AFRICA RACE JOUR HUIT : « SMART » HOPSKITT (KTM) CHEZ LES MOTARDS, DOUBLÉ SSV EN AUTOS/CAMIONS !

 

 

LYNDON HOPSKITT

 

Lyndon Hopskitt est un mec étonnant. Il porte un nom de roman policier angliche mais il est toujours tout fou au guidon, et ça marche, il gagne la spéciale probablement la plus dure du rallye.

Avant d’attaquer l’énorme étape du jour, une info passée un peu à l’as hier, tellement j’étais pris dans les bagarres insensées qui se déroulaient devant.

 

GEOFFROY NOËL DE BURLIN, MAGIQUE

 

En SSV, catégorie nombreuse et archi disputée, il y a eu deux très beaux résultats, avec deux véhicules dans le top ten de la classification Autos/Camions.

Le Canam de Fretin/Duplé a terminé neuvième à 43 minutes du camion Iveco de Bouwens et le meilleur SSV de la journée a été Geoffroy Noel de Burlin, qui pilote seul, en ironman, son Polaris, et qui a terminé huitième.

Je précise à nouveau que ce garçon est handicapé et que ce qu’il fait est juste phénoménal.

La journée de ce mercredi est donc encore un colosse.

 

MOTOS : BARRÉ LYNDON !

TOUT FOU L’ANGLICHE ET BEAU VAINQUEUR DE SPÉCIALE

 

On descend vers Tidjika, la  spéciale fait 429 km de long, avec trois km de liaison le matin et 19 le soir, entre les deux bivouacs.

Un gros mélange de pierres compliquées, des grosses pierres qui roulent, qui avalent les trains avant et ne demandent qu’à crever les pneus pourtant énormes des concurrents autos et camions, et de sable, à la Mauritanienne, dont tu as l’impression que ça ne finit jamais.

 

LE JOUR HUIT EN COUPE

 

Il y aura deux ravitos Kéro car au milieu de la spéciale il n’est tout simplement pas facile de faire descendre le lourd camion chargé de fûts, terrain trop compliqué…

 

LE MENU DU JOUR 8

 

7 h 30 «local time» la première moto, celle de Lucci, est lâchée.

Derrière, les deux inséparables de ce rallye, Botturi et Ullevalseter qui ont fait le casse du siècle la veille en partant loin, en suivant les traces, et mettant du gaz en fin de spéciale pour remonter tous leurs adversaires proches.

Là, ils ont très vire repris Lucci et roulent ensemble, Ulle a donc repris deux minutes à son compagnon de piste Botturi, il est effectivement parti deux minutes plus tard le matin, mais il faudra bien un jour que ces deux colosses essaient de régler le duel !

 

« I’M A POOR LONESOME COW BOY » CHANTAIT LUCKY LUKE, « FAR AWAY FROM HOME« 

 

Traduction « Je suis un cow boy pauvre et solitaire, loin de chez moi… J’adore cette photo…

Retour à la course.

Ullevalseter sait’il  déjà qu’il finira deux au général à Dakar, ne pouvant pas lâcher le très costaud italien (sauf incident bien sûr genre perte, mais c’est pour cela qu’ils roulent ensemble pour se couvrir, s’ils se perdent c’est ensemble !).

La progression est lente, dans la caillasse, en ce début de spéciale, à peu près 60 km/h de moyenne jusqu’au premier Way Point, au km 58, tronçon mené par le formidable Lyndon Hopskitt, qui est une quarantaine de minutes derrière les deux stars au général.

Le premier ravito essence est à 70 km du départ, on l’avale vite… le prochain est au km 373 !

 

UNE SPÉCIALE INCROYABLEMENT LENTE

 

On passe de la caillasse au sable, c’est plus confortable mais guère plus rapide, cette étape est partie pour durer…

On traverse le superbe massif de l’Adrar, superbe mais pas facile d’accès, très beau mélange de roches noires et de champs de dunes dorés.

Il y a des passes sable au fond des vallées, un vrai décor de film (ceux qui ont eu le bonheur de voir «Fort Saganne» s’en souviennent bien sûr).

On longe aussi de très larges lits d’oued parsemés d’arbres, paysage vraiment étonnant. En vue du CP 1 on commence enfin à rouler, plus de 110 km/h.

Mais au total, on avance comme des tortues, au CP1, à 121 km du départ, on a foulé 2h 15, moins de 60km/h de moyenne ! Poskitt est toujours leader, physiquement et en temps réel, devant Gritti et le groupe Ulle/Botturi/ Lucci, qui est à 10 minutes.

 

BELLE JOURNÉE POUR L’ITALIEN GRITTI (HONDA)

 

Et l’on remet ça avec des vitesses de l’ordre de 35 km/h ! On appelle ça «une bavante» dans le milieu…

Il me semblait bien que Botturi avait pris un peu de retard, mais vraiment un peu, au km 169, derrière Poskitt et Gritti, Ullevalseter a pris trente secondes à l’Italien, ils sont donc toujours à vue, pas moyen de le décrocher en fait…

Mais le truc terrible, c’est que Poskitt, le plus rapide, a mis trois heures pour faire 169 km, on est royalement à 55 km/h de moyenne, on va arriver de nuit si ça continue !

On arrive cahin-caha au CP2, vitesse 57 km/h ! Juste horripilant ! Bon, d’un autre côté le paysage est beau, superbe même, on ne peut pas tout avoir ! Ordre inchangé, Poskitt/Gritti/ Ullevalseter. Botturi/Lucci. Le Norvégien a pris les deux minutes du départ à Botturi plus 20 secondes, autrement dit statu quo absolu.

Et on a enfin passé la moitié de la spéciale, on est au km 218 !

Direction plein est vers le Kéro2, qui est aussi le CP3.

 

BASTON DANS LES DUNES ET DEVANT LE PUBLIC !

 

Et il y a un monde fou à ce CP/Kéro, car René Metge a eu la bonne idée de le placer en bordure de la route par laquelle descendent tous les non coureurs du rallye jusqu’au bivouac… Qui peut enfin voir passer les pilotes en action ! Il y a un petit cordon de dunes à côté, le spectacle sera total, en plein milieu de no where !

Poskitt passe en premier, dix secondes devant Ullevalseter ! Le Norvégien a encore deux minutes trente secondes d’avance sur Botturi, des secondes qu’il faut aller arracher avec les dents mais comme Botturi a quatre minutes d’avance au général, ce n’est pas suffisant…

Qui plus est le lendemain, l’Italien partira devant Ulle et les deux minutes d’écart seront reprises par Botturi.

 

BOTTURI RAPIDE ET MAÎTRE DE LA TACTIQUE

 

En match racing (un bateau contre un autre, deux bateaux au total) lors de la Coupe America, on appelle ça une navigation de couverture, dès que l’on est devant, on ne cherche plus à gagner du temps mais à faire exactement ce que fait l’autre…

Après ce CP, la vitesse monte, enfin ! Il est temps, il reste 160 bornes à se farcir !

Au km 371, il en reste 50, mini rebondissement,  si Hopskitt est toujours leader, il l’est depuis le début de la spéciale, s’il est suivi par Gritti à sept minutes, Ullevalseter est troisième à dix minutes, Botturi est… à 17 minutes, donc Ullevalseter lui a vraiment repris du temps : 7 minutes. Et dans la catégorie moto, Botturi est alors cinquième, il partirait donc le lendemain dans cette position quatre minutes après son adversaire norvégien, qu’il rattrapera immédiatement, et il ya aura vraiment un écart infime entre les deux au milieu des quatre minutes réglementaires depuis le début du rallye…

Mais tout change à l’arrivée.

Les écarts se sont considérablement réduits, Hopskitt gagne la spéciale, devant Gritti, Ullevalseter et Botturi, mais ledit Botturi a repris son retard sur le Norvégien. La guerre tactique permet à l’Italien de garder sa précieuse avance, deux petites minutes, ce vendredi sera encore une journée de «couverture» mais on ne gagne pas forcément toujours en gentleman, d’ailleurs on ne gagne jamais comme ça, la course fait rarement dans l’élégance…

AUTOS : LES SSV DE FREBOUG ET NOEL DE BURLIN !

VICTOIRE D’UN SSV, CELUI DE FREBOURG

 

Les vedettes de cet Africa Race 2020, sont le camion Iveco de Bouwens, le Scania de Kowacs et le buggy Tark Mercedes de Martin, qui se tiennent sur 7 minutes au général.

Le suivant, le camion Man d’Essers, est à… trois heures et demie !

Il y a de la marge, mais en Mauritanie, l’énormité des spéciales et leur passage du caillou au sable sont des pièges où même une avance énorme comme celle-là n’est pas une garantie, même si c’est confortable.

La piste traverse de nombreuses zones d’habitation, la raison est simple, il y a de l’eau, de magnifiques palmeraies, des champs partout. Magique quand le désert vit…

Ce genre de découverte au milieu de nulle part, c’est toujours un choc, une grosse émotion.

Le 408, Bouwens, s’est arrêté, crevaison ou enlisement, du coup le buggy Tarek Mercedes de Marin est en bagarre avec le Polaris de Noel de Burdin !

 

LE MERCEDES D’ELFRINK

 

Mais les camions Scania de Kowacs et Mercedes d’Elfrink sont devant, en terrain difficile et caillouteux,  les camions peuvent envoyer un peu de lourd.

Sauf Bouwens, scotché à quelques kms du départ, qui a donc virtuellement perdu le rallye… Un autre camion mène la troupe, le Scania de Kowacs.

Au Way Point 1, Kowacs est donc leader et c’est à peine croyable, décidément ce rallye est une surprise permanente, le SSV Polaris de Noel de Burlin est deuxième temps ! Au km 121, le camion Scania est même le plus rapide au scratch général, incluant les motos.

 

KOWACS A MENÉ UNE MOITIÉ DE LA SPÉCIALE

 

Bonne nouvelle quand même, le camion de Bouwens est reparti, ça a du être un très gros plantage ou un grosse panne, il est à dache en queue de rallye.

Devant donc, Kowacs premier, devant l’autre Scania de Fazekas, ce début de spéciale est très hongrois !

Martin (buggy Mercedes) est trois à 10 minutes de Kowacs, deux minutes devant le Polaris de Noel de Burlin,  ça fouraille sec entre les très gros et les tout petits…

Les gros mènent en tous cas, Kowacs est toujours leader au classement autos/camions et au scratch général au km 169.

 

TOMECEK SEUL Á BORD DE SON TATRA

 

Idem au km 218, c’est d’ailleurs assez serré dans la catégorie, Kowacs et son Scania mènent la danse, Tomecek (il est seul, ironman, à bord de son camion Tatra !) est à 26 minutes et entre les deux il y a l’autre Scania hongrois de Fazekas, le SSV de Frebourg, le SSV de Patrice Etienne, le buggy Mercedes des Martin, le SSV de Noel de Burlin, enfin le SSV de Rahal, on notera le tir groupé des Canam et Polaris entre les titans…

 

L’AUTRE SCANIA HONGROIS DE FAZEKAS

 

Mais il est écrit que ce sera le jour des SSV !

Au km 266, c’est le Canam de Frebourg qui mène trois minutes devant l’autre Canam de Patrice Étienne, cinq minutes devant le Polaris de Noël de Burlin, treize minutes devant le Scania de Fazekas. Kowacs a perdu près de 30 minutes.

Et à l’arrivée, deux SDSV ont gagné une énorme spéciale de terre et de sable, de plus de 400 km en Afrique !

Frebourg (Canam) est 10’56 devant le Polaris de Noel de Burlin, l’Iron Man dont j’ai parlé en début de résumé, Patrick Martin et son buggy Mercedes sont à 23’23, le quatrième est le Scania de Fazekas.

 

PATRICK MARTIN LEADER AU GÉNÉRAL

 

Hallucinant…

Au général, Patrick Martin et son Tarek Mercedes se retrouvent donc leader ce mercredi soir 15 janvier, 14’33 devant le camion Scania de Kowacs, l’autre Scania hongrois est troisième mais à trois heures vingt trois ! 

Toujours hallucinant, comme quoi le désert…

Le cinquième au général est le Tatra de Tomecek, qui pilote seul, puis on trouve quatre SSV, dont Noël de Burdin qui pilote également seul !

Le leader ce matin, le Belge Bouwens et son camion Iveco, pointant ce soir, loin, très loin au 23ème rang, à 17 Heures 42′

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA/Captain No Where.

 

Résultats et Classements

https://www.africarace.com/fr/course/2020/home

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