LE CARNET DE NOTES DU RALLYE DE TURQUIE PAR… SÉBASTIEN OGIER.

 

 

 

 

Début ce jeudi 12 septembre du huitième Rallye de Turquie avec le traditionnel Shakedown !

Concurrent régulier du Championnat du Monde des Rallyes depuis 2008, le Français Sébastien Ogier a déjà connu une multitude de manches différentes. À la lueur de son expérience, il décrit l’ampleur du défi Turc…

 

 

Toi qui a connu plusieurs terrains qui avaient la réputation d’être très cassants comme l’Acropole ou Chypre, comment classerais-tu la Turquie ?

 « Pour moi l’an passé, c’était clairement pire. En termes notamment de taille de pierres que tu peux retrouver sur ton chemin. Après, je n’ai connu l’Acropole que sur sa toute fin, il y a sans doute eu avant des éditions très très éprouvantes.» 

 

La moyenne horaire y est la plus basse de toute la Saison. Quelles conséquences cela a-t-il ?

 «  C’est difficile pour la mécanique, car qui dit moins de vitesse dit aussi moins de refroidissement pour les différents organes. C’est également plus dur pour les équipages car avec les températures très élevées généralement enregistrées, le fait d’aller plus doucement signifie aussi moins de ventilation et moins d’air qui rentre dans l’habitacle. On s’attend donc à des conditions de chaleur extrêmes dans la voiture !» 

 

On dit communément que c’est un rallye où il faut savoir parfois gérer sa mécanique : concrètement, comment cela se matérialise-t-il ?

 « Dès les reconnaissances, outre la description du profil de la piste avec les angles de virage ou les distances, je fais en sorte d’identifier des zones à risques, des grosses pierres ou autres  cas particuliers, en essayant d’utiliser des mots les plus précis et parlants possibles.»   

 

On a vu l’an passé qu’être un bon mécanicien pouvait aussi être salvateur sur ce genre de courses…

« J’ai débuté dans le sport automobile par ce biais, j’ai donc quelques restes, mais je n’espère pas avoir besoin d’y recourir cette fois-ci. Comme ce genre d’épreuves peut s’apparenter à de la survie, on privilégie l’endurance en embarquant souvent deux roues de secours ainsi qu’un nombre de pièces de secours plus important qu’à l’accoutumée. Malgré tout, elles restent limitées, à l’instar aussi du kit d’outils dont nous disposons, ce qui veut dire qu’en cas de problème, la difficulté pour nous c’est que nous devons le plus souvent faire du bricolage, tout en essayant de concéder le moins de temps possible.» 

 

SECRETS DE ROUGES

 

Si Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ont conquis leur toute première victoire mondiale au Rallye du Portugal en 2010 à bord de la C4 WRC, celle-ci aurait pu arriver deux manches plus tôt dans la saison en Turquie, à l’époque où l’épreuve avait pour cadre les environs d’Istanbul.

Quatrième rendez-vous de leur deuxième saison seulement en C4 WRC, cette épreuve voyait les jeunes Français se porter en tête dès la troisième spéciale. Ils allaient la conserver pendant douze des vingt-et-un chronos finalement disputés, à la faveur de cinq meilleurs temps.

Mais l’éclatement d’un pneu dans l’ES 15 leur valait hélas de concéder plus de trois minutes, et ils allaient finalement terminer au pied du podium.

Ils étaient alors suppléés par l’autre équipage Citroën, la paire avec l’autre Seb, Sébastien Loeb et Daniel Elena, qui signaient avec leur C4 WRC, la quatrième victoire de Citroën en Turquie, après celles de 2003 (première de l’histoire de Citroën en WRC), 2004 et 2005 avec Xsara WRC.

 

Christian COLINET

Photos : TEAM

 

Rallye WRC

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