YVES MARTIN : DANS LES ANNÉES 70…UN BRETON ROI DE LA MONTAGNE

 

 

Il était une fois en Bretagne, un ‘roi’ de la montagne !

 


Yves-MARTIN en 1972

 

Au début des années 70, un jeune Rennais a réussi à s’inviter dans le Championnat de France de cette discipline très prisé des courses de cote, dominé alors par les Lyonnais, Robert ‘Jimmy’ Mieusset et Pierre Maublanc, avec lesquels, il partagea le podium en 1973.

Un exploit compte tenu de son matériel moins récent et du fait que le Championnat se jouait alors en Rhône-Alpes où se trouvaient les courses à fort coefficient.

En revanche, Yves Martin est resté pendant cinq ans, ‘le roi’ des courses de côte de l’ouest, alors florissantes, alignant une série inégalée de victoires notamment à Hébécrevon, La Pommeraye et Saint Gouëno, les plus réputées.

Hélas un grave accident survenu à Montgueux dans l’Aube fin 1974,  avec sa Mc Laren Ford, le laissa marqué et cassa irrémédiablement une carrière alors à son apogée.

 


YVES-MARTIN-Mc-Laren-Ford.

 

Aussi perfectionniste que doué, il a traversé en dix ans la constellation du sport automobile. Après des débuts prometteurs en rallye sur une René Bonnet Djet en 1964, il s’est lancé en 1966 dans la cour des grands avec une Porsche 904 GTS, hélas détruite à mi-saison par un incendie au rallye de Lorraine.

Passé par la célèbre école Winfield sur le circuit de Magny-Cours, il a aussi trouvé sa place en 1968 dans l’ultra compétitive Formule France sur une Elina Renault.

DÉBUTE EN COTE AVEC BELTOISE…

YVES MARTIN – Jean-Pierre Beltoise assistant de la Tecno Climax

 

Une monoplace créée par Jacques Hubert pour Jean-Pierre Beltoise, qui délaissa pour une fois la Matra F2 officielle pour remporter sur son Elina sa troisième victoire au Mont-Dore devant une panoplie de ‘ cadors’, les Larrousse, Jabouille, Maublanc et autres Daniel Rouveyran.

 

YVES MARTIN – Belbeuf 68 au volant de l’Elina

 

Avec l’aide de Jean-Pierre Beltoise, Yves Martin avait déjà testé l’Elina préparée pour la côte (roues plus larges et pneus racing) en gagnant coup sur coup à Neuville-en-Hez (Picardie) et à Belbeuf (Normandie).

Deux succès qui ont lancé sa carrière en course de côte, où le professionnalisme était alors possible grâce aux primes de départ et de classement et au sponsoring important des pétroliers.

 

PILOTE PROFESSIONNEL AVEC BP

 

YVES MARTIN – Ballon d’Alsace 69 avec la Tecno Climax

 

En 1969, Yves Martin passe professionnel sous les couleurs de BP. Avec une Tecno F3 trouvée et dénichée en Italie et un antique moteur Coventry Climax chiné en Angleterre, il se classe second à Saint Gouëno derrière Hervé Bayard, qui sera Champion de France l’année suivante, et termine son premier Championnat à la 5 ème place derrière – excusez du peu – Daniel Rouveyran sur Tecno F2, Pierre Maublanc sur Grac BMW, Alain Finkel sur Abarth 2000 et Christian Poirot sur Porsche 910 !

Pour situer le niveau, notons que ce dernier, associé à Maublanc, s’était classé cette année-là, 9 ème et

premier privé aux 24 Heures du Mans (celles du sprint final entre Ickx sur GT 40 et Hermann sur Porsche 908).

A partir de 1970, ses résultats progressent grâce aux évolutions châssis et aéro de la Tecno et au moteur Ford qui a remplacé le Climax. Yves Martin assoit sa notoriété dans l’ouest grâce à ses victoires et à la résonance que leur donnent régionalement le quotidien Ouest France et France 3 TV Bretagne, dont Anne Kerbrat, la présentatrice bien connue, n’est autre que sa femme.

 

COURSE AUX TITRES FRANÇAIS ET… EUROPÉEN !

YVES MARTIN -Tecno Ballon d’Alsace 72

 

En 1972, la Tecno passe au moteur Ford Hart 2 Litres, laisse pousser moustaches et aileron, et glane la bagatelle de 18 victoires, la plupart dans l’ouest. En juillet, Yves Martin pointe d’ailleurs en tête du Championnat de France avant de rétrograder par le jeu des gros coefficients des épreuves qu’il n’a pas disputées.

En 1973, la Tecno est remplacée par la Mc Laren M21 F2, ex-Jody Scheckter où prend place – à grand

peine – le Ford Hart 2 Litres. Yves se sent alors des ailes et va mener de front le Championnat de France (3ème derrière Mieusset et Maublanc) le Championnat d’Europe (2ème derrière Mieusset mais devant Nesti) et bien sûr le Championnat de l’ouest. Il remporte en tout 14 victoires, dont celle du Mont-Dore, laquelle sera hélas endeuillée par l’accident mortel de Daniel Rouveyran, juste après son passage et avant le départ de Mieusset, qui n’était, on s’en doute, pas au mieux dans sa tête pour le surpasser.

 

CARRIÈRE BRISÉE SUITE ACCIDENT DE MONTGUEUX

YVES MARTIN – Chevron ex Keke ROSBERG

 

En 1974, après avoir récolté encore 15 victoires, c’est Yves Martin qui fait à son tour une terrible sortie de piste dans le premier gauche à Montgueux, près de Troyes…

Dans sa cabriole de 30 mètres, sa McLaren a fauché deux arbres et ce avant d’échouer disloquée dans le fossé !

Sauvé par le médecin-réanimateur qui l’a intubé sur place, Yves a repris conscience après trois semaines de coma et s’est remis lentement de ses multiples fractures.

Sa carrière était terminée mais il s’est fixé en 1978 encore un nouveau défi… celui de reprendre la course.

Sa Chevron Hart ex-Rosberg, pas assez adaptée à la côte, ne lui permit pas de retrouver son rang. Il eut pourtant la satisfaction de terminer sur un succès en octobre à l’inter-écuries en battant le record du tour sur le circuit Bugatti avant de raccrocher pour de bon le casque et les gants.

 

Jean-Paul CALMUS

Photos : Collection Yves MARTIN

 

Yves-Martin-avec-Jean-Louis-et-Marc-Ravenel

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