VESTERINEN, COUTARD ET LEJEUNE GAGNENT ‘LE VENTOUX TRIAL CLASSIC’ 2019 !

ÉMOTION INCROYABLE D’ÉRIC LEJEUNE À L’ARRIVÉE

 

 

Éric Lejeune est en larmes et me tombe dans les bras…

« C’est la première fois que je termine un parcours à zéro, je gagne avec les deux mecs que je respecte le plus au monde, je gagne avec la bicylindre 175 d mise au point par papa en 1964, bonheur ! »

 

VESTERINEN, COUTARD, LEJEUNE, TRIO DE FOLIE

 

Nous sommes à Malaucène, au pied du Ventoux, à la fin des deux jours du plus beau Trial Classic que je connaisse.

Le pays a des couleurs d’été indien, il fait un temps superbe, une lumière superbe après un samedi au ciel grincheux.

Une sorte de perfection flotte dans l’air, de la magie.

Le Trial ?

Il faut passer des obstacles à moto, sans poser le pied à terre, on est alors à zéro.

Le zéro est la perfection ! C’est un truc un peu biscornu et intello mais ce sont les Anglais qui l’ont inventé, normal que ce soit un peu compliqué…

 

CHARLES COUTARD, LE STYLISTE ABSOLU DU TRIAL

Il y a 18 zones de franchissement à passer par jour, reliées par des chemins d’interzone sur une cinquantaine de km,  pour les pilotes, c’est un week end absolu, initiatique pour certains, superbe pour les habitués.

Aujourd’hui le Trial est devenu affaire d’acrobates mais le Classic, c’est un truc d’artistes.

 

YRJÖ VESTERINEN ET SA MAGNIFIQUE BSA

De bijoutiers de la moto.

Rentrer à zéro signifie que l’on n’a pas posé le pied une seule fois de la journée, c’est le parcours parfait.

J’ai commencé ma carrière il y a quelques dizaines  d’années à Moto Verte, dans le Trial.

 

ÉRIC LEJEUNE, LE MOZART DU BICYLINDRE

Mes potes et mes héros de ces grandes années couraient sur des motos superbes, pilotaient avec une élégance folle, avaient un sens de l’humour permanent… et la vacherie facile…

Je les retrouve chaque année à Malaucène, le VTC Ventoux Trial Classic existe depuis 20 ans, il a commencé avec 68 participants, cette année ils étaient près de quatre cents et on a refusé des dizaines de demandes d’engagement !

C’est dire que comme dans l’automobile, le Classic, dans le Trial, c’est une sorte d’aimant…

 

YRJÖ A POSÉ UN PIED EN DEUX JOURS

On court ici par équipes de trois pilotes.

Yrjö Vesterinen est là, il est finlandais, il a été Champion du Monde en 1976, 1977 et 1978 sur Bultaco, il est aussi le premier pilote non anglais à avoir gagné le Scottish Six Days Trial (sur Montesa) les Six Jours d’Écosse, la plus belle épreuve au monde.

Vesterinen est la légende du trial, un peu le Agostini de ce type de courses.

Il fait équipe avec Charles Coutard, légende du trial français, 10 fois champion de France, vainqueur de trois GP, le style de pilotage le plus élégant que je connaisse.

 

CHARLES COUTARD LE MAGICIEN

Le troisième larron de cette « dream team » est Éric Lejeune, dont le frère Eddy a été champion du monde, son autre frère Jean Marie est champion de Belgique, lui son truc c’est aussi la compète depuis longtemps.

Compète mais au guidon d’une moto mise au point par son père, en 1964, surnommée la Ferrari, une bicylindre Honda 175 en trial c’est très rare, ça fait un bruit de feu, Éric est un costaud, il manie ça comme Mozart devait jouer du piano…

Pour la compréhension du Trial Classic… pour que tout le monde puisse courir, il y a plusieurs couleurs de zones de franchissement en fonction de la difficulté du parcours.

Un team choisit sa couleur avant la course et ne prend que les tracés de sa couleur, le team Vesty-Coutard-Lejeune est en bleu.

Ce n’est pas la difficulté maximale, ceci parce qu’Éric pilote une moto ancienne, Vesterinen aussi, une magnifique BSA de 1964.

Alors quand les motos sont un peu anciennes, il vaut mieux choisir un parcours moins aérien, histoire de ne pas rayer les motos qui sont préparées comme des déesses,  mais la difficulté de pilotage est alors la précision…

Bref c’est moins costaud, mais plus délicat.

 

PASCAL COUTURIER ET SA MOTOBEC’

Mon ami Pascal Couturier par exemple, a fait partie des pilotes de la grande époque.

Quatre fois vainqueur du Trial des Nations, le Championnat du Monde par équipes, champion du Japon à deux reprises, il est aujourd’hui le patron de Shoei France.

Il s’est préparé une Motobécane de 1957 (!) «just for fun» et il s’amuse comme un petit fou, à la fin du deuxième jour il a même passé pour le plaisir certaines zones en rouge… au grand bonheur du public et de lui-même…

 

UNE MOTO DE 1957 MENÉE DE MAIN DE MAÎTRE

Éric Lejeune l’a fait aussi…

Le résultat ? C’est simple, Vesty a mis un pied le premier jour, Coutard a fait deux jours à zéro, Eric a pris trois points le premier jour  mais divisés par deux parce que les motos sont anciennes.

Le deuxième jour il est comme porté par ce qui est son jour de rêve.

Eric rentre à zéro, permet à son équipe brillantissime et célèbrissime de gagner ce Trial devenu une sorte de grand classique du Classic…

 

SUPERBE VICTOIRE, HISTORIQUE !

J’ai du suivre près de 500 épreuves au total dans ma vie, je peux vous affirmer que les zones c’était pas de la tarte, autrement dit cette victoire est légitime, pas facile du tout, mais alors vraiment pas facile.

Certaines d’entre elles sont au niveau des championnats du monde des «eighties»…

Le Trial Classic, c’est un monde qui intéresse aussi les jeunes pilotes et c’est un bonheur.

 

ALEXANDRE FERRER

Ainsi Alexandre Ferrer, champion de France de Trial moderne, a t’il roulé (et gagné chez les rouges !) au guidon d’un Fantic, moto magique de la grande époque.

Ce Fantic a été développé par un pilote espagnol, Jaime Subira, que je vois chaque année, fidèle de cette épreuve.

 

JAIME SUBIRA

Bref ici, dans un paysage de folie, on marche dans l’histoire.

L’organisation, menée par l’ami Thierry Aubert est redoutable d’efficacité, par exemple le tracé de l’interzone est magique, mais on imagine le nombre de propriétaires auxquels il faut demander l’autorisation d’emprunter des chemins qui sont chez eux !

On imagine aussi l’énormité de la tâche, recevoir 300 pilotes, leurs amis et teams, le public, tout ça dans une formidable ambiance..

C’est simple, même si ça n’existe pas à l’état naturel, le bonheur, surtout par les temps qui courent, ici à Malaucène, deux jours par an, on peut le rencontrer.

Et… qui peut en faire autant, en dire autant dans le monde entier ?

 

LE VTC, LE TRIAL ABSOLU, L’INTERZONE EST MAGIQUE

Des moments comme ceux-là sont plus précieux que l’or…

En tous cas bravo à tous, si vous êtes pilote amateur de Trial (mais sur des motos Classic) ne ratez pas la prochaine édition, prendre le départ avec des Champions du Monde, ça ne vous arrivera pas souvent.

Et si vous avez envie de découvrir le Trial, une discipline incroyablement naturelle aujourd’hui (certaines motos ne s’entendent plus à trente mètres de vous…) allez à Malaucène l’an prochain, courir ou partager, deux jours inoubliables…

Et merci à mes potes pilotes pour leur enthousiasme et leur talent.

 

Jean Louis BERNARDELLI

Photos :  Maxime Lejeune Photography et Nicolas Nogue

 

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