´SAFETY CARS’ ET ´FULL COURSE YELLOW’ : DES PILOTES RÂLENT.

 

 

24 HEURES du MANS 2019 Safety car Photo Patrick MARTINOLI

 

 

Quand ils sont concentrés et en pleine bagarre, les pilotes n’aiment pas les Safety Cars et autres Full Course Yellow qui les déconcentrent, qui font redescendre leurs pneumatiques en température et qui fait au contraire chauffer les moteurs, car soudainement on roule en file indienne avec moins d’air pour refroidir.

Nous en avons croisé certains qui râlaient, estimant que toutes ces interventions n’étaient pas aussi longtemps justifiées en piste!

Alors bien sûr, il faut penser … SÉCURITÉ et protéger les pilotes immobilisés par un accident (pas d’engin Manitou sur la zone sans vitesse réduite, l’accident de Jules Bianchi restant dans toutes les mémoires).

Bien sûr, il faut aussi sécuriser les commissaires, ces bénévoles sans lesquels la course n’aurait pas lieu.

Bien sûr, il faut également à tout prix éviter le suraccident

Bien sûr, il faut enfin remettre la piste en état (enlever les débris, refaire les rails ou les murs de pneumatiques).

Mais tout de même !

 

24 H du Mans 2019 Pace Car Photo Thierry COULIBALY

 

Lors d’un Safety Car, ce ne sont pas moins de trois voitures de sécurité qui jaillissent en piste en trois endroits différents et se positionnent devant les concurrents pour les faire rouler à allure modérée, voire ralentis sur le site, ou il y a eu une sortie de route, ou un accident pour un minimum de 10 minutes et parfois beaucoup plus.

Les stands demeurent ouverts durant cette période, mais lorsqu’une voiture veut sortir des stands, elle doit alors patienter et attendre le passage d’un Safety Car de la file de voitures de course qui le suit pour pouvoir redémarrer…

Pour les Full Course Yellow, les drapeaux jaunes sont agités sur tout le circuit et les pilotes doivent eux- mêmes, gérer leur vitesse à 80 km/h.

Et, les stands sont fermés !

Si une voiture est à court de carburant, et était prête à rejoindre son assistance à son stand, elle peut néanmoins s’arrêter et mettre dans la voiture juste de quoi faire un tour à vitesse réduite (environ 5’’ de temps de remplissage) mais elle devra repasser ensuite par les stands pour effectuer un ravitaillement complet.

Une double peine en quelque sorte…

Il y a un troisième mode de sécurité, appelé la Slow Zone.

Il s’agit là de neutraliser la course et d’imposer le 80 km/h que dans une courte zone ou des commissaires travaillent. Une fois cette zone de 500 m à 1 km passé, le pilote peut « enquiller » sur le reste du tour.

Alors combien, en a-t-on connu de ces procédures de sécurité durant les 17 premières heures de course ?

Nous avons dû patienter durant sept phases de Safety Car, pour une durée moyenne de 10 à 15 minutes, avec une pointe de 21 minutes pour sortir deux voitures au Manitou à 7 h du matin.

Le total de ces interventions représente un total d’UNE HEURE VINGT HUIT de neutralisation.

Ce à quoi, il faut ajouter VINGT HUIT MINUTES pour sept autres phases de Full Course Yellow.

Soit un total de 1 h et 58 minutes, pour ne pas dire deux heures…. Soit plus de 10% (11,5 exactement) de la course… neutralisée !

Et si l’on ne peut pas l’ajouter au total, les 56 minutes de Slow Zone sont également venues perturber les pilotes.

Et que dire également des spectateurs. Ils viennent voir de la vitesse, encore de la vitesse et toujours plus de vitesse et de bagarre en piste.

Nul doute qu’ils ont été frustrés pendant plus de 10% de la course !

 

Texte : Patrick MARTINOLI

Photos : Thierry COULIBALY – Patrick MARTINOLI

 

 


24-H-du-Mans-2019-Safety-Car-Photo-Thierry-COULIBALY

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