AFRICA RACE 2020 : MAURITANIA ! SUTHERLAND A MOTO ET LA FAMILLE MARTIN EN AUTOS

 

UN BIVOUAC CARRÉMENT INCROYABLE

 

Depuis la presqu’île de Dakhla, endroit paradisiaque où le rallye a pris sa journée de repos (enfin sa journée de récupération, tout le monde a bossé) il faut faire pas mal de route pour trouver la frontière Mauritanienne et le début de la première spéciale, j’ai donc un peu le temps de vous parler du pays.

 

LES DRÔLES D’OISEAUX DE MER DU BIVOUAC DE DAKHLA

 

Pas facile de parler avec légèreté hier du décor de gens qui souffrent mais qui sont heureux et vivants eux, aprés la mort de Paulo Gonçalves sur un autre rallye, même à des milliers de km de là, en Arabie Saoudite .

Certes on est loin de Dakhla et de l’Africa Race mais le monde moto n’a pas de frontières, la passion non plus, la preuve on peut même en mourir!!!

 

UN TRÈS GRAND GARAGE CET ENDROIT

 

Mais comme toujours « The show must go on », le spectacle doit continuer » si magnifiquement chanté par le groupe Queen en 1991 et hymne du monde artistique… or un rallye raid est un monde d’artistes, comme Alain Rossignol, notre photographe dont AutoNewsInfo, publie quotidiennement quelques très belles images …

 

 

 

Mais le plus grand artiste est le désert, la nature sculpte des œuvres pour des milliards d’années !

Quand l’homme y passe, il est en symbiose avec le décor et cela donne des images superbes. Donc j’ai essaimé ce début de reportage de photos qui donnent envie de partir…

 

 

Une sorte d’hommage à tous les passionnés du monde entier, prêts à tout pour vivre cette passion, au moins une fois…

Pendant ce temps, les concurrents, partis de nuit, font presque 400 bornes de route pour arriver à la frontière.  Même si les formalités sont facilitées pour le rallye, les organisateurs prévoient le passage des mois en amont avec le gouvernement mauritanien, ça prend du temps.

Alors l’étape du jour

 

 

Après la frontière, on fait encore un peu de route pour arriver au départ de spéciale,  un parcours très sablonneux le long du banc d’Arguin.

 

 

 

Le Banc d’Arguin?  Un banc de sable qui fait la fortune des pêcheurs de la région mais qui a vu aussi une « fortune de mer » très triste quand le navire « La Méduse » y a talonné en 1816, à la suite d’une énorme erreur de navigation.

Les réfugiés du naufrage ont ensuite erré durant des jours sur un célèbre radeau, peint par Géricault.

 

LE BANC D’ARGUIN (PHOTO PARC NATIONAL D’ARGUIN)

 

Histoire terrible et pourtant ce qui est démentiel c’est que quand on visite cette région, on est subjugué par sa beauté tranquille.

L’étape de la journée est très sablonneuse, elle fait 176 km de long, belle mais courte mise en jambe pour  la navigation dans les dunes monstrueuses que l’on va affronter durant plusieurs jours dans un décor aussi beau qu’inhumain.

Elle arrivera directement au bivouac de Chami, à priori pas trop tard pour que tout le monde soit en forme par la suite, tout le monde et tous les véhicules…

Car la suite est un océan de sable, on sait que la mer peut être énorme en cas de tempête, c’est un peu le même phénomène ici.

En plus les dunes sont orientées dans le sens des vents dominants, quand on est dans la ligne, c’est juste difficile, quand on veut traverser un champ dans le mauvais sens, et ça peut durer 100 km, là ça devient un combat de titans…

Une dernière photo avant le lâcher des fauves.

 

 

Une photo de Julie Vanneken, une fille d’un courage incroyable, qui s’est blessée et continue, l’image a été prise avant le jour de repos.

Elle montre le bazar invraisemblable qu’il y a sur le guidon d’une moto de rallye raid, or que le terrain difficile, on roule lentement mais il y a des pièges partout, et il est difficile de lire les indications de tous ces appareils, ou l’on roule à 160 et il est préférable de loin plutôt que son guidon.

Bravo aux motards, c’est mon hommage à eux tous et elles toutes.

 

MOTOS : SUTHERLAND GAGNE, ULLEVALSETER ET BOTTURI FORMIDABLE TACTIQUE…

MATT SUTHERLAND

 

La spéciale part à l’heure, il fallait que les hélicos aillent faire les formalités à Nouadhibou et ce genre de procédure est souvent long mais ils étaient là au moment du départ… .

On a lâché Botturi, Ullevalseter, Poskitt puis les autres motards de deux minutes en deux minutes.

On roule extrêmement vite (entre 100 et 150 km/h) il est vrai qu’on a hâte d’arriver au bout et qu’un sable dur permet des vitesses très élevées…

Au km 30, Ullevalseter posséde quarante neuf secondes d’avance sur Botturi, il faut rappeler qu’il est parti deux minutes après l’Italien, il l’a donc repris et il est à parier qu’ils ne vont guère se lâcher, demain mardi deviendra donc sans doute la première grande confrontation…

Poskitt est à 1’22, bref le trio qui mène au général domine largement la meute…

 

POSKITT EST DU MÊME TEAM QUE SUTHERLAND

 

On a fait les trente premiers km à près de 120 de moyenne, mais là ça se complique, en terrain et en navigation, alors on rend la main… et les deux stars inséparables se font reprendre par Poskitt. Damned !

Et Czachor n’est pas loin et l’habituel Lucci toujours rapide en début de spéciale, d’où l’inconvénient d’ouvrir quand on est sur une piste où la navigation est délicate.

Ullevalseter prend un retard important, comme Botturi, les deux lascars ont du se paumer… ensemble, ils passent au km 60 avec ….7 minutes de retard sur Lucci !

Lucci qui les a repris et bien sûr, ne les lâche plus…

 

SUPERBE RÉSULTAT POUR L’ITALIEN LUCCI

 

Au CP1, au km 93, Lucci est en tête, devant un Norbert Dubois déchaîné à l’approche du grand désert, enfin un Français avec les cadors, puis viennent Dabrowski et Czachor, puis Benko, Hopskitt et Ullevalseter (8 minutes de retard) et Botturi (10 minutes de retard).

On va voir de nouvelles têtes sur le podium du scratch !

Au km 120 (en 1h17 !) Lucci est bien installé en tête, il faut tenir le rythme, l’arrivée est 50 bornes plus loin, mais avec le décalage des heures de départ, il roule avec les autres en fait, pas seul… et pas con le bonhomme !

On recommence à rouler comme des fous, plus de 150 km/h…

C’est terminé pour les premiers, et énorme surprise, c’est…  l’Australien Matt Sutherland qui gagne l’étape, parti très tard le matin, c’était ouvertement un gros avantage mais enfin, bravo au nouveau venu sur les tables de marbre du rallye ! I

Il pointe 1’16 devant l’Italien Gritti, et 1’39 devant Lucci !

 

ULLEVALSETER A PROBABLEMENT JOUÉ UN TRÈS BEAU COUP

 

Ullevalseter et Bottari sont loin, à huit et dix minutes du vainqueur.

J’ai un moment pensé, on ne se refait pas, après trente ans de désert on est méfiant, qu’ Ullevalseter et Botturi ont laissé passer un paquet de pilotes, ce qui leur coûte peu de temps au général mais les fera partir le lendemain avec des traces devant eux…

Et en effet, ils partiront quinzième et vingtième mardi sur une très grosse spéciale avec beaucoup de hors piste, si c’est voulu c’est énormément bien joué les garçons !

C’est simple car au général, ils sont toujours en tête, Botturi 2’5 devant Ullevalseter, le troisième, Poskitt est à 21’19! 

Voulu?

 

AUTOS:  LA FAMILLE MARTIN PREND LE SCRATCH… 

FAMILLE MARTIN PRIX D’HONNEUR

 

C’est le camion Iveco de Bouwens qui ouvre la piste pour la catégorie quatre roues…

130 km/h, bonne ambiance à bord c’est sûr, les camions doivent profiter des morceaux de pistes rapides, à partir de mardi, quand il faudra grimper les Everest de sable, ce sera plus compliqué…  !

Cela dit la Mercedes de la famille Martin est devant le camion, à 7 secondes, ce qui veut dire que le camion a perdu ses deux minutes d’avance au départ.

Bouwens passe le CP1 (km 93) neuf secondes derrière la Mercedes, autrement-dit ils roulent toujours ensemble et à la même vitesse ! Et à ce point de la spéciale, ils ont tous deux battu les meilleurs motos !

 

BOUWENS RAPIDE COMME L’ÉCLAIR

 

Pour info, la Mercedes roule à 163 km/h, les camions sont limités à 160, là c’est imparable, sur une prise de radar instantanée (merci les mouchards sur les GPS) Bouwens tape un joyeux 150 km/h !

Bon, au km 120, il a … dix neuf secondes de retard…

C’est un peu plus dur pour le camion sur la fin, la Mercedes termine avec 2’29 d’avance sur l’Iveco belge, tous deux ont battu le scratch général, ils sont allés plus vite que les motos.

Normal pour une auto de course, mais franchement pour un camion, c’est tout simplement phénoménal !

A propos de camions, au général, derrière Bouwens qui est en tête (6’33 devant Martin) au moment où je publie ces lignes, il y a sept camions dans le top ten de la catégorie!

Dont le Tatra de Tomecek, qui se truve, rappelons-le, seul à bord, sixième au général!

 

TOMECEK ROUTARD ET ROUTIER SOLITAIRE

 

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos:  Alain ROSSIGNOL et Jorge CUNHA/Captain Nowhere et Parc du Banc d’Arguin 

 

Résultats et classements

https://2020.africarace-live.com/fichiers/classement.php?etape=6&secteur=2&categorie=cartruck&type_clt=overall&lang=fr

Africa Race Rallye-Raid Sport

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