EWC 2019 AUX 8 HEURES DE SUZUKA : KAWASAKI KRT GAGNE SUR LE TAPIS VERT ET KAWASAKI SRC CHAMPION DU MONDE D’ENDURANCE.

 

 

C’est la course la plus célèbre au monde, avec ses propres règles auxquelles se soumettent les concurrents du Mondial d’Endurance, c’était ça ou les Huit Heures de Suzuka se déroulaient toutes seules.

Il y a donc deux courses distinctes, l’une pour la gloire du Japon, avec des motos d’Usine incroyablement performantes et des motos d’Endurance respectant les règles du Championnat du Monde EWC, infiniment moins rapides, moins équipées en électroniques, en pneus, en tout en fait.

 

LE TEAM SRC KAWASAKI CHAMPION DU MONDE

 

Cela dit, l’autre course était la finale de l’Endurance mondiale avec deux équipes en lutte proche, la Kawasaki SRC financée par Kawasaki France et la Suzuki du SERT de Dominique Méliand dont c’était la dernière course, un seizième titre mondial eût été un beau cadeau d’adieu mais le destin en a décidé autrement, et dans les cinq dernières minutes d’une course incroyable et se finissant en loto.

Côté Usines,  Guintoli et sa Suzuki Usine Yoshimura ont mené la course dans la première heure, pour passer ensuite derrière l’Honda FCC TSR qui court en Mondial mais avec des pièces spéciales fournies par l’Usine, c’est autorisé même si c’est débile.

 

GUINTOLI A ROULÉ EN TÊTE DURANT LE PREMIER RELAIS

 

Mais pour avoir une chance de décrocher le titre, il eût fallu que cette moto terminât sur le podium, ce qu’elle ne sera jamais en état de faire.

Idem pour la YART Yamaha, qui roule aussi avec des pièces d’Usine mais avait tellement de retard au général qu’il eût fallu un Océan Pacifique de chutes devant pour arriver au titre.

Donc, trois usines vont prendre, tour à tour, le lead et resteront en paquet, dix-quinze secondes entre les trois, jusqu’à 5 minutes de la fin.

  LA KAWASAKI KRT EN TÊTE À CINQ MINUTES DE LA FIN CHUTE ET GAGNE SUR LE TAPIS VERT

 

La Kawasaki KRT Usine roule avec deux de ses trois pilotes, Rea et Haslam, le troisième, le turc Razgatlioglu ne roulera pas un seul relais, officiellement il souffre de l’épaule, mais surtout il est le moins rapide de la bande et comme dès le début la victoire se joue à dix secondes près, les verts ne prennent pas le risque de le faire courir.

Il doit l’avoir mauvaise, venir au Japon, se cogner les très longues sessions d’essais et de qualifs, faire partie de l’équipe qui est deuxième sur la grille de départ et regarder la course à la TV…

Chez  Yamaha Tech21, on fera courir les trois pilotes même si le jeune batave Van der Mark, pilote brillantissime mais blessé depuis un mois, est le plus lent mais son manque de perf (relatif) sera compensé par le pilotage brillant de ses camarades Nakasuga et Lowes.

 

L’HONDA RED BULL BATTUE MAIS DANS L’HONNEUR DES SAMOURAÏS

 

Enfin, l’Honda officielle Red Bull, avec un Bradl assez lent car c’est sa première course d’Endurance, elle aligne aussi un pilote japonais, Takahashi qui sera le meilleur pilote de cette épreuve 2019, selon les mots de Christophe Guyot, sublime commentateur sur Eurosport et expert total de l’Endurance, il a été plusieurs fois Champion du Monde avec son team GMT 94.

Guyot avait repéré tout de suite que l’Honda usine disposait d’une électronique encore supérieure à celle dont disposent les teams en MotoGP, ce qui lui permettait pratiquement de rouler dix minutes de plus par relais, autrement pouvant éviter le dernier ‘ravito’, soixante secondes gagnées ‘gratoche’…

C’est à deux heures de la fin qu’Honda a changé de tactique, on a du refaire les calculs et penser que ça passait vraiment trop fin, et donc la victoire devait se jouer entre ces rrois motos sur un plan purement sportif.

Jonathan Rea se déchaîne et sur la fin la Kawasaki a course gagnée, presque trente secondes d’avance à quelques minutes de la fin.

 

LA SUZUKI DU SERT CHAMPIONNE DU MONDE CINQ MINUTES AVANT LA FIN

 

Pendant ce temps, les deux teams permanents du Mondial se font une course à distance, puisqu’ils veulent respecter les règles de l’EWC, possible aussi que les Usines aient refusé de les aider.

Le SERT évolue entre la huitième et la onzième place, on pensera longtemps, très longtemps parce que la Kawasaki SRC est seizième et en plus Nigon se met au sable, que Dominque Méliand va quitter l’Endurance avec son seizième titre, il y aura longtemps 11 points d’écart entre les deux motos, le SERT ayant donc cinq points d’avance au Général du Mondial.

Sur la fin, le duel devient crispant car le SERT ne parvient pas à remonter, et le Kawasaki SRC lui, remonte, le titre du SERT ne rient plus qu’à un point.

Et on en arrive aux cinq dernières minutes….

 

KAWASAKI SRC CHAMPION DU MONDE

Dramatiques, car le moteur de la la Suzuki va rendre l’âme et son pilote rentre à pied en poussant la moto, chez SRC Kawasaki on hésite entre la joie du titre qui tombe au dernier moment et un peu de peine, car le ‘chef ‘ Méliand est depuis longtemps le ‘deus ex machina’ de l’Endurance.

Mais cette casse moteur a aussi une influence sur la course de devant.

Car la Suzuki a lâché de l’huile sur la piste, et Rea alors au guidon de la Kawa Usine KRT  et qui a je l’ai dit course gagnée, glisse sur l’huile et chute.

Drapeau rouge mais il faut passer la ligne d’arrivée pour être classé.

 

YAMAHA GAGNE SUR LA PISTE ET PERD SUR LE TAPIS VERT

 

C’est réglé, Yamaha, alors deuxième, décroche sa cinquième victoire d’affilée sur cette épreuve qui se déroule sur un circuit qui appartient… à Honda !

Enfin il y a réclamation de Kawasaki pour faire valider le dernier tour avant le drapeau rouge, comme en MotoGP, cette règle n’existe pas en endurance mais sera quand même appliquée.

Les verts gagnent donc la course sur le tapis vert !

Le destin a beaucoup joué avec cette course, cruel avec les uns, généreux avec les autres, mais on a quand même eu un suspense incroyable de bout en bout, une course façon GP en fait, mais d’une durée de huit heures.

Suzuka reste donc légitimement la course la plus célèbre de l’année, impossible de souffler une seconde devant le spectacle permanent…

 

SALUT À DOMINIQUE MELIAND L’AMI DU PADDOCK

 

Salut à Dominique Méliand, plus qu’un héros, un vrai ami. Que Gilles Gaignault a vu débuter en 1980, année de naissance du SERT dans la douleur et le chagrin !

… Gilles qui nous rappelait, les accidents mortels d’abord, le 26 août 1980 de ‘ Nono’ Jean-Bernard Peyré, le créateur du SERT, puis ensuite le 8 novembre de Christian Léon, tout premier pilote à avoir rejoint et signé pur ce SERT et qui devait se tuer lors de la première séance d’essais sur le circuit privé de Suzuki à Riyuo au Japon !

La Famille Peyré poussait alors malgré tout Dominique Méliand à poursuivre l’aventure… avec les formidables succès, victoires et titres mondiaux qui allaient au fil des années s’accumuler…

Bravo enfin à Kawasaki KRT, même si je n’aime pas les victoires décidées dans un bureau.

La saison recommence au Bol d’Or dans quelques semaines à la mi septembre sur le Circuit Varois du Paul Ricard, avec une épreuve de plus cette saison à Sepang mais une de moins en Slovaquie.

Jean Louis BERNARDELLI

Photos : EWC et Teams

Résultats Huit Heures de Suzuka 2019

https://www.fimewc.fr/event/suzuka-8-hours-2019/

Au Mondial, Kawasaki SRC est donc Champion devant l’Honda FCC TSR et le SERT. 

 

FIM EWC Moto Sport

About Author

jeanlouis