DEREK WARWICK ATTEINT L’ÂGE OU LES BOUGIES … COÛTENT PLUS CHER QUE LE GÂTEAU !

 

 

 

S’il y a un pilote Britannique à qui le sort n’a pas toujours été favorable, c’est bien de Derek WARWICK qu’il s’agit !

À  l’occasion de son 65ème anniversaire, souhaitons-lui, dès lors bonne chance pour son entrée dans la catégorie ‘’sénior ‘’et son futur cycle de rentier.

 

DEREK WARWICK

 

Né le 27 août 1954 à Alresford, près de Winchester au sud de l’Angleterre, comme aîné d’une famille réputée pour avoir bien les pieds sur terre, puisque son père possédait une entreprise de matériel agricole !

Déjà très jeune, Derek avait été attiré par tout ce qui tournait autour du Sport automobile, qui plus est en Angleterre, où il n’avait que l’embarras du choix.

Avec l’argent de poche de ses parents et l’aide financière d’un oncle, il débuta en STOCK-CAR sur des petits circuits ovales avec rapidement du succès, ce qui lui permit d’accéder à la FORMULE FORD, où là aussi, il ne fit que passer pour accéder rapidement à la très réputée F3 Britannique, à l’époque ‘le must, au niveau des formules de promotion, comptant des grilles de départ avec de jeunes pousses aussi relevées que des PIQUET-MANSELL-PROST-Geoff BRABHAM-LAMMERS-SCHLESSER-De ANGELIS-De CESARIS ou Stefan JOHANSSON.

On se souviendra surtout des Championnats Britanniques F3 BARC et BRDC disputés conjointement avec respectivement 17 et 10 épreuves en 1978, durant lesquelles, Nelson PIQUET et Derek WARWICK, se livrèrent en permanence des duels à couteaux tirés qui se soldèrent par un titre pour le Brésilien en BARC et WARWICK en BRDC qui pour tous les deux signifièrent une rampe de lancement pour la suite de leur carrière.

LA F2 COMME ANTICHAMBRE DE LA F1

DEREK WARWICK TOLEMAN F2

 

Fin ’79,  Derek WARWICK fit la connaissance des frères TOLEMAN, Ted et Bob, propriétaires d’une importante entreprise de transports routiers en Angleterre et mordus du sport automobile, au point de créer leur propre écurie de course, d’abord en Formule Ford avant de passer à la F2, en engageant la paire de pilotes, Brian HENTON et Derek WARWICK, qui en Angleterre était considéré comme grand espoir pour accéder à la F1.

En 1980, à eux deux, ils surclassèrent la concurrence se partageant le titre de Champion et vice-Champion avec respectivement trois et deux victoires, ainsi qu’une série de places d’honneur, ce qui mit les frères TOLEMAN sur un nuage, décidés du coup de passer au stade suivant … la F1 dès 1981.

 

DEREK WARWICK TOLEMAN F1

 

De 1981 à 1983, Derek WARWICK disputa 28 GP pour cette nouvelle écurie qui connut des débuts pénibles surtout au cours des deux premières années, vierges de tout point.

Pour sa dernière saison chez TOLEMAN, Derek à l’allure de ‘Clerc de Notaire’, connut une bonne passe, scorant à cinq reprises dont quatre d’affilée qui lui valut d’être noté dans les blocs-notes des Team-Manager.

Du coup, Derek fut recruté par l’équipe Française RENAULT SPORT en 1984, aux côté de Patrick TAMBAY en remplacement d’Alain PROST parti chez McLAREN, WARWICK, pensant fermement être placé sur orbite surtout après son 1er podium réalisé lors de l’ouverture de la saison à Kyalami au GP d’Afrique du Sud et sa deuxième place au GP de Belgique disputé en e temps-là, à Zolder, où il manqua même la victoire d’un fifrelin.

 

Derek WARWICK-Renault RE50-1984-© Manfred GIET

 

Puis vint la dure réalité des choses avec des abandons suite à des problèmes techniques que RENAULT avait du mal à cerner et ce avant de retrouver espoir, chez lui au GP d’Angleterre, épreuve où il terminera à nouveau deuxième, avant de décrocher un troisième podium au GP d’Allemagne à Hockenheim, performance qui sonnera toutefois le glas d’une saison de laquelle il avait espéré beaucoup plus.

Sa deuxième saison chez RENAULT en 1985, se révèlera encore bien plus décevante, avec un maigre butin de cinq points seulement de récoltés, l’écurie RENAULT déposant les armes en fin de saison, en tant qu’équipe, laissant par la suite, son ‘haras de chevaux à vapeur, à d’autres teams comme simple motoriste.

Pour la saison ’86, il eut une touche chez LOTUS, grâce à Ayrton SENNA, qui au départ, souhaitait l’accueillir à ses côtés mais comme N°2 et ce que le Team LOTUS acceptait avant que ‘Magic’ SENNA, ne se ravise en gardant de la méfiance devant le fait qu’un pilote anglais dans un team anglais, pourrait à un certain moment devenir privilégié.

 

Derek WARWICK Team Brabham 1986-© Manfred GIET

Après l’accident mortel survenu à Elio de ANGELIS lors d’essais au circuit PAUL RICARD en 1986, il deviendra son remplaçant chez BRABHAM-BMW, aux côtés de Riccardo PATRESE, jusqu’en fin de saison, longue comme une journée sans pain et sans…points,  et ce à cause d’une BRABHAM BT55 qui s’avéra comme un loupé, un… bide total.

Finalement WARWICK atterrira chez ARROWS pour trois saisons, de 1987 à 1989, et sans casser la baraque d’abord sur un châssis A10, conçu par Ross BROWN mais motorisés par MEGATRON, un bloc propulseur dérivé du 4 cylindres BMW 1.500 cm³ mais rendant plus de 100 cv au moteur original allemand.

 

Derek Warwick-Footwork 1993- © Manfred GIET

 

Bilan de sa première saison… simplement 3 points, avant de retrouver une lueur d’espoir l’année suivante avec un nouveau châssis du cette fois à Alan JENKINS et avec lequel, il marqua tout de même 17 points.

S’il resta fidèle à ARROWS en ’89, en démontrant toute sa bonne volonté à faire progresser le Team Britannique, en prenant nettement le dessus sur son équipier, l’Américain Eddie CHEEVER, le bilan final avec 7 points inscrits, restera loin de son attente en raison surtout des difficultés de budget du team anglais.

 

Derek WARWICK-Team Camel Lotus 1990-© Manfred GIET

 

Enrôlé par le Team CAMEL LOTUS-LAMBORGHINI en 1990, comme équipier du nord-irlandais Martin DONNELLY, sa saison fut une nouvelle désillusion complète, dans une écurie qui n’était plus que l’ombre d’elle-même, ce qui lui fit marquer une pause de deux ans, avant de revenir pour la saison ’93 chez FOOTWORK-MUGEN HONDA mais un Team qui impliqué dans un scandale politico-financier, se trouvait rapidement à la dérive !

Finalement cette saison sera celle de son dernier intermède en catégorie reine qu’il clôtura avec une quatrième place au GP de Hongrie comme meilleur résultat final.

 

RÉCOLTE PLUS FRUCTUEUSE EN  CATÉGORIE SPORT-PROTOTYPES

Derek WARWICK-430 Km Nürburgring 1991-Jaguar XJR-14- une victoire qui avait failli terminer en pugilat lors des qualifications © Manfred GIET

 

Dans l’intervalle des douze années passées dans la catégorie reine du sport automobile, Derek WARWICK avait déjà parfois occasionnellement bifurqué vers la discipline des sport-protos.

En 1983 et 1986, il disputa quelques treize épreuves d’Endurance, rafflant au passage, la victoire aux 1000 KM de BRANDS-HATCH sur une PORSCHE 956 de l’écurie de John FITZPATRICK, en ’83, avant de récidiver aux  1000 KM de SILSVERSTONE en ’86, cette fois au volant d’une JAGUAR XJR 6.

Mais, son véritable envol en sport-protos allait se faire en 1991 et 1992, pour JAGUAR d’abord en remportant  les manches d’Endurance de MONZA, de SILVERSTONE, du NÜRBURGRING et de SUGO au Japon en ‘91 avant de passer chez PEUGEOT sur une 905, l’année suivante après avoir été sacré vice-Champion du Monde.

En 1991, il avait d’ailleurs connu une sérieuse altercation avec Michaël SCHUMACHER aux 430 KM du Nürburgring, lorsque en lutte pour la pole, il s’était fait sérieusement harponner par la MERCEDES C 11 du ‘jeune teuton’, qui déjà à l’époque savait faire usage de son côté ‘’Bad Boy’’ lorsque pour lui les choses tournaient au vinaigre…

À la fin de la séance qualificative, WARWICK, irrité par la mort tragique en course de son frère cadet Paul quelques jours auparavant, admonesta Michaël SCHUMACHER dans le camion MERCEDES et d’un coup de coude; l’étendit sur une table de massage  et ce avant que des responsables des Teams respectifs, ne mettent fin, à ce qui allait dégénérer en grosse bagarre.

 

PEUGEOT 905 aux 24 HEURES DU MANS en 1992

 

Passé chez PEUGEOT en ’92, Derek remporta les épreuves d’Endurance de SILVERSTONE, de DONINGTON et de SUZUKA et celle qui représente son couronnement en sport auto, les 24 HEURES DU MANS à l’issue d’une saison qui le verra sacré Champion du Monde d’Endurance.

Après une ultime et dernière tentative non concluante aux 24 HEURES DU MANS sur une COURAGE C36 en 1996,  on le retrouvera encore occasionnellement au volant de Voitures de Tourisme du Championnat Britannique du BTCC, avec une victoire sous la pluie à Knockhill, ainsi que dans la série GRAND PRIX MASTERS avec quelques anciens comme MANSELL, PATRESE STUCK ou DANNER, avant de prendre ses distances par rapport au pilotage tout en restant impliqué dans beaucoup de domaines du sport auto et notamment comme Président du très renommé BRDC (Club des anciens pilotes de course britanniques), ou pour s’occuper de la guidance de ‘jeunes pousses comme Lando NORRIS ou George RUSSELL et même comme commissaires de course en GP.

En 2015, Derek fut victime d’une tumeur qui nécessita six mois de chimiothérapie avant d’en être débarrassé.

Avec 146 GP au compteur, il lui a juste manqué ce petit brin de chance de ne pas être tombé dans le bon team au bon moment et qui l’a empêché de fêter des victoires en GP, son seul regret…

Aujourd’hui, Derek vit paisiblement avec son épouse Rhonda et ses deux filles Marie et Kerry, sur l’Île de Jersey.

Happy Birthday Derek!

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency

 

Glorieux Anciens

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