GERHARD BERGER, LE GAI LURON AUTRICHIEN, ADMIS AU CLUB DES… SOIXANTENAIRES !

 

 

 

 

Après son compatriote Jochen RINDT, décédé tragiquement à Monza le 5 septembre 1970, son pote Niki LAUDA, de dix ans son aîné et décédé récemment, BERGER est certainement l’Autrichien le plus connu dans la sphère du sport automobile de la République Alpestre.

Né le 27 août 1959 à Wörgl, petite ville près de Kitzbühel, au Tyrol Autrichien, où ses parents Olga et Johann BERGER, exploitaient une entreprise éponyme de transport international et de logistique en pleine expansion, le jeune Gerhard connut une adolescence heureuse dans un milieu familial plutôt aisé.

Son certificat d’études secondaire acquit, il fit ensuite un apprentissage en mécanique automobile, suivant le désir de ses parents qui souhaitaient lui ouvrir la voie pour une reprendre un jour l’entreprise familiale.

 

F1-BERGER-avec-son-pote-Niki-LAUDA-qui-l’avait-fait-venir-chez-FERRARI-©-Manfred-GIET

 

Si ses loisirs consistaient surtout à pratiquer assidûment le ski en hiver dans un environnement idéal situé non loin d’Innsbruck, son choix comme dérivatif estival, se porta rapidement vers le sport automobile, qui à l’époque était en pleine expansion dans la petite République des Alpes, avec des pilotes du calibre des ALBERT-BINDER-DENZEL-ERTL-KOINIGG-LAUDA-LECHNER-MARKO-PANKL-QUESTER ou RINDT, véritables porte-drapeaux d’une nation pour laquelle les sports mécanisés n’avaient plus de secrets et qui au fil des décennies allait s’impliquer à tous les niveaux du sport auto de haut niveau.

Passé par les phases classiques des formules de promotion, il prit son véritable envol en 1978, où âgé de 19 ans, il fit quelques brèves apparitions en Formule Ford et en F3 Allemande et Européenne chez KAUFMANN-MARKO et TRIVELLATO, écurie pour laquelle  il remportera deux victoires et sept podiums,se classant par ailleurs 3ème derrière Ayrton SENNA et Roberto GUERRERO au GP F3 de Macao, disputant en parallèle les Coupes ALFASUD, où rapidement il s’attira les faveurs de constructeurs en catégorie ‘’Tourisme’’.

C’est ainsi qu’il entama ce qui allait devenir une véritable liaison avec le constructeur Bavarois BMW engagé en Championnat Européen des Voitures de Tourisme (ETCC), où durant des années, il représenta la Marque à l’Hélice au sein des teams SCHNITZER-BMW ITALIA ou BMW BELGIUM.

 

F1 BERGER Gerhard-Début en GP avec une ATS en 1984-© Manfred GIET

 

Entre 1984 et 1986, il disputera 21 courses sur des BMW 635 CSi en ETCC avec des victoires aux 24 Heures de Spa-Francorchamps, aux 500 KM de Misano et au GP de Nogaro et fera une incursion de quatre GP chez ATS en 1984 et une pige en Interséries Européennes sur une URD/BMW.

1985 le vit faire une pige en DTM Allemand pour BMW sur une 635 CSi  ainsi que chez BRUN MOTORSPORT en WEC sur une Porsche 956.

 

F1 Gerhard BERGER au volant de l’Arrows 1985-© Manfred GIET-

 

Cette même saison ‘85 marquera toutefois son entrée en F1 pour une saison complète chez ARROWS BARCLAY sur une A 8 propulsée par un moteur BMW Turbo aux côtés du Belge Thierry BOUTSEN.

À défaut de résultats sur une ARROWS en perte de vitesse, il optera pour BENETTON l’année suivante poussé par BMW qui fournissait ses  moteurs 4 cylindres Turbo au Team de Flavio BRIATORE.

Il y signera sa première victoire en GP au Mexique après avoir fait valoir ses qualités de pilote tout au long d’une saison difficile,ce qui lui vaudra d’être embauché dans la plus prestigieuse écurie, la SCUDERIA FERRARI, à partir de 1987 jusque 1989.

 

UN VOLANT À LA SCUDERIA

LE GRAAL.

F1 Gerhard BERGER-Ferrari- Au GP Italie à Monza  son côté spectaculaire-© Manfred GIET

 

Signer chez FERRARI signifiait pour lui le Graal, le Mont Everest de tout pilote…

Sa première saison chez les ‘’rouges’’ sera sa meilleure avec deux victoires et un autre podium et il terminera 5ème au Championnat du Monde ‘’Pilotes’’ derrière PIQUET-MANSELL-SENNA et PROST, soit la plus belle brochette en 1987.

En 1988 grâce à une victoire, quatre podiums et quelques places d’honneur, il terminera 3ème au classement du meilleur pilote derrière la paire SENNA-PROST.

 

F1 Dépassement à 300 Km heure entre Berger et Piquet à Silverstone en 1991

 

Lors de sa troisième saison chez FERRARI, une terrible sortie de piste à IMOLA dans la funeste courbe de Tamburello – qui coûtera cinq ans plus tard la vie à son pote, l’inoubliable Ayrton SENNA – avec une FERRARI 640 embrasée, faillit à lui aussi, lui coûter la vie, s’en sortant miraculeusement avec quelques brûlures mais l’obligeant tout de même à faire l’impasse sur le GP suivant à Monaco.

Il remportera néanmoins une victoire au GP du Portugal pour clôturer en beauté sa 3ème saison chez FERRARI avant de s’exiler chez Mc LAREN-HONDA à partir de 1990 jusqu’en 1992.

SENNA L’INSTRUCTEUR, BERGER LE FANFARON !

F1 BERGER et son pote Ayrton SENNA-© Manfred GIET-

-BERGER-Gerhard-Mc-Laren-MP4-5B-1990-©-Manfred-GIET

 

Ses meilleures années d’un point de vue ambiance, il les passera assurément chez Mc LAREN-HONDA aux côtés de l’étalon, le grand Ayrton SENNA, plutôt timide.

Mais BERGER, en bon Tyrolien, malgré un Ron DENNIS souvent irrité et des motoristes Japonais plutôt réservés, parvint toujours à décapsuler l’atmosphère pesante et contrastante par rapport à l’ère PROST-SENNA.

Avec Ayrton SENNA, ils formaient une paire de copains inoxydables et sur les trois années communes chez Mc LAREN-HONDA, BERGER en N°2 récolta vingt-et-un podiums dont trois victoires.

 

RETOUR CHEZ FERRARI ET BENETTON

F1 Gerhard BERGER et sa FERRARI 412 T2 1995-© Manfred GIET

 

De retour chez FERRARI entre 1993 et 1995,si la saison ’93 fut médiocre avec un seul podium, les deux saisons suivantes furent nettement meilleures avec en ’94, une victoire et six autres podiums et en fin d’année, Gerhard, il termina 3ème sur le podium final du Championnat du Monde ‘’Pilotes’’ avant de tirer définitivement le rideau de la SCUDERIA fin 1995, clôturée avec six podiums mais sans victoire.

S’il quitta le Team de Maranello c’était pour fêter un autre ‘come-back’, cette fois chez BENETTON et en remplacement de Michäel SCHUMACHER qui faisait le chemin inverse.

 

F1 BERGER Gerhard chez Benetton -© Manfred GIET

 

Un retour qui se révélera cependant comme piège puisque l’écurie dirigée par Flavio BRIATORE, Championne du Monde en 1995 sera victime d’un sérieux creux au cours des saisons ’96 et ’97, où l’Autrichien, associé à Jean ALESI, fut le seul à récolter une victoire au GP d’Allemagne à Hockenheim en 1997.

Cette victoire sera sa dernière en F1, puisque en de saison, il remisera gants et casque après 14 années de présence en F1 et au cours desquelles, il aura disputé 210 GP, remporté 10 victoires, 17 secondes et vingt-et-une troisièmes places, décrochant au passage douze Pole et vingt-et-un tours les plus rapides.

Son père étant décédé tragiquement lors d’un accident aérien cette même année 1997, il s’occupera avec sa sœur Claudia de perpétuer l’entreprise familiale.

 

F1 BERGER ici avec SÉBASTIEN BOURDAIS, lance la SCUDERIA TORO ROSSO ex MINARDI

HOMME D’AFFAIRES ET DIRIGEANT EN SPORT AUTOMOBILE.

 

Passé de l’autre côté du muret des stands, il ne restera cependant pas inactif. Bien au contraire !

Dès 1998, il deviendra Directeur Sportif chez BMW MOTORSPORT, aux côtés de Mario THEISSEN et connaîtra d’emblée deux succès importants en 1999 aux 12 HEURES de SEBRING et aussi et surtout aux 24 HEURES du MANS avec les BMW V12 LMR.

En 2000, il retrouvera les paddocks de F1 avec WILLIAMS équipé de moteurs BMW jusqu’en 2003, avant de devenir co-fondateur de l’Ecurie TORO ROSSO, ex Scuderia MINARDI, avec son compatriote Franz TOST et sponsorisée par le géant Autrichien des boissons énergisantes RED BULL, de 2006 à 2008.

 

F1-Gerhard-BERGER-pour-son-dernier-GP-il-s’amusa-à-manœuvrer-le-camion-Benetton-©-Manfred-GIET

 

De 2012 à 2014, il exercera une fonction de Président de la Commission Monoplaces de la FIA avant de reprendre la Présidence du DTM Allemand et ce en remplacement de Hans Werner AUFRECHT, en 2017. Et entre-deux, il s’occupera aussi de sa famille avec laquelle il s’est établi à Monaco depuis de longues années, de son neveu Lucas AUER, pilote F3, DTM et actuellement en SUPER FORMULA Japonaise, ainsi que de l’entreprise de transport et de courtage familiale dénommée dorénavant TRANSPED EUROPE (GmbH.) qu’il gère en association avec sa sœur.

Atteignant dorénavant un âge ou beaucoup pensent à la retraite, Gerhard BERGER ne peut cependant pas encore imaginer un instant de quitter les paddocks du sport automobile, trop occupé par ses fonctions qu’ils prend à cœur comme lorsqu’il était derrière un volant.

 

Happy Birthday!

Gratulation zum Geburtstag Gerhard!

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency


F1-BERGER-avec-sa-fille-aînée-Cristina-qui-était-venue-le-surprendre-à-son-dernier-GP-à-Jerez-en-1997-©-Manfred-GIET

 

Glorieux Anciens

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