que la Porsche 911, N°43 de Jean-Pierre Gaban et Roger Vann der Schrick s’adjugeait le classement en GT.

 

24 HEURES DU MANS 1968 – La MATRA de PESCAROLO SERVOZ GAVIN

 

Le Mans 1968 ? Gilles Gaignault, se souvient aussi:  » L’année de l’inoubliable exploit du grand Henri Pescarolo, qui au volant de sa Matra MS630, la numéro 24, qu’il partageait avec le jeune espoir Johnny Servoz Gavin, va multiplier et enchaîner les relais, son équipier effrayé par la violence de la pluie au cœur de la longue nuit Sarthoise – nous sommes en septembre– ne voulant plus rouler, suite à la panne de l’essuie glace! Rendant le pilotage épouvantable… Et, résultat incroyable, au lever du jour, au petit matin, la Matra est remontée en seconde position derrière la GT 40 des futurs vainqueurs! Mais malheureusement peu aprés le virage de Mulsanne, à trois heures de l’arrivée, en roulant sur les débris de l’Alpine de Mauro Bianchi accidentée, la Matra est victime d’une crevaison qui entraîne alors un début d’incendie et l’abandon… »

En 2020, si on peut être sûr que Ford, ne renouvellera pas son exploit de 1968, laissant les prototypes LMP1, Toyota et Rebellion et les meilleures LMP2, parmi lesquelles plusieurs ORECA et Ligier et l’Alpine A470, viseront le Graal au Classement général.

Mais Alpine qui a déjà triomphé ces dernières années et Porsche, peuvent inscrire à nouveau leurs noms au palmarès, en LMP2 pour le constructeur Français, en LMGTPro et LMGTAm pour l’Allemand.

Rendez-vous en terre sarthoise, les 19 et 20 septembre prochains.

 

Gilles VIRMOUX

Photos : Thierry COULIBALY-Gilles VITRY-ACO.

 

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