AFRICA RACE 2020, JOUR DEUX, LES CAMIONS PRENNENT LE POUVOIR ET ULLEVALSETER A MOTO EST ROYAL

 

DUEL DE TITANS!

 

Il y a 333 km de Tarda à M’Hamid prés de Zagora, on part pile du bivouac et on roule 330 km en spéciale, puis il restera trois km de liaison jusqu’au bivouac suivant…

Très fort, le René Metge, sur le tracé…

 

LE MENU DU JOUR EN COUPE

 

8h20 du matin ce mercredi 8 janvier 2020, exactement au lever du soleil, le premier concurrent a été lâché, et selon la tradition, il s’agit du groupe motos.

C’est donc le leader, le transalpin Alessandro Botturi qui roule, assez vite, un petit 100 km/h, les autres suivent de deux minutes en deux minutes, on est sur un terrain assez dur et caillouteux, le genre de casse gueule absolu pour les motards quand les pierres roulent sous les tétines.

 

L’ITALIEN ALESSANDRO BOTTURI, VICTORIEUX MARDI, PARTI EN PREMIER

 

A partir du dixième motard, les pilotes sont lâchés deux par deux et de minute en minute, ceci parce qu’il y a beaucoup de monde dans la catégorie moto et cela permet de faire gagner beaucoup de temps sur les heures de départ.

On roule plein sud en direction de la frontière Algérienne, on passera près de la ville d’Erfoud, belle ville genre  perle du désert avec ses sublimes dune de Merzouga, où un autre très bel événement, le Baby Boomer’S Adventure, posera son camp de base en mai prochain.

 

 

La piste est sinueuse par endroits mais facile à suivre, les problèmes de navigation viendront plus tard.

Le premier CP (contrôle de passage, dit « Charlie » pour la lettre « C » en langage international) est à 50 km du départ.

La KTM de l’Anglais Poskitt a vite repris le leader en suivant ses traces, les deux pilotes roulant alors ensemble, il est vrai que passer devant signifie n’avoir comme repère que les traces des ouvreurs passés 48 heures avant pour vérifier le road book.

L’arrivée au CP se fait dans un immense lit d’oued, un fleuve à sec, dont le sol part dans tous les sens, navigation facile mais pilotage éprouvant.

On traverse une route goudronnée le CP est là pour sécuriser la traversée, même si le trafic n’est pas très intense, il n’est pas rare dans ce genre de cas de voir un ou deux policiers debout en plein soleil toute la journée pour donner un coup de main officiel aux contrôleurs…. Pas facile le métier de flic dans le désert…

Poskitt s’est finalement décidé à passer devant, il a une minute d’avance sur Botturi au CP1. Ce qui ne veut pas dire qu’ils sont en tête de la course au chrono, seulement géographiquement, ils roulent donc  devant mais c’est au dernier passage de motard à l’arrivée que l’on saura qui est en tête de la spéciale.

Le CP2 n’est pas très loin, au km 89, mais le terrain est compliqué, il y a des lits d’oueds qui partent dans tous les sens, avec des pistes traversières où il ne faut pas se faire piéger, c’est évidemment beaucoup plus facile quand on n’est pas en tête et qu’il y a quelques traces à suivre, il n’empêche on met un temps fou,  une heure dix sept pour 89 km, l’arrivée est encore loin !

 

ULLEVALSETER L’AS DES AS

 

Et comme c’est un terrain difficile, les mecs qui ont du métier marchent fort, le meilleur temps à ce CP 2 est celui d’Ullevalseter, le Norvègien, multiple vainqueur de cet Africa Race, parti 9ème, il est vrai qu’il a été très aidé par les traces de ceux qui roulent devant lui.

On attaque un très long morceau sans voir personne, plus de CP mais des Way Points GPS à trouver, le CP 3 est quasiment à l’arrivée, à plus de 200 km, avant il y a quatre Way Points à trouver, un bip se déclenche au GPS quand on passe dessus, sinon on cherche, la nav est donc délicate.

Le terrain est sablonneux, sans dunes, mais des dunettes, des tas de sable de 5 à 10 mètres de haut qui se transforment vite en whoops, des sauts multiples comme en Supercross !

 

LES DUNETTES ON AIME OU ON N’AIME PAS…

 

Et, entre ces tas de sable, de superbes étendues plates où l’on prend 130 km/h, le grand pied du pilote…

AU WP 2, Ullevalsetter a collé respectivement 3 minutes à Poskitt et cinq à Botturi.

En forme pour un pilote qui dit chaque année qu’il veut arrêter mais qui trouve peut-être l’hiver un peu long en Norvège…

On est cap SW, on roule en parallèle de la frontière Algérienne, qui se trouve juste à dix km au sud.

Le CP 3 est enfin touché, Ullevalseter a finalement 6’30 d’avance sur Poskitt, 8’30 sur Botturi, et il reste encore 16 km avant l’arrivée.

Déchaîné le Viking, en dix bornes il a encore réussi à leur prendre du temps. Au total, 9 minutes à Botturi, 14 à Poskitt qui a ralenti sur la fin.

 

MARC JOINEAU BLESSÉ

 

Le revenant Marc Joineau –héros des Paris-Dakar d’antan – n’ira pas au bout, il s’est selon ses mots mis en vrac dans la poussière, genou touché, dommage…

Il reste à attendre… tous les autres pour savoir quel est le classement réel mais  en tous cas, quatre heures pour 330 km de piste pas toujours facile, c’est assez joli comme moyenne!

Ullevalseter au guidon de sa KTM, prend  à priori la tête au général, 1’30 devant Botturi avec sa Yamaha, 7’47 devant  Poskitt lui aussi sur KTM.

Il y a une catégorie Motos plus de 450cc, gagnée elle ce jour par l’Anglais Parkinson (le pauvre, un nom difficile à porter !).

AUTOS… LES POIDS LOURDS ENVOIENT DU LOURD

BOUWENS UN VRAI GUERRIER (PHOTO A. ROSSIGNOL)

 

Il est donc presque dix heures quand les quatre SSV qui ont trusté les quatre premières places la veille sont lâchés, jusqu’au dixième on part de deux minutes en deux minutes, ensuite le délai entre les départs passe à une minute, toujours le même problème, gagner du temps sur la procédure de start.

Je l’ai dit pour les motos, première partie assez facile en navigation, pistes visibles et puis il y a les traces des motards !  Grosse baston en tête, entre les deux SSV arrivés en tête la veille, des Canam, celui de Fretin/Duplé et celui du Hollandais Dericks qui roule en Iron Man, c’est-à-dire tout seul, sans copilote! Respect à lui.

Il pilote, fait la navigation et… se déplante tout seul en cas d’ensablement, cela dit le véhicule est archi léger (800 kg quand même !).

« L’ Iron Man » passe le premier au CP1, il a roulé une minute plus vite que la première moto au même endroit, il a une minute d’avance sur Alexandre Debanne ! Le duo Fretin/Duplé est trente secondes derrière, genre de tir groupé des SSV… Mais au temps réel, c’est…  un camion qui est leader, le Scania de Kovacs qui a fini onzième la veille ! Un camion en tête de la catégorie auto !

Au KM 213, le WP3, ce camion est le meilleur temps au scratch  général autos et motos confondues, et ce ... 13 minutes devant le SSV de Fretin et 25 minutes devant celui de Debanne… Un autre SSV Canam, vient s’intercaler dans le classement, celui d’Etienne et St Martin.

Voilà un rallye raid avec des surprises incroyables, enfin on n’est pas encre parvenu au bout de la spéciale…

On passe un nouveau Way Point et cette fois…  un autre camion a passé le Scania Hongrois, l’Iveco de l’équipage Belge, le trio Bouwens, Boerboom et Driesmans!

La « baston-autos» devient une « baston-camions », dans la région où a été tournée le cultissime film « 100 000 dollars au soleil » avec des bagarres démentielles de poids lourds (Belmondo/Ventura) !

 

A VOIR OU A REVOIR DE TOUTE URGENCE !

 

Et cela se passe à distance, les deux camions ne se voient absolument pas, les Belges sont loin derrière géographiquement parlant mais ils envoient fort et reprennent du temps !

Bouwens est déchaîné, il aura doublé au total 42 véhicules dans la journée, camions, autos et motos…

 

MOI JE SAUTE TOI TU FAIS BOUM!

Bon dans les dunettes, ces camions se marrent moins, un poids lourd, fût-il de compète, n’est pas fait pour sauter de bosse en bosse comme une abeille butine, de fleur en fleur…

C’est le Scania Hongrois qui passe géographiquement le premier au contrôle d’arrivée dans la catégorie autos, INCROYABLE, il a même battu la moto d’Ullevalseter …de 7 minutes !

Mais on va devoir attendre un gros bout de temps pour connaître le vainqueur du jour.

Mais à moins d’un gros pépin, le camion Belge Iveco de Bouwens va l’emporter, au CP3, à 16 km de l’arrivée, il a sept minutes d’avance sur le Scania de Kovacs, il en reprend encore deux avant de couper la banderole…

 

KOVACS ET SES PETITS CAMARADES EN TÊTE AU GÉNÉRAL

Au général en revanche, le Scania de Kovacs est devant l’Iveco de Bouwens, deux camions en tête d’un rallye raid, le vieux rêve des vieux Dakariens d’antan, dont et comme me le rappelait et soufflait au téléphone, Gilles Gaignault, le premier d’entre eux à en rêber, le Néerlandais Gérard de Rooy, autrefois, du temps des rallyes de l’ére Sabine!

Pourtant, étrange, les premiers résultats qui tombent ne correspondent pas au scratch des chronométrages des CP. Le désert et le chronométrage ne sont pas forcément les meilleurs amis du monde.

Il faut une heure pour qu’apparaissent en tête du classement les deux camions qui ont mené la course en fait de bout en bout…

Comme quoi le désert est toujours une école d’attente.!

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : Alain Rossignol/Captain Nowhere

 

Classements et résultats

https://2020.africarace-live.com/fichiers/classement.php?etape=2&secteur=2&categorie=cartruck&type_clt=special&lang=fr

 

Africa Race Rallye-Raid

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