TERMINUS DE L’AFRICA RACE 2020 À DAKAR : ENFIN LA PLAGE POUR LES «BEACH BOYS… AND GIRLS!»

 

 

Ce matin, l’Africa Race 2020 est passé par la plage de Yoff et la Lac Rose, terminus historique du Paris Dakar, le rallye qui est un fantasme d’aventurier…

Ambiance avec les photos d’Alain Rossignol…

 

ON SE CROIRAIT À L’ENDURO DU TOUQUET MAIS IL FAIT 26 DEGRÉS

 

IMAGE RARE UN CAMION DE COMPÈTE DANS LA MER…

 

NICCOLA DUTTO EST ALLÉ AU BOUT SANS SES JAMBES MAIS AVEC SES AMIS BODYGUARDS

UN PARFUM DE LÉGENDE

 

LES PREMIERS DÉPARTS SUR LA PLAGE DES ANNÉES 80 : GROS ÉVÉNEMENT À DAKAR

 

En 1979, et jusqu’à 1985, Thierry Sabine organisait l’arrivée du rallye Paris-Dakar au bout de la plage de Yoff, juste à l’entrée de la ville.

 

LES AVIONS VOLAIENT BAS !

 

Sur la plage il y avait un monde fou, des barques de pêche, des vendeuses de poisson, l’Afrique dans toute sa splendeur, sur le lieu d’arrivée c’était un bazar incroyable mais l’ambiance y était démentielle.

 

JOYEUX BAZAR À L’ARRIVÉE AUTOUR DE THIERRY SABINE ET SA COMPAGNE DIANE

 

Au point que cette plage, même après le départ du rallye vers d’autres cieux, est restée un symbole très fort de l’aventure, chaque motard qui a voyagé en Afrique s’est réservé un passage à cet endroit.

Aujourd’hui encore, un touriste ou un voyageur qui passe à Dakar va obligatoirement faire un tour sur cette plage.

Un endroit culte…

 

LA PLAGE DE YOFF FORMIDABLE MAIS TROP DE MONDE POUR UNE ARRIVÉE EN BOUT DE PLAGE

 

Et puis, il est devenu évident que cette partie finale de la plage devenait dangereuse, les camions (et les autres !) y déboulaient à pleine puissance et il a fallu trouver un autre endroit aussi symbolique pour l’arrivée du rallye.

Et ce fut la trouvaille géniale de ce Lac Rose.

Il permettait de donner le départ sur la plage, dans un bout inhabité, près de Kayar, puis d’en sortir avant la ville, en arrivant sur les bords de ce lac, situé tout près de la mer.

C’est un lac très salé et on sait qu’en sports mécaniques le mot Lac Salé est synonyme de nirvana…

Celui-ci est en eau, contrairement aux petits camarades américains évoqués ci-dessus.

 

CARRÉMENT ROSE !

 

Il est coloré par une algue microscopique qui mute au rouge pour se protéger du soleil, elle  très active à la période sèche, en ce moment. À la saison des pluies, quand le ciel est couvert, le lac n’est plus vraiment rose.

Cette algue se multiplie dans les zones salées, on la voit aussi dans les marais salants de Guérande, et le Lac Rose a une salinité 10 fois plus forte que l’eau de mer.

Les «sauniers» du lac y plongent, protégés du sel en s’enduisant de beurre de Karité, cassent le sel au fond du lac, le posent sur des barges qui le ramènent sur les bords où les femmes le déchargent, il est alors gris comme tous les sels marins au monde et on laisse les énormes tas  blanchir au soleil avant conditionnement et envoi.

 

LE BAZAR FAÇON GRANDE ÉPOQUE À L’ARRIVÉE AU LAC ROSE

 

Il n’empêche, ce Lac Rose est devenu un autre symbole du voyage, une vraie activité touristique s’y est développée, qui faisait la moitié de son chiffre d’affaires sur les quinze jours autour de l’arrivée du rallye, qui tenait ensuite grâce au tourisme avide de beaux endroits symboliques.

Quand le rallye est parti en Amérique du Sud, c’est devenu une tragédie pour cette activité…

 

LE RALLYE EST DE RETOUR !

 

Et miracle, à partir de 2009, l’activité revient grâce à un nouveau rallye, l’Africa Race. Qui roule sur les traces de Thierry Sabine et c’est voulu, beau symbole de renouveau.  Avec l’appui du Sénégal, on est revenu sur ce lieu presque sacré du Paris Dakar,  il y a d’ailleurs d’autres organisations qui en font leur point d’arrivée en cours d’année.

 

LA VIE… SUR LA PLAGE ABANDONNÉE !

 

Bref, pour l’endroit, l’Africa Race est une bénédiction et pour nous qui avons vécu les premiers Paris Dakar, c’est une explosion de chair de poule !

René Metge, vainqueur et ancien patron du Dakar, Jean Louis Schlesser, également multiple vainqueur de ce rallye, ont décidé de faire revivre cette grande épopée, et ça marche.

Donc ce matin frisson habituel quand les concurrents  sont descendus sur la plage…

 

LE GRAND FRISSON

 

La veille il y a eu aussi de grands moments d’émotion sur le rallye, qui arrivait à St Louis du Sénégal, la dernière épreuve, celle qui passe sur la plage, n’est pas comptée dans les chronos officiels, l’ultime traversée  désertique a été épique pour certains, avant les hurlements à l’arrivée, cris de victoire ou de simple bonheur d’être allé au bout et donc au bout de soi-même.

Ainsi notre photographe Alain Rossignol ma-t-il fait passer quelques docs sur les peurs et les hurlements de soulagement de la journée.

VEILLÉE D’ARMES

BOTTURI VERS LE SACRE DE ST LOUIS

 

Par exemple celle-ci, le vainqueur de la catégorie Autos/Camions, Patrick Martin, qui roulait sur des œufs, lentement, sachant qu’il avait une heure d’avance au général sur le camion Scania de Kowacs a en fait roulé trop lentement pour attaquer le sable ! Quand on est en deux roues-motrices , il faut utiliser la puissance et la vitesse sur le sable, il ne l’a pas fait est s’est retrouvé planté !

 

MARTIN PLANTÉ, VICTOIRE EN PÉRIL !

 

Or un plantage peut prendre deux minutes ou beaucoup, beaucoup plus longtemps… Quand on est énervé ou stressé en plus on fait des conneries de débutant.

 

ET LE CHRONO TOURNE…

 

Oui, l’Africa Race a été remis en jeu à ce point là d’une spéciale pourtant rapide mais avec quelques pièges…

Martin a fini par se calmer, et gagne l’épreuve mais… dans la voiture on a senti le vent du boulet !

 

LE TEAM KOWACS IMPRESSIONNANT MÊME À PIED !

 

Et puis l’explosion de joie de l’équipage du Scania de Kowacs qui a fait un rallye superbe, gagne la catégorie camions et a vraiment pu croire à la victoire absolue de la catégorie autos/camions, le vieux rêve de Jan de Rooy, routier pistard des années 80 qui voulait battre les autos…

 

KOWACS EST PASSÉ À DEUX DOIGTS DE LA LÉGENDE DU RALLYE RAID

 

Ce ne sera pas encore pour cette fois, mais quand même, le rallye a été généreux en émotions très fortes !

Ces photos des vainqueurs à moto sont d’une autre nature, le bonheur mais le bonheur épuisé.

 

ULLEVALSETER, BOTTURI, LUCCI

 

Il y a eu, durant tout le rallye, une lutte démentielle entre Ullevalseter le Norvégien déjà vainqueur de l’épreuve et Botturi un Italien vrai guerrier, on imagine la tension dans des spéciales de 500 km, l‘écart entre les deux pilotes a toujours été entre deux et quatre minutes, toujours au bénéfice de Botturi.

 

ULLEVALSETER ÉPUISÉ

 

Qui apporte ainsi une belle victoire à Yamaha, marque très impliquée dans la compète, que l’on soit en tout terrain ou sur le goudron.

 

BOTTURI FORMIDABLE GUERRIER

 

Et puis ce sourire énigmatique et épuisé aussi de Tomas Tomeck, une sorte d’ermite du rallye, il pilote tout seul son puissant camion Tatra avec un sponsor CSG, un industriel dont le nom garde toujours le mot «Tchécoslovaquie».

 

TOMAS TOMECEK, ERMITE DU CAMION DE COURSE

 

Un pays disparu lors de la scission dite de velours, en effet pas un mort dans ce genre d’histoire ça doit être unique au monde surtout aujourd’hui où le nationalisme est devenu la nouvelle religion de chefs d’état dans le monde entier, c’était en 1992, le pays se scindait en deux états souverains,
la Tchéquie et la Slovaquie…

 

 

Piloter un camion seul ! Faire la nav en même temps que le pilotage, se déplanter tout seul car il a forcément eu droit, changer une roue lors d’une crevaison (il doit avoir de sacrés systèmes de treuils, une roue de camion ça pèse très  lourd, rien qu’en caoutchouc il y en a pour 80 kg…)  bref le héros solitaire.

 

UN SPONSOR SURANNÉ

 

On s’y est fait dans la voile, un seul homme (ou une femme) minuscule maîtrisant des monstres, dans le désert et dans la camion c’est beaucoup plus inimaginable, pourtant Tomas a fini le rallye en cinquième position au classement général, c’est un des trucs les plus dingues que j’aie pu connaître dans ce milieu des sports mécaniques où la folie est un minimum…

 

JEAN LOUIS SCHLESSER

 

Je laisse le dernier mot à Jean Louis Schlesser.

« Nous sommes évidement très contents, pas de gros pépins et une grosse réactivité de l’organisation dans la tempête de sable en Mauritanie. Il y a eu une belle course, difficile, avec de la bagarre tous les jours et une issue qui s’est faite à la dernière spéciale. De la bagarre mais, chez nous c’est une obsession, de l’amitié et du consensuel tout le temps. Les amateurs en ont bavé, mais c’est une autre règle, comme au temps de Thierry Sabine, c’est une course difficile. »

Je lui alors demandé si en attendant l’an prochain il y aurait du nouveau, il me parle de deux petites idées, j’essaie d’en savoir plus, rien à faire, Schlesser est en béton. Mais moi je suis comme « le Vieil homme et la Mer » d’Hemingway (Prix Nobel et Prix Pulitzer quand même…je n’ai pas le talent de l’auteur, mais je suis totalement fan)… quand je me bats avec un gros poisson je suis têtu… 

J’arrive à savoir qu’il s’agira de petites courses pour que les ouailles de l’Africa Race ne rouillent pas avant l’hiver prochain, j’insiste pour savoir si c’est en Europe ou sous les cocotiers, pas de réponse, je ne lâche pas,  il finit par me donner un indice.

« Tu sais que je n’aime pas le froid »… 

Voilà, on vous tiendra évidemment au courant…

On rappelle ci-dessous, le Classement général 2020 et à bientôt !

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain Rossignol et Jorge Cunha/Captain Nowhere et archives Jeff Dakardantan

 

Classement général Africa Race 2020

https://www.africarace.com/fr/course/2020/home

 

 

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