SÉBASTIEN OGIER ‘’ IL AMBITIONNE TOUJOURS D’ÊTRE  A NOUVEAU CHAMPION DU MONDE DES RALLYES WRC

 

 

 

Notre excellent confrère du quotidien Belge ‘La Dernière Heure – Les Sports, Olivier de Wilde, nous adresse l’interview que lui a accordé Sébastien Ogier cette semaine avant de rejoindre ce jeudi, les Hautes Alpes, où il devait retrouver, aprés VW, Ford et Citroen, sa nouvelle équipe, l’écurie Toyota, avec laquelle il participera la saison prochaine au Championnat du monde WRC.

Et ce afin de découvrir sa future Yaris WRC, bolide avec lequel il va enfin procéder à ses premiers tours de roues officiels, lors des tests de préparation au Rallye Monte Carlo, la manche d’ouverture du mondial des rallyes WRC 2020.

 

Sébastien Ogier: « Je ne démarre pas la saison avec Toyota en me disant que c’est ma dernière chance de décrocher un 7ème titre… »

 

WRC TOYOTA 2020 – Tomi MAKINEN et ses trois nouveaux pilotes: EVANS- OGIER-ROVENPERA

 

Le Français est heureux de travailler avec l’idole de sa jeunesse, Tommi Makinen.

Dans un peu plus de deux mois et demi, Sébastien Ogier entamera sa nouvelle collaboration avec Toyota au Rallye Monte-Carlo. Une épreuve que le Gapençais, ancien moniteur de ski, a remportée à sept reprises dont les six dernières éditions. Le tout avec quatre marques différentes !

Au volant d’une Yaris qui aurait pu l’emporter l’an dernier sans une crevaison d’Ott Tanak, le héros local tentera d’offrir à son nouvel employeur Toyota son premier succès monégasque depuis la victoire de la Corolla WRC de Carlos Sainz en 1998, juste avant les quatre succès consécutifs de son nouveau boss, Tommi Makinen.

 

WRC 2020 -La nouvelle voiture de Sébastien OGIER

 

Sébastien, c’est la première fois depuis 2014 que vous prendrez le départ du Monte-Carl’ sans le numéro 1 sur vos portières. Quelles sont vos ambitions pour cette saison 2020?

« Je suis un compétiteur, un battant, je prends toujours le départ d’une course avec l’objectif de gagner. Il est clair que j’aimerais décrocher un dernier titre mondial, le septième, avec une troisième marque différente après VW et Ford. Ces dernières années, le Monte-Carlo m’a toujours bien réussi. J’adore cette épreuve se disputant en grande partie dans ma région, là où j’ai grandi, dans les montagnes surplombant Gap. Pas besoin de vous préciser la place que je viserai. »

Vous avez annoncé et répété à plusieurs reprises l’an dernier que vous arrêteriez le WRC fin 2020. Ce changement inattendu de programme et d’employeur pourrait-il vous faire changer d’avis?

« (ndlr: Il ne répond pas vraiment à la question, ce qui est déjà un signe) Ecoutez, je ne démarre pas cette saison en pensant que c’est ma dernière chance d’accrocher ce septième titre ou quelque chose comme cela. J’ai déjà eu une magnifique carrière et tout ce que je pourrai ajouter sera du bonus. »

Démarrer un rallye aussi difficile que Monte-Carlo avec une nouvelle auto n’est-il pas plus compliqué?

« Dans un sens oui, cela peut l’être si vous n’êtes pas en confiance. Mais je n’ai pas de craintes à ce sujet. J’ai gagné dès mes débuts avec la Fiesta et la C3. Je m’adapte généralement vite. Je pense qu’il serait plus compliqué de se battre d’emblée pour la victoire si la saison démarrait en Finlande ou sur un rallye où l’on doit se battre pour chaque dixième. Ici, vous ne roulez quasi jamais à 100%, vous n’exploitez pas tout le potentiel de votre monture. L’expérience permet de compenser. Il faut effectuer les bons choix de pneus, ne pas se laisser piéger, rouler plus avec sa tête. C’est rare que la victoire se joue à la seconde, dans la dernière spéciale comme l’an dernier face à Thierry (Neuville). L’important, et c’est sur cela que je travaillerai lors des tests, est d’avoir une voiture et des réglages confortables, que vous ne soyez pas surpris par les réactions de votre auto. »

La Toyota est considérée comme la référence actuelle du WRC. Pensez-vous pouvoir la faire encore évoluer?

« C’est toujours le but. Lors de mon premier briefing avec les ingénieurs de chez Toyota, j’ai compris que tout le monde semblait content avec le développement actuel de la Yaris. En fait, ils ont construit une très bonne WRC et ne savent plus trop comment la faire évoluer. C’est pour cela qu’il est intéressant d’avoir trois nouveaux pilotes. On va amener quelques idées nouvelles, tenter de trouver quelques pistes pour l’améliorer encore. Mais il est clair qu’elle est déjà très compétitive et qu’une grosse partie du travail a déjà été faite. Mais en compétition automobile, vous devez toujours progresser, soigner certains détails, tant sur le plan de la perfo que de la fiabilité ou de l’organisation. »

Vous allez retrouver Elfyn Evans, votre équipier durant deux ans chez Ford…

« Oui et j’en suis ravi. Elfyn est un très bon pilote. Il est méritant. Je suis très heureux de pouvoir retravailler avec lui. »

Kalle Rovanpera par contre est un rookie en WRC. Il sera sans doute difficile pour lui de vous aider.

« Il est jeune, doué, et il faudra lui laisser le temps d’apprendre. Mais vous savez, je ne compte pas à la base sur mes équipiers pour m’aider. J’essaie toujours d’arriver à mes fins seul. Maintenant il arrive que certaines tactiques ou stratégies soient développées en cours de saison, en fonction de l’évolution du championnat et des positions de chacun. Mais ce n’est pas quelque chose que j’impose dans un contrat. Je ne considère pas que mes équipiers sont là pour m’aider. Je n’ai pas de statut particulier. On dispose tous du même matériel. On verra déjà comment se passe la première moitié de saison. »

Votre nouveau patron est un quadruple champion du monde, Tommi Makinen, quatre fois vainqueur aussi du Monte-Carlo.

« Je m’en souviens très bien. Tommi était l’idole de ma jeunesse. J’allais voir le Monte-Carlo quand j’étais ado et je rêvais en voyant passer cette voiture rouge (ndlr: une Mitsubishi Lancer) qui gagnait tout. Je suis certain qu’on va bien s’entendre et vite se comprendre. »

C’est la première fois que vous travaillez avec des Japonais?

« Oui et je m’en réjouis. Ils sont sérieux, humbles et ont beaucoup de respect pour les gens. Ce sont des bosseurs. Toyota a une grande histoire en rallye aussi. Ils ont déjà remporté pas mal de titres. J’ai vraiment hâte de découvrir cette nouvelle culture. »

 

Propos recueillis par Olivier de WILDE (La Dernière Heure- Les Sports)

Photos : TEAMS

 

Rallye WRC

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