AFRICA RACE 2020 JOUR QUATRE : L’ANGLAIS POSKITT A MOTO, LE BELGE BOUWENS ET SON CAMION

 

L’étape du jour est entièrement nouvelle, d’Assa à Smara, sur 400 km, on part du bivouac (toujours le coup de génie de René Metge, c’est une obsession chez lui, une bonne obsession, la spéciale qui part du bivouac sans aucune liaison.

385 km de spéciale et un bout de liaison d’une vingtaine de bornes à l’arrivée.

Elle est tracée pour être rapide, avec quand même bien sûr de gros passages sableux ou sur de gros cailloux, la navigation sera difficile, l’arrivée très compliquée dans un fond d’oued raviné.

La première moto est partie le couteau entre les dents, en effet ça va vite on est largement au dessus de 100 km/h.

Voici le menu du jour en coupe

 

LA QUATRIÈME JOURNÉE EN COUPE

 

Et la carte du tracé

 

CAP AU SUD OUEST

Ce sera moins long que la veille (de 100 bornes !) la quasi-totalité du parcours est orienté au SW, normal, on gagne dans le sud et vers la mer…

 

IL VA FALLOIR CREUSER A LA PELLE UN MOMENT!

IL VA FALLOIR CREUSER A LA PELLE UN MOMENT!

 

Une veille qui a été terrible dans les dunes (pas très hautes en fait) de l’erg Chegaga, où le sable était porteur pour les premiers,  au petit matin et à la fraîche… derrière, avec les traces et les ornières de sable partout, ça devenait un champ de mines avec quelques photos saisissantes de l’ami Rossignol, tel ce camion piloté par Levistski qui s’est retrouvé vraiment à la limite du versement sur le flanc, situation dont on ne peut sortir qu’avec l’aide d’un autre camion, ce qui a été le cas.

 

GALÈRES ÉNORMES

Il a fallu bosser beaucoup pour les camions balai cette nuit, pour certains ça a été nuit blanche, afin de ramener tout le monde au bercail, mais on n’a perdu personne et surtout laissé personne sur le sable.

Un médecin est resté aussi avec les rescapés jusqu’au bout, des fois, c’est dur mais ils ne laisseraient leur place pour rien au monde.

Quand même, 19 véhicules pénalisés pour retard après la fermeture du contrôle d’arrivée, ça va de 3  à 26 heures !

 

LE LIT D’OUED, LE CASSE GUEULE ABSOLU

Aujourd’hui il y aura évidemment encore des pépins, voici une photo qui rappelle aux pistards qu’un lit d’oued asséché est juste un cauchemar… Si l’on arrive trop vite, c’est simple, on casse tout…

 

MOTOS : JOLY GOOD MISTER LYNDON POSKITT !

 

Le premier CP est à cent km.

Les deux duellistes de la veille roulent encore côte à côte, pas simple à plus de 120 km/h, l’Italien Buttari (Yamaha) et le Norvégien Ullevalseter sont les rois de ce début de rallye.

Le Danois Jensen s’accroche à eux, les trois pilotes roulent sur un mouchoir de poche, 35 secondes entre les trois…  Au CP1, voici … Poskitt (prénom Lyndon) qui ne  passe pas en tête mais est en tête, ô miracle du rallye ! Lui aussi a repris tout le monde, facile sur une piste sans difficulté majeure ; il colle plus de deux minutes à Ullevalseter, presque quatre minutes à Jensen, plus de quatre minutes à Botturi, il y a aussi dans le groupe l’Italien Lucci, bref la spéciale est belle mais pour l’instant peu sélective.

On attaque un terrain plus difficile, avec de grosses caillasses, la moyenne tombe nettement, dommage, on avait pratiquement tenu 100 km/h de moyenne sur le premier CP ! Mais ça repart…

 

LE DUO INSÉPARABLE BOTTURI/ULLEVALSETER

Au CP2, les deux premiers à passer le contrôle sont Botturi et Ullevalseter, toujours au coude à coude, on se croirait en GP… Mais c’est encore Hopskitt qui mène la course, il est à 30 minutes au général, pas vraiment dangereux.

Lucci est toujours là mais idem, il a plus d’une demie-heure de retard au général, pas de danger à l’horizon…

Bon, il y en marre de ces petits jeunes qui viennent nous gratter le dos, au km 270, à 110 bornes de l’arrivée, cette fois Ullevalseter et Botturi passent ensemble (avec deux minutes de différence au temps réel dues aux départs différés) mais Hopskitt est presque à cinq minutes, c’est peu mais sur ce terrain c’est énorme, Lucci est à huit minutes, Jensen à plus de dix minutes.

On attaque le lit d’oued annoncé par Metge, on fait on le suit sur des km, il est énorme et en effet il y a partout des crevasses de un à deux mètres, mortelles si on ne se jette pas sur les freins quand on arrive dessus.

 

GEOFFROY NOEL DE BURLIN IRON MAN ET HANDIDAPÉ

 

Pour les motards, c’est plus dur que pour les autres, ceux qui ont un navigateur qui les avertit.

A moto, une ligne du road book qui saute c’est soit grosse trouille soit grosse gamelle!

On sait toutefois  qu’en SSV Geoffroy Noel de Burlin roule seul ( en plus il est handicapé, gros coup de chapeau !) et en camions Tomecek lui aussi est en iron man.

Ces mecs là m’épatent, donc photos…

 

TOMECEK EN SOLO

 

Du coup ces messieurs n’essorent plus vraiment la poignée de gaz…  Et perdent même la tête de course, au km 319, l’Anglais Hopskitt a repris le pouvoir, il ne lâche jamais le mec, il emmène même Lucci et Jensen devant les deux vedettes ! Sacrés angliches…

Il faut dire que Botturi et Ullevalseter l’ont bien aidé en se trompant, et comme ils roulent en semble sans se quitter, ils se sont perdus tous les deux,!

Voilà comment le cher Lyndon gagne cette spéciale!

En revanche problème pour la moto No 173, l’Allemand Kay Horsch, grosse chute, pilote un peu sonné, qui a été évacué en hélico médical. A priori il s’agit juste d’une commotion, mais sur ce type d’accident les médecins sont toujours méfiants sur des conséquences tardives, indécelables sur place. Dans les hôpitaux, les IRM sont très performantes sur ce genre de contrôle, cela se fait très souvent en MotoGP où des pilotes sont envoyés pour contrôle IRM même s’ils se sont relevés totalement conscients d’une chute en général violente. Bravo à ces médecins du rallye raid incroyablement dévoués, rapides et efficaces.

 

DABROVSKI INATTENDU!

 

Entre-temps, les premiers motards sont arrivés, c’est l’Anglais Hopskitt qui remporte la spéciale, devant un Dabrovski que personne n’a vu venir parce que parti très tard, il roulait très loin derrière, il a aussi bénéficié de la perte des deux stars, il est donc 5’40 derrière l’anglaise KTM. Lucci est trois, Ullevalseter quatre à 7’05, Botturi est six à 9’40.

Cette perf de Dabrowski le fait évidemment remonter au classement général, mais à plus d’une heure du leader…

 

BOTTURI PREMIER AU GÉNÉRAL

Botturi reste le chef  au général … neuf secondes devant Ullevalseter, ces deux là restent donc les stars de la course, au général toujours Hopskitt est à  21’10.

 

AUTOS : VICTOIRE DU CAMION IVECO BELGE DE BOUWENS 

 

Là il y a crispation, le buggy de la famille Fromont est parti le premier, mais il n’a que 53 secondes d’avance sur le camion Scania du Hongrois Kowacs au général, et 1’3 sur la Mercedes de la famille Martin, le tout  sur un terrain où, on l’a vu à moto, il est difficile de décoller les petits (et les gros) camarades ! Et puis il y a Bouwens, qui part quatre avec 30 minutes de retard au général mais la piste du jour est faite pour envoyer et chez les Belges sur leur gros Iveco, le lourd ça les connaît !

 

FROMONT RESTE PREMIER AU GÉNÉRAL

 

Au CP1, ou Fromont est passé physiquement devant le Mercedes de Martin mais c’est un camion, géant sur le terrain rapide à condition de ne pas se planter, qui a pris la tête du classement, l’Iveco du Belge Bouwens a collé respectivement 1’30 et 2’30 à ces messieurs…

Je l’ai dit au départ de la spéciale, ça va être chaud bouillant ! Le camion Scania de Kowacs est quatre à 3’30…

Puis Fromont perd du temps, le Scania hongrois prend la tête physique de la course. Il y a aura peut-être des surprises au CP2… Et c’est le cas, les deux camions, dans l’ordre Bouwens (Iveco) et Kowacs (Scania) à 5 minutes, la Mercedes de Martin est à sept minutes, le buggy de Fromont à 10 minutes.

Comme chez les motards les surprises sont venues de l’arrière, le camion de Bouwens est même meilleur temps au scratch général, autos et camions… Le classement général va bouger, les écarts au départ étaient minimes…

Et les camions sont passés physiquement devant les autos de Martin et Fromont…

Je l’ai déjà écrit, mener un rallye raid au volant d’un camion est un vieux fantasme de vieux Dakarien, de 1986 à 1988 c’était le rêve de Jan de Rooy, dont les camions Daf dépassaient les 2000 cv et les 200 km/h, c’est après un accident de l’un de ses deux monstres que la vitesse maximum des camions a été officiellement adoptée en rallye raid.

 

LE MONSTRE BICÉPHALE DE JAN DE ROOY DANS LES ANNÉES 80 (PHOTO ARCHIVES JEFF DAKAR DANTAN)

Mais le rêve existe toujours, la preuve, Bouwens et son Iveco gagnent la spéciale, 15’54 devant le buggy de Fromont, 16’43 devant le Scania de Kowacs et 27’35 devant la Mercedes de la famille Martin, qui a eu quelques pépins.

 

LE SCANIA DE KOWACS

Au général, Fromont est 1’42 devant le camion Scania de Kowacs, 12’44  devant la Mercedes de la famille Martin, 14’51 devant l’Iveco de Bouwens.

 

Résultats et classements

https://www.africarace.com/fr/course/2020/etape/332

 

Jean Louis BERNARDELLI 

Photos Alain ROSSIGNOL ET Jorge CUNHA/Captain Nowhere et Jeff Dakardantan

Moto Rallye-Raid Sport Tout terrain

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