MOTOGP 2020 : ROSSI, 41 ANS POUR LE NO 46 ! ET MAINTENANT ?

 

Merci à Gilbert Bécaud de m’avoir susurré le titre de ce papier…

C’est dingue, Rossi sera remplacé en 2021 par un pilote français, un jeune prodige, Fabio Quartararo, qui a la moitié de son âge !

C’est dire le côté extraordinaire du personnage, seul motard qui a pu être connu dans le monde entier en dehors du monde de la moto, un peu comme Fangio dans la F1.

Il n’est pourtant que troisième au grand tableau de la légende des GP, avec neuf titres mondiaux (il n’est pas le seul, Ubbiali et Hailwood ont fait aussi bien) Marc Marquez n’est qu’à un titre derrière lui et pourtant, Marquez reste un pilote, Rossi un héros…

 

DERNIÈRE VICTOIRE ASSEN 2017

 

En revanche, et ce chiffre sera difficile à battre, il a gagné 89 GP en 500/MotoGP, Agostini 68, Marquez 56…

Dans nos sports mécaniques il faut aussi un chiffre pour entrer dans l’histoire, on retiendra celui-là, d’autant plus qu’au début de sa carrière en 500, son premier titre dans cette cylindrée remonte à 2001, il n’y avait que quinze GP par saison !

 

VALENTINO ET FRANCESCA

En 2021, il aura soit décidé de continuer soit d’arrêter, Yamaha lui a déjà offert la possibilité de courir sur une moto d’usine au sein du team satellite Petronas.

En 2019, il a encore fait deux podiums et un tour en course le plus rapide mais il est évident que sur un palmarès mondial, il ne sera plus là même à partir de cette année sur le podium final.

Alors ?

 

LE BON VIEUX TEMPS DE LA GUERRE

 

Alors comme toujours, il faut faire attention à l’année de trop, celle qui fait disparaître les héros dans une sorte de gangue d’anonymat insupportable pour le pilote et ses fans.

On a vu pas mal de grands champions disparaître piteusement de cette façon, mais Rossi est un cas à part…

C’est Agostini lui-même qui a révélé le secret de jeunesse de Rossi, l’eau de jouvence tellement recherchée par ceux qui refusent de disparaître.

Il n’est pas accro à la victoire mais au plaisir.

Ago avoue avoir chialé durant trois jours quand il a arrêté, chose qu’il a faite parce qu’il ne gagnait plus.

Rossi, c’est différent, quand il est en baston, finir cinq ne le dérange pas, il s’est marré.

Il est évident que pour une boîte comme Yamaha qui cherche depuis des années à revenir tout en haut des podiums, la poursuite de carrière de Rossi en équipe factory était inenvisageable dans ces conditions.

 

LE TEMPS DE LA COMPLICITÉ REVIENT

Il ira donc peut-être chez Petronas où pourtant on est surtout à la recherche de talents neufs pour fournir la relève de l’équipe officielle Yamaha.

Mais ça c’est la théorie, et Rossi, la théorie, il la renverse depuis sa première année en 125, où malgré sa taille, 1,80 mètre, il s’adapte tout de suite aux mini modèles que sont ces motos, il gagne son premier GP dès 1996 avec Aprilia et est Champion du Monde l’année suivante…

Alors, une icône peut elle rester une icône sans podiums ?

Dans son cas oui.

Et puis, on imagine Rossi retraité ?

Lorenzo, plus jeune que lui, a du regretter, deux minutes après, sa déclaration de fin de carrière en MotoGP et n’a évidemment qu’une chose en tête, revenir jouer d’autant plus qu’il est dans le giron Yamaha, sa maison.

On parle même d’un duo Rossi-Lorenzo en 2021 chez Petronas ce qui serait le comble pour une équipe junior mais pour la renommée, il y aurait quatorze titres mondiaux dans le team !

Qui dit mieux ?

Personne, et de loin.

 

ROSSI EST À LUI SEUL LA LÉGENDE DES HÉROS DE LA MOTO DE VITESSE

Et enfin, j’ai du mal à imaginer Rossi, certes dans des conditions de luxe incroyable, certes restant une star en Italie où on le verrait à la TV sous n’importe quel prétexte, mais regardant les GP à la TV en compagnie de sa sublime fiancée Francesca.

Quant à devenir team manager, il y a pensé,  mais c’est un autre métier…

Alors ?

Est-ce humiliant de descendre d’un étage dans la hiérarchie d’une boîte ?

Pour n’importe qui oui, mais pas Rossi.

Ce qui le terrorise, manifestement, c’est de s’emmerder.

Nous aussi, sans lui, les GP seront autre chose, un truc de techniciens surdoués mais sans auréole autour de la tête.

Donc une saison chez Petronas est envisageable « just for fun ».

Car outre le talent, le fun c’est le sel de sa vie.

 

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : MotoGP, YAMAHA

 

 

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