INAUGURATION DE L’EXPOSITION SUR LE FILM LE MANS 66 AU MUSÉE DU MANS.

 

FILM  LE MANS 1966

 

Les 24 Heures du Mans fascinent, captivent, enchantent, envoûtent, hypnotisent, mais surtout, elles propulsent les vainqueurs au rang de stars inconditionnelles.

Aux 24 Heures du Mans, il y a deux vainqueurs, les pilotes et la marque, la rapidité n’est rien sans la fiabilité.

Aux premières 24 Heures du Mans en 1923, les pilotes André Lagache et René Léonard ont remporté la course sur une Chenard et Walkcker de 3 litres de cylindrée à 92,064 km/h de moyenne.

 

Le MANS 66 – L’arrivée victorieuse des FORD – Photo : Thierry COULIBALY

 

En 1966, les Néo-Zélandais Bruce Mac Laren et Chris Amon ont remporté l’épreuve sur une Ford GT 40 MK II de 7 litres, à la moyenne de …201,196 km/h,  le progrès est en marche et le défi est d’autant plus grand !

Henri Ford avait une ambition, vaincre le Commendatore Enzo Ferrari au Mans, la plus grande course du monde. Il faut dire qu’Henri Ford a tenté de racheté Ferrari mais que ce dernier lui a claqué la porte au nez, furieux de ce camouflet, Ford a pris la décision de battre Ferrari sur son terrain de jeu favori : Les 24 Heures du Mans.

Après deux essais infructueux en 1964 et 1965 où trois Ferrari l’emportent, Ford aiguise ses armes, en 1966 !

Sont rangées en épis face au public la bagatelle de …13 Ford GT 40, dont cinq MK I de 4,7 L, les huit autres sont des MK II de 7 L

 


Le MANS 66 vue du départ Photo Thierry COULIBALY.

Le MANS 66 – L’une des FERRARI – Photo Thierry COULIBALY

 

Pour tenter de les empêcher de vaincre … 14 Ferrari se positionnent mais toutes ne sont pas des prétendantes à la victoire, il y a trois Dino 206 S, une 365 P2 Spyder de 4L, une 365 P2 de 4,4 L, deux 330 P 3 de 4 L, trois 365 P2/P3 de 4,4 L, une 250 LM, et en tourisme deux 275 GTB et une 275 GTB/C.

Les Ford ont un avantage de 75 CV sur la plus puissante des Ferrari, 475 CV contre 400 CV, ce qui détermine la grille de départ puisque trois Ford ont réalisé les trois meilleurs temps le poleman étant Dan Gurney sur sa MK II, avec une temps de 3’30’’ 06, soit une moyenne de 230, 103 km/h.

Pédro Rodriguez le véloce et intrépide petit Mexicain est relégué à près de trois secondes et les vieilles P2/P3 à près de quinze secondes !

C’est aussi l’année ou un jeune Belge débutant du nom de Jacky Ickx qui fera plus tard parler de lui dans cette épreuve, roule sur une GT 40 KM I avec un Allemand Jochen Neerpasch (abandon après 157 tours).

La lutte en tête est sévère, les Ford les plus rapides échangeant leurs positions régulièrement, la N°3 de Dan Gurney-Jerry Grant prend la tête dès le départ pour la céder à la 3ème heure à la N°1 de Ken Miles-Denis Hulme jusqu’à la 5ème heure.

Coup de théâtre, c’est la Ferrari N°27 de Pédro Rodriguez-Richie Ginther qui reprend la tête, mais Ken Miles lui la subtilisera à nouveau.

La GT 40 de Bruce Mac Laren et de Chris Amon est en embuscade, et au final, au bout des deux tours d’horloge de ces 24 Heures entre les deux firmes, trois Ford franchiront la ligne d’arrivée après une entente avec la N°1 qui a attendu la N°2.

Mais c’est la N°2 franchi la ligne en premier, il y a une demie seconde d’écart entre la N°1 et la N°2. La N°1 est partie en seconde position et la N°2 en quatrième, il y a un écart de 14,28 mètres entre les deux voitures, ajouté à la différence mesurée entre les deux voitures à l’arrivée, la N°2 a donc franchi vingt mètres de plus que la N°1, elle est donc déclarée vainqueur.

Ford n’ignorait pas cette partie du règlement puisqu’il en était destinataire de six exemplaires.

 

Le MANS 66 Le podium avec HENRY FORD Photo Thierry COULIBALY

 

(Automobile Club de l’Ouest) a été un partenaire indispensable pour la réalisation de ce film de James Mangold avec notamment Mat Damon et Christian Bale pour ses conseils avisés pendant deux années de préparation et de tournage.

 

Le MANS 66 – Le Dr. Wolfgang ULLRICH- Pierre FILLON et Fabrice BOURIGAULT –  Photo Thierry COULIBALY

 

L’horloge, les drapeaux, les panneaux, les hauts parleurs, les costumes tout a été orchestré avec l’aide de l’ACO, dont Fabrice Bourigault en charge du patrimoine au sein de l’Automobile Club de l’Ouest, a été le principal conseiller.

 

Le MANS 66 – La célèbre pendule du circuit des 24 Heures –  Photo Thierry COULIBALY

Le MANS 66  – Le drapeaux d’époque -Photo Thierry COULIBALY – – — –

 

Tous les décors ont été construit aux USA avec un réalisme minutieux, les scènes sont à couper le souffle, et la réalité parfois dépasse la fiction, on peut vraiment le dire « Ici le Mans se fait son cinéma… ».

 

Le MANS 66 – La reconstitution de stands à l’identique – Photo Thierry COULIBALY –

 

Une exposition qui durera jusqu’à la fin du mois de Février retrace cette course fabuleuse avec la présence de GT 40 (la N° 1014 et la N°1020), une CD Panhard, de nombreuses explications sur la course, une multitude de documents d’époque, les combinaisons authentiques des pilotes, des photographies, des extraits du film et un décor qui vous fait voyager dans le temps.

 

Le MANS 66 Henri PESCAROLO Photo Thierry COULIBALY

Henri Pescarolo nous a fait part ce mercredi soir 23 octobre à l’occasion de l’inauguration de l’exposition consacrée à cette édition 1966 et au film qui sortira en salle le 13 novembre de ses impressions de ce qui était pour lui sa première participation :

« Il n’était pas du tout prévu que je roule au Mans en 66, dans le garage il y avait ma monoplace F3 et un peu plus loin les protos Matra qui n’attiraient pas mon attention puisque je ne devais pas les conduire. Puis quelques jours avant le Mans, Lagardère – le patron de MATRA- me dit ‘Tu vas rouler avec Jean-Pierre Jaussaud sur la Matra 620 à moteur BRM’. Pendant la première séance d’essais, il y avait pas mal de problèmes avec l’auto qui était très compliquée, si bien que c’est Jean-Pierre qui la connaissait bien qui la dégrossie. Si bien que je suis monté dedans qu’à la nuit tombée, je ne connaissais pas le circuit, je ne connaissais pas l’auto, si j’ai une fois dans ma vie eu peur en voiture, c’est bien cette fois-là. Les Ford et Ferrari chassaient la pole et me passaient dans tous les sens avec 80 km/h de mieux dans les Hunaudières, c’était impressionnant, puis je me suis habitué. Mais en fait, je n’ai rien vu de ces 24 Heures, j’étais trop occupé et je suis ravi d’avoir assisté à la première de ce film qui m’a permis de savoir ce qui s’était exactement passé. C’est un très beau film grand public. »

Quant Bruno Vandestick lui demande comment étaient les autres pilotes Henri répond :

« Je suis un grand timide, je n’ai jamais osé parler avec ces stars qui en plus roulaient en F1, c’étaient tous des pilotes de légende… »

Des pilotes de légende certainement, mais dont fait maintenant partie de sympathique et toujours modeste Henri.

Henri nous fait ensuite part d’un événement survenu, en 1972 :

« Jean Luc Lagardère avait dit qu’il n’était pas question de s’attaquer avec la Matra 670 après le départ, j’étais dans les Hunaudières et je vois Jean-Pierre Jabouille arriver à ma hauteur et il me regardait, je lui ai rendu ce regard avant qu’il reprenne calmement sa place. C’est la seule fois où une telle chose s’est produite. »

 

Le MANS 66 – Peter MILES – Photo Thierry COULIBALY

 

Peter Miles répond à l’interrogation de Bruno Vandestick de savoir quel a été l’attitude de son père lorsqu’il est rentré à la maison ?

« Quand il est rentré, il n’a pas vraiment parlé de ce qui s’est passé, je ne l’ai appris que bien des années plus tard. Mon père était très strict, parlait peu et passait son temps dans le jardin avec ses roses. Un jour, je devais avoir une dizaine d’années, il m’a emmené en voiture de course sur un circuit dont je ne me rappelle pas le nom, mais j’ai eu tellement peur que je n’ai plus jamais voulu remonter avec lui. Mon père et Carroll Shelby n’étaient pas super copains, mais ils avaient des relations cordiales, parfois les mots étaient forts mais jamais ils n’en sont venus aux mains, la clé dans le film est une pure fiction. ».

 

Le MANS 66 – Le Docteur Wolfgang Ullrich en interview avec notre ami Bruno Vandestick  – Photo Thierry COULIBALY

 

Bruno Vandestick pose la question au Docteur Ullrich – longtemps responsable de l’équipe AUDI – de savoir s’il lui est arrivé de privilégier un équipage plutôt qu’un autre.

Wolfgang Ullrich lui répond :

« Il est indispensable de définir une stratégie pour gagner au Mans et tirer des leçons de nos erreurs de façon à faire en sorte qu’elle ne se reproduisent pas. La stratégie est indispensable pour les pilotes, pour les mécaniciens, les ingénieurs et globalement pour toute l’équipe, mais elle peut tout à fait évoluer en fonction de la course. Je n’ai jamais priorisé une voiture, c’était la meilleure qui devait gagner, se battre pour la victoire. Il est parfois arrivé que la voiture la plus lente a été utilisée pour effectuer des tests pour permettre à la voiture sœur en tête de pouvoir gagner. »

Bruno Vandestick lui demande ensuite :

« Maintenant que vous êtes retiré, vous avez tout de même fait passer les trois voitures sœurs la ligne d’arrive ensemble. »

Docteur Ullrich, lâche :

« Oui, mais vous savez, il y a au-dessus de vous des personnes qui sont vos supérieurs et qui estiment qu’il est bon pour la marque de donner cette image… Mais cela n’a jamais été une incorrection de ma part.»

 

Le MANS 66 Pierre FILLON Photo Thierry COULIBALY

 

Le Président de l’ACO, Pierre Fillon conclut :

« L’exposition est vraiment magnifique, et résulte d’une parfaite entente avec la firme cinématographique FOX. Cela faisait longtemps qu’un projet de film était en gestation et c’est une parfaite réussite, c’est un très grand film. C’est le second film après celui de Steve Mac Queen qui est si proche de la course des 24 Heures du Mans. Il convient de souligner que le chef décorateur est un Français Monsieur François Audouy qui a réussi la prouesse de reconstituer si fidèlement l’ambiance inégalable du Mans. En tout ce sont 34 voitures qui ont été reconstruites pour ce film qui plaira à tous, parce que la course s’est avant tout une histoire d’hommes. »

 

 

Thierry COULIBALY

Photos : Thierry COULIBALY

Le MANS 66-  Peter Miles, le fils de Ken Miles , Pierre Fillon Président de l’ACO, Henri Pescarolo quatre fois vainqueur au Mans et Le docteur Wolfgang Ullrich – Photo :Thierry COULIBALY

 

Le MANS 66  – Photo Thierry COULIBALY


Le-MANS-66- La UNE de l’ARGUS-Photo-Thierry-COULIBALY.

Le MANS 66 Accreditation presse Photo Thierry COULIBALY

Le MANS 66 Panneau des essais Photo Thierry COULIBALY

Le MANS 66 – Le casque et la combinaison de KEN MILES – Photo Thierry COULIBALY

 

 

24 Heures du Mans Endurance

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