EN 1988… UNE VARICELLE EMPÊCHA LE MOTORISTE HONDA D’ÉTABLIR UN RECORD HISTORIQUE EN F1.

 

 

Le 13 mai 1950 restera gravé comme la date où le Championnat du Monde de F1, a été porté sur les fonts baptismaux, à l’occasion du GP d’Angleterre à Silverstone.

Si depuis… 70 éditions ont été disputées, cette discipline du Sport Automobile décrite à juste titre comme catégorie ‘reine’ n’a cessé d’évoluer, tant techniquement qu’humainement.

Au fil du temps, ce Championnat du Monde, n’a cessé d’évoluer pour atteindre des degrés de fiabilité atteignant quasiment la perfection.

Tout cela grâce à des chefs d’équipes et des techniciens hors pair.

Que ce soit au niveau des châssis, moteurs, lubrifiants ou pneumatiques, l’évolution a été constamment exponentielle et en sept décennies, on est passé plein pot, de l’ère des ‘’garagistes’’ à l’ère ‘’full électronique’’.

 

114 ÉCURIES. 20 MOTORISTES ET 764 PILOTES DE 38 PAYS

F1 – Une petite équipe venue de la F 3000, l’Écurie First avec Gabriele Tarquini

 

114 écuries, 20 motoristes et 764 pilotes de 38 nationalités différentes, ont été jusqu’à présent les grands animateurs de l’impressionnant manège, qu’est devenu au fil des ans, la F1, avec des grilles de départ discrètes au tout début, pléthoriques par la suite jusqu’à 40 monoplaces, avant d’être figées à seulement… vingt unités actuellement.

À l’exception des blocs propulseurs américains impliqués lors des onze GP comptant pour le  Championnat du Monde de F1 qui se sont déroulés entre 1950 et 1960, sur le célèbre ovale US dans le cadre des 500 Miles d’Indianapolis, où l’on enregistra même une Pole en 1952, pour un bloc diesel qui équipait la KURTIS-KRAFT de AGABASHIAN… le plus Russe des pilotes Américains, sur les vingt motoristes qui animent ou animèrent la scène mondiale de la catégorie ‘reine’ on relève tout de même… dix-sept artisans Européens, contre un quatuor Nippon composé de HONDA, MUGEN-HONDA, TOYOTA et YAMAHA.

 HONDA : LE NEC PLUS ULTRA DURANT L’ÈRE TURBO

F1-HONDA- Au GP de MONACO, la Mc-LAREN-MP4-4-Moteur-V6-Turbo de 1988-©-Manfred-GIET.

 

Parmi ces quatre motoristes asiatiques, c’est incontestablement HONDA, basé à ASAKA à 400 Km au Nord-Ouest de Tokyo, qui s’est offert le plus beau palmarès et ce durant l’ère ‘’Turbo’’.

Si les écuries sont toujours restées enfermées dans le mutisme pour toute question relative à la puissance de leur blocs propulseurs, à l’époque de l’ère Turbo initiée par RENAULT, en 1977 avec son V6 de 1500 cm³ et ses 510 cv, en 1986,  BMW lui équipait le Team BRABHAM avec une unité de puissance qui en qualification atteignait la barre de 1.430 CV pour devenir le bloc-moteur le plus puissant de l’histoire de la F1 entre 1986 et 1987.

 

F1-BMW-Moteur-Turbo-V6-1.500-cc-de-1988-développant-1.430-CV-et-considéré-comme le-plus-puissant-jamais-utilisé-en-F-1-©-Manfred-GIET.

Néanmoins BMW se retirait fin 1987 tandis que  pour la saison 1988, les rivaux se bardaient de moteurs turbocompressés toujours plus performants à l’exception de HONDA qui avait plutôt désarmé en créant un V6 de ‘’seulement’’ 680 CV mais peu gourmand et parfaitement adapté au nouveau règlement introduit par la FIA et qui imposait en effet une consommation maximale de carburant fixée à 150 litres ainsi qu’une pression de suralimentation ne pouvant dépasser les 2,5 bar pour toute la distance des GP.

En effet, dès l’entame de la Saison ’88, HONDA qui avec ses nouveaux propulseurs badgés RA168E, équipait entre autre l’Écurie Mc LAREN et les MP4/4 de PROST et SENNA, considérés comme les meilleurs châssis jamais construits par le Team de Woking, HONDA se créa un tel avantage au cours des onze premiers GP de la saison que pour la concurrence il ne resta que les miettes après que PROST, qui s’imposa quatre fois tandis que son équipier SENNA, triomphait, lui, à sept reprises, en montant sur la 1ère marche du podium avant un certain GP d’Italie à Monza disputé le 11 septembre 1988.

AYRTON SENNA PRESSÉ DE SE DÉFAIRE DE JEAN-LOUIS SCHLESSER, LE PIGISTE…

F1-1988-GP ITALIE à MONZA-La WILLIAMS de Jean-Louis SCHLESSER-© Manfred-GIET.

Au GP d’Italie, le 11 septembre 1988 à Monza, l’écurie McLaren-Honda sous l’impulsion du duo de rêve SENNA-PROST, qui jusqu’alors avait tout balayé sur son passage, partait grande favorite pour le GP d’Italie dans le temple FERRARI de Monza pour entamer  cette 12ème manche du Championnat du Monde.

Et comme déjà lors des onze épreuves précédentes un nouveau duel interne entre les deux fers de lance du Team cher à Ron DENNIS s’annonçait après que SENNA et PROST aient à nouveau ‘’squattés’’ la première ligne en qualifications.

À ce petit jeu, Ayrton SENNA le Poleman, prit nettement les devants avant que PROST ne soit victime au 35ème des 52 tours de la toute première défaillance mécanique de l’année pour le moteur HONDA.

Mais il restait toujours SENNA, qui en leader souverain, égrenait les tours avant d’être averti par son Team qui lui demanda suite à la casse de Prost, de diminuer la pression de suralimentation de son moteur, dont la cartographie était pourtant réglée pour une pression maximale.

La suite se résuma à un calvaire pour le pilote Brésilien qui après avoir compté jusqu’à 30 secondes d’avance, voyait tour après tour, fondre la Ferrari de l’Autrichien Gehrard BERGER sur sa McLaren, avant d’être victime  à deux tours du damier, alors qu’il avait toujours une petite avance de cinq secondes sur la FERRARI du pilote Autrichien, d’un malentendu entre lui et le Français Jean-Louis SCHLESSER, le très expérimenté quarantenaire pilote en Protos, DTM et Rallyes-Raids mais néophyte en F1- effectuant une pige au pied levé pour l’écurie WILLIAMS en remplacement de Nigel MANSELL atteint de la varicelle !

Alors qu’Ayrton SENNA abordait la première chicane et s’apprêtait à doubler le pilote tricolore au volant de la WILLIAMS ‘’Red Five’’ de Mansell, Ayrton manqua de patience en voulant doubler Jean-Louis SCHLESSER qui en voulant lui laisser la place, mordait dans l’herbe avant de se retrouver ensuite dans la trajectoire du Brésilien au moment de récupérer sa WILLIAMS et remonter sur la piste.

La Mc LAREN et la WILLIAMS se touchèrent au point de rester en rade pour le compte, ouvrant ainsi la porte pour un inattendu doublé FERRARI, avec BERGER et ALBORETO et ce quelques jours après les funérailles du Commendatore’’ l’Ingeniere Enzo FERRARI, décédé le 14 aoû, à Modène où il est enterré au Cimetière San Cataldo.

Si ce doublé atténua quelque peu la tristesse au sein de la Scuderia et des Tifosi quelques jours après les funérailles du Commendatore Enzo FERRARI, HONDA et Mc LAREN, voyaient s’éloigner toutes chances de réussir un coup d’éclat jamais réussi auparavant au vu de ce que fut la suite du Championnat du Monde 1988 et qui leur aurait permis d’avoir remporté tous les GP cette année-là, ce qui aurait constitué un fait unique dans l’histoire de la F1.

QUI SERA LE PREMIER À TOUT RAFLER DURANT UNE SAISON ?

F1 2019 HOCKENHEIM – les deux MERCEDES d’HAMILTON et BOTTAS qui écrasent la F1

 

Depuis 2014 en F1, on est passé en mode TURBO-HYBRID de 1.600 cm³ que les détracteurs résumaient à l’ère ‘’TOYOTA PRIUS’’ avant de se raviser puisqu’entretemps le gratin des motoristes frisent également  le mur du son de 1.000 CV, en qualifs du moins, tout en atteignant des degrés de fiabilité hors du commun.

Seul bémol, un trio d’écuries s’est cristallisé où l’on retrouve toujours les mêmes en lutte pour les lauriers.

En effet, depuis six ans, aucun autre team que FERRARI-MERCEDES ou REDBULL (motorisé par RENAULT et depuis cette année par HONDA) n’a réussi à se mêler à la lutte pour la victoire.

Cependant, malgré une domination outrancière aucune des trois écuries n’a réussi à atteindre le Graal en empochant toutes les victoires sur une même saison ou ce ne fusse que de se rapprocher du record de Mc Laren-Honda détenu depuis 1988.

 

Manfred GIET

Photos : Publiracing Agency et PIRELLI

 

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