BERNARD BOUHIER ‘LE SORCIER’ DE MONTARGIS EST MORT.

 

 

 

 

On l’appelait dans les années 80, ‘LE SORCIER’ de Montargis, localité située dans le Loiret, tant il avait acquis cette réputation d’excellent préparateur des voitures de rallyes !

Bien des pilotes de grand talent, ont eu l’occasion de pointer le bout de leur nez dans les classements, grâce à Bernard Bouhier.

Nous pensons à Jacques Panciaticci en Golf GTi puis en Alfa Romeo, à Jacques Dubert sur Peugeot 205 GTi, à François Delecour repéré par Bouhier alors qu’il courait sur une petite Talbot Samba, puis embauché avec sa co-équipière d’alors, Anne Chantal Pauwels pour défendre les couleurs du Groupement des Concessionnaires Peugeot avec une 205 GTi.

 

 

 

Yves Loubet participa lui aussi sur Alfa Romeo à un moment à la renommée de cette redoutable équipe Bouhier, techniquement toujours à la pointe mais également en avance sur les pratiques du moment pour ce qui concernait la gestion des assistances.

Tous se souviennent -avec un léger sourire- du tempérament de feu de ce battant…

Jamais il ne baissait les bras. Techniquement c’était un véritable visionnaire au point que les constructeurs n’hésitaient pas à lui confier en sous-traitance, des programmes pourtant officiels !

Il en fut un, particulièrement marquant pour la vie de l’entreprise installée à Amilly dans la banlieue de Montargis dans le département du Loiret.

… Peugeot demanda en effet à Bernard Bouhier de construire -dans le plus grand secret- les caisses et les arceaux intégrés des 205 turbo 16.

Le soir, les portes de l’usine étaient… ‘soudées’ pour éviter toute intrusion !

Après son accident en Argentine en WRC en 1985, le Finlandais Ari Vatanen, avait tenu à venir remercier celui à qui « il devait d’être en vie ».

Bernard Bouhier avait la bagatelle 10 idées par jour, menait de multiples projets sportifs et industriels.

À preuve, celui du lancement d’une équipe de Formule 3000 sous le nom de Galaxy, avec comme pilote Philippe Gache.

 À cette occasion, en 1986, Bernard Bouhier embaucha un jeune ingénieur, Benoit Bagur, dont on entendra parler ensuite notamment comme directeur technique chez SEAT.

Avant de céder son entreprise à Tork Engineering qui la revendit à Poclain, avant que Jacques Nicolet ne la rachète, Bernard Bouhier avait fait une incursion remarquée sur la scène de l’Andros.

Après avoir quitté l’univers de la haute compétition, il se retira en Vendée au cœur d’un domaine familial qu’il n’avait de cesse d’exploiter et d’aménager.

Nous avions gardé des contacts. Il se montrait assez désabusé, voire critique par rapport à l’évolution de la compétition automobile.

Par ailleurs, il avait eu à surmonter des «avaries» cardiaques, avant d’avoir à se battre contre un cancer, dont il repoussait les assauts depuis des mois, d’abord avec une énergie farouche, puis avec un fatalisme désarmant, lâchant prise ce 28 janvier à 73 ans.

Une cérémonie de recueillement aura lieu au Cimetière communal de Maillezais (85) le samedi 1 er février à 14 h 30.

 

 Alain MONNOT

Photos : Michel PICART

 

 

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