UNE 20ème VICTOIRE DE FERRARI A UNE SAVEUR PARTICULIÈRE DANS SON FIEF À MONZA.

 

FERRARI-Emblématique-Cheval-Cabré-©-Manfred-GIET

 

 

Cette deuxième victoire à la suite de Charles LECLERC en GP, avait ce dimanche 8 septembre 2019, une saveur toute particulière, après sa première décrochée malheureusement sous une chappe de tristesse, à la suite de l’accident mortel qui avait coûté la vie la veille samedi 31 août et lors de la manche de F2 le week-end précédent à Spa-Francorchamps, à son ami, le jeune espoir Français Anthoine Hubert, car à Monza ce dimanche 9 septembre, il s’agissait de la 20ème victoire de FERRARI devant ses tifosi dans le chaudron Lombard, à l’occasion de ce 70ème GP d’Italie, qui à une exception près, Imola en 1980, s’est toujours déroulé dans le Parc Royal aux portes de la capitale Lombarde, Milan.

Depuis 2010 et la victoire de Fernando ALONSO, au volant de la F10/056, la Scuderia restait donc sur sa faim… et n’avait plus triomphé sur ses terres !

PIERO LARDI FERRARI

 

C’est la raison pour laquelle cette victoire a, naturellement ravi, Piero LARDI FERRARI, le second fils et seul encore en vie – Dino est décédé  –  Piero né d’une union cachée entre Enzo FERRARI – décédé le 16 août 1988 – et Lina LARDI, mais qui aurait aussi  comblé ‘’Il Commendatore ‘’ de son surnom, par la manière dont le super talentueux Charles LECLERC, l’a acquise, après 53 tours d’une bataille féroce, avec les deux cadors de l’équipe MERCEDES, HAMILTON d’abord, avant que BOTTAS ne prenne le relais à la fin !

Autre grand absent pour assister à ce triomphe, à qui cette victoire et un paddock en délire, aurait mis de l’encens dans l’encensoir en plus de faire sonner les cloches à Modène, Don Sergio MANTOVANI, décédé il y a un an, le 15 septembre 2018, à l’âge de 92 ans.

 

MANTOVANI-Don-Sergio-L’aumônier du paddock et grand fan de Ferrari-©-Manfred-GIET.

 

Ce prêtre titulaire à la paroisse San Caterina de Modène, était depuis le début du Championnat du Monde de F1 en 1950, non seulement le plus fidèle supporter de la Scuderia, mais il était aussi un confident proche d’Enzo FERRARI, au fil des années, avant d’être nommé aumônier des pilotes par la CSAI (Commission sportive italienne du sport automobile) dont il arborait fièrement le brassard.

Unanimement apprécié dans les paddocks d’Imola et de Monza, vêtu d’un costume bleu-marine et portant le traditionnel col romain, il se baladait toujours avec un sac en cuir noir, dans lequel il avait toujours une médaille, ou une petite icône religieuse de la Vierge à l’Enfant et qu’il n’hésitait pas d’offrir aux pilotes, ou encore à ceux qui l’approchaient pour entamer une conversation.

Dans son célèbre sac noir, il possédait également un petit album avec pratiquement toutes les photos dédicacées des pilotes de F1 qu’il avait côtoyé depuis 1950 et dont beaucoup s’étaient confiés à lui, durant leur carrière.

Après sa vocation d’homme d’Église, c’est le sport automobile et la Scuderia qui occupaient la plus grande place dans sa vie, en étant toujours à l’écoute de ses paroissiens et ses fidèles du paddock.

Dans sa vie de prêtre, il s’engageait sans relâche pour les défavorisés et les aînés au point d’avoir été condamné un jour à dix mois de prison et une amende de 30 Millions de Lires pour avoir fait démolir une petite chapelle et y faire ériger une maison de repos sans autorisation de la Ville de Modène.

Comme il était déjà très proche d’Enzo Ferrari, qui dans sa jeunesse avait été baptisé, acolyte et marié  dans l’église où Don Sergio MANTOVANI officiait, il put bénéficier de l’aide et du charisme du grand patron de la Scuderia en voyant non seulement l’amende et l’incarcération réduite tout en bénéficiant d’un repas journalier qu’Enzo lui faisait parvenir en remplacement du menu carcéral indigeste auquel il aurait dû faire face.

 

F1-FERRARI-Don-Sergio-MANTOVANI-avec-John-SURTEES-©-Manfred-GIET

 

Don Sergio s’était également lié d’amitié avec le vieux briscard Italien du sport auto de haut niveau, Luigi VILLORESI, qui à la fin de sa carrière en 1955, avait sombré dans la pauvreté, avant que l’aumônier du paddock, ne le prenne en charge dans la maison de repos qu’il avait finalement fait ériger à Modène et où VILLORESI fut hébergé jusqu’à son décès en 1997.

Ce soigneur de l’âme dans le monde sans pitié du sport automobile, était tellement incrusté à la Scuderia, que même la sonnerie de son GSM… répondait au son d’un moteur FERRARI !

Et lorsque durant le sinistre week-end d’Imola le 1er mai 1994,  Ayrton SENNA fut héliporté vers une clinique de Bologne, c’est lui aussi en tant que religieux qui l’accompagna de l’infirmerie du circuit jusqu’à l’hôpital de Bologne.

En dehors d’Imola et de Monza, on l’a aussi vu célébrer des offices religieux à Monaco, Budapest au Mans, Zolder et au Nürburgring, avec parmi ses fidèles FANGIO-VILLORESI-SURTEES-MOSS-Enzo FERRARI-MANSELL ou SENNA.

Finalement chez ce tifosi ‘hors norme’ , il ne lui aura manqué que des hosties à l’effigie du Cheval cabré !

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

 

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