AFRICA RACE 2020, JOUR TROIS, TRÈS DUR ET TRÈS LONG ! BOTTURI ET YAMAHA EN TÊTE DES MOTOS. FROMONT GAGNE EN AUTOS.

LE BOSS AFFINE LE TRACÉ

 

René Metge a bossé comme un romain (vieux dicton populaire) sur ses tracés, durant la traversée de la Méditerranée il a longuement peaufiné ses étapes.

Celle d’aujourd’hui a l‘air assez terrifiante par sa longueur, pourtant il y a cette formidable aptitude (bravo René Metge et ses équipes de reco) à faire courir des spéciales qui vont quasiment de bivouac à bivouac, on évite ces liaisons du matin, terrifiantes à cause du froid.

 

L’ÉTAPE 3 EN COUPE

 

Il a gelé la nuit d’avant à moins cinq, cette nuit la température est tombée à 1 degré, démarrer la journée depuis le bivouac est un luxe propre à cet événement qu’est l’Africa Race.

Copieuse donc la journée…

Inaugurée par Ullevalseter, vainqueur la veille et formidable navigateur, qui ne s’est pas perdu un mètre quand ses deux poursuivants, eux, ont eu droit, au moins une fois, à ce qu’il est convenu d’appeler « le jardinage » en rallye raid, quand on se perd on jardine…

 

LE MENU DU JOUR

 

On va donc de M’hamid à Assa, 516 km au total, dont 497 en spéciale !

Liaison de 5 km au départ et à l’arrivée, autre liaison minimaliste de 14 km.

On suivra la frontière algérienne et cet immense fleuve qu’est le Draa, véritable « Nil » du Sahara, semant au milieu de nulle part et sur des centaines de km, de superbes oasis…

On traversera l’Erg Chegaga, un océan de sable, archi connu, tous les rallyes qui se déroulent au Maroc y posent les roues, endroit superbe, presque spirituel mais un océan comme disait (probablement) Colomb, faut d’abord le traverser…

Et c’est plein de pièges…

René Metge promet aussi une fin de spéciale très roulante qui permettra aux accompagnants, assistances et presse, de voir  une arrivée à pleine charge, c’est-à-dire à fond.

MOTOS : BOTTURI SET ET MATCH

 

J’écris, j’écris, mais les pilotes, eux cavalent.

Ullevalseter (KTM) devant Botturi (Yamaha) et l’Anglais Poskitt (prénom Lyndon !) lui aussi sur KTM.

On est parti au lever du jour, quand les hélicos et les avions peuvent décoller…

 

DÉCOLLAGE AU PETIT JOUR

 

Le premier CP est à 90 km, on roule plein ouest, lumière dans le dos, il y a des pistes secondaires partout où il ne faut pas aller se faire piéger, et puis c’est le petit matin, on n’envoie pas à fond, on roule quand même à 80/90 km/h sous les pales bienveillantes de l’hélico de René  Metge…

Suivi par celui des photographes et cameramen du rallye (dont fait partie l’ami Rossignol, qui signe les photos de nos papiers).

 

LES HÉLICOS, INDISPENSABLES POUR L’ORGANISATION, LA PRESSE ET LA SÉCURITÉ

Vu les leçons de jardinage la veille, les suivants d’Ullevalseter suivent ses traces pour l’instant.

C’est facile au début, ce le se sera moins dans les dunes où si les bons passent en rigolant (et en aimant se faire secouer) le gros du rallye va subir une sorte de guerre dans le genre de celles photographiées ci-dessous.

 

WAR!

 

Les trois pilotes de tête se sont rejoints, les deux suivants ont la trace du premier pour le remonter, ils se voient, une vraie course ouverte…

 

POSKITT UN ANGLAIS QUI ADORE LES OCÉANS DE SABLE

On attaque l’Erg Chegaga, chef d’oeuvre naturel, un sable doré qui laisse apparaître ci et là, dans les creux des dunes, des plantes étonnantes dont on se demande où elles vont chercher l’eau, qui ne manque pas en hiver mais en été…

30 bornes de plaisir des yeux et d’enfer de roulage, même si le matin, le sable est un poil plus dur, il faut bien viser en gardant le cap…

 

LE DANOIS JENSEN

 

Le numéro 108, le Danois Jensen (très nordique ce début de rallye, Botturi est le seul méditerranéen) parvient à remonter sur le groupe de tête, qu’il suit à 1 km.

Au CP1, Jensen et Botturi précèdent Ullevalseter et Poskitt qui ont perdu six minutes…

 

LE MAROC EST DES PLUS BEAUX PAYS DU MONDE… ET C’EST A CÔTÉ!

 

On a attaqué encore un poil de sable puis c’est un très bel enchevêtrement de vallées profondes abritant des lits d’oued très tourmentés, c’est le génie de ce pays qu’est le Maroc, on change complètement de paysage en quelques km !

Après le ravito, au km 250 (on est donc à la moitié), Botturi et Ullevalseter sont repartis comme des boulets de canon, enfin la vitesse augmente, on a mis trois heures trente pour faire la première moitié de la spéciale !

 

INCROYABLE BASTON BOTTURI/ULLEVALSETER

On arrive vite au CP2, Botturi est passé le premier, quatre minutes devant Ullevalseter, donc grosse baston depuis 250 km.

 

ULLEVALSETER, GUERRIER MAGNIFIQUE

 

Mais Jensen, en temps réel, est venu s’intercaler entre les deux, à deux minutes de Botturi.

Au km 366, Botturi est toujours en tête, quatre minutes devant  Ullevalsetter, lui-même trente secondes devant Jensen… Ces trois là ne se quittent pas !

L’Anglais Poskitt est plus loin, à 10 minutes.il reste 130 bornes, la vitesse monte vraiment… avec la fatigue, ce qui peut être dangereux…  Mais la première place au général est en jeu, au matin, Botturi n’avait qu’une minute trente de retard sur Ullevalseter, il est donc en train de monter en haut du podium, qui est encore à presque cent km… Botturi ne lâche rien, il est vrai que le garçon est un grand costaud, un avantage au bout de 400 km de course en baston.

 

BOTTURI VAINQUEUR DU JOUR ET LEADER AU GÉNÉRAL

 

Le principe est simple en fait, Botturi est parti quatre minutes derrière le Norvégien le matin, il l’a remonté et roule avec lui, gardant à la seconde près ses quatre minutes d’avance… On termine en effet à 140 km/h, effrayant mais immense sensation !

La ligne d’arrivée a été passée en pouvant quasiment se tenir la main !

On est tout près de l’oasis magnifique (le Draa toujours !) d’Assa, bel endroit.

Botturi a 4’12 d’avance sur Ullevalseter, 5’34 sur Jensen… Botturi mène aussi au général. 2’44 devant Ullevalseter, lui-même trente secondes devant Jensen… Poskitt est à plus de 30 minutes.

Ullevalseter à l’arrivée: « Nous ne sommes qu’au début du Rallye. Il peut se passer encore plein de choses. Aujourd’hui, Lyndon s’est planté dans les dunes. Des fois, j’ai eu envie de pousser encore plus mais je sais que sur une étape aussi longue, tout peut se passer. C’est donc très important d’arriver au bivouac en étant toujours compétitif pour la suite. »

Son copain de baston Botturi: « Aujourd’hui, j’ai essayé d’attaquer dès le début. Au kilomètre 50, j’ai rattrapé Pal Anders. Ensuite, j’ai eu un problème de road book. Il ne tournait pas. Je suis donc arrivé au ravitaillement avec Pal. Puis à partir du kilomètre 250, j’ai essayé d’attaquer encore plus. Ensemble, nous avons essayé de garder un bon rythme. Mais Pal, c’est un viking. Il est bon. Et finalement, c’est bien car on a réussi à creuser l’écart avec les autres. C’était très important pour moi de faire cela car demain, ils vont partir derrière moi et on va voir ce que cela va donner ».

AUTOS ET CAMIONS : VICTOIRE DU BUGGY DE FROMONT

FROMONT, VICTOIRE ET LEADER AU GÉNÉRAL

 

Deux camions prennent le départ en premier, qui ont fait le doublé dans la spécial de la veille, en particulier le vainqueur, qui a remonté la bagatelle de 42 places la veille !

Mieux, dans les dix premiers classés de la catégorie autos/camions, où le premier SSV, celui de Fretin, est cinquième, il ya cinq camions, outre les deux premiers, oàn trouve le Scania du Hongrois Fazekas sixième, le Man du Belge Essers part neuf, le Mercedes du Hollandais Elfrink part dix !

Dans les pistes sablonneuses mais plates, Bouwens dépasse allègrement les 100 km/h !

Derrière, la première auto, la Mercedes de Patrick et Lucas Martin tente, difficilement de passer le camion Scania de Kovacs, il faudra attendre que les dunettes puis les dunes arrivent…

Et c’est le cas, dans le Chegaga, la famille Martin et son Mercedes larguent les camions de Bouwens et Kovacs qui se sont plantés. Puis le Mercedes s’ensable aussi, mais il mettra évidemment moins de temps à s’extraire que les camions…

 

LA MERCEDES DE LA FAMILLE MARTIN

Au CP1… Fromont est passé le premier mais c’est un SSV qui est en tête de classement, le Canam de Frebourg et Boulay, trois minutes devant un autre SSV, le Canam d’Alexandre Debanne, qui  envoie bien et précis !

 

BON DÉBUT DE JOURNÉE POUR LES SSV,  ALEXANDRE DEBANNE CINQUIÈME AU GÉNÉRAL

Au KM 149, C’est le buggy de Fromont, un habitué de ce rallye, qui est en tête, six minutes devant le Mercedes des Martin.

Les deux SSV ont sept et onze minutes de retard, certes on n’est pas au bout mais sur une étape aussi dont le début est secoué puis on passe  à la vitesse « Grand V », c’est une vraie tendance.

Au CP2, km 269, les deux mêmes mènent le train mais le camion Scania du Hongrois Kovacs a passé les SSV, la grosse puissance parle vraiment…

 

KOWACS  ENVOI ENCORE DU LOURD!

Au km 366, pas de changement.

Les deux SSV sont largués … Pas un jour pour eux…

La famille Fromont mène devant la famille Martin (Mercedes) de cinq minutes à 100 km de l’arrivée.

On envoie du lourd, 170 km/h !

Au scratch général, toutes catégories confondues (Motos, camions, SSV) les deux autos sont quatre et six, l’honneur bafoué les premiers jours par les SSV puis par les camions est sauf…

 

BOUWENS A PERDU DU TEMPS DANS UN PLANTAGE

 

A propos d’écarts, au moment de l’arrivée des premiers, il y a encore dix véhicules bloqués dans l’Erg Chegaga à 60 km du départ, les deux camions balais sont arrêtés derrière eux… Il y en a qui vont dormir peu cette nuit…

Devant, résultat prévisible depuis plus de cent km,  Fromont gagne, 4’20 devant Martin. Les camions de Kowacs et de Bouwens ont perdu une demie-heure dans leur plantage.

Fromont à l’arrivée: « C’était une belle spéciale comme on les aime, avec cet Erg de Chegaga qui cette année n’était pas facile. Nous avons doublé les camions de tête dans les dunes. On ne s’est pas posés. Ensuite, nous avons bien géré, surtout en navigation qui était assez costaud puisque on était derrière les motos. Jean a fait vraiment une navigation parfaite. Je suis heureux parce que on a fait vraiment un tandem excellent tous les deux. Moi, j’ai joué mon rôle dans les dunes. Et puis après, c’est lui qui a fait le boulot en navigation. C’était parfait ! »

Au général, c’est carrément incroyable, si Fromont devient leader,  c’est seulement avec 53 secondes d’avance sur le camion Scania de Kowacs, le Mercedes de Martin est troisième pour dix secondes !

Grosse étape et grosse bagarre, tant mieux !

Jean Louis BERNARDELLI 

Photos Alain ROSSIGNOL et Jorge CINHA/Captain nowhere

Résultats et classements

https://www.africarace.com/fr/course/2020/etape/334

Moto Rallye-Raid Sport Tout terrain

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