FCA/PSA : MARIAGE D’AMOUR, DE RAISON OU… BIEN FORCÉ ?

 

 

 

Toute la presse en parle, c’est l’événement automobile de cette fin d’année, le possible mariage de PSA et de FCA…

Bruno Le Maire, notre ministre de l’Economie et des Finances, s’en réjouit et se voit déjà en témoin de PSA le jour de la célébration.

Pensez donc, ce mariage donnerait naissance au quatrième groupe automobile mondial, fort de plus de 8,5 millions de ventes par an !

Voilà de quoi bomber le torse et placer l’industrie automobile française au centre du business mondial.

 

 

 

Mais quelle est la dot de chacun de ces deux groupes ?

D’abord PSA, avec ses cinq marques bien implantées en Europe que sont Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall, cette dernière n’étant que le nom Britannique d’Opel.

Peugeot a aujourd’hui une gamme remarquable, allant de la petite 108 au gros SUV 5008, sans oublier la gamme des utilitaires et autres ludospaces, tel le Rifter. Peugeot se positionne comme le concurrent le plus sérieux du tout puissant Groupe Allemand  VW.

Du côté de Citroën, la gamme colle à celle de Peugeot (partage de plateformes, de motorisation, etc…) mais se positionne différemment, orientée vers le confort au volant et donc vers une clientèle plus sage et âgée.

Quant à DS, c’est un mystère ! Comment vouloir s’installer dans le haut de gamme avec seulement deux modèles, la DS3 Crossback et la DS7 Crossback, le haut de gamme DS7, véritable vaisseau amiral de la marque, étant motorisé par un moteur 1,6 turbocompressé.

C’est parait-il le très important marché Chinois qui est visé, mais dans le même temps, les concurrents Premiums Allemands, y proposent des modèles plus chics et bien mieux motorisés.

DS ressemble de plus en plus à une énorme erreur de marketing !

Quant à Opel (et Vauxhall), le positionnement au sein de PSA est difficile à cerner, il pourrait ressembler à celui du Skoda, dans le groupe VW.

Pour FCA, la donne est très différente, le groupe étant très bien implanté en Amérique du Nord avec les marques Chrysler, Dodge et Jeep.

N’oublions pas que les marchés du Canada et des USA … est plus grand que le marché Européen !

Du côté des marques Italiennes historiques, c’est une autre histoire !

Fiat n’arrête pas de multiplier les modèles et éditions limitées de son best-seller, la fameuse 500, mais celle-ci n’est plus un perdreau de l’année, et il faudra bien tôt ou tard, la mettre au goût du jour avec hybridation, aides à la conduite, électrification…

Et, c’est là que le bât blesse, car si la remplaçante n’est pas aussi « sexy » que l’actuelle et que le public ne suit pas, s’en est fini de Fiat, car franchement trés sincèrement, ce ne sont pas les Panda, Tipo, Qubo et autres Doblo qui pourront combler le trou…

Même la 124 Spider a quitté le navire…

Pour Alfa Romeo, un fleuron du groupe, la donne n’est pas la même. Les ventes ne sont pas au rendez-vous malgré des modèles extrêmement convaincants, notamment la Giulia et la Stelvio, la Giulietta attendant d’être remplacée, et l’anecdotique et très sportif 4C.

Quant à Lancia, marque iconique de tout amateur de sport auto – on n’oubliera jamais les Fulvia 1600HF, les Stratos, les 037, les Delta S4 et GrA, stars de rallyes des années 60 à 90 – quant à Lancia, donc, elle se meurt doucement au rythme des ventes uniquement italiennes, et au compte-gouttes, désormais de son Ypsilon.

Alors, il reste Maserati, un nom magique, des lignes époustouflantes, mais des ventes difficiles sur un marché du luxe qui se cherche entre berlines de prestige, coupés sportifs ou GT, et ces satanés SUV.

Et il y aussi Abarth qui est une magnifique signature pour Fiat, mais ce n’est qu’une signature telle que M pour BMW, AMG pour Mercedes, RS pour Audi et Renault.

Ce n’est pas un constructeur à part entière.

Enfin, n’oublions pas comme me le soffle Gilles Gaignult, ‘LE’ Vaisseau Amiral, qu’est la très prestigieuse firme Ferrari, l’emblématique marque de Maranello, celle qui rapporte assurément le plus de pépettes au Groupe, et ce année après année !

PSA lorgne sur le marché nord-américain depuis toujours, sans réel succès, pour ne pas dire sans jamais y réussir.

Profiter de la synergie des très importants réseaux des dealers Chrysler, Dodge et Jeep,serait certainement une opportunité exceptionnelle pour la marque au Lion et pour celle au double chevron, qui a vendu, en d’autres temps, quelques DS et autres SM aux américains pour qui l’Europe et la France représentaient l’élégance suprême.

Quant à FCA, c’est le partage de plateformes et de motorisations thermiques, hybrides et électriques qui semblerait le plus l’intéresser, étant très en retard pour répondre aux futures normes européennes draconiennes.

Sans oublier les marchés asiatiques, dans lesquels PSA est déjà même timidement, mais bien présent.

Mariage d’amour, non ! De raison, certainement. Forcé, peut-être bien que oui, car pas d’autres possibilités semblent possibles. Mais il est des unions raisonnables qui ont donné de belles dynasties !

Il faudra surtout gérer les relations des deux grands patrons, le futur Directeur Général, Carlos Tavarès et celui qui en serait le Président, John Elkann, un petit fils du patriarche, qu’était Giovanni dit Gianni Agnelli, et surnommé en son temps l’Avvocato, le ‘big boss’ de la maison Fiat. Décédé, à 82 ans, le 24 janvier 2003 à Turin

Les deux hommes d’affaires, Carlos Tavarès comme John Elkann, ayant dit-t-on, un ego très développé… affaire à suivre !

 

Gilles VIRMOUX

 

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