L’ANCIEN PILOTE CHILIEN, ÉLISEO SALAZAR SOUFFLE 65 BOUGIES

 

 

 

 

Né le 14 novembre 1954 à Santiago de Chile au Chili,vient d’atteindre l’âge classique de la mise à la retraite.

 

A ce jour il reste le seul pilote Chilien à avoir disputé des Grands Prix de F1 et actuellement il est aussi le seul pilote outre à avoir disputé des GP, à avoir aussi pris part aux 500 MILES D’INDIANAPOLIS, aux 24 HEURES du MANS, au GP de MONACO, et même au PARIS-DAKAR ainsi qu’à une manche du Championnat du Monde des Rallyes !

Tout un programme pour un pilote venant d’un pays où le sport automobile fait office de parent pauvre et où, comme dans beaucoup de pays d’Amérique latine, le football, le cyclisme et l’équitation sont les  sports nationaux.

Au début des années ’70, sa phobie était plutôt de rouler au taquet au volant d’une voiture puissante que de taper ou courir derrière un ballon et pour ce qui était du domaine équestre, sa préférence allait plutôt vers les chevaux vapeurs que les chevaux crottin…

Sa découverte du sport automobile dans un contexte difficile vu le manque de moyens ne l’empêcha pas de conquérir le titre de Champion du Chili en voitures de Tourisme en 1974, avant de remporter un titre F4 en Argentine l’année suivante.

En 1978, il fut couronné Champion du Chili de Formule Ford 1600 dans une discipline considérée comme véritable tremplin pour gravir les échelons dans une carrière de sport automobile.

Armé et fort de ce titre et comme la plupart des espoirs sud-américains, il décida alors de tenter sa chance en Europe dès 1979, en Angleterre en particulier, pays considéré comme le berceau du sport automobile.

Là, il disputa le très sélect Championnat F3,véritable passage obligé pour tout futur Champion, une discipline où faute de budget conséquent, le jeune Chilien ne put jamais finir en vainqueur, sans toutefois passer inaperçu par son talent naissant !

Cela lui valut d’être engagé en 1980 dans le Championnat international AURORA F1 CHAMPIONSHIP, avec du matériel F1 dans une série d’épreuves hors Championnat F1 de la catégorie reine et ce, au volant d’une WILLIAMS-FORD, sur laquelle en remportant une épreuve à Silverstone et deux autres à Thruxton, il termina vice-champion, derrière l’Espagnol Emilio de Villota.

Pour lui, ses performances représentaient le sésame d’entrée en catégorie reine l’année suivante, où il débutait en GP, à celui de St-Marin sur une MARCH 811 rétive d’un Team officiel en nette perte de vitesse et de passer ensuite chez ENSIGN, écurie pour laquelle il disputa cinq épreuves, avec comme meilleur résultat une 6ème place et un premier point au Championnat lors du GP de Hollande, à Zandvoort.

BILAN F1 : 3 POINTS ET… 2 POINGS !

F1-Eliseo-SALAZAR-ATS-D5-Zolder-1982-©-Manfred-GIET

 

En 1982, pensant accéder à une meilleure équipe en passant chez ATS, une jeune écurie Allemande appartenant à Gunther SCHMIDT mais sans grands moyens, il passa de déceptions en déceptions, si ce n’est une inattendue soudaine 5ème place, décrochée  à Imola et qui lui rapporte deux points comme bilan final en fin de saison.

Mais pour SALAZAR, le fait marquant de sa saison ’82 restera cependant son altercation avec le CHAMPION du Monde en titre, le Brésilien Nelson PIQUET  survenue lors du GP d’Allemagne à Hockenheim et qui lui valut 0 point à l’issue du GP mais … 2 poings dans la figure de la part du pilote BRBHAM, qui en tête du GP d’Allemagne au volant de sa BRABHAM-BMW, se fit harponner à la chicane par l’ATS de Salazar, ce qui le mit dans une rage telle… qu’il s’attaqua directement à l’intégrité physique du pilote Chilien, en lui assénant des coups de poings et dont les images firent le tour du monde à l’époque !!!

 


F1-SALAZAR-Eliseo-F3000-RAM-04-en-1986-©-Manfred-GIET

 

Après cette nouvelle saison décevante Eliseo SALAZAR tenta alors sa chance au sein du Team RAM-MARCH dirigée par John Mc DONALD, mais qui ressembla vite à un puzzle manquant de pièces et qui ne lui permit cette année-là de ne se qualifier… qu’une seule fois, au GP du Brésil !

L’écurie acculée financièrement fut déclarée en faillite en fin de saison à l’issue de laquelle le Chilien résigné décida non seulement d’arrêter la F1 mais aussi de retourner dans son pays d’origine où pour le fun, il disputa le Championnat de Course de Côtes qu’il remporta en 1984 et 1985, avant de retenter une deuxième chance en Europe dans le Championnat de F3000 qu’il disputa en 1986 et 1987 avec comme meilleur résultat un quatrième rang au pied du podium lors de la manche anglaise à Birmingham.

DÉTOUR VERS LES VOITURES DE SPORT ET L’IMSA DURANT 10 SAISONS.


24-HEURES-du-MANS-1982-SALAZAR-avec-Chris-CRAFTR-sur-la-DOME-RC-82-MARCH-©-Manfred-GIET

 

En 1988, suite à un essai chez DOME datant de 1982 sur une RC82,revirement total et inattendu de sa part, en décidant de rebondir dans une catégorie qu’il découvrait, le Championnat du Monde des voitures de sport.

Durant trois saisons  il roulera d’abord pour l’équipe SPICE deux années et remportera l’épreuve des 1000 Km de Fuji, en catégorie C2.

En 1989, il participera aux 24 HEURES du MANS, sur l’une des JAGUAR XJR-9 officielle de Tom WALKINSHAW et terminera à une honorable 8ème place qui lui permettra de prolonger son bail dans le Team officiel pour la saison suivante, toutefois sans décrocher de victoire.

 

24-HEURES-du-MANS-1990-SALAZAR-Equipe-JAGUAR-©-Manfred-GIET.

 

L’année suivante sans un changement tactique de dernière minute au sein des quatre voitures engagées au Mans, il aurait pu remporter l’épreuve puisque initialement inscrit sur la JAGUAR N° 3, il fut muté sur la N°4 au profit de Martin BRUNDLE qui lui passait de la N° 4 à la N°3 finalement victorieuse au décompte final alors que la N°4 de SALAZAR … se voyait contrainte à l’abandon, suite à des problèmes électriques. Sacré destin …

Comme quoi la victoire tient parfois à peu de chose !

Après une pause ‘’pilote’’ qu’il mettra à profit pour commenter des épreuves de sport auto sur une chaîne TV Chilienne, il tentera ensuite l’aventure aux USA, en disputant  de 1994 à 2002 des épreuves d’endurance en IMSA au volant de FERRARI 333SP avec MORETTI, avec laquelle il remportera les 2 HEURES de LIME ROCK, les 3 HEURES de WATKINS GLEN et les 2 HEURES d’INDIANAPOLIS, réussissant une toute belle saison, victoires auxquelles viendront encore s’ajouter quatre deuxièmes places.

En 1995, il passe ensuite au CART devenu de os jours INDYCAR, la F1 Américaine, sur une LOLA du Team Dick SIMON où il a du mal à s’adapter aux épreuves sur ovales mais terminera cependant à une belle quatrième place des célèbres 500 MILES d’INDIANAPOLIS et ce à moins de cinq secondes du vainqueur, un certain Jacques VILLENEUVE.

Ensuite il passe à la série rivale du CART, l’IRL où on le retrouve souvent aux avant-postes mais avec une seule victoire à son actif à LAS VEGAS.

Après un intermède chez RILEY & SCOTT et NIENHOUSE il se retrouve chez A-J FOYT où après ses deux rangs de 4ème et 6ème aux INDY 500 pour les écuries DICK SIMON et SCANDIA, il récidiva en terminant une fois sur le podium (3ème en 2000) et une fois 7ème .

Fasciné par le sport auto US, il fit même un ‘’one shot’’ en NASCAR mais sans grand bonheur.

Victime d’une grosse sortie de route en 2002, Eliséo mettra des mois à récupérer, ce qui l’incita probablement à préparer son ‘Stand Bye, après une ultime participation en endurance dans le Championnat ALMS (American Le Mans Séries), non sans avoir goûté à l’ambiance des rallyes puisque en 2012, il participa même à une manche du Championnat du Monde des Rallyes, au volant d’une MINI COOPER – derniére génération –  lors du Rallye d’Argentine et où, SALAZAR se classa 12ème !

La boucle étant bouclée, il reste toutefois toujours au faîte de l’actualité sport auto, étant même convoqué à l’une ou l’autre occasion par la FIA, pour faire partie du collège des  Commissaires qui veillent sur chaque GP.

 

Feliz cumpleanos-Happy Birthday Eliseo !

 

Manfred GIET

Photos:  Publiracing Agency

 


F1-Eliseo-SALAZAR-RAM-MARCH-01-1981-©-Manfred-GIET.

SALAZAR-Eliseo-Spice-SE-89-en-1989-©-Manfred-GIET

SALAZAR-Eliseo-Spice-SE-90C-en-1990-©-Manfred-GIET

 

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